Pétillances post-festives

Par Dyonis Hator

Un vin pas tranquille, un vin toujours en train et pourtant un vin qui bulle... drôle d'univers que celui du vin avec ces mots qui nous bousculent et mettent à mal le volapük en bouteille.
Au nord de la Loire on l'appelle Champagne, partout ailleurs c'est la Méthode Traditionnelle. Entre sacre royal et catéchisme ultramontain, le latin vitvinicole chanstique dur et met avis que c'est pas fini (http://www.franceculture.fr/emission-l-essai-et-la-revue-du-jour-champagne-revue-lerouge-leblanc-2013-12-20). Et pourtant, comme chez Charlie, en matière de bulles point de contraintes. Mais cessons-là ces jeux de mots laids et reprenons le débit joyeux des goulots affranchis (cf Boby Lapointe + « comprend qui peut »).

Pétillances post-festives
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Ça vient de loin, dans le temps… c’est ancestral, c’est traditionnel voir même… mais ça, pour l’instant, ça ne se dit pas.
C’est blanc, c’est noir, de peau, de jus, va savoir, c’est ample et complexe à la fois ou alors ça reste droit, ça gigote sur les papilles tout en blanc, mais pas triste (http://www.franceculture.fr/emission-l-essai-et-la-revue-du-jour-champagne-revue-lerouge-leblanc-2013-12-20).
Quand le pinot se fait meunier c’est toujours épatant et tellement oublié qu’on pense plutôt à Jugnot Gérard qu’à vin et train de bulles, non ?
Alors, greli-grelo après la farandole de traîneaux et guirlandes, tu ouvres grand tes esgourdes, tu laisses tes papilles au second rang pour que tes narines frétillent dans l’instant et tu vires les muselets, gare aux bouchons.

Plutôt droit pour les brut natures et extra-brut ou arrondis pour les bruts velours, les becs sucrés fileront vers l’extra-sec et le sec, les tamponnés du macaron plongeront dans les demi-secs et doux.
Aux noirs les fruits, la rondeur, dans leur jeunesse puis ça file dans le sous-bois quand d’aventures tu dégaines les millésimes bien élevés, ceux qui savent s’attendre, loin très loin, sous terre.

Au blanc… de blancs, un caractère droit, crayeux, des agrumes, des fruits blancs. Au fil des ans les épices s’invitent et le caractère s’assouplit un peu, juste de quoi négocier des rallonges auprès des belles endormies. Question Champagne, c’est ainsi entre celui qui ne peut s’attendre et ceux qui te laissent le temps d’y revenir. L’écart est infini et les terroirs les plus « courts » sont cousins des Bourguignons : 1ers crus, grands crus et clos.

Sinon, dans le même esprit, mais plus regardant sur tes comptes, les vins en méthode traditionnelle ou ancestrale sauront te convaincre d’y revenir avec aisance et discrétion.
Des noms ? Sans rien balancer, il faut rester curieux et regarder tous azimuts, ça peut faire dispersé mais l’éclectisme te poussera inexorablement vers un choix, le tien, et ça c’est le secret.

Donc de Benoîr Déhu, aux Tarlant, Boulard, Drappier, Jacqueson jusques et y compris aux Frères Fourny ou encore Marie-Noëlle Ledru, les Laval, Laherte, Peters, de Sousa… tu le vois c’est intense, un terroir grand comme une région et même au-delà !
Pour les « méthodistes », Thierry Germain, Gilles Azam, Léon Boesch, les Caves de la Reine Jeanne, Bailly-Lapierre, Sieur d’Arques, Laubarel… des styles très différents, des producteurs sincères et exigeants, de la belle ouvrage pour que tu laisses parler ta modération, comme de bien entendu.

Du noir au blanc, le fidèle radis s'accompagnera d’une terrine un peu gaillarde, fût-elle aux légumes, une série de coquillages et beurre frais ou bien quelques bigorneaux et bulots. Plus pointu ? Lamelles de porc noir de Bigorre ou Bellota et galettes de maïs, chaource ou charolais, gougères, Parmesan et canneberges. Une petite bouchée et une belle lampée pour mieux apprécier ces vins qui pétillent et savent être généreux.
Côté son ? 

Entre citations et improvisations, tu sculptes l’espace de toutes ces belles énergies et tu dégustes au fur et à mesure, comme à bouche que veux-tu, mais tu le sais ! 

 

 

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