Institut : l’électro pop déviante qui veille au bien-être de sa communauté

jeudi 22 octobre 2026, par Franco Onweb

Avec « Changer de paradis, tout simplement », quatrième album concocté en auto-suffisance dans la garrigue, près de la frontière espagnole, Institut poursuit sa route en marge de l’industrie musicale. Entre second degré, littérature et revendications anti-Milei, le trio, désormais enrichi de Boum Boum ! 9 ans) cultive un univers à part, enveloppant et assumé. Rencontre avec un groupe qui ne montera sur scène que si les programmateurs daignent le lui demander.

Vous sortez votre quatrième album, « Changer de paradis, tout simplement ». Où et avec qui l’avez-vous fait ?

Il a été réalisé à la Bergerie, un lieu unique vers la frontière espagnole, dans la garrigue. Une zone blanche où il pleut une fois par an.
L’album a été réalisé à trois, en auto-suffisance, enregistré et mixé par Emmanuel Mario (Astrobal).

Institut en 2026
Crédit : Philippe Lebruman

Il sort chez qui ?

Rouge Déclic, notre label, comme les albums précédents. On a trouvé notre écosystème, on est libres, on ne change rien.

Qui fait partie d’Institut à la sortie de ce nouvel album ?

L’équipe reste la même. Emmanuel Mario, Nina Savary et moi. Mais aussi Boum Boum ! une jeune chanteuse de 9 ans qui s’est joint à nous après avoir passé une audition. Elle nous permet d’atteindre la parité.

Qui joue de quoi ?

Emmanuel et moi nous sommes partagés tous les instruments, par souci de rationalisation et de maitrise de l’ensemble du processus artistique.
Sur cet album, nous avons particulièrement mis à profit les techniques d’harmonisation et notre maitrise du contrepoint acquis au Conservatoire d’Arras, particulièrement sur « Moi personnellement, je suis une littéraire ».

Comment décrirais-tu la musique d’Institut ? Est-ce que le terme « électro pop » te convient ?

Je te fais confiance. Peut-on ajouter « déviante » ? Et en sous-genres « New wave » et « electronica » ?

Quels disques aviez-vous sur vos platines au moment de la composition et de l’enregistrement de l’album ?

Difficile à dire, l’album s’est construit sur 5 ans. Surement Nick Drake, Alain Chamfort et John Maus.

À l’écoute de ce disque, on pourrait penser qu’Institut est autant un groupe littéraire que musical, en raison de ses textes très écrits. Tu es d’accord ?

Je lis plus que je n’écoute de musique. Ca a forcément déteint sur le produit final. Le prochain album sera un livre audio.

Était-ce ton ambition, au moment de la création d’Institut, de créer une atmosphère autour du groupe autant que de faire de la musique ?

Institut, c’est un univers à part entière, enveloppant, inclusif, qui veille au bien-être de sa communauté. Univers musical, univers visuel, prochainement guide de développement personnel. C’est mon ambition, c’est mon fardeau aussi.

Les textes sont très ancrés dans notre époque, mais avec un second degré : c’est ta marque de fabrique ?

C’est notre cahier des charges en effet. On a été missionnés pour jouer ce rôle. Une marque de fabrique. Cette carapace me rend aussi libre de chanter quelque chose en pensant le contraire.

Qui a réalisé l’artwork, qui est superbe ?

Les photos sont d’Élie Jorand, un ami et partenaire depuis le début, le graphisme est signé Philippe Lebruman, un ami et partenaire aussi. Je ne m’entoure que d’amitié, d’amour et de vérité. C’est une posture politique résolument anti Javier Milei et Jean-Philippe Tanguy.

Toujours pas de projet de monter sur scène ? Pourquoi ?

Sauf erreur, cette question s’adresse plutôt aux programmateurs.

Quels sont vos projets ?

Revoir mon workflow pour ajouter de la plus-value à notre proposition musicale.
Rechercher des partenaires financiers prêts à défiscaliser pour poursuivre notre aventure dans la sérénité, en jouant chaque jour sur une nouvelle Fender Jaguar 1969.

Le mot de la fin !

La fin est mon point faible.

https://institut.bandcamp.com/album/changer-de-paradis-tout-simplement
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