Peux-tu présenter le groupe ?
Je suis Corentin, le chanteur et guitariste de Tv Sundaze. On a commencé comme beaucoup de groupes : à la base, on était juste des potes. On avait tous nos petits groupes respectifs, et on s’est formé en 2019, à la fin de notre période lycée. Tous nos projets musicaux se sont arrêtés presque en même temps, soit parce que les autres membres partaient faire des études, soit parce que les groupes se dissolvaient. En bons losers assumés, on a décidé de faire peu d’études et de continuer la musique (rires).
Vous étiez où ?
À Valence, près de Lyon.
Il y a qui dans le groupe ?
Il y a Jeremy Mezzafonte à la basse, Romain Da Silva à la guitare, Max Sanfilippo à la batterie, et moi.
C’étaient quoi vos influences ?
Ça dépend avec qui tu en parles dans le groupe, les réponses seront différentes. Pour ma part, mes influences de base, ce sont les groupes punk et garage avec une touche sixties. Mon groupe préféré, c’est The Replacements. Je suis aussi un énorme fan des groupes des années 60 comme les Kinks, les Stones, les Who ou encore les Seeds.
Pour beaucoup, vous êtes un groupe psychédélique ?
Ça vient surtout de Romain, qui adore des artistes comme Ty Segall. D’ailleurs, Romain et Jérémy ont un projet psyché en parallèle du groupe.
Pour certains, vous êtes un croisement entre les Buzzcocks et le Crazy Horse. Pour moi, vous êtes aussi un groupe garage, mais j’ai l’impression que vous jouez toute la musique que vos parents vous ont fait écouter.
C’est un peu ça ! La veine Buzzcocks, c’est vraiment ça : j’ai grandi avec, mais aussi avec des groupes comme les Ramones. Nos influences, c’est vraiment cette époque et le punk des années 70/80 : Generation X, par exemple. Ça vient de nos parents : les miens m’ont fait découvrir Joan Jett ou AC/DC. Nos premières collections de disques, c’étaient vraiment celles de nos parents.
Les gens de votre génération sont généralement plus dans le rap ou l’électro ?
Oui, c’est dommage, j’aurais préféré être plus dans « l’air du temps » (rires), mais c’est comme ça ! On a tous commencé très jeunes : moi, j’avais 14 ans, et à l’époque, avoir un groupe, c’était hyper stylé.
Vous avez sorti des disques très vite ?
Oui, dès 2020, on a sorti un premier EP plus pop, puis en 2023, notre premier album, Harness. En 2025, on a sorti un deuxième album, Plastic Bag/Packing Tape, et on prépare déjà un troisième. On est en pleine phase de composition, car depuis 2023, on a beaucoup tourné, et là, on s’est un peu posés pour se concentrer sur l’écriture.
Vous sortez encore des disques en physique, ce qui est rare à notre époque, surtout pour votre génération qui est plus dans le streaming.
Les disques, c’est toujours hyper important pour nous.
Vous êtes un vrai groupe de rock : sur scène, vous y allez à l’énergie et à la mélodie, et vous sortez des disques. Est-ce une nouvelle tendance dans votre génération ?
Bonne question. Dans notre milieu et la scène où on évolue, c’est assez fréquent. C’est vrai que quand on croise des gens qui ne viennent pas de notre univers, ils nous regardent bizarrement, comme si c’était incroyable de voir des gens sortir des disques en vinyle ou en CD. Pourtant, il y a plein de monde qui continue à en produire, et c’est super. L’objet physique compte beaucoup : il y a encore des collectionneurs, des passionnés qui consomment la musique comme ça.
Mais est-ce que tu ne penses pas qu’il y a une nouvelle scène rock française, avec des jeunes qui émergent et dont vous seriez l’un des fers de lance ?
Il y a une scène bien vivante dans toute la France, surtout en province, et on ne demande rien à personne : on avance, et c’est génial !
C’est une scène qui existe peu à Paris ?
Oui, je pense même que si on arrive à faire des choses et à avancer, c’est parce qu’on n’est pas à Paris. À Valence, on a des conditions idéales pour répéter et enregistrer. Ce serait bien plus compliqué si on était à Paris, ne serait-ce que pour déplacer notre matos. Pour la logistique, c’est vraiment mieux. En revanche, pour la promotion, on est obligés de venir à Paris, car tout s’y concentre. Mais on y est toujours bien reçus.
Vous avez beaucoup joué ?
Oh oui, on n’a pas arrêté depuis 2023 ! On a notamment fait une tournée aux États-Unis en septembre 2025, qui était vraiment incroyable : 15 concerts en 25 jours. On a sillonné toute la côte Ouest, de San Diego, dans le sud de la Californie, jusqu’à Seattle, tout au nord. C’était génial : on a fait des road trips dans le désert, on est passés par Las Vegas, Salt Lake City… On était en camion, et on a roulé 10 000 km en trois semaines. C’était un de mes rêves, et je suis trop content qu’on ait réussi à le concrétiser !
Vous avez joué dans quels types de salles ?
Un peu de tout : des clubs punks, des bars, des grandes salles où il n’y avait pas beaucoup de monde (rires). Mais le public était excellent, vraiment très cool. Même quand il n’y avait pas foule, les gens voyaient qu’on venait de France et ils étaient adorables avec nous.
Vous allez sortir vos disques là-bas ?
On est partis avec l’idée de trouver un label sur place, mais on a vite compris que c’était super compliqué, car il y a déjà 1 000 groupes là-bas. En revanche, on a beaucoup vendu de disques en merchandising, et ils peuvent aussi les acheter en ligne.
Et en France, quelles sont vos grosses dates ?
La Maroquinerie pour la Release Party de Nasty Joe début février, un gros festival à Valence chez nous, et on a aussi joué à Bordeaux avec les New Christs l’été dernier, dans un festival.
Est-ce que chanter en anglais a été une évidence pour vous ?
J’ai vécu aux États-Unis quand j’étais plus jeune, et j’ai toujours été très lié à ce pays. J’ai donc toujours écrit en anglais. Je n’ai jamais vraiment essayé en français. Beaucoup de gens me disent que je devrais, mais franchement, ça me saoule.
Ils parlent de quoi, tes textes ?
Sur le dernier album, sans l’avoir fait exprès, j’ai écrit une histoire autour d’un narrateur qui affronte ses démons et se crée une double personnalité. C’est une bataille entre lui et son double maléfique, entre le bien et le mal.
À l’écoute de vos deux albums, on voit que le deuxième est beaucoup plus nerveux, un peu comme si vous étiez sortis de l’adolescence.
C’est exactement ça ! Il y a un lien avec ce qu’on ressentait. Le premier album était plus porté sur des chansons avec des textes d’ado, des chansons d’amour. Le deuxième est plus direct, avec des textes plus adultes. On était plus âgés quand on l’a enregistré. S’il est plus énervé, c’est aussi parce qu’on a beaucoup joué en live. On aime les défis : parfois, on composait un titre et on le testait le soir même en concert, ou dès le show suivant. Après Harness, on a vu que le public réagissait mieux aux morceaux plus « nerveux », alors on les a gardés.
Vous faites des reprises sur scène ?
Parfois, pour rigoler ! On a joué Fast Cars des Buzzcocks, par exemple.
Quels sont vos projets ?
On compose pour le prochain album. On a ralenti les dates de concerts pour se concentrer sur de nouveaux titres, car on était un peu las de tourner avec l’ancien répertoire. On veut du neuf. On a quelques dates à Chambéry ou à Valence jusqu’à l’été, mais globalement, on se focalise sur la composition.
Sur scène, vous mélangez très bien les voix entre Romain et toi, avec une section rythmique placée au centre.
C’est voulu : on a mis la basse et la batterie au centre, comme sur un disque, où la rythmique est au milieu et les guitares sur les côtés, avec la stéréo. Ça nous permet aussi d’être en arc de cercle et de tous nous voir. J’aime beaucoup cette configuration !
Votre force, c’est la mélodie ?
On met un point d’honneur à soigner les mélodies. J’adore tout ce qui est très mélodique, comme la pop. On passe beaucoup de temps à les travailler.
Vous n’avez pas de machines ?
On n’est pas trop machines. Le seul qui s’y connaît un peu, c’est Romain, mais globalement, on est plutôt guitares, baguettes qui tapent sur des fûts… On utilise des ordinateurs en studio, mais on utilise aussi de la bande. Quand je travaille chez moi, je fais tout sur des cassettes, à l’ancienne !
Il est pour quand, ce nouvel album ?
On est en phase d’écriture, donc ce n’est pas pour tout de suite. Il y aura des petites choses avant, comme des sessions live… On va aussi sortir un petit documentaire sur notre tournée américaine. Un pote a tout filmé, et on a 52 minutes de rushs à montrer.
Ça va sortir en physique ?
On ne sait pas encore. L’idée serait de composer une BO originale pour le documentaire : on créerait la musique en regardant les images.
Quand on vous voit sur scène, on remarque surtout le plaisir que vous avez à jouer ensemble.
On adore ça : on est entre potes, et on vit ce truc à fond. Le moment qu’on préfère, c’est quand on est tous les quatre dans le camion, qu’on part faire une date et qu’on rencontre des gens sympas.
Le mot de la fin ?
Continuez à écouter nos disques : le nouveau arrive, et on va bientôt repartir sur la route !
Quel disque donnerais-tu à un enfant pour l’emmener vers la musique ?
Le premier album des Ramones. C’est un groupe qui a un côté un peu cartoons, c’est parfait pour commencer.
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