S’il existe une époque qui est magnifiée, c’est bien le début des années soixante. A cette époque tout semblait plus facile. Les Chaussettes Noires, le groupe d’Eddy Mitchell, a souvent été le symbole de ces années-là et depuis la légende et le succès du groupe ne s’est jamais démenti.

Depuis quelques années, un groupe a décidé de rendre hommage aux Chaussettes Noires : les Socquettes Blanches. Derrière ce jeu de mots, se cache un regroupement de musiciens talentueux, qui en plus de reprendre le légendaire quintet, a décidé de composer son propre répertoire, peut être pour continuer là où les Chaussettes Noires ont arrêté.

Alors que sort le nouvel album du groupe, j’ai posé quelques questions pour en savoir plus sur un groupe hommage, mais pas que …

Pourquoi avez-vous crée ce groupe concept autour des Chaussettes Noires ?

Paolo Coccina : c’est Daniel Delannoy qui a eu cette brillante idée en 1999. Habitant depuis toujours boulevard d’Algérie dans le 19è arrondissement de Paris, il fut depuis sa plus tendre enfance, proche voisin d’un certain Claude Moine qui allait devenir Eddy Mitchell et le chanteur des Chaussettes Noires, un groupe dont il est vite devenu un immense fan, évidemment ! Il m’a soumis l’idée de monter une formation avec un répertoire de reprises des Chaussettes Noires et j’ai alors contacté Grégoire Garrigues et Jean-Jacques « Jeannot » Cirillo qui sont entrés dans l’aventure avec enthousiasme. Le nom « Socquettes Blanches » s’est imposé tout naturellement.

Après le décès de Daniel en 2016, nous lui avons rendu hommage en donnant un concert au Méridien Étoile de Paris avec Ricky Norton au chant. Il devenait évident que ce dernier était le mieux placé pour prendre le relais et perpétuer l’héritage des Socquettes Blanches.

Crédit : Julien Dominguez

Présentez-vous musicien par musicien

Grégoire Garrigues : commençons par les absents lors de cet entretien : à la guitare rythmique il y a Andras Mitchell, Jean-Jacques « Jeannot » Cirillo à la batterie sur les 3 premiers albums et sur celui-là sinon c’est Jean-Bernard Lepape. Et Paolo Coccina à la basse, Ricky Norton au chant et moi-même à la guitare lead.

Quel a été votre parcours en musique pour les uns et les autres ?

Ricky Norton : j’ai démarré dans la musique rock and roll lors de l’écoute d’un disque des Chats Sauvages, puis d’un double 33 tours d’Elvis et d’un album « Testament du Rock », puis une K7 des Chaussettes Noires qui tournait à fond la caisse dans le lecteur de ma Peugeot 304…

Mes débuts datent donc des années 70 et 80. Plusieurs formations dans le bordelais jusqu’en 2000 et un nouveau départ à Paris jusqu’à ce jour.

Paolo Coccina : cinquante ans de musique à la guitare et à la basse dans beaucoup de styles et de genres différents avec quand même le rock en toile de fond majeure.

GG : beaucoup de rock’n’roll avec un concert en 1979 avec Vince Taylor, les Dan’s début 80’s, Claudia Colonna et ses Guépards pendant 8 ans, The Panther Burns pendant 17 ans et tant d’autres, un long parcours déjà évoqué sur Buzz on Web mais je n’ai pas encore tout dit.

Quand le groupe a-t-il commencé et à quelle occasion ?

GG : en 2000, premier concert en plein air à Compiègne.

PC : nous étions donc quatre à l’époque avec Daniel qui assurait la guitare rythmique en plus du chant.

Quelles ont été les dates de concerts importantes ?

PC et GG : tout a vraiment commencé au Petit Journal Montparnasse le 26 février 2002, ce concert a eu un énorme impact pour les fans du rock du tout début des années 60, nous y avons joué très souvent et plusieurs fois également au Méridien Étoile puis Le Théâtre du Gymnase, le Divan du Monde, l’Olympia, Le Grand Rex.

Les Chaussettes Noires originaux sont ils au courant de votre groupe et quelles ont été leurs réactions ?

PC : bien sûr ! Nous avons eu le privilège d’avoir plusieurs fois avec nous sur scène Gilbert Bastelica (batteur historique des Chaussettes Noires) ou Paul Benaïm (guitariste non moins historique) sans parler d’Eddy Mitchell qui nous a fait l’honneur d’une dédicace sur l’un des nos albums.

GG : et pour ce nouvel album William Benaïm (le soliste des Chaussettes Noires) nous a fait l’honneur d’une belle dédicace.

Vous avez enregistré combien de disques avant ce nouvel album ?

GG : 6 albums studio, 1 album live et 1 DVD live.

Sur quelles sortes de scènes jouez-vous ?

RN : tout ce qui se présente que ce soit des théâtres, des salles de concerts dites comme telles, ou des soirées privées.

N’est ce pas quelque chose d’un peu nostalgique ?

RN : le public attend ce quelque chose qui évoque cette folle jeunesse où l’insouciance et le rejet des institutions étaient de mise. Avec la musique que l’on défend et cette manière unique de la faire sur scène, où le son rendu sur les albums, on les ramène tout droit à l’époque où chacun d’entre eux l’a entendue pour la première fois et c’est en effet quelque chose qui restera ancré à jamais dans leur cœur.

PC : sans doute, mais en tout cas on ne peut nier que cette musique directe, énergique et positive répond à une vraie attente d’un public (jeunes et moins jeunes), qui ne peut s’empêcher de repenser avec émotion à une époque où tout semblait plus facile et enthousiasmant et ce n’est pas ce que l’on vit en ce moment qui va me contredire.

GG : pour ma part je ne considère pas le fait de jouer du rock’n’roll soit lié à la nostalgie.

Crédit : Julien Dominguez

Comment êtes-vous arrivés sur Williamsong ?

GG : c’est le label de Hervé Williamson qui est notre producteur depuis 2012, l’année de notre album « Rock Around the Sox ». Il nous avait entendu lors d’une soirée au Méridien, nous avons sympathisé et il a décidé de nous produire en créant sa structure Williamsong Music dans laquelle il est aidé pour les relations de presse par Jean Veidly (ex-bassiste des Pirates, un autre groupe important de 1960). Il est devenu un ami, c’est une personne de grande qualité.

Vous sortez un album « Les jours meilleurs » : il a été fait où, avec qui et quand ?

GG : nous l’avons enregistré aux Studio Urban dans les Frigos de Paris fin avril 2021 avec Yann Giannetti à la prise de son et mixé par Joël Atlan.

Pourquoi ce titre ?

RN : Grégoire avait écrit une musique très novatrice et j’ai trouvé personnellement que le groupe s’en trouverait un peu « modernisé » s’il la jouait. Aussi, j’ai imaginé ce texte, ce titre en pleine période du premier confinement et j’y ai mis tout mon cœur. C’est un texte plein d’espoir dans l’attente de « jours meilleurs ».

Pourriez-vous décrire le disque ?

RN : le disque est un mélange de titres des Chaussettes Noires originaux. Le choix s’est porté sur des chansons que je n’avais jamais enregistrées. Je me suis fait plaisir avec l’accord de tout le groupe et de notre producteur Hervé. On tenait à rafraichir quelque peu ce contenu en y ajoutant des compositions à nous. Cela s’est fait très simplement et très honnêtement. On est allé puisé dans nos émotions d’adolescents et pour ma part, un des titres a réellement été écrit au début des années 80 : « Souviens-toi de lui ».

Je décris le disque comme un album de transition. Il se peut qu’au prochain album, on fasse basculer le contenu et que les compositions prennent plus de place.

GG : d’autant plus que nous avons déjà repris la majeure partie du répertoire des Chaussettes Noires.

Crédit : Julien Dominguez

En écoutant l’album on trouve beaucoup d’ambiance différente mais globalement c’est de la pop : êtes-vous d’accord ?

RN : certaines des mélodies nous invitent en effet à ressentir le côté pop. Dans l’ensemble, il est tout de même plutôt rock.

PC : admettons mais Chuck Berry c’est du pur rock quand même !

GG : pop dans le vrai sens de populaire alors.

Qui a composé et qui écrit les morceaux qui ne sont pas des reprises des Chaussettes ?

RN : j’ai écrit 2 titres complets « Souviens-toi de lui » et « Marie Belle » et le texte de « Les jours meilleurs ». Grégoire a écrit entièrement « Jolie Baby », la musique de « Sylvie a caché mes chaussures » (texte de Long Chris) et la musique de « Les jours meilleurs ».

Y a-t-il des invités sur l’album ? Si oui qui et sur quel titre ?

RN : sur « Repose Beethoven », Pierre Chérèze nous gratifie d’une partie de guitare fulgurante. Ça fait un bien fou !

Comment se procurer le disque ?

GG : sur le site de Williamsong http://www.williamsong-music.fr/

Quels sont vos projets ?

RN : les seuls projets sont de retrouver la scène le plus souvent possible, le plus vite possible et se réjouir alors de continuer cette aventure qui défend une musique live comme on n’en fait plus. Ce style : on doit être les derniers à le faire alors, on doit être sur le pont et lutter contre vents et marées pour qu’il survive.

GG : jouer devant du public !

Crédit : Julien Dominguez

Y a-t-il des concerts prévus ?

RN : oui, en juin, nous repartons un peu sur les routes. Nous jouerons pour la revue « Le club des années 60 » à Hauterives je crois bien et en juillet des dates se profilent.

GG : oui en juillet nous sommes programmés pour ChartrEstivales.

Le mot de la fin : vous pouvez dire ce que vous voulez

RN : en 1984, je suis allé voir un groupe qui se produisait à Lacanau-Océan, au « Coungate » exactement. J’ai été très touché de voir ces musiciens qui étaient très investis derrière un chanteur dans le style « Elvis » et parmi eux il y avait Grégoire…

Des années après, j’ai monté un hommage à Vince Taylor et Grégoire a joué avec moi au « Petit Journal Montparnasse ».

J’ai aussi eu à mes côtés Jean-Jacques Cirillo pendant mes premières années à Paris de 2000 à 2007 et aussi Paolo Coccina qui m’a accompagné régulièrement dans plusieurs de mes spectacles. Je n’oublie pas Andras avec qui j’ai aussi partagé à maintes reprises la scène.

J’ai en mémoire Daniel Delannoy lorsqu’il défendait son show sur scène et nous étions amis.

Lorsque le projet de jouer au Méridien s’est imposé à nous et que nous nous somme retrouvés en répétition, j’ai été pris par une certaine légèreté mélangée à ce que l’on appelle la grâce. Cette musique me rendait heureux. Aussi, j’ai suggéré à mes amis Grégoire et Paolo de continuer l’aventure et nous y voilà !

GG : je me rends compte que je joue depuis l’année 2000 ce répertoire et je ne m’en lasse pas, 22 ans de « Rock’n’Twist » !

http://www.williamsong-music.fr/

Contact presse Jean Veidly
Contact concert Andras Mitchell