Pouvez-vous vous présenter ?
Curlyz : Curlyz, c’est la rencontre de deux voix qui se connaissent bien et qui ont eu envie de créer un projet à leur image. Après de longues années de complicité musicale, nous avons eu envie de prolonger l’aventure autrement : avec nos propres chansons, beaucoup d’harmonies vocales, des guitares, des mélodies et une vraie liberté artistique.
Quels ont été vos parcours musicaux respectifs ?
M : Je suis autodidacte en musique. J’ai commencé à chanter à la fin des années 80 dans de petits projets éphémères, puis dans un groupe de reprises de girl groups au début des années 2000. En 2010 est né Bizarre Cooking Accident, dont je suis la chanteuse, avec un répertoire original d’inspiration rock 70’s et dont j’écris les textes. En 2011, j’ai rencontré Isabelle en rejoignant Les Tikis et leur répertoire Northern Soul. L’aventure a duré treize ans, et Curlyz en est aujourd’hui la suite naturelle.
I : Mon parcours s’est construit au fil des rencontres. À 15 ans, j’étais choriste avec deux amies dans le groupe rock Les Mokos : mes premières scènes, et des souvenirs fondateurs. Plus tard, j’ai chanté treize ans avec Les Tikis, une aventure très importante pour moi. J’ai aussi joué de la basse avec Les Blondes, porté par Christine Lidon avec qui j’ai réalisé mes plus belles scènes, puis rejoint The Shark de Marc Piola Caselli. Aujourd’hui, je joue également en duo avec Olivier Nemejanski dans The Bratchman and the Lady qui est aussi une rencontre marquante, et je participe vocalement aux Kissing Cousins. Ce que j’aime le plus dans la musique, ce sont les aventures collectives.
Pouvez-vous nous parler de vos influences ?
M : Elles sont très larges : du jazz, de la soul, du rock… de Billie Holiday à Led Zeppelin. Les Anglais tiennent une grande place : les Kinks, Bowie, XTC, Kate Bush, Cocteau Twins, Divine Comedy ou Alt-J. J’aime aussi les artistes plus singuliers comme Fiona Apple ou King Gizzard.
I : J’aime beaucoup de styles différents. Quand je compose, je pense souvent à des sons, des harmonies ou des ambiances qui me rappellent les Revillos, X, les B-52’s, les Go-Go’s, Buzzcocks, XTC ou plus récemment Angel Olsen.
Pourquoi avoir monté ce nouveau projet, Curlyz ?
Curlyz : Après les Tikis, nous savions que nous avions encore envie de chanter ensemble. Plutôt que d’attendre une occasion, nous avons décidé de la créer nous-mêmes. Curlyz est né comme ça : avec l’envie de continuer, de nous faire plaisir et de proposer quelque chose de personnel.
Comment le décririez-vous ?
Curlyz : Curlyz, c’est de la pop élégante mais vivante, travaillée sans être figée, rétro par touches mais tournée vers aujourd’hui. Des chansons mélodiques, des harmonies vocales, des guitares, et l’envie de faire une musique sincère et lumineuse.
Vous sortez un premier album, What’s That Chord ? comment le présenteriez-vous ?
Curlyz : Nous voulions faire un album pop au sens large : des mélodies, des voix, des guitares. Le résultat ressemble à un patchwork sonore avec des couleurs variées selon les morceaux, mais une identité commune. Il y a du soleil, un peu de nostalgie, de l’énergie, des surprises… et surtout l’envie de faire un disque qu’on aimerait écouter nous-mêmes.
Où et avec qui l’avez-vous enregistré ?
Curlyz : Une grande partie de l’album a été enregistrée dans nos home studios respectifs. Les batteries ont été réalisées à Nice, au studio « Beaucoup de Coups », chez Christian Rinaudo. Nous avons aussi eu la chance d’être entourées d’amis musiciens talentueux qui sont venus enrichir certains titres.
Quels musiciens ont joué sur cet album ?
Curlyz : Nous avons eu la chance d’être accompagnées par Gilles Eynaud de Faÿ (batteur des Play Boys et Luvely Rita) pour plusieurs batteries, Daniel Aprosio au mixage, mastering et batterie sur un titre, Olivier Nemejanski (The Bratchman) qui nous a confié la composition de Going Nowhere, Marc Galliani (guitariste des Play Boys et des Warmbaby) dont la guitare a sublimé Misty Island, Marc Piola Caselli sur trois morceaux, ainsi que Christine Lidon aux chœurs sur Misty Island. Chacun a apporté sa sensibilité au service des chansons.
Le disque repose en partie sur l’harmonie entre vos deux voix, ce qui rappelle beaucoup les productions des années soixante. Sont-ce toujours vos références ?
Curlyz : Oui, clairement. Nous aimons cette époque où les voix étaient de vrais instruments et où les harmonies faisaient partie intégrante des arrangements. Les Beach Boys, Crosby Stills & Nash ou certaines productions sixties restent des références. Mais il ne s’agit pas de nostalgie : on aime surtout réinterpréter cet héritage avec notre sensibilité actuelle.
Comment s’est faite la répartition des rôles au niveau des voix ?
Curlyz : Très naturellement. Nous choisissons toujours ce qui sert le mieux le morceau. Selon les tonalités, les couleurs de voix ou l’émotion recherchée, l’une prend le lead, puis l’autre. L’idée est que les voix dialoguent plutôt qu’elles ne se partagent des rôles fixes.
Cet album a un son très américain et très peu anglais. Est-ce volontaire ?
Curlyz : Absolument pas.
Ne serait-ce pas l’album parfait pour une nuit d’été sur la Riviera ?
Curlyz : Certainement… mais il fonctionne aussi très bien un matin d’hiver. S’il peut accompagner aussi bien une route de nuit sur la côte qu’un café un jour de pluie, alors le contrat est rempli.
Qui écrit et qui compose ?
Curlyz : Nous composons toutes les deux. Marie écrit les paroles, Isabelle développe beaucoup l’aspect instrumental et les arrangements. Ensuite, tout circule entre nous : une musique inspire un texte, un texte modifie une musique. C’est un vrai ping-pong créatif.
De quoi parlent vos textes ?
M : De portraits parfois, comme le personnage un peu frimeur de Mister Man ou la femme affirmée de That Girl. De choses plus intimes aussi, comme la nostalgie dans When I Get Back. Il y a également une dimension imaginaire avec The Bride ou Misty Island, et parfois des sujets plus actuels comme l’écologie avec Harsh Crash.
Allez-vous monter sur scène ? Si oui, comment, quand et avec quels musiciens ?
Curlyz : Pour l’instant, notre priorité reste le studio et la création. Nous aimons construire cet univers discographique tranquillement. La scène n’est pas exclue, mais elle devra se faire dans la bonne formule et au bon moment.
Quand et chez quel label sortira cet album ?
Curlyz : Nous avançons aujourd’hui de manière indépendante, ce qui nous laisse une vraie liberté artistique. Mais nous restons bien sûr ouvertes aux belles rencontres et aux propositions qui pourraient accompagner le projet intelligemment.
Comment pourra-t-on se le procurer ?
Curlyz : L’album sortira d’abord en CD et sur les plateformes numériques en MAI 2026. Et s’il est bien accueilli, pourquoi pas quelques pressages vinyles ensuite.
Le mot de la fin ?
Curlyz : Merci à celles et ceux qui prennent encore le temps d’écouter des albums entiers, de soutenir les artistes indépendants et de rester curieux. Si nos chansons peuvent apporter un peu de plaisir ou de légèreté, alors c’est déjà beaucoup.

