La dernière fois que nous avions eu de vos nouvelles, c’était pour la sortie du 45 tours en collaboration avec Olivier Popincourt : que s’est-il passé depuis ?
Elisabeth : Nous avons travaillé, à notre rythme, sur l’écriture et l’enregistrement de l’ep dont nous parlons aujourd’hui. En parallèle, en novembre dernier, j’ai chanté les voix féminines de l’ep « Sous le signe d’Eric Rohmer », ainsi que d’autres chansons de Frédéric Lafayette, lors du concert de clôture d’un festival consacré à Rohmer, avec les garçons qui sont à l’origine de cet ep qui était sorti début juillet 2025 (Frédéric Lafayette, Alexis Campart et Arthur Allizard). Ce fut une très chouette rencontre artistique et amicale, et il se pourrait que cet épisode pilote connaisse quelques développements. Affaire à suivre.
Vous sortez un double EP le 15 mai, « La Poursuite » : où et avec qui l’avez-vous enregistré ?
Elisabeth : Les cinq morceaux qui composent cet ep ont été enregistrés par Maxence dans notre home studio, à l’exception de quelques pistes : la voix de Benjamin Schoos, qui chante « Un après-midi à Paris » de Philippe Katerine en duo avec moi, a été enregistrée au studio PAN à Anderlecht en Belgique, la guitare d’Olivier Popincourt sur « Ce groove est sympa » a été enregistrée à Innit’ Studio à Paris, et la batterie d’Astrobal sur ce même morceau a été enregistrée par ses soins, à La Bergerie. Ces trois invités sont d’excellents musiciens, mais avant tout des amis. C’est important pour nous, de ne faire de la musique qu’avec des gens que nous aimons.
À l’écoute des titres, on retrouve vos influences bossa nova, mais aussi d’autres, comme la pop. Est-ce une volonté naturelle de vous ouvrir à d’autres styles musicaux ?
Elisabeth : On a toujours aimé la pop et la chanson, et Les Bijoux (Freaksville, 2020) n’était pas un album de bossa-nova, mais déjà un album qui comportait de la bossa et de la pop.
Maxence : Oui, on nous associe à la bossa, probablement parce que nous avons commencé notre duo autour de cette musique, et puis nous avons souvent repris les classiques de ce répertoire brésilien, en concert et sur nos réseaux sociaux, mais pour nous la bossa fait plus largement partie de la pop (enfin, de notre idée de la pop). On ne s’en rend pas toujours compte nous-mêmes, mais il est vrai que des éléments de cette musique colorent souvent nos chansons : certains accords, une façon de chanter, l’utilisation de la guitare classique pour la rythmique. Tout ça contribue à nous associer à cette musique. Sur cet EP la reprise de la chanson de Katerine a clairement une couleur bossa, mais ça peut se sentir un peu aussi, moins frontalement, sur « Ce groove est sympa ».
Les artistes auxquels on pourrait vous comparer sur ces titres, comme Elli et Jacno (une pop du début des années 80), est-ce nouveau pour vous d’écouter ce type de musique ?
Elisabeth : Non, ce n’est pas spécialement nouveau. J’adore Lio (et Jacques Duvall !) depuis toujours, et avant ça, quand j’étais petite enfant, j’écoutais la Lio des enfants, c’est-à-dire Dorothée. C’était déjà de la pop synthétique, quelque part.
Maxence : Il y avait déjà des signes avant-coureurs sur « Les Bijoux », mais ici on s’est effectivement lâchés davantage sur les synthés et les boîtes à rythmes. En fait nous écoutions de la pop à synthés 80’s depuis longtemps. À vrai dire, quand je me suis pris de passion pour la pop vers l’âge de 13-14 ans, avant les Beatles, avant les Beach Boys, j’ai d’abord eu une obsession monomaniaque pour la synth pop britannique 80’s, ainsi que pour le groupe qui a influencé tout ce monde : Kraftwerk. D’ailleurs, ils ont aussi fortement influencé Jacno en France. C’est pour ça que la chanson « Allumeur » peut faire penser à son style, on a les mêmes ingrédients de base. Pour cet EP, Elisabeth a d’avantage accueilli mes amis les synthés, probablement influencée aussi par les productions de certains copains musiciens.
Ces titres sont un savant mélange entre synthés et instruments acoustiques. Allez-vous développer cette veine ?
En chœur : Nous allons la poursuivre !
Maxence : La poursuivre, oui. J’aime bien le mariage entre l’électronique et l’acoustique, et entre le joué et le programmé. Par exemple, sur « Tes samedis » (la collab avec Popincourt en 2024), j’aime la combinaison entre la batterie séquencée métronomique, et la légère instabilité du shaker joué à la main, y compris les variations infimes du son. J’ai repris cette combinaison sur « TGV (c’est inouï) ». Mais la plupart du temps même mes synthés sont joués à la main.
Sur « Ce groove est sympa », on entend Maxence chanter en duo avec Elisabeth. Est-ce que le côté « duo chanteur » va être plus développé dans vos prochains titres ?
Elisabeth : Si les chansons se prêtent au dispositif duo, oui. Mais vous savez, même quand je chante la voix lead apparemment solo, Max est toujours là avec moi ; les chœurs, souvent, c’est lui, en fait. Techniquement, il est meilleur chanteur que moi. On nous a souvent dit que nos deux voix fonctionnaient bien en duo, et comme en plus c’est très agréable à interpréter en live, on va probablement en faire d’autres, oui.
Maxence : Il faut à la fois que les paroles et la mélodie se prêtent au duo. Et l’association entre une voix féminine et une voix masculine implique des contraintes techniques (amplitude de la mélodie, tonalité…), ce qui fait que ce n’est pas forcément évident de faire ça bien.
Est-ce que cela annonce un prochain album ?
En chœur : Absolument !
Elisabeth : Mais pas la peine de nous demander une date maintenant, c’est trop tôt.
Chez quel label ces titres sortent-ils ?
Elisabeth : C’est le label Freaksville, qui nous accompagne depuis plus de dix ans, qui les sort, sous forme digitale. Vous pouvez les acheter sur Bandcamp, et les écouter sur toutes les plateformes habituelles.
Allez-vous monter sur scène ?
Elisabeth : Rien n’est gravé dans le marbre à l’heure qu’il est, mais oui, on prévoit de le faire, with a little help from our friends. Pas dans l’immédiat, mais bientôt. Des discussions sont en cours.
Quels sont vos projets, notamment s’il y a des collaborations possibles avec d’autres artistes, comme vous l’aviez fait avec Popincourt ?
Elisabeth : Le projet, c’est bien sûr de conquérir le monde avec les présentes chansons, puis d’en enregistrer quelques autres (avec d’autres amis invités/compositeurs, mais il est trop tôt pour dévoiler des noms), de les graver sur disque avec la sortie d’un lp, et ainsi de suite. Par ailleurs, et même si c’est davantage un souhait qu’un projet, on aimerait vraiment bien gagner enfin un peu d’argent un jour. Boîtes spécialisées dans la synchro, si vous nous lisez : nous sommes JOIGNABLES.
Maxence : Je vais essayer de travailler sur un projet solo en parallèle du prochain album de Double Françoise. A voir si j’arrive à m’organiser. Suspense !
Le mot de la fin !
Besoin de douceur ? De joie ?
Envie d’émotion ? De sourire ? De tendresse ?
Écoutez La Poursuite ! Écoutez Double Françoise !
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