Peux-tu te présenter ?
Je suis Francy Fuzz, un surnom que j’ai depuis une dizaine d’années. Je suis le co-fondateur des Wylde Tryfles.
Quel a été ton parcours musical ?
J’ai toujours été passionné par le rock depuis mon adolescence. Je n’ai jamais été attiré par la variété pour teenagers. J’avais mon meilleur pote, Jeannot Galloni, dont la grande sœur de six ans son ainée, traînait avec la « Jet Set » américaine des Stooges. Elle était tout le temps aux États-Unis. Elle était un peu « Cover Girl » et nous ramenait des disques comme Grand Funk, Steppenwolf, MC5, Stooges Raw Power… J’ai été bercé par cette musique que je ne comprenais pas complètement, mais qui me plaisait énormément !
Et ensuite ?
J’ai très vite eu envie de jouer de la guitare. J’ai commencé à remonter le temps musicalement. J’écoutais la musique entre 1964 et 1967, tous les groupes de la British Invasion comme les Beatles, les Yardbirds, les Kinks, les Who, les Stones, Animals, The Action, Fleur de Lys… J’ai découvert très rapidement la compilation « Nuggets » de Lenny Kaye. Ensuite, j’ai trouvé les bons magasins de disques à Paris, ce qui m’a permis de découvrir tous les groupes américains influencés par la British Invasion, qui jouaient du garage, et surtout tous les groupes de la scène du Nord-Ouest américaine comme les Wailers et les Sonics ; Eux ne tournaient pas plus que les autres, mais ils faisaient leur musique en dignes héritiers de Little Richard et Chuck Berry. Puis j’ai découvert les Trashmen et la surf music que j’ai beaucoup écoutée. C’est la surf qui m’a donné envie de jouer de la guitare. J’ai eu envie de jouer dans un groupe, j’ai rencontré Francis, batteur qui vient malheureusement de décéder, il m’a présenté son meilleur pote : Didier Wampas !
Que s’est-il passé ?
Nous nous sommes croisés un 14 juillet sur la jetée du lac d’Enghien et Didier a dit : « Et si on montait un groupe ? » Ce fut assez long avant de créer nos premiers morceaux. Nous avons commencé à répéter dans la cave du magasin du père de Francis. Nous avions tout déblayé et nous en ressortions tout noir, car la cave était encore remplie de vieux restes de charbon. Didier a décidé d’appeler le groupe les Wampas en référence aux créatures présentes dans Rahan. On a beaucoup répété à Argenteuil dans différents lieux dont celui situé au-dessus du magasin de musique, on croisait les Soucoupes Violentes, qui répétaient aussi là-bas. On a commencé à composer, puis nous avons donné notre premier concert en 1983 pour la fête de la musique, avant d’enchaîner quelques dates.
Vous écoutiez quoi à l’époque ?
Principalement les Cramps, du psychobilly avec les Stingrays… du rock n roll ! Je jouais sur un ampli Twin Reverb qui donnait un son assez surf. Je tentais de composer, deux titres figurent sur le premier 45 tours EP des Wampas, sorti par Rascal. Il était un peu notre manager à tout faire. Il s’occupait de nous et des Daltons. Il était venu nous voir à une répétition à Argenteuil et nous avait enregistré avec son magnétophone à cassette pour nos premières maquettes, dont un « Jungle rock » explosif. Il avait adoré et nous a sorti sur son label : Creepy Crawly Records ! Il a ensuite produit l’EP des Daltons.
Et ensuite ?
Mon parcours musical s’est vite arrêté, car je suis parti à l’armée en août 1984, juste après la finalisation de l’EP. Je suis parti trois mois pour mes classes, je ne suis même pas sur la pochette. Didier a trouvé un guitariste pour me remplacer. Quand je suis revenu, c’était terminé pour moi. J’ai tenté de monter un groupe garage dans le Val-d’Oise, sans succès. J’ai ensuite essayé de jouer dans un groupe de rhythm’n blues, mais ça n’a rien donné. Puis j’ai eu une vie de famille avec mon ancienne compagne, avec qui j’ai eu deux enfants. Je n’avais plus le temps pour la musique, j’étais vraiment occupé par ma vie de famille. J’ai rangé ma Fender Jaguar sous mon lit. Je l’ai toujours. J’ai été tenté de la vendre, mais je n’y suis jamais arrivé : je pensais que je referais de la musique un jour. Et puis, il y a 17 ans, j’ai rencontré Lubna Bangs (chanteuse et claviériste co-fondatrice des Wylde Tryfles, NDLR), qui m’a dit que ce serait bien de refaire de la musique ensemble. Après une première tentative avec le groupe The Lubnatics, nous avons créé le groupe Wylde Tryfles, avec François rencontré à Bordeaux. Je tiens à préciser que, durant toute cette période familiale, j’ai continué à écouter et à acheter des disques. Je n’ai jamais lâché l’affaire. J’ai découvert tout ce qui s’est fait entre 1963 et 1969, dont beaucoup de garage, de british invasion, de psyché, freak-beat et Northern Soul.
Tu n’as jamais écouté de punk comme les Clash ou les Sex Pistols ?
Si, si… J’en ai écouté. Quand je fouillais les bacs à la recherche de garage dans les années 80, c’était l’époque où tout le monde écoutait du punk et personne n’achetait de garage. J’ai toujours une belle collection de vinyles punk : Clash, Buzzcocks, Damned, Ramones, Dead Boys… J’ai écouté du punk, mais j’ai toujours préféré écouter du garage et de la surf. Un groupe super important pour moi, ce sont les Cramps, car ils ont réussi à faire des reprises sixties et fifties avec ce punkabilly déjanté. Pour moi, c’est le liant ! C’est un groupe qui m’a marqué surtout sur la période avec Kid Congo.
Tu as fondé les Wylde Tryfles quand ?
Nous allons fêter les 10 ans du groupe en mars 2026 ! Il y a eu trois batteurs et deux bassistes différents.
Pourquoi ce nom ?
Je suis un grand fan de garage punk revival américain et j’adorais les Tryfles, le groupe. Et comme je suis très fan d’un dessert anglais, le trifle — une coupe où tu mets tout ce qui traîne dans tes placards : des biscuits, de la crème anglaise, des fruits, et ça fait un magnifique dessert —, on a gardé « Tryfles ». « Wild » ne nous plaisait pas assez, donc nous avons remplacé les « i » par des « y » (comme les Byrds). Résultat : c’est imprononçable, on trouve souvent des fautes sur les affiches, c’est un peu le bordel, mais ça me plaît (rires).
Et la formation actuelle ?
Aujourd’hui, c’est Lubna au chant et à l’orgue, Olivier à la basse depuis 7 ans, Dorian Gardener à la batterie depuis trois ans et demi, et moi à la guitare et au chant. Nous avons sorti trois albums et nous avons eu beaucoup de chance : Dorian était toujours à nos concerts à Bordeaux. Quand Marcelo, le précédent batteur, est parti, nous sommes allés le chercher. Nous sommes ravis, car il a une énorme culture mods et garage.
Vous jouez du garage et de la fuzz. Peux-tu nous expliquer ce que c’est pour toi, le rock garage ?
Je vais répondre simplement ! Il faut remonter le temps. Tous ces groupes anglais que j’ai cités, qui percent à Londres et au Royaume-Uni, sont complètement animés par la culture blues, rythm & Blues et rock’n’roll américaine. Les Beatles, par exemple, ont bossé comme des fous sur des reprises de groupes américains avant de trouver leur propre style. Tous ces groupes débarquent aux États-Unis et jouent en tournée : les Beatles en premier, puis les Yardbirds, les Kinks et les Rolling Stones. Les jeunes teenagers qui allaient à leurs concerts ont été subjugués. Ils trouvaient que ces artistes avaient modernisé l’esprit de la musique américaine. Ils étaient bien habillés et dégageaient une véritable énergie. Leurs parents, eux, trouvaient que ces musiciens avaient l’air sympas. Ils ont accepté, voire encouragé leurs enfants à monter des groupes. Comme c’étaient des jeunes de la classe supérieure, ils ont pu acheter des instruments et commencer à répéter dans le garage ou le salon de leurs parents. La première scène garage-punk américaine est principalement née de la classe bourgeoise américaine. Les parents préféraient que leurs enfants s’identifient aux Beatles plutôt qu’aux « mauvais garçons » du rock américain… Je voudrais ajouter qu’il y a toute une scène garage du Nord-Ouest américain, avec des groupes comme les Wailers ou les Sonics, qui s’inscrivaient dans la lignée de Chuck Berry / Little Richard. Il y a aussi la surf music, comme Dick Dale & the Del tones, les Hondells, les Surfaris, les Ventures, qui ont aussi influencé le rock garage, et le frat-rock a contribué également. Sans oublier les groupes du psychédélisme émergeant… Tout ça a donné le sixties garage punk.
Et la fuzz ?
C’est un effet qui imite une gamelle d’ampli perforée. Les premiers enregistrements datent de 1962-1963 et ça donnait un son un peu nasillard. Un ingénieur du son américain a essayé d’en créer une pédale d’effet. Cette Maestro Fuzz, inventée aux États-Unis, débarque à Londres, et les Rolling Stones l’utilisent pour « Satisfaction ». Comme le brevet du circuit n’avait pas été déposé, des anglais s’en sont saisis pour la développer et l’améliorer vers les différentes versions de la Tone Bender, et la Fuzz-Face. Des groupes anglais comme les Yardbirds, surtout Jimmy Page, ou Hendrix, s’en sont emparés. En tournée, ils jouaient avec des fuzz. C’est grâce à eux que les jeunes Américains ont découvert la fuzz, alors que ce son avait été inventé chez eux !
Quand vous avez commencé le groupe, saviez-vous déjà ce que vous vouliez faire comme musique ?
Ça ne se passe pas comme ça ! Nous sommes quatre dans le groupe, et chacun a ses influences. C’est vrai que j’ai beaucoup influencé le groupe avec ma culture sixties. Olivier, le bassiste, est un grand fan des Damned, des Masonics et de pop musique au sens noble du terme. Lubna a commencé en écoutant beaucoup de punk et de new wave. Elle a découvert le garage punk il y a plus de 20 ans, ce qui lui a plu dans ce style, ce sont les mélodies avec plus de quatre accords, les chants et les chœurs merveilleux. Dorian, le dernier arrivé, aime le sixties punk, et tous ces groupes mods très mélodiques. Le tronc commun du groupe, c’est le garage punk pour trois d’entre nous. Olivier, lui, aime bien, mais écoute aussi d’autres styles. C’est très bien comme ça, car nous ne souhaitons pas être un groupe cliché dans le garage revival. Il y a des groupes qui font ça très bien.
Vous êtes un groupe très élégant ! Sur scène, vous êtes très bien habillés : c’est important pour vous ?
Oui, c’est important ! C’est souvent un thème de discussions entre nous. Si nous pouvions remonter le temps, nous irions directement à Londres en 65 ou à New York en 66 à la bonne époque… Ces jeunes ont réussi, à l’époque, à faire passer le monde — qui était en noir et blanc — à un monde en couleurs. Ils aimaient bien s’habiller, et nous aussi ! Je n’ai rien contre les groupes qui montent sur scène en t-shirt et baskets, voire en short l’été. Le grunge, par exemple, c’étaient des musiciens qui pensaient que tout passait par la musique ou les textes. Nous ajoutons une composante assez classe en plus : les fringues ! C’est important pour nous, même si c’est à double tranchant : c’est bien d’avoir un bon look, mais il faut aussi bien jouer (rires). Un groupe qui se sape bien, on s’attend à ce que ce soit un groupe merveilleux, qui joue aussi bien que les groupes sixties… mais c’est comme ça ! Nous aimons les boots, et nous allons les chercher à Londres quand c’est possible.
Vous avez fait trois albums chez Soundflat, le label allemand. Vous jouez souvent à l’étranger. Vous ne vous sentez pas un peu trop « étriqués » en France ?
Oui, la scène garage est un peu « étriquée » en France, mais nous souhaitons maintenir la flamme d’un genre. Il y a des groupes comme les Satelliters en Allemagne, mon groupe préféré, Juanito Wau y Los Arrrghs en Espagne, Les Baron Four de Mike Whittaker en Grande Bretagne, les Maharajas de Jen Lindberg, qui participent à une grande scène européenne. Dans cette scène, tout le monde a un son différent, nous maintenons un genre sans faire beaucoup de concerts ni vendre beaucoup de disques. Il y a eu pas mal de revivals de garage, et il n’y a plus grand monde aujourd’hui. Peu de gens en France écoutent cette musique, qui n’est ni du sixties, ni du punk, ni de la surf…
Mais ça change, puisque vous allez sortir un 45 tours chez Rogue Records !
Oui, c’est un grand moment pour nous ! Jean-Marc Varlet, qui dirige Rogue Records, Lubna et moi l’avons rencontré lors de conventions de disques. Nous sommes devenus des potes, nous discutions beaucoup de musique garage. Il a monté son label. On l’a recroisé l’année dernière à Bordeaux, lors d’une convention. Comme il avait beaucoup aimé notre dernier album Outta Tyme, il nous a proposé de faire un 45 tours sur son label, Rogue Records, qui ne sort que des 45 tours superbes. Nous étions ravis du projet. Cela a un peu traîné, car nous manquions de temps pour enregistrer : nous avons raté une session ! Jean-Marc a été patient, et nous lui avons envoyé deux morceaux inédits. Nous avons organisé une session photo inédite sous la pluie pour la pochette, il a été ravi du résultat. Pour nous, c’est super de se retrouver sur un label international comme le sien : il y a tous les groupes de la scène garage que nous aimons !
Quelles ont été vos grosses dates ?
Nous avons beaucoup joué en Espagne. Nous avons rencontré Juan (Wau y Los Arrrghs), il nous a pris sous son aile et nous a trouvé des dates là-bas. Nous avons maintenant un booker espagnol, nous adorons jouer en Espagne. Nous avons notamment fait une date au Fun House à Madrid, qui était sold-out avec un public passionné. Nous avons joué à Valence, dans le cadre du festival Wachina wachina avec un public fan de garage rock. L’Espagne nous aime, nous en sommes très heureux ! Il y a également des associations françaises qui nous soutiennent. Il n’y a pas longtemps, nous avons joué au festival Crasse de Meule, un festival qui a lieu sur le port, sous un grand chapiteau de cirque, nous avons joué le samedi devant un public qui n’était pas forcément conquis au garage, nous y sommes allés avec toute notre énergie et notre passion. Nous avons retourné la salle avec deux rappels. Nous avons été deux fois à l’affiche du Cosmic Trip, dont celle de l’an dernier où nous avons ouvert avec le Chiffre Organ-Ization. Nous avons joué au Yéyé Gijon mods weekender l’été dernier. Au mois de décembre dernier, nous sommes montés jouer en Belgique et en Allemagne au Sonic Ballroom, ça s’est super bien passé ! On nous propose l’Angleterre, mais c’est compliqué : si nous acceptons, ce n’est pas rentable pour nous car il y a trop de frais. Tout le monde travaille et la plupart d’entre nous ont une vie de famille. Si cela nous coûte de l’argent, nous refusons.
Ça te dérange si je te dis que tu fais du « revival » ?
Non, pas du tout. Le garage punk a beaucoup évolué depuis les années 60. Le premier revival des années 80 a déjà beaucoup modifié le son. Dans les années 90, c’était plus minimaliste, pareil dans les années 2000 et 2010. Ce n’est donc pas choquant de dire qu’on fait du revival : on n’invente rien, on ne fait que reproduire ou rejouer un son qu’on a beaucoup écouté, mais surtout sans plagier les groupes ou les morceaux.
Quels sont vos projets ?
Nous avons un 45 tours qui sort officiellement chez Rogue Records en mars, il est déjà disponible en pré-commande, ainsi qu’un autre projet avec un copain irlandais qui vit en Normandie. C’est un grand passionné de garage et de la scène anglaise actuelle, mais surtout des Cramps. Nous l’avons recroisé au festival Munster en Espagne, et nous sommes restés en contact. Il dispose d’un label et produit de nombreux disques, l’année dernière, il nous a vus au Cosmic Trip. Il nous a proposé de sortir un 45 tours sur son label. Nous lui avons envoyé 3 morceaux, ça va sortir dans l’année. Nous partons de nouveau en tournée en Espagne au mois d’avril. Nous serons également à l’affiche d’un festival à Vitré en juillet.
Il y aura un album ?
Oui, dès que possible, mais nous aimons beaucoup le format 45 tours, car nous aimons passer des disques en DJ set, et le 45 tours est parfait pour ça. Au début, je n’aimais pas trop l’idée d’en sortir, et aujourd’hui, j’en suis ravi.
Qu’est-ce qui vous manque pour passer à l’étape supérieure ?
Le groupe a beaucoup travaillé, mais nous avons du mal à nous faire une place en France. Nous commençons à être reconnu sur la scène européenne, franchement, nous ne souhaitons rien d’autre. Nous aimons jouer aussi bien devant 100 personnes dans un club que devant 600 sur une grande scène. Nous avons joué au pavillon 108 à Fumel en première partie des Bellrays, devant 500 personnes, c’est tout autre chose au niveau scénique et son. Ce qui nous manque ? Rien, en fait : nous sommes reconnus par nos pairs. Nous avons reçu des messages sur les réseaux sociaux de musiciens de garage américain des années 80 qui nous ont dit que nous étions au top. Pour nous, c’est très fort ! Nous avons juste l’envie de continuer à faire notre sixties punk sans prétention, car nous commençons à nous sentir bien dans ce cercle restreint !
Le mot de la fin !
Que ce soit moi, Lubna, Dorian ou Olivier, nous écoutons tout le temps de la musique : c’est le fil rouge de nos vies ! J’ai eu des moments faciles et compliqués, et la musique m’a toujours aidé. C’est quelque chose qui rassemble tout le monde. Nous pouvons y trouver une énergie positive ! C’est essentiel pour nous d’en écouter. En plus, nous avons la chance de pouvoir en jouer et sortir des disques. C’est notre passion !
Quel disque donnerais-tu à un enfant pour l’emmener vers la musique ?
J’ai deux enfants qui ont écouté mes disques sans que je leur impose quoi que ce soit. Aujourd’hui, ils ont une vraie culture qui leur est propre, et c’est génial. Maintenant, je leur ferais écouter « Woolly Bully » de Sam The Sham & The Pharaohs. C’est un morceau fun, divertissant et dansant. Quand je le passais, mes enfants dansaient !
https://thewyldetryfles1.bandcamp.com/music
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https://youtu.be/i-RVvjHdBDo?si=EgiASMI90ZEJxi4h
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https://www.youtube.com/watch?v=2AEjZCaZwdk&list=RD2AEjZCaZwdk&start_radio=1




