Ça a commencé comment, la musique ?
Ça a commencé avec un copain de collège dont la cousine sortait avec un type qui avait une dizaine d’années de plus que nous. C’était un vrai rockeur, avec les pattes et tout… Ils nous ont bien aimés, et on allait chez eux écouter des disques. À l’époque, j’étais en Aveyron, et on écoutait les Stooges ou le MC5. On avait quinze ou seize ans, et quand ils allaient à un concert, ils nous emmenaient dans leur vieille Mercedes. Comme ça, on a pu voir les Lords of the New Church, Johnny Thunders ou encore Chris Spedding… C’était super, parce que c’étaient vraiment des grands frères. Un jour, en rentrant justement du concert des Lords of the New Church au Pied, près d’Auch, ils nous ont dit qu’ils montaient un groupe et qu’ils voulaient savoir si nous étions tentés. À la base, mon copain devait jouer de la batterie et moi chanter. J’avais juste appris un peu de guitare classique. Mon pote était tellement nul derrière la batterie qu’on a inversé les rôles. Et je suis devenu (apprenti) batteur comme ça.
Ton premier groupe important, c’est les Chatterbox !
Avec ce premier groupe, Mody Dick, on a fait juste quelques concerts, mais avec les Chatterbox de Decazeville, ça a été plus sérieux. Je passais beaucoup de temps à Decazeville, même si je vivais toujours à Rodez. On répétait beaucoup et au fil des ans nous avons commencé à faire des concerts intéressants ci et là.
Il y avait qui dans le groupe ?
Rems Jaguar au chant, le Cooke à la basse, Speedy à la guitare – c’est lui qui composait – et Baba guitariste rythmique.
C’était ton premier groupe sérieux ?
Tout est relatif (rires). On a fait un 45 tours en plusieurs années d’existence, et c’est moi qui l’ai autoproduit (rires).
Pourquoi tu penses que le rock a autant marché à Decazeville ?
(Silence) Je ne sais pas trop… C’était un bassin minier, et je pense qu’une contreculture comme ça avait du sens dans ce coin. Il y avait une idée de rock engagé politiquement, de rock prolétaire…
C’est quoi, tes influences ?
Dans ma famille, on écoutait on écoutait beaucoup de musique classique (je suis prénommé Dimitri pour Dimitri Chostakovitch !), de la chanson française, comme Ferré et Jacques Brel etc. Mais ces années année de jeune ado adoptés par des plus grands m’ont définitivement plongé dans le rock. Mais c’est vaste : ça peut aller de Hurt Me, l’album acoustique de Johnny Thunders à Motörhead avec son énergie !
Tu fais quoi après ?
Dans un premier temps, je suis parti à Toulouse. Les Chatterbox étaient basés là-bas, tout en continuant. Mais là, j’ai commencé à faire d’autres groupes, dont « Human Juke Box » avec Lo-Spider, un groupe de reprises. J’ai aussi eu un duo, « Ghost Train », avec qui on a fait des trucs avec Nikki Sudden.
Tu vas faire ensuite des chroniques à Rock’n & Folk ?
Tout fait sens quelque part (rires) ! Quand j’ai commencé à faire ce 45 tours avec Nikki Sudden et Freddy Lynx, j’ai fait quelques morceaux sur le nouvel album de Nikki. Freddy a apporté le disque à Philippe Manœuvre en lui demandant de le chroniquer. Il n’avait personne pour ce genre de musique. Comme j’avais déjà participé à des fanzines, Freddy m’a proposé à Manœuvre qui m’a appelé pour me proposer de le faire. Et c’est parti comme ça !
Tu es multi-instrumentiste : tu joues de la batterie, de la guitare, tu chantes et tu joues de la basse.
Je fais aussi de la scie musicale et du thérémine. En fait, très vite, j’ai eu envie de composer. Depuis 1991, je compose et chante.
Quand tu arrives à Paris, tu crées le Dimi Déro Inc, et tu commences à jouer avec les Groovers, où il y avait Bratch, Éric Fostinelli, tous deux aussi des Dum Dum Boys, et Serge Ceccanti.
Au début du groupe, j’étais deuxième guitariste parce qu’ils avaient déjà un batteur. Je connaissais Bratch, que j’avais interviewé à Decazeville pour un fanzine qui faisait un spécial Dum Dum Boys. Un pote en commun nous a rapprochés à Paris, et c’était parti ! Et en juillet cette année nous enregistrons un truc ensemble…
Ça a été un groupe important pour toi ?
Oui, on a beaucoup joué. C’était plus pop que les Inc, et franchement, on s’est bien régalés pendant de nombreuses années !
Bon, parlons de l’Australie ! C’est le pays où tu es le plus attaché. Tu as joué avec beaucoup de groupes australiens en Europe, tu y es allé, et on peut considérer que tu es le plus français des musiciens australiens !
Eh oui ! J’ai commencé par écouter des disques. J’étais dans le monde des fanzines. Dès que j’ai écouté New Christs et que je les ai vus en concert, j’ai accroché. Ensuite, les Died Pretty, Kim Salmon, et surtout les Beasts of Bourbon… j’ai adhéré.
Tu as beaucoup été là-bas, tu as beaucoup joué avec eux : tu n’as jamais pensé t’y installer ?
Si, mais c’était trop compliqué. C’est bien quand tu as moins de 26 ans ; après, il faut justifier de beaucoup de choses : un test de langue, un contrat de travail…
Avant de plonger dans le rock australien, tu auras une grande idole : Johnny Thunders !
C’est le premier artiste dont j’ai collectionné les disques. J’en ai au moins 70 (rires) ! J’ai beaucoup essayé de copier sa façon de chanter à mes débuts, heureusement pas sa façon de vivre (rires).
Quand plonges-tu dans le rock australien ?
Le chapitre déclencheur s’ouvre avec une soirée avec Patrick Fretin, le guitariste de Wok, un groupe toulousain. On enregistrait le deuxième album des Inc, et on était tous les deux des fans de Rowland S. Howard. On a décidé de faire un 45 tours de reprises de ses titres, chacun une face avec nos groupes respectifs. On se retrouve sur un forum de discussion Yahoo dédié aux fans de Rowland S. Howard. Et là, plein de gens nous contactent en nous proposant des titres. On s’est dit qu’on allait lui faire une compilation hommage. D’autant qu’il était encore vivant à l’époque. On l’a fait, et parmi les groupes qui ont participé, il y avait plein de groupes australiens, dont certains avec qui j’ai joué plus tard. C’est comme ça que j’ai commencé à me lier d’amitié avec ces gens-là. Un de ces groupes, les Drones (devenus Tropical Fuck Storm), voulaient venir tourner en France. J’ai trouvé quelques dates, mais pendant qu’ils étaient là, ils ont remporté les Australian Music Awards. Quand ils sont rentrés, ils avaient gagné en notoriété. Ils avaient une grosse tournée, et ils nous ont proposé d’assurer la première partie. Et voilà, c’était parti. On était en 2006, mais j’y suis allé sept fois depuis.
Tu as rencontré toute la scène australienne ?
Oui, j’avais déjà rencontré Rob Younger à Decazeville, mais c’est là que j’ai rencontré Kim Salmon, avec qui j’avais correspondu par lettres à l’époque (rires). Mais oui, avec les Inc puis avec Tex Napalm nous avons beaucoup joué et rencontré beaucoup de monde.
Pourquoi ils sont aussi forts ?
Je n’en sais rien (silence). Ils ont un côté insulaire, avec de grands espaces, et ça s’entend dans leur musique. Ils ont toujours un accord mineur qui arrive au bon moment, ce genre de choses… Eux-mêmes ne comprennent pas ce qu’on leur trouve. Ce sont aussi, et surtout, de grands groupes de scène ! Ils ne s’excusent jamais d’être sur scène. Ils sont là, et ils sont bien là. Ils ne font aucune concession : tu acceptes ou pas, mais ils sont là !
Tu vas devenir à ce moment-là le batteur des groupes australiens en France et en Europe.
Il y a une petite communauté de groupes australiens qui viennent en France, avec le festival de Binic notamment. Comme je connaissais pas mal de groupes, c’était moins cher pour eux de venir à deux et de me prendre à la batterie, et Vinz, mon complice, à la basse. Comme ça, ils peuvent venir à deux avec leurs guitares. J’en ai beaucoup fait comme ça.
Vinz, qui est le bassiste avec qui tu joues le plus !
Oui, en plus c’est devenu mon beau-frère. Il joue dans The Nots, notamment.
Tu as joué derrière beaucoup de monde ?
Rob Younger, Kim Salmon, Johnny Casino, Penny Ikinger, Warren Ellis, Brian Henry Hooper, Spencer P. Jones, Ron Peno, Mick Harvey… J’ai fait pas mal de trucs (rires). Là, ce sont les plus connus, mais il y a une liste impressionnante de groupes moins connus. C’est hallucinant pour un mec qui vient de l’Aveyron et qui écoutait leurs disques de se retrouver à jouer avec ces gens-là.
Tu es un immense batteur, et en plus, c’est presque un spectacle de te voir jouer !
Merci (rires) ! Je suis complètement autodidacte. Ma belle-mère m’a offert il y a quelques années trois cours de batterie, et je me suis retrouvé devant un mec qui m’a trouvé nul (rires). Il me disait qu’il fallait que j’apprenne les partitions de batterie (rires). J’avais trois cours, je suis allé à deux. Ça m’a brisé le cœur de me voir aussi mauvais, mais j’ai un copain qui m’a dit : « Tu t’en fous ! Lui, il donne ses cours depuis le premier étage du magasin de batterie de Perpignan, et toi, tu parcours le monde entier en jouant. » Bref, j’ai arrêté les cours, mais j’ai réussi à monter mon propre système de partitions musicales.
Quand les Australiens arrivent, vous répétez un peu ?
Ça dépend. Johnny Casino ne veut plus répéter (rires). Il nous envoie, à Vinz et à moi, les nouveaux morceaux, et si on a le temps, on les répète « à la balance » (rires). Avec Kim, c’est plus complexe : je répète avant, tout seul. Pour sa prochaine tournée à la rentrée, il a accepté une répétition, pas plus… Un day off coûte cher, et donc il faut partir tout de suite sur la route. Il faut nourrir et loger quatre ou cinq personnes, c’est un gouffre financier. Si on ne prend pas le temps de répéter beaucoup, c’est surtout par souci économique.
Tu es surtout un batteur qui s’adapte à tous les styles musicaux !
Je trouve ça chouette ! Ça permet de se nourrir de toutes les musiques. Ça me permet de progresser, et ça me plaît. Par exemple, quand je joue avec Charles de Goal, j’arrive à passer des choses que je ne faisais pas avant. Quand tu joues toujours la même chose, tu ne progresses plus. Je ne m’ennuie pas en redevenant un éternel débutant.
Tu as joué aussi avec Demi Mondaine !
Je déjà jouais de la scie musicale et des instruments bizarres. C’était avec un groupe australien, les Burning Hells, avec qui j’ai fait trois albums. À l’époque, je faisais DJ à la Feline, le bar rock de Paris. C’est là que j’ai rencontré Béa, qui avait ce groupe et qui n’avait ponctuellement plus de batteur. Je l’ai remplacé, puis nous avons créé un duo entre théâtre et musique et aussi fait de la musique pour des pièces de théâtre.
Tu joues avec des groupes en France, notamment Charles de Goal, ce groupe de cold wave française des années 80 qui s’est reformé il y a peu. C’est étonnant pour toi, qui es un batteur rock ?
Oui et non. J’ai grandi dans le punk. J’aime les textes en français bien écrits. J’ai beaucoup écouté des groupes comme Oberkampf… Quand j’ai joué avec Joe Hell (ex-chanteur d’Oberkampf, NDLR), j’aimais bien ces textes. Quand on m’a proposé de jouer dans Charles de Goal, je n’avais pas trop d’idées sur la question. Vinz a rejoint le groupe avant moi. Je suis donc allé les voir en concert, et là, c’était superbe : c’est un vrai groupe de rock avec des textes un peu froids et colériques. C’est un groupe de rock, avec des machines et des synthés, certes, mais un sacré groupe de rock ! Encore plus maintenant que Vinz et moi sommes là ! On a l’habitude de jouer dans des projets rock. C’est le public qui le dit, pas nous, et puis j’adore Patrick (Blain, chanteur de Charles de Goal, NDLR) et toute l’équipe. Patrick a 72 ans, et il a tout mon respect pour son parcours.
La rythmique a beaucoup changé le groupe !
Oh oui, c’est rock, mais c’est surtout quatre mecs sur scène qui jouent avec le sourire. Les claviers resteront un peu froids, et c’est tant mieux. Il n’y en a pas beaucoup, des claviers « eighties », dans les groupes australiens. C’est loin de mon parcours et de ce qu’un certain public attend de moi, mais j’ai toujours eu ce genre de choses en moi.
C’est un groupe qui a un vrai public ?
On ne fait pas beaucoup de concerts, mais à chaque fois, c’est rempli, surtout en Allemagne, où on est suivi par la scène gothique. C’est une dizaine de concerts par an, et à chaque fois, il y a du monde.
Autre groupe avec lequel tu joues, c’est Henry !
Depuis que je suis à Perpignan – ça fait sept ou huit ans –, j’avais un copain qui jouait avec Henry, qui était le libraire de LA librairie de Perpignan. Mon pote m’a fait écouter, et c’était un peu barré, avec de l’accordéon et de très beaux textes en français. Ça avait un côté Père Ubu, que j’adore ! Ils m’ont appelé quand ils ont voulu étoffer le son du groupe après le premier album « solo » d’Henry. C’était un quatuor qui n’a pas fonctionné. On s’est retrouvé à deux, et on a essayé de faire un truc : moi à la batterie et instruments un peu… bizarres (rires) ! Henry, guitare et chant et de très beaux textes !
Ça fait un peu psyché, parfois ?
Henry est un peu barré ! Il est conscient, et il est soigné, pour un petit pet au casque. Le disque est très produit, alors que maintenant, c’est plus foutraque. Je lui ai fait mettre de la fuzz sur sa guitare folk, par exemple. Alors psyché peut-être mais surtout folk détraqué indus fuzz à textes !
Ce ne serait pas ton projet « arty » ?
Pourquoi pas ? Je pense que ce serait intéressant de développer cette idée, et on va aller vers ça.
Tu joues dans combien de groupes ?
Moins qu’avant ! Quand j’étais à Paris, je répétais avec sept groupes à un moment ! Aujourd’hui, j’ai Henry, Charles de Goal – même si on joue peu –, je suis le batteur de Kim Salmon – qui joue peu dans nos contrées aussi. Et je joue avec Johnny Casino…
Tu joues combien de fois par an ?
Ça dépend des années ! Je dirais entre 40 et 50 concerts par an. Par exemple, à la rentrée, je vais jouer avec Kim, et on va faire une vingtaine de dates. Attention, c’est moi qui m’occupe pas mal du booking, et franchement, c’est compliqué : ce ne sont que des groupes de niche, et donc difficiles à vendre dans le climat culturel actuel ! Il y a des fidèles, mais ils sont peu nombreux. C’est compliqué en France si tu n’es pas dans une scène soutenue !
Mais tu es un musicien européen ?
Oui, parce que je joue avec les Australiens et Charles de Goal. J’adore voyager, quitter la France, et c’est une bonne façon de le faire. Tu rencontres des gens, notamment parce que tu es logé chez l’habitant. On ne fait pas du tourisme, mais tu es dans la vraie vie des gens. Tu fais souvent de superbes rencontres, et ça, j’adore !
Tu as aussi fait un peu de musique à l’image ?
C’est vrai. Au début, j’étais un peu allergique au numérique, mais pour envoyer de la musique en Australie, j’étais un peu obligé. Donc j’ai fait une formation sur Logic Pro, et celle qui était proposée était celle de la musique à l’image. C’était bien pour apprendre. J’ai fait de la musique de documentaire, et j’aimerais en faire plus !
Tu sais sur combien de disques tu as joué ?
Non (rires), et je ne les ai pas tous, en plus (rires) ! Ce n’est pas énorme, une quarantaine, je pense. J’ai beaucoup joué sur scène avec des groupes où je n’étais pas sur le disque.
Tu t’es beaucoup mis au service des autres. À quand un 5e disque de Dimi Déro ?
Un projet tout seul, être sur le devant de la scène avec guitare et chant… j’ai peur de me brûler les ailes. Quand je l’ai fait avec les Inc, tout le monde s’en foutait peu ou prou, à part ma mère et Alain Feydri , qui nous aimaient beaucoup. C’était génial en Australie par contre, où le nom circulait. Accompagner les autres, c’est plus satisfaisant et moins fatigant. Souvent, je porte les projets, et chanter en plus, c’est vraiment fatigant (rires).
Tu pourrais faire un disque avec plein de guests !
(Rires) Parfois je me chauffe et je fais des maquettes. Je dois avoir sept ou huit morceaux. Ça fait des années que je prépare un album et que je retarde. Personne ne m’attend, mais je ne sais pas quand. Il y aura les copains australiens, c’est sûr : j’ai les connexions ! Je me dis qu’il faudrait que j’aille en Australie pour le faire. Ça me titille quand des copains ou ma compagne me le disent. Ça peut aller vite, mais pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour.
On parle de Vinz, le bassiste avec qui tu joues ?
C’est un super bassiste ! On a toujours eu au moins un projet ensemble depuis 2001, quand il a rejoint les Inc, et on est super à l’aise ensemble. On a une grande habitude de jouer ensemble : on a grandi et progressé ensemble ! C’est le musicien avec qui je joue le plus souvent.
Il penserait quoi, le gamin de l’Aveyron qui partait répéter à Decazeville, s’il voyait le Dimi Déro d’aujourd’hui ?
Il serait content, je pense ! Je suis resté fidèle à mon rêve. Ça m’a plu d’être sur scène, et je voulais voir Kim Salmon et consorts sur scène : maintenant, je joue avec eux ! J’ai explosé mes rêves, je suis allé bien plus loin que je ne l’imaginais !
Tu n’as jamais pensé jouer avec des gens de la variété ou des artistes plus installés ?
(Silence) Je l’ai fait une fois, avec Yan Pechin et Chloé Mons, mais c’était un remplacement de dernière minute. En fait, je suis sous les radars. J’appartiens à une scène très underground, et en plus, je ne sais pas tout faire. Je fais bien ce que je sais faire, mais il y a des styles que je maîtrise peu ou mal. Pourtant, ce serait bien au niveau des cachets (rires).
Le mot de la fin !
Merci pour l’interview !
Quel disque donnerais-tu à un enfant pour l’amener vers la musique ?
Pascal Comelade, qui a un côté très enfantin mais avec plusieurs degrés de lecture. Sinon, les premiers enregistrements de blues de Robert Johnson : ça reste dans le bon ordre.
https://www.facebook.com/dimi.dero

