Goodbye Meteor ou le post rock au sommet

lundi 25 mars 2024, par Franco Onweb

Dans les années 90, un nouveau terme est apparu dans la terminaison des genres musicaux : le Post Rock ! Comme son nom l’indique c’est une musique qui essaye de dépasser le cadre strict du rock en proposant un mélange de rock, de jazz ou encore d’électro. Cette musique est le plus souvent uniquement instrumentale et est régulièrement proposée comme musique à l‘image.

Les nordistes de Goodbye Meteor jouent du Post Rock, et de belle façon, et viennent de sortir un premier album épatant qui reprend tous les codes de cette musique. Avec ces longues plages de guitares et cette rythmique discrète mais efficace, ce « We Could Have Been Radiant » est une immense réussite qui mérite toute votre écoute !

Pour en parler j’ai posé quelques questions à Laurent Boile, le batteur de GoodBye Meteor, un groupe que vous allez adorer découvrir !

Pouvez-vous présenter le groupe et ses membres ?

Nous sommes originaires d’Abbeville, dans les Hauts-de-France. Nous sommes 4, Maxime et Cédric aux guitares, Julien à la basse et moi, Laurent, à la batterie.

Goodbye Meteor
Crédit : Ludo Leleu

Quels sont vos parcours musicaux respectifs ?

Nous avons tous eu des expériences très différentes, Laurent a joué dans de nombreux groupes de tous styles (rock, jazz, chanson française, folk…), Maxime a aussi une grosse expérience du live dans des groupes de rock indé principalement, Julien et Cédric davantage dans des groupes métal.

Comment s’est formé le groupe ?

Le groupe s’est formé en 2019, lorsque Cédric et Julien, qui jouaient ensemble dans un groupe, ont cherché des musiciens pour le compléter. C’est ainsi qu’ils ont rencontré Maxime et Laurent. Il y avait aussi un claviériste, Thomas, qui a enregistré sur la 1re démo, Northtape.

Quelles étaient vos influences au début du groupe ?

Nous sommes bien sûr influencés par la scène post-rock, des groupes comme Mono, Sigur Ros, This Will Destroy You, Godspeed... Mais pas seulement, car nous venons tous les quatre d’horizons différents : plus métal pour Cédric et Julien, plus rock indépendant pour Maxime et moi. Je pense que c’est ce qui fait la particularité de notre son.

Vous êtes un groupe avec peu ou pas de voix sauf sur deux morceaux « no signal » et « Phosphenes » pourquoi ?

Probablement l’influence des groupes post-rock instrumentaux ! Pour nous, l’émotion passe avant tout par la mélodie, et nous faisons en sorte d’avoir une musique suffisamment riche pour que l’absence de voix ne soit pas un manque, un peu comme en musique classique.

Avez-vous fait ou envisagez-vous de faire des cinés-concerts ?

Nous avons en effet un concept de ciné-concerts, que nous avons joué à plusieurs reprises. Le film a été créé par nous-mêmes, il ne raconte pas une histoire chronologique car il s’agit davantage d’une succession d’images sur les thématiques qui nous tiennent à cœur (l’environnement, la condition humaine et animale…). Cela permet une immersion encore plus profonde dans notre univers, et de vivre une expérience visuelle et sonore intense.

En vous écoutant, on se demande si derrière un côté un peu « rock » il pourrait y avoir des structures ou une volonté de jazz en mettant en avant une forme d’improvisation. Qu’en pensez-vous ?

En réalité, l’improvisation est plus une étape créative que définitive. Dans notre processus de composition, nous partons très souvent d’une idée amenée par un des guitaristes, et nous improvisons dessus. Au fur et à mesure des répétitions et des écoutes (nous enregistrons la majorité des répétitions), tout se précise jusqu’à arriver à une version « figée » et définitive.

Les guitares sont très mises en avant, elles peuvent rappeler des groupes comme Television ou Sonic Youth, des groupes avec une image assez « Arty » êtes-vous d’accord ?

Oui tout à fait, le post-rock en général s’inspire énormément de cette scène. Cédric est d’ailleurs un grand fan de Sonic Youth.

De quels groupes êtes-vous proches musicalement ?

Les grands groupes dont nous nous sentons le plus proches musicalement sont Explosions in the Sky, This Will Destroy You et Mono.

Crédit : Ludo Leleu

Pourquoi ce nom Goodbye Meteor ?

Nous sommes tous très attachés à la nature, passionnés par les étoiles et les planètes... Nous cherchions également un nom un peu nostalgique, soulignant le côté éphémère des choses.

Quelles ont été les grandes étapes du groupe ?

La période covid est arrivée peu de temps après la création du groupe et l’enregistrement de notre 1re démo, mais ne nous a pas empêché d’avancer. Les 1ers concerts suivent assez vite, puis juste après le départ de Thomas, nous enregistrons notre 1er EP, Metanoia, qui sort en 2022, ce qui nous permet d’avoir une plus grande exposition médiatique. Nous avons continué à développer le groupe, en enregistrant notre 1er album, We Could Have Been Radiant, sorti en février 2024 sur l’un des plus beaux labels post-rock au monde, Dunk !Records.

Avez-vous fait beaucoup de concerts et lesquels ont été les plus marquants ?

Nous avons joué une cinquantaine de fois depuis 2020. Les plus marquants ont été ceux où nous avons fait de belles rencontres, comme avec Of The Vine et It Was A Good Dream, VLMV, indignu…

Comment cela se passe-t-il sur scène ?

Nous avons 2 configurations, le live « traditionnel », avec ou sans film, où la musique prend le pas sur l’image, et la configuration ciné-concert évoquée plus haut.

Combien de disques avez-vous sorti depuis votre création ?

Nous avons sorti une démo, Northtape (2020), puis un album de remix par de nombreux artistes internationaux (Endlesstape – 2021) uniquement disponible en digital. C’est l’EP Metanoia (2022) qui a réellement contribué à forger notre style, suivi par notre 1er album, We Could Have Been Radiant.

Vous sortez un premier album « We Could Have Been Radiant », pouvez-vous le présenter ?

"We Could Have Been Radiant" explore les émotions humaines, passant de l’espoir à une inévitable destruction. Alors que la première partie de l’album fait suite à l’EP "Metanoia", clôturant le chapitre de la quête de l’humanité pour une issue positive, la fin de l’album illustre cette désillusion, et vise à guider l’auditeur vers la lumière salvatrice que nous procure le moment présent.

Vous l’avez fait où et avec qui ?

Nous l’avons enregistré et mixé à dunk !studios en Belgique, avec Jannes Van Rossom et Jonas Everaert, et masterisé à Los Angeles par Dave Cooley, connu pour son travail avec Metric, M83 ou Roger Waters.

Qui compose ?

Comme expliqué précédemment, nous composons ensemble en partant d’une idée, que nous développons tous les 4. Un peu comme un tableau qu’on peindrait tous ensemble, chacun apportant sa touche personnelle.

Comment peut-on se procurer vos disques ?

Nos disques sont disponibles à nos concerts, sinon sur toutes les plateformes de streaming et sur notre page Bandcamp : https://goodbyemeteor.bandcamp.com, ainsi que sur le site de Dunk !Records.

Quels sont vos projets ?

Nous allons défendre l’album sur scène à partir de mai, notamment au Dunk ! Festival à Gand (Belgique), l’un des plus importants festivals post-rock internationaux. Nous aimerions également intégrer le réseau de la musique à l’image, pour que notre musique apparaisse dans des films, séries, documentaires, publicités…

Le mot de la fin !

Merci pour cette interview ! On espère que ça aura donné envie aux lecteurs de nous écouter, nous suivre sur les réseaux et venir nous voir en live.

https://goodbyemeteor.bandcamp.com
https://dunkrecords.com/
https://www.facebook.com/goodbyemeteor