Un apèro presque parfait : Folle Blanche, aka Gros-Plant

Par Dyonis Hator

A l'Ouest, y être et laisser dire ? Que nenni, à l'Ouest, pas vraiment nouveau, en plein Pays Nantais et jusqu'aux confins, une Folle t'attend. Au mépris des postures, je te propose à toi et tes commensaux du bon, du léger : le Gros-Plant du Pays Nantais sur Lie.

 

Un apèro presque parfait : Folle Blanche, aka Gros-Plant
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Si ça te rafraîchit le palais, c'est que c'est perlant ce « plant »-là. De fines bulles d'atlantique, iodées mais pas trop, un peu comme cet air dont tu emplis tes poumons en débarquant sur la côte, plein Ouest. Cette Folle Blanche, on la disait « négligée » et « discrète », mais quand elle est « sur Lie » c'est du nanan, une gâterie pour museaux licheurs. Les très belles années, les plus avertis en mettent en cave pour quelques années.

En Pays de Loire, elle sévit sur 3 départements (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Vendée) depuis le XIVe siècle, y prend le nom de « Gros-Plant » pour la vigueur de ces ceps. Au XIXe siècle, elle occupe quelques 15000 hectares, ça se distille comme chez les voisins de Charentes et Armagnac et puis, et puis de froid en maladies elle chute à 2500 hectares en 1950... aujourd'hui, c'est moitié moins.

La Folle Blanche du Gros-Plant elle te titille les gencives, mais c'est pas une « polonaise », elle est économe et se pare d'une robe légère pour mieux laisser l'émotion s'immiscer, à flot continu quoique modéré, tu connais le refrain : c'est légal, mais avec modération. Et si « elle rit de se voir si belle en ce miroir » ; cette drôle de marguerite vinique ne s’effeuille qu'à la folie ! Elle est florale ma non troppo et toute d'agrumes parée elle réveille cette belle énergie que fuient les blasés.

L'inspiration goûte bien aux Domaines Madeleineau, Pierre Blanche, de la Malonnière, Basse-Ville, Luneau-Papin.

 

En accessoire de bouche, tu pourrais simplement essayer le Sbrinz car plus que son euphonique résonance alpestre c'est son côté lacté et salin qui te donnera envie de répéter ce bel adage « poussinesque » cher à Claude Ponti : « Pète et Répète... » accompagné du très beau vin fait par un duo « maléfique », Guy et Fred du Domaine de l'Ecu. Le Parmesan ou le Comté c'est bien aussi, question d'affinage, de disponibilité.

Une quiche ? Avec poireaux et Parmesan ou bien échalotes et hareng. Une terrine ? De sanglier, bien relevée, au genièvre. Ou alors de rillettes et du cornichon en confit !

Plus qu'un apéro, une dînette « seafood Mama ! » ? Fish and chips avec sauce Bulldog Tonkatsu !

Next time, c'est promis, nous repartons à l'Est, modeste, avec un superbe assemblage à « flamber ». En attendant, sur le vif, tu mets du son : « it's show time, folks ! ».

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