Alain Chapot, alias Number 9 : L’éternel Moderniste, entre basse, Vespa et pop culture

mercredi 3 juin 2026, par Franco Onweb

Alain Chapot, plus connu sous le surnom de Number 9 et aujourd’hui Chapeauneuf du Pop, est une figure incontournable de la scène Moderniste française. Bassiste, organisateur de soirées, co-fondateur de groupes culte comme The Gentlemen’s Agreements, Le Chiffre Organ-Ization ou encore les Falken Mazes, il incarne depuis des décennies l’esprit d’une musique généreuse, où l’esthétisme le dispute à la mélodie, et où le partage prime sur la gloire.

Entre les clubs de Vespa d’Avignon, les festivals sixties en Europe et les studios d’enregistrement, il a construit une « carrière » aussi éclectique qu’inspirante, toujours guidée par le plaisir de jouer, de créer et de transmettre. Dans cette interview, il revient sur ses débuts, ses rencontres marquantes, ses projets fous (comme la BO d’un film X !) et son amour inconditionnel pour la pop culture, qu’il défend comme une véritable philosophie de vie.

Peux-tu te présenter ?

Je suis Alain Chapot mais au cours de mes études d’art on m’a donné le surnom de Number 9 pour de multiples raisons et ça me va très bien car je suis un grand fan de la série « Le Prisonnier ».

Crédit : Gérald Chabaud

Tu es considéré comme un activiste Mods. Ça a commencé comment ?

Déjà, Merci ! Cela a commencé d’une manière assez classique : j’avais une grande sœur qui fréquentait des gens de ce milieu à Avignon, où j’habitais, et j’aimais beaucoup les disques de mon père (rires)… J’ai commencé à me prendre de passion pour le format du disque vinyl. J’ai ensuite rencontré des copains qui avaient un trio mais qui n’étaient que deux (rires). Ils voulaient faire un truc à la The Jam, donc je les ai rejoints à la basse que j’ai apprise pour cette occasion au départ. J’avais quinze ou seize ans. Il y avait déjà un super groupe à Avignon qui tournait : « The Strawberry Smell ». Je les connaissais un peu et leur aspect Mod, me plaisait enormément. J’ai ainsi pu rencontrer Olivier Vaillant, le bassiste du groupe, qui m’a initié à l’instrument. Ensuite, on a tous fondé des groupes. Pour moi, le premier c’étaient les Bowlings ou Boolings vous pouvez l’écrire comme vous voulez. J’ai eu ensuite pas mal de formations diverses.

Est-ce que c’est en parallèle à cette époque que tu commences à être un activiste avec la radio, les labels et tout le reste ?

Non pas tout de suite. Tout ceci est venu au fur et à mesure des rencontres. Pour moi, la musique, c’est le partage justement, et j’ai eu la chance de rencontrer de nombreuses personnes super intéressantes et actives dans ce petit microcosme de la musique sixties dont cette très chère Cecilia Menaud, qui était la chanteuse des No Talents, Cecilia et ses ennuis, entre autre, qui m’a en quelque sorte poussé à continuer à organiser des soirées sur la base de celles que je faisais déjà un peu à l’époque sur Avignon. C’était avant les réseaux sociaux etc. et notre réseau à nous c’était le grand sud qui pouvait relier Avignon, Aix, Marseille, Montpellier, Perpignan et Toulouse. On se côtoyait tous le plus souvent possible. Ensuite, tout ça s’est enchaîné parce que si tu veux que les choses se existent, autant les faire. Vers 2008, 2009 le chanteur des Cryptones, Stephane Bernaille alias Bool qui gérait un bar restaurant à Six Four les Plages m’a proposé d’organiser un mini festival et on a proposé pendant quelques années le Heatwave festival en bord de mer c’était génial. Ensuite, j’ai produit, encore une fois poussé par Cecilia, ma première compilation « Quel Organ » toujours en 2009. Finalement le chiffre 9 a du sens quand j’y repense (Rires). Après, tout s’est enchaîné. Les concerts de folie avec Penelope, la création des Gentlemen’s Agreements, etc, etc …

Et il y a eu aussi la radio ?

J’ai toujours adoré ça. J’avais eu l’occasion de participer des émissions quand j’étais beaucoup plus jeune, avant même de « tomber » dans le truc sixties, un truc vraiment bricolé mais déjà j’avais adoré partager des morceaux. Puis il y a 6 ans environ, j’ai rencontré Jean de Lardemelle, qui avait notamment fondé les Acid Rendez-Vous à Paris et qui a œuvré dans de nombreuses scènes. Ses goût éclectiques et assumés allant des débuts de la musique moderniste au hip-hop en passant de nombreuses contrés obscures, m’ont vraiment intéressé. Il est vraiment comme moi je trouve. Son désir de partager est très important à ses yeux et aux miens. Un été, il était descendu sur Avignon et a organisé avec sa compagne une soirée. On s’est croisé dans un magasin de disque, et il m’a donné le flyer de sa soirée. On a commencé à discuter et depuis on ne s’est plus décollé. C’est Marie Ketele, une amie, qui travaillait pour la radio Raje d’Avignon à l’époque, qui en nous entendant discuter avec passion nous a proposé de faire de ces échanges une émission et bingo, voilà cinq ans que ça dure. L’émission s’appelle « Les Papes du Pop », un nom que j’avais en tête depuis longtemps et qui tombait fort à propos pour une émission de pop dans la cité des papes non ?

Pourquoi est-ce qu’il y a eu autant de Mods à Avignon ?

Ça je n’en sais vraiment rien. J’ai l’impression que c’est une connexion de personnalités au début des années 80. Il y a dû y avoir des mods ou du moins des minets dans les sixties mais je ne sais pas vraiment. En même temps à Avignon, dans les années 90 c’était un peu, soit tu étais punk à chiens, soit skin soit Mods, mais franchement, je ne saurais pas vraiment dire pourquoi il y en a eu autant ici.

Sur scène avec le Chiffre Organi-Zation
Crédit : Gérald Chabaud

Ça a été une scène très active ?

Difficile à dire. Les choses existaient et c’était une scène qui bougeait beaucoup surtout. Par exemple, on avait la chance d’avoir pas mal de clubs de Vespa dont le Scooter Club du Sud Est dont je fais toujours partie aujourd’hui, qui organisait chaque été un événement à Mormoiron. Cela m’a permis très tôt d’organiser des concerts en m’occupant de la programmation et de la gestion des groupes à cette époque et jusqu’à il y a peu. J’ai pu ainsi faire jouer des groupes de ska de folie comme Jamasound, un super souvenir ça et Skarface aussi tient je ne m’en rappelais plus. Cela nous a permis aussi de faire nos armes en tant que « vrai » groupe (rire) avec les Boolings à l’époque. Je me suis aussi essayé à la bande dessinée à mes débuts en tant que fan des Blues Brothers j’avais tenté une adaptation. Je devais avoir 14, 15 ans. Si mon pote Alteau voyait ça aujourd’hui il me bannirait à jamais. Mais bon je ne suis jamais allé au bout ouf ! (rires). Mais pour revenir à ta question, oui, c’est une scène qui a toujours été assez active sur Avignon il me semble.

Ce qui te plaisait, c’était autant l’esthétisme que la musique ?

En vrai ! Comme dis la jeunesse aujourd’hui, c’était vraiment l’esthétisme en premier, la musique est venue peu après, et comme il manquait souvent un bassiste, j’ai appris la basse. J’avais toujours voulu apprendre la batterie, mais je vivais dans un appartement, c’était donc impossible (rires). Je suis comme beaucoup de bassistes, un batteur frustré (rires). J’ai appris sur les disques des Specials, des Jam, des zombies, des Who, de Supergrass… Des bassistes avec une belle identité ! C’est ce qui m’intéressait vraiment trouver un jeu et surtout ; trouver un son, mais je pense qu’en fait quand on est bassiste on cherche toujours un son (rire)

Premier gros dossier pour toi : The Gentlemen’s Agreements !

Ça débute à La Vague de Toulon. C’est parti d’Alexandre (Besson NDLR), qui à l’époque me propose de faire un truc ensemble, un groupe hein (rires). On se connaissait depuis pas mal de temps mais nous n’avions jamais joué ensemble. On voulait faire un disque pour faire danser les gens en live, jouer les disques qu’on adorait écouter et passer en soirée. C’est comme ça qu’on a commencé. On est allé chercher des gens que le projet pouvait branchait un peu partout en France et à l’étranger ! Sur le premier album, par exemple, le clavier, c’était Paolo Apollo Negri de Milan (Link Quartet NDLR), Barnabé Mons au chant qui vient de Lille (Sheetah et les Weissmuller), le premier guitariste, c’était Yann Cracker de Grenoble (Towerbrown). Bon, c’est vrai que le projet a l’air un peu compliqué sur le papier, avec la distance ! (Rire) On a fait un premier concert à La Vague à Six fours les plages si je me souviens bien et ensuite Nice puis le groupe a évolué avec deux albums, des singles et des membres divers et variés. Pour le second album nous avons été contactés par une « pseudo » agence américaine qui nous a commandé la musique pour un film … Imagine à peine comment cela a pu nous stimuler et nous exciter. On a reçu un scénario et nous écrit une douzaine de chansons. Bon il s’est avéré que c’était une arnaque et nous ne sommes pas allé plus loin avec cette idée de film, mais du coup, nous en avons fait un nouvel album des Gentlemen’s agreements qui s’appelle Last Call for …
Quelques temps et concerts plus tard Barnabé est parti ! On a alors fait une tournée à quatre avec Billy Coog aux claviers, qui remplaçait Denis, et Waldo à la guitare. C’est à ce moment-là que le Chiffre Organ-ization est devenu un projet avec plus d’ampleur. On avait monté ce groupe avec Alexandre au départ pour davantage jouer ensemble et pouvoir se présenter dans des bars et des clubs plus proches, de manière plus simple et plus fréquente.

Donc, Le Chiffre !

Oui, on attaque à trois avec Denis aux claviers, Alex à la batterie et moi à la basse. Rapidement, Denis part voguer en Nouvelle Zélande et Coog a pris sa place. Mais avant de partir on avait produit 2 singles sur le label Soundflat Records.

Crédit : Gérald Chabaud

Cela s’est très bien passé ?

Le groupe avec Coog ? oh oui ! Mais ce n’était pas un inconnu pour moi puisque nous avons commencé ensemble dans les années 90 dans mon tout premier groupe les Boolings.
Après faire un live à 3 Orgue, Basse, Batterie ce n’était pas évident au départ. Idem quand nous avons décidé de faire un album. J’étais un peu effrayé car faire un album instrumental me semblait moins facile. Mais l’enthousiasme de tous à porter ce projet qui n’a de cesse d’évoluer m’a rassuré et encore plus motivé. Ce premier disque on l’a enregistré justement dans la ville ou habite Coog, Perrigueux, et avec l’aide d’un excellent Ingénieur du son Arthur de Cossette qui nous a vraiment beaucoup aidé et apporté sur ce projet et les suivants.

Le principe du Chiffre, c’était vraiment de ne faire que des instrumentaux ?

Oui, Jamais de chanteurs, on voulait faire de la musique d’illustration sonore et bien sûr toujours faire danser les gens, cela reste un de mes leitmotiv. D’ailleurs sommes souvent accompagné d’une amie qui vient danser avec nous l’incroyable Celia Gogo

Vous avez fait de la musique d’illustration sonore ?

Tu veux parler d’une composition pour des films à proprement parlé non, mais en revanche, on a effectivement deux morceaux qui ont servi d’illustration sonore pour un film X (rires). C’était rigolo. Ça s’appelle « La Machine à Déboîter le Temps » (rires). C’est un mec de Montpellier, si je me souviens bien, qui fait plein de trucs dans le cinéma et qui nous a proposé de faire partie de l’aventure. Dans ce film il y a aussi une scène live avec les Grys-Grys. Nous nous sommes en fond sonore sur 2 scènes si je me souviens bien. En vrai, on a pu avoir le film mais uniquement la version sans les scènes torrides (rires).

Vous avez combien d’albums ?

Alors au départ ce sont 2 singles Avec Alexandre à la batterie, Denis à l’orgue et Waldo à la guitare, puis est arrivé Coog et on a fait le premier album à 3 sans guitare. Rapidement est arrivé Eric à la guitare qui a réellement super bien complété le tableau et sont sortis alors 1 EP, 1 single, le Second Album et bientôt un nouveau single.

C’est un groupe qui a beaucoup tourné ?

Oh oui, on a eu cette chance et cette opportunité. On a pu faire plein de super dates en Europe. C’est vrai qu’à 4 c’est relativement plus simple, 16 bras, un van, du matos à gogo et c’est parti …. Par contre, il ne faut jamais croire que c’est toujours simple, je me rappelle d’une date à Clermont où on a joué dans un bar vide ! C’était comme une répétition, mais à Clermont-Ferrand (rires) Qu’est-ce qu’on a rigolé ce soir-là finalement (rire).

Vous avez joué à l’étranger ?

Pas mal en Espagne, un peu en Allemagne, en Hollande, en Belgique, en Angleterre… Principalement, dans des festivals sixties ou mods. On joue des instrumentaux, mais avec un grand dynamisme, ça groove et ça fait danser du coup ça plait semble-t-il. On ne fait pas de l’Acid jazz comme le James Taylor Quartet, auquel nous sommes parfois associés. Je dirais que c’est un truc entre du garage sixties et de l’Acid jazz. L’idée, ça reste la musique pour l’image. Peut être parce que je suis un grand passionné de musique pour l’image au même titre que les autres.

En concert
Crédit : Gérald Chabaud

Ensuite, Coog est parti !

Oui, il a décidé d’arrêter les lives, pour des raisons personnelles, après un concert phénoménal à Brighton à l’occasion du Brighton mod Weekender l’été dernier puis Arnaud Di Giovanni de Marseille nous a rejoint pour lui succéder. On a joué à Margate dans le sud de l’Angleterre récemment et un nouveau single verra le jour en fin d’année ou début de l’année prochaine sur Rogues Records.
Désormais nous sommes donc toujours 4 avec Alexandre, Eric, Arnaud et moi

Tu nous parles de lui !

Qui ? Éric ? ou les 2 ? Alors pour Eric, Nous nous sommes rencontrés dans des soirées sur Avignon ou Toulon. Il est Bordelais d’origine et habite par chez nous depuis un certain temps ? Un jour nous l’avons invité à venir en tournée avec nous sur Paris, nous étions alors que 3. C’était juste après la sortie du premier album. Je savais qu’il jouait de la guitare et on voyait bien que parfois il nous manquait cet instrument sur certains morceaux. On lui a simplement proposé de ressortir sa guitare après des années pour nous rejoindre et il a dit oui et … c’est parti. Arnaud c’est plus récent, c’est un activiste de la scène qui a appris l’orgue à la vitesse de l’éclair et c’est aussi un grand passionné de tout l’univers de ce genre de musique et particulièrement de l’illustration sonore italienne. L’homme parfait pour la situation.

Tu n’as pas peur, avec le Chiffre, de tomber dans la répétition ?

Est-ce grave, docteur (rires) ? Non, je n’ai pas peur et je suis archi fan de ce que nous faisons. Les lives sont toujours de super moments. Par contre, il n’y aura jamais de chanteurs ou chanteuses, même si ça a pu arriver sur certaines dates parce qu’on aime partager, mais ce n’est pas l’idée du groupe.

Et maintenant, les Falken’s Maze !

Alors oui une autre histoire. Je suis revenu vivre sur Avignon il y a deux ans et Cyril (Cucumber, NDLR) voulait reprendre la musique après avoir arrêté quelques années pour des raisons familiales et remonter un groupe. Il m’a proposé de jouer, sans pression, juste pour le plaisir. Il a demandé aussi à Cyrille (Mazella, NDLR), l’ancien batteur des Strawberry Smell, Daniel (Sani, NDLR) et Jamy son fils pour compléter le tableau, et la pochette ! de la plus belle manière.

The Falken’s Maze, Alain deuxième à partir de la droite
Crédit : Jean-William Thoury

Avec ce groupe, on a l’impression que vous vous amusez et qu’il n’y a pas de pression !

Oui et pas que celui-là, c’est l’idée générale de tous les groupes en fait je pense, chacun amène ses idées, ses propositions. On a la chance d’avoir de supers compositeurs, que ce soit Cyril ou Daniel. J’en amène aussi un peu et surtout j’assume peut-être enfin le fait de pouvoir écrire des paroles. On partage énormément entre nous, on s’amuse beaucoup… On s’est juste mis la pression pour écrire douze morceaux pour un futur album !

Il sortira quand ?

Houlà ! (Rire) On a déjà les morceaux. On sait à peu près ce que l’on va faire, on a bossé les compositions, mais on est tous très occupés enfin… surtout Daniel (rires). On vient de finir un single pour Rogues records, le label Toulousain qui sortira aussi le nouveau disque du Chiffre, et on va s’attaquer aux enregistrements des morceaux. On fait ça à la maison, donc on y va à notre rythme. Christophe Vaillant, le Superhomard, guitariste des Strawberry Smell et des Pony Taylor, nous aide un peu pour les prises de son et pour le mix. Ça reste en famille (rires).

Et comme tu n’étais pas assez occupé, tu as pris la basse chez Daniel Sani !

(Rires) Ça, c’est Daniel qui a proposé et moi qui ne sait pas dire non (Rires) ! Son bassiste venait de partir et donc, il m’a proposé d’apprendre les morceaux pour faire quelques concerts. C’est hyper facile parce que je n’ai rien à penser (Rires). Tout a été fait par Daniel et Jean-William (Thoury, NDLR). Ce qui est intéressant pour moi, c’est que c’est un autre public finalement et un autre style de jeu de basse. C’est plus rock que tout ce que j’ai pu faire jusqu’ici mais c’est marrant. Moi, j’ai appris la basse avec les Jam, les Who, du ska ou du Rhythm & Blues à la base tu sais (rire). J’ai aussi découvert Jean-William Thoury et son univers. Je ne connaissais pas bien Bijou ni ses écrits, mais franchement, j’aime beaucoup ses textes et les inspirations de Daniel.

Ce n’est pas bizarre pour toi de te retrouver dans un projet chanté en français ?

Non, carrément pas, parce que j’ai toujours adoré ça. La pop chantée en français. Mes deux compilations n’étaient pratiquement que des trucs français. C’est un peu ma spécialité quelque part, les trucs pop un peu bizarre chantés en français.

Tu ne penses pas qu’en France, on a un problème avec les textes en français, où on doit à chaque fois faire des paroles « culturelles » ? On a un problème avec la pop.

C’est ça, il semblerait qu’il faille toujours faire des textes intelligents en français. Je suis fan de certains textes de Gainsbourg, mais aussi de Nougaro, Papadiamandis (Parolier de Eddy Mitchell NDLR) ou Lanzman, (Parolier de Dutronc NDLR) que j’admire beaucoup. Et si tu écoutes leurs textes, ils ne sont pas forcément tous intelligents, mais il crée des images, enfin dans ma tête en tout cas et c’est ça que j’aime.

Tu organises aussi des soirées ?

Oui depuis pas mal de temps maintenant. Dernièrement c’était les Délirium ou The Party à Avignon, dans un club tenu par des copains en plein centre d’Avignon. On y a fait plusieurs soirées sixties c’est un lieu magnifique, une sorte de Cabaret en plein centre d’Avignon. Mais cela devient de plus en plus compliqué de trouver des salles et organiser des choses. C’est devenu un peu fastidieux de promouvoir de la musique amplifiée aujourd’hui je trouve.

Sur scène avec les Falken’s Maze pour la Delirium Party à Avignon en Décembre 2023
Crédit : Gérald Chabaud

On a l’impression que tu as peu d’influences américaines ?

Ce n’est pas faux, je suis plus influencé par l’Angleterre ou la Francophonie, et peu par les USA. Ce que j’aime surtout là-bas, c’est la musique noire américaine la Soul ou le Rythm & Blues. J’ai eu l’occasion d’y aller quelques fois et à chaque fois je ramène des disques de la côte ouest ou bien des singles de soul. En revanche c’est vrai que si tu me demandes quels sont les disques du moment, par exemple, j’écoute beaucoup l’album d’Eddy Mitchell « Zig Zag » et des trucs grooves 60’s et 70’s de l’ancien bloc de l’est, donc pas très américains c’est vrai (Rires)

La vraie question qui se pose : tu dors quand ?

Je sais, je suis hyperactif paraît-il ? (rires).
C’est la question que l’on me pose souvent (rires) ! Je dors peu effectivement parce que j’aime bien que les choses soient faites et avancent, mais je tiens à remercier ici celles qui me supportes et sans qui tout ceci ne serait pas possible, Elodie ,la femme de ma vie, qui accepte tout ça et qui m’accompagne depuis 30 ans et bien sur la prunelle de mes yeux, ma fille, Milie.

Quels sont tes projets ?

Continuer à avoir des projets justement. Faire de nouveaux disques avec le Chiffre Organ-ization et les Falken’s Maze. Jouer en live, se faire plaisir et s’amuser grâce à la musique et faire un peu de sport quand même (Rires)

C’est ça, ton vrai projet : t’amuser ?

En tout cas prendre du plaisir oui et s’amuser avec passion tout au moins !
Ton amour de la musique est lié à l’esthétisme et à la faire partager ?
Oui, il me semble que c’est le cas pour tout le monde dans les groupes dans lesquels je joue. On veut partager. Je ne fais pas ça pour gagner de l’argent, j’aurais arrêté depuis longtemps (Rires), ou pour être connu, on a presque tous plus de cinquante ans maintenant il faut se rendre à l’évidence (Rires). Je fais ça uniquement par plaisir et partage.

Est-ce que tout ce que tu fais depuis le début ne serait pas lié totalement à la pop culture ?

Si, et je l’assume complètement. Dans mes projets futurs, je voudrais organiser des soirées qui rassemblent au-delà du public un peu habituel que nous avons et faire découvrir cette culture pop au sens large. Par exemple je suis sur un projet rock et pop à la patinoire d’Avignon. Cela peut paraître bizarre ou ringard pour certain mais ça répond un peu à ta question. Cela peut permettre de faire comprendre que la pop culture, au sens de la culture populaire, ce n’est pas une culture au rabais. C’est un univers qui est souvent plus intéressant et profond que l’on ne pense !

Crédit : Gérald Chabaud

Le mot de la fin !
Merci à toi, have fun et bonjour chez vous (rires).

Quel disque donnerais-tu à un enfant pour l’emmener vers la musique ?

Pour moi, il y a deux disques incontournables : le premier album des Specials et la BO du film des Blues Brothers, qui m’a vraiment marqué étant jeune. Ces disques sont géniaux pour faire découvrir la musique et l’esthétisme ! D’ailleurs je les aie souvent offerts ces disques

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