Jo Pinto Maîa : rencontre avec un aventurier des images !

Par Franco Onweb

Jo Pinto Maîa est un personnage paradoxal : nous avons tous beaucoup vu et apprécié son travail sans jamais savoir qu’il s’agissait de lui ! Réalisateur de certains clips vidéos les plus marquants des années 90 – 2000, il a aussi réalisé des publicités sensas et surtout il a permis d’améliorer les ressources humaines dans des entreprises avec les Lipdubs (l’explication de cette technique est un peu plus bas dans l’interview Ndlr).

Replié depuis quelques années dans son Rennes natal, il a vient de réaliser le dernier clip de Frakture pour la nouvelle version de «Sans visage» (disponible sur https://www.buzzonweb.com/2017/12/compilation-buzzonweb-un-hiver-2017-2018) qui est présentée en exclusivité dans cet entretien.

Un parcours atypique pour un personnage aussi discret que talentueux méritait des explications : les voilà !

Jo Pinto Maîa : rencontre avec un aventurier des images !
DR

Mon nom : Jo Pinto Maïa. Quand on me demande ce que je fais dans la vie, je réponds «  je bosse dans l’audiovisuel. » Je n’aime pas beaucoup ce terme de réalisateur : c’est un peu pompeux , présomptueux et trop réducteur à mon goût… l’image du réal assis sur sa chaise avec son nom marqué dessus m’a toujours fait sourire. En même temps, je ne m’appelle pas Visconti, mais pour être réalisateur, il faut, à mon sens, savoir cadrer, connaître les optiques cinéma, monter ses films, faire de la lumière, faire des plans déco, avoir des notions en machinerie, s’intéresser au « make up », au stylisme, faire du casting… Et il faut également écrire, présenter ses projets,  faire de la gestion d’équipe,  gérer et calibrer  ses plannings… Bref il faut être multifonctions… Et curieux.

Comment cela a commencé cette envie d’images ? 

Quand j’ai 12 ans, mon père m’offre une caméra Super 8 à Noël… Une révélation pour moi… On vivait en HLM, mon père maçon, ma mère femme de ménage. On ne quittait jamais la grisaille des quatre tours, avec mes sœurs… Sauf une fois par an, où, comme tous les Portugais d’origine, on retourne au pays pour les vacances. Mais le reste de l’année c’était un peu la déprime entre ces quatre tours.

Et grâce à cette caméra,  j’ai pu m’ouvrir vers d’autres horizons, l’ envie de  découvrir un peu plus loin que mon quartier, ce qui se passait, franchir le périph, enfin la rocade… chez nous…

il devait bien y avoir une autre vie quelque part, moins ennuyeuse…

C’était une porte ouverte vers l’extérieur, sortir de cette grisaille pour aller filmer à droite a gauche tout et n’importe quoi…

Mes journées se sont transformées à cogiter, imaginer, rêver, faire de petits scénarios. Au lieu de traîner avec mes potes au pied de l’immeuble du matin jusqu’au soir, comme je le faisais au quotidien.

L’image t’intéressait ? 

Oui, enfin pas vraiment, il a fallu se construire un imaginaire, et à l’époque, pas trop de sources d’inspiration vu les programmes TV . La misère. Et le cinéma de quartier pas mieux… Il faut se rappeler que c’était encore l’ORTF avec deux chaînes : Midi Première (émission de variété qui passait à 12 h 30 et présentée par Danielle Gilbert Ndlr), le feuilleton à 19 h 45, et le film à 20 h 30 ! Et le samedi soir,  Guy lux avec les émissions de variétés…

Comment seront tes premiers films ? 

Film c’est un grand mot. Mais il est vrai qu’avec mes copains d’école, on allait parfois au cinéma voir des films d’horreur, des trucs un peu Gore (rires), un peu comme tous les ados. C’étaient des films de série B. Rapidement, le jeudi, parce qu’à l’époque le jour de congé c’était le jeudi, j’ai commencé avec un copain à faire nos premiers petits films. On faisait tout nous-même : les scénarios, les affiches (qu’on faisait en premier), la déco, la machinerie pour faire  pivoter la caméra avec des roues de vélo… Avec ce pote on avait économisé pour acheter un masque de tête de mort bon marché, qu’on avait enlaidit, enduit de graisse, de terre, et on faisait des courses poursuites dans les bois avec ce monstre sanguinaire… Ou encore, fan de Bruce Lee, on tentait de réaliser des films de Kung Fu. J’étais le roi du nunchaku dans ma tour, la tour A… Les tours B, C et D n’avaient qu’à bien se tenir !

C’était très créatif ? 

Bien sûr. Il fallait faire du repérage, bricoler, faire un peu de buée sur l’objectif pour créer une ambiance un peu « dark ». On piquait les gauloises de nos pères pour se forcer a fumer devant l’objectif, afin de simuler le brouillard…

On se levait a 6h du mat  pour filmer  le levée de soleil sous la brume dans la forêt… Seul jour d’ailleurs où on était a l’heure en cours, au collège, durant la semaine...

Et on attendait avec impatience les 8 jours de délai de développement de la pellicule kodak…

Ensuite, venait la magie du premier visionnage après les cours. Il fallait déjà derusher, monter, couper a la colleuse, faire ensuite la bande son et les bruitages sur le radio k7 de mon père. Dans nos têtes d’ados on était déjà les nouveaux Spielberg de l’époque !

On essayait tout et n’importe quoi tellement j’étais passionné par l’image…

Ma caméra super 8 était mon troisième œil, elle avait sa place privilégiée sur mon oreiller… Enfin, avec mon chat  à l’époque…

Je me souviens un matin avoir bricolé un boîtier en bois pour ma caméra, que j’avais cloué sur les rails du chemin de fer pour filmer le train passant dessus. Inspiration Louis lumière et son premier film à la gare de la Ciotat… Tellement fan également de l’inventivité de  Meliès en plus, il fallait oser…

Mais quand la garde barrière m’a vu dérouler 10 mètres de câble électrique, caché dans un fossé avec mon pote, pour actionner le déclencheur de la caméra a distance, elle nous a pris pour des poseurs de bombes et on s’est fait courser… Les super terroristes fuyant à mobylette !

Tes parents voyaient ça d’un bon œil ? 

En fait, à l’époque, on n’était pas nombreux à avoir une caméra Super 8 dans une famille, par conséquent j‘étais désigné de corvée pour filmer les fêtes familiales : mariages, baptêmes, communions… J’avais 13 - 14 ans, et quand la vieille tante, l’oncle et les cousins venaient  à la maison pour un repas ou autre, on tirait un drap, on sortait le projecteur et on montrait les films. J’essayais à chaque fois de finir la projection en tentant de leur faire voir ma dernière réalisation… Il fallait que j’envoie la bande son sur le radio K7 en même temps. Pas évident…  

Personne ne bronchait, gêné, quand mon acteur devait planter un pieu dans le cœur de la créature de la forêt… et que le ketchup giclait. Là, j’étais démasqué par mes sœurs qui me disaient : à cause de toi, on comprend pourquoi on est privé de ketchup depuis un mois… Il a disparu du frigo.

Famille catho de plus, je pense qu’ils s’inquiétaient de mon avenir…

A l’époque tu t’intéresses à la musique ? 

Pas du tout ! mes parents écoutaient les trucs actuels de l’époque comme Joe Dassin, Dalida, Johnny, Sheila et Ringo. J’en ai souffert des « Gondoles à Venise » et de « Tata Yoyo » avec Annie Cordy. La musique venait chez nous par le biais de la télé, la radio et les émissions de Guy lux, le samedi soir. On lisait « Salut les copains »,« Podium » et « Ok magazine ». On était abonné. Prolétaire c’est sûr, mais ultra  branché...

Mes gouts musicaux, je les affirme à 16 ans, avec les Sex Pistols, Television, Nina Hagen, Joe Jackson, Lou Reed, Iggy Pop, et notamment quand j’assiste aux premières Transmusicales avec Marquis de Sade. Et là, c’est le grand changement.

C’est l’époque où tu commences à te passionner pour la photo ?  

Oui, j’avais 18 ans quand je commence à faire beaucoup de photos. Pas de paysages, non, ce qui m’intéresse c’est la mise en scène autour de personnages, l’ambiance  le décor, le cadre. 

Cela correspond vraiment à l’époque des premières Transmusicales et je m’intègre à la scène de l’époque, et très vite des photos de groupes.

Justement, la scène rennaise se revendiquera autant de la musique que de l’image. Est-ce que cela t’a aidé ? 

Pour moi c’est capital. Mon éducation musicale vient de là ! Ces premières Transmusicales ont été un choc énorme pour moi. Ca avait lieu au mois de juin. On était encore un peu dans une époque baba, il y avait quelques groupes de jazz rock avec des solos de guitares interminables, et puis le dernier groupe qui a joué c’était Marquis de Sade et là, le choc ! Ils avaient tout : le visuel ,le look, l ‘attitude et musicalement, très inventif….! Je suis donc allé à tous leurs concerts par la suite. Il y avait plein de groupe autours d’eux : Les Nus, Frakture, Théo Hakola (chanteur à l’époque d’Orchestre Rouge Ndlr), Kas Product… Ils étaient plus âgés que moi pour la plupart de trois ou quatre ans. J’étais un fan, un spectateur…

Et puis arrive les Kalashnikov et leur chanteur Dominique Sonic qui est très présent dans ta carrière ? 

Complètement ! Quand je les rencontre, certains d’entre eux, je ne sais plus si c’est Tonio ou Boulmiche, le bassiste, ils ont à peine 16 ans et ils ne peuvent pas rentrer dans les bars. J’adorais vraiment leur musique, inspiration et attitude  Cramps, les Stooges, Johnny Thunders…

J’ai encore en mémoire des concerts où ce sont les parents de Martin et Tonio qui transportent les amplis dans le break familial.

Ce seront eux tes premières photos ? 

Oui avec quelques autres groupes. On prévoyait quatre heures de séances photos chez moi le soir, mais je passais trois heures à les attendre le temps que chacun se maquille, se  coiffe, bombes de laque, fer a lisser, crayon noir. Look a la Lord of the New Church… Bref il ne me restait plus que 30mn pour faire les photos...

Certains groupes Punk rennais les appelaient « les Lord of Guingamp » !

 

(Les Kalashnikov - Photo Jo Pinto Maïa) 

Ce qui est incroyable c’est que dès tes premières photos, il y les caractéristiques de ton travail : ce jeu de couleurs, un grain spécial et une vraie précision ! 

A l’époque, mes photos  en argentique, je les développais moi-même, j’y passais des nuits blanches. Puis je les colorisais, les peignant au pinceau à  l’ecoline, sur de grands formats. Je passais dix heures sur chaque photo, mais  tout ce qui était hors norme, non puriste et un peu décalé me plaisait…

J’ai vu que tu étais un fan de John Hinde, l’homme qui a développé la carte postale ?

Oui John Hinde, qui commence sa carrière au début des années quarante, et améliore les techniques de reproduction couleur. C'est magnifique, un vrai pionnier de la photo couleur en Grande-Bretagne. Ses thématiques, sa technique, ses colorisations sont sublimes. Pas étonnant qu’il ait influencé Martin Parr qui réédite plusieurs de ses ouvrages.

Tu n’es pas fan du numérique (rires) ? 

Pas vraiment (rires) ! A l’époque, on faisait attention : la pellicule coûtait cher et donc on faisait une pellicule de 24 Poses en espérant avoir au moins 3 ou 4 bons clichés. Il fallait préparer son cadre, faire les bonnes poses, gérer la lumière… Avec le numérique les gens m’exaspèrent avec leurs séries de 300 photos pour un shooting.

Aujourd’hui, si tu arrives à faire des clips très « travaillés », c’est parce que tu as eu cette école ? 

Tout se prépare. On arrive pas sur un tournage les mains dans les poches. On se doit d’écrire, de planifier, lister, anticiper la journée. Quand on tournait en 16 ou 35 mm cinéma, cela coûtait 300  euros actuels les 10 minutes, en pellicule et développement. On avait le  droit à cinq ou six boîtes pour un clip. Ça fait deux prises maximum par scène. Il faut vraiment préparer le découpage, faire des story-board, que tout soit calé et quand on dit moteur, c’est vraiment important : on tourne et on espère que la prise sera bonne. Maintenant avec le numérique certains font des heures et des heures de rushes. Je trouve cela grotesque ! 

A l’époque où tu te lances, la scène rennaise explose et tu vas travailler avec certains groupes…

A l’époque ce sont les prémices de cette scène. Muriel (Chanteuse de Niagara Ndlr) a 20 ans et elle est encore dans « Ombre Jaune ». On fait  des photos dans ma cuisine. Ou encore avec Maujard (chanteur de Ubik Ndlr). Daho traîne au Tutti Frutti, un bar du centre, les Marquis de Sade et Frakture ont leur QG au bar de l’épée rue Vasselot. On passe la plupart de nos nuits dans une fameuse boite, le Paradise, ou Ronnie le super DJ, par moment, pisse derrière ses platines, dans des coupettes de champagne pour les offrir à des groupies Frenchy but chic un peu trop envahissantes… On a tous un peu plus de la vingtaine a l’époque! Pas plus.

(Muriel Moreno - Photo jo Pinto Maïa) 

A l’époque à Rennes, il y a Richard Dumas qui devient aussi un grand photographe ? 

Oui, on est ami depuis longtemps, je l’admire beaucoup et son travail est magnifique. Richard ne fait jamais de repérage, ne prépare pas ses shooting, privilégiant l’instinct, le bon moment, la belle lumière pour faire sa photo au hasard des rues, de son inspiration. Je me souviens de son shooting pour Bashung. Journée dans les rues de Paris, et rien. Pas une photo. Rappelant Bashung le soir, il tente une autre série le lendemain au bois de Boulogne. Il tombe sur une clairière, avec, à cet instant, un halo de lumière magnifique : une photo magique… Celle de l’album «  L’imprudence ». Ou encore, si je me souviens bien, passer une nuit avec Renaud à boire du pastis, pour finir au petit matin à faire juste une photo de sa mobylette… Richard est un puriste qui se déplace seul, avec juste 2 ou 3 boîtiers, contrairement à ces photographes à la mode qui ont besoin de 3 ou 4 assistants, maquilleuse, styliste et un camion d’éclairage… C'est ce que j’appelle un artiste. J’aime ce travail, ce talent et cette humilité.

Tu as fait des pochettes de disques ? 

Oui, quelques-unes, ainsi que des affiches de groupes : Kalashnikov, Animatorz, Sal Tango…  Mais tout était très artisanal à l’époque. On bossait avec des photocopieuses, des ciseaux, de la colle, des feuilles de décalcomanie Letraset pour la typo.

Tu en vivais ? 

Oui, très bien d’ailleurs, grâce à la vidéo  car en parallèle, j’étais cadreur, monteur dans différentes boites à Rennes, Nantes, Paris. Je me souviens de mon premier jour de tournage, embauché comme cadreur à Nantes, j’avais 22 ans. On m’a envoyé le matin, faire un reportage sur les abattoirs, c’était affreux. Puis l’aprèm, contraint de filmer une opération chirurgicale à cœur ouvert… Le stress permanent, ma seule hantise, me prendre les pieds dans tous ces  tuyaux et débrancher par inadvertance  le patient… Un mort sur la conscience dès le premier jour,  ça aurait fait désordre !

Et le soir, défilé de lingerie érotique à filmer dans une boite à Saint-Cyr-Coëtquidan, blindée de légionnaires. Ca a tourné court, bagarre générale et fin de journée…

Que se passe-t-il en 1988 ? 

Je reprends ma vieille camera super 8, alors que tout le monde ne jure déjà qu’avec le format vidéo, et je fais un petit clip en stop motion sur une musique un peu indus « ART OF NOISE ». Rien d’extraordinaire, mais je suis sélectionné au festival du clip qui se déroule à Art Rock à Saint-Brieuc. Et je gagne le premier prix…

Fier d’avoir un petit trophée chez moi, le premier. En même temps, à ce festival, je rencontre Nicolas Gautier, chef de produit chez Crammed discs, un fameux label belge, qui a signé sous licence mon pote rennais, ex-Kalashnikov, pour qui je faisais les photos, Dominic Sonic. Il me demande de faire son premier clip :« When my Tears run cold ».

Un clip qui va marquer ? 

J’avais construit un cube en fausse perspective à damier noir et blanc dans lequel Dominic jouait avec différents intervenants en figuration…  J’ai un malin plaisir d’ailleurs à y enfermer dans cette boite, tout ce petit monde rennais…

Mais ce clip a eu beaucoup de succès... 

Disons que ce fut un point de départ pour moi, la première diffusion télé, c’est toujours important. A l’époque il n’y a pas internet, Youtube ... Le seul support pour les clips c’est la télé. TV Rennes me refuse le clip en diff car soi-disant pas aux norme vidéo de leur chaîne… Peu importe, quatre jours après il passe en exclu dans l’émission de Thierry Ardisson, «  Lunettes noires pour nuits blanches ». Je me rappelle de la présentation d’Ardisson à l’antenne : «  Clippé genial pour 30 000 balles Jo Pinto Maia, grand moment de téloche, Brava » ! Oublié le premier refus de TV Rennes….mdr !!!!!

J’attends toujours le chèque d’ailleurs... Enfin si, le label m’a payé : chèque sans provisions…Bienvenue dans le monde du clip… Et huit jours après, grâce au boulot de Nicolas Gautier et au succès de Dominic Sonic avec son premier album, le clip est présenté à Canal+ avec Gildas et Bonaldi , puis dans le top 50 en rubrique découverte, et MTV, M6… Il est  temps pour moi de saisir ma chance et de me faire un peu connaître. Pas d’études, pas de diplôme, pas de formation, et déjà papa, c’est maintenant ou jamais…

Ensuite va arriver ton deuxième clip « Foreign Affair » ? 

Oui, avec ma petite K7 VHS et mon unique clip, je commence les démarches. Les Transmusicales de Rennes  pour ça sont l’idéal car, en backstage il y a foule, non seulement les groupes mais également les chefs de produits des labels, des majors parisiennes… Barclay, Virgin ,BMG, etc. Je rencontre le groupe Foreign Affair, groupe israélien, anciennement Minimal Compact, avec Rami Fortis, et Berry Sakaroff, et un mois après cette rencontre aux Trans, je me retrouve à Tel Aviv pour tourner leur clip…

Dépaysement total, 400 ou 500 km par jour pour rejoindre les décors que j’ai préalablement choisi en plein désert du Negev… Aventure extraordinaire durant ces trois semaines, immersion totale dans le pays, on se fait caillasser par moments sur le bord des routes… Les fenêtres de la voiture sont blindées. Je croise des classes de gamins en treillis avec de mini Kalashnikov qui s’entraînent déjà au combat à 8 ans. C'est dans le programme scolaire...

C’est l’intifada, et on se retrouve le soir à manifester contre le conflit palestino israélien avec toutes la jeunesse israélienne qui milite pour la paix, luttant contre le pouvoir en place. On dort dans des kibboutz, on connaît au bout de trois semaines tous les bars, les boites de Tel Aviv… Le montage se fait sur place à la TV israélienne…

 

(Tournage du clip de Foreign Affair - Droit réservé) 

De plus, je rencontre le journaliste Gérard Bar David dans un bar à Tel Aviv, par un pur hasard, qui fait un article sur le rock palestinien. À mon retour, je découvre qu’il nous a consacré une page dans Best…

 

(Article dans Best de Gerard Bar David ) 

Là ça te lance vraiment ? 

Oui, enfin  je n’ai que deux clips à l’époque c’est un peu léger mais je vais au culot dans les labels et ça marche. Et je rencontre Peter Murray du label Off The Track qui a signé Elmer Food Beat.

(A gauche Peter Murray avec Jo Pinto Maïa - Droit réservé) 

Un Ecossais délirant et talentueux, avec un humour corrosif et déconcertant. Il a dans son label, en contrat, les Négresses Vertes, entre autres, et vient de signer le groupe « Elmer food beat » qui, 6 mois après cette signature, obtiendra un  double disque d’or, jouant deux soirs de suite à l’Olympia à guichets fermés, et obtenant trois mois après « Les victoires de la musique ».

Peter veut impérativement que je fasse un clip pour eux. Moi qui vient du rock rennais, je suis un peu retissant par rapport  à l’image un peu variété qu’ils véhiculent via le top 50…

Finalement, je les rencontre lors d’un premier concert, et mes a priori mal placés retombent immédiatement. Des gens adorables, une énergie époustouflante sur scène, et une cohésion de groupe à toute épreuve. Et c’est parti pour un premier clip qui rentre directement dans le top 50, les télés. Les interviews, la presse, s’emballent.

Alors  pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Nous enchaînons pendant trois ans les clips, cinq au total, puis je pars en tournée avec eux.

Le clip le plus mémorable, c’est celui qu’on a tourné en Ecosse, 15 jours sur place. Les figurants sont les guerriers Wallace qui ont tournés dans le film Highlander, les costumes viennent du plus grand studio de Londres, les costumes, de Mad Max, d‘hommes préhistoriques ou de Wonder Woman. Nous avons un bateau viking, un hélico, le château d Eilean Donan Castle comme décor. Château que l’on retrouve dans le générique de« Chapeau melon et bottes de cuir », également lieu emblématique du film Highlander. Des souvenirs prodigieux, grâce à notre Peter Murray, originaire de l’île de Skye.

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Tu as même eu Danielle Gilbert dans un clip pour les Elmer Food Beat ? C’était pour tes parents ? 

Oui (rires). je crois que ce n’était pas innocent de ma part… J’avais besoin de reconnaissance de la part de mon père, qui dès l’âge de 12ans m’avait ordonné d’être maçon… Comme lui, comme mon grand-père. Quand on est fils d’ouvrier, on le devient, selon lui… Et Danielle Gilbert, c’est avec elle qu’on a grandi devant le poste TV pendant 15 ans avec Zitrone et Guy lux. Tous les jours on regardait Midi-Première. C'était la grand-messe. Alors quand mon père, ma mère, mes soeurs et même le chien m’ont vu place de la Mairie débarquer bras dessus bras dessous avec Danielle Gilbert, il a halluciné (rires) ! J’avais eu ma revanche sur mon enfance…

(Tournage du clip d'Elmer Food Beat Hey Docteur - Droit réservé) 

Je me souviens avoir envoyé mon assistant chercher Danielle Gilbert à la gare, en 4 L… Danielle attendait sagement sur le quai avec ses cartes postales, prêtes à dédicacer. Je crois bien que personne ne l’a calculée ce jour-là…

On avait fait venir 200 figurants, place de la Mairie à Rennes, une voiture américaine avec des gardes du corps. Enfin, tous les portiers des boites de nuits que je connaissais à l’époque, des majorettes. Bref un peu le bordel sous les fenêtres de la mairie, un jour de conseil municipal...

Également pour ce clip, des scènes tournées a l’aéroport de Rennes Saint-Jacques avec un DC3, le mythique avion royal de la Reine d’Angleterre, qui était en rénovation et qu’on a réussi à faire rouler sur la piste, pour 150 euros. Les mécanos avaient dealé ce tarif pour se faire un bon resto… Encore un grand moment.

(Tournage du clip d'Elmer Food Beat "Hey Docteur"avec le DC3 - Droit réservé) 

Ce n’était pas un retour sur ton enfance quand tu faisais des films de séries B avec ton copain dans la forêt ? 

Si bien sûr, et en même temps les Elmer adhéraient parce que j’ai aussi une culture grand public « Benny Hill »… Les paroles m’inspiraient, je pouvais faire des scénarios délirants, raconter de véritable petites histoires en attribuant différents rôles à chacun.

Quel souvenir as-tu de cette période de réalisateur de clips à l’époque?

Intense, excitante. Je partage ma vie entre Rennes et Paris. Je traîne dans les maisons de disques, Barclay ,Virgin, BMG, je propose des projets, je rencontre des artistes…

On y croise Ophelie Winter dans l’ascenseur, Bashung qui récupère des disques chez Barclay pour son fils fan de Hard rock. Le soir, on se retrouve pour la fête privée de Jean Louis Aubert chez Virgin… A l’époque, je travaille sur le clip d’Olive, de Lili Drop, premier bassiste de Téléphone, et produit par Richard Kolinka, le batteur.

Je suis constamment dans une Prod, Duran, pas loin de la place Clichy, où je fais mes montages. Dans la salle d’à côté, il y a Joey Starr et NTM, qui fument pétards sur pétards et qui enfument toute la Prod. Michel Gondry passe régulièrement en fin de journée voir les clips en cours, en allant chercher son fils à l’école d’à côté. A l’époque, il bosse sur les clips de Massive Attack. On y croise parfois Mondino, ainsi que des réalisateurs comme Yann Kounen qui termine son premier court métrage « vibroboy ».

Mon assistante de l’époque, Edith, travaille avec moi sur mon premier clip de Marc seberg, et j’hallucine de voir chez elle, dans son appart, quartier Père Lachaise, les murs entièrement tapissés des story board de son mari Marc Caro, qui prépare son premier long métrage avec Jeunet , « Délicatessen » bien avant «  la cité des enfants perdus », et pour Jeunet, « Amélie poulain ».

Que de bons souvenirs durant ces quelques années où les anecdotes ne manquent pas. On vit à 200 à l’heure. On se dit qu’on aura tout le temps de dormir quand on sera mort…

Au Palace, on fait la fête, avec les Drag Queen de l’époque les plus en vogue, Lady Barclay et La Chose, que je prendrai en figu dans un clip T5A, tourné a Paris.

On dort peu mais il faut bosser. A l’époque je tourne un clip pour Thiefaine, Zebda, Alpha Blondy tous les clips des Elmer Food Beat… Matmatah, Dolly.  Plus de 35 clips en 4, 5 ans. C’était la bonne époque.

(Tournage des clips de Dolly, Helios Mortis et de Maujard - Droit réservé) 

Une vie peut être banale pour certains parisiens fêtards. Mais bon, La grisaille  de mon HLM et mes petits films super 8  ne sont pas si loin… Ainsi que mes premiers boulots de manutentionnaire ou de déménageur. Alors il faut s’accrocher et bosser, bosser, bosser.

Pourquoi le clip est-il devenu moins important dans la deuxième moitié des années 90 ? 

En  94/95, les budgets diminuent considérablement, les labels sont aspirés par les majors et on ne privilégie que certains artistes qui, déjà, passage obligatoire pour avoir un clip, doivent être  dans les meilleurs charts radio. On veut des valeurs sûres. Et c’est la fin des chaînes musicales, du moins M6 qui devient une chaîne généraliste. Et pour nous, real de clip, c’est notre principal support de diffusion. Alors je décide, malgré moi, d’arrêter cette compétition entre réalisateurs et boites de production. Ce n’est plus un marché porteur.

Et tu vas te tourner vers la télévision... 

Oui, enfin l’habillage TV et je remporte un appel d’offres pour Fox kids, une chaîne concurrente de  Disney Channel, afin de réaliser les inter programmes. Plus de 70 mini films en deux ans, avec des enfants dans des aventures rocambolesques, je m’amuse, je fais à la fois la déco, les accessoires, le stylisme et les films dans mon garage l’hiver et dans mon jardin, l’été. Avec en prime les aventures de Fox Man, sorte de super héros « raté » ou encore les mésaventures du Père Noël. Ces films sont revendus  dans 35 pays, distribués par la chaîne américaine.

(Tournage Fox Kids - Photo Jo Pinto Maïa

Ce sont les débuts du numérique, de la 3 D. Tu vis cela comment ?

Pas fan du tout, je suis d’abord artisan de l’image, j’aime bien toucher à tout, le coté bricolage c’est vraiment ce que j’aime.

Tu revendiques un côté artisan ?

Oui, je sais me servir d’une scie électrique, d’une visseuse, d’une ponceuse, faire des châssis, de la peinture… Enfin à mon niveau…

Des décors façon théâtre avec de la machinerie faite maison, des animaux en polystyrène, ou un laboratoire futuriste à base de pièces de télé, hublot de machine a laver, avec un robot grandeur nature. Que de la récup. J’avais un copain forain qui me prêtait pas mal de pièces de manèges anciens, avion fusée, moto, camion de pompier… Pour Fox kids, ça humanisait la chaîne par rapport à Disney qui faisait déjà de l’habillage 3D.

Tu as fait ça pendant deux ans. Durant cette période, tu continuais à t’intéresser à la musique ? 

Bien sûr, j’habitais toujours à Rennes. Donc je continuais à aller aux Transmusicales, aux concerts, à l’Ubu, il y avait 3 à 4 concerts par semaine. J’ai même fait quelques clips durant cette période, par exemple un clip avec Paolo Gonzo produit par Frank Darcel à Lisbonne, avec la faune de la nuit, les drag Queens, dans le fameux tramway numéro 28 qui monte au Bairro Alto…

A cette époque, tu vas encore changer d’univers : tu pars vers la publicité ? C’est bizarre pour quelqu’un comme toi qui aime le côté artisanal des choses... 

Oui effectivement, mais à force d’entendre que c’est un milieu extrêmement fermé et élitiste, il ne m’en faut pas plus pour enfoncer des portes ouvertes. J’ai un ami, Fabrice Brovelli, qui a un poste très haut placé a Euros RSCG France, la boite de Seguela… Je l’avais rencontré à l’époque de mon premier clip : il bossait pour une petite boîte, Avanti Rapido, et faisait des clips pour des groupes comme les Thugs. Bref, il m’a ouvert des portes dans le milieu. Les budgets sont colossaux, la concurrence est rude et sans pitié. Un univers où l’on ne fait pas de cadeau.

Mais néanmoins les choses vont assez vite. Je démarre en tant que réal pub enfants, avec des spots comme Prince de Lu, Bledina, Malabar Carambar, Danone, Nutella. On tourne à Paris, Bruxelles, et souvent dans les fameux studios de Barrandov à Prague, où Kusturica vient de tourner « Underground ». Les salaires sont en conséquence, mais après 3 ans, la pub connaît, elle aussi, une crise et les plus grosses prods passent de  5 films par mois à 2 par an. les grosses boites sont en grandes difficultés financières et disparaissent assez rapidement.

(Jo Pinto Maîa en pleine réalisation à Prague pour la publicité Malabar - Droit réservé) 

Cet univers me lasse assez vite. Je n’apprécie pas trop ce petit monde très fermé et élitiste de publicitaires parisiens… Mais j’aime la compétition, être persuasif, les convaincre, car autour de la table, il y a les clients, les responsables marketing, les Coast controllers, et au bout de 3 heures de réunions intensives, il faut être le meilleur et réussir à éliminer les autres réalisateurs et pas des moindres. Donc remporter une compétition en fin de réunion c’est c’était déjà une première victoire. Mais cela se répétait sans cesse. A chaque projet il fallait décrocher le budget…

Il y aura aussi le Maroc... Ça te plaisait ?

Oh oui, un second souffle pour moi. J'adore ce pays, les prods, les équipes marocaines, les gens, une de mes périodes préférées où je partage ma vie entre Rennes et Casablanca durant 3 années intensivement. Parfois je finis un tournage à 20h à Casa, je prends l’avion pour déposer les pellicules à Paris, chez Eclair, télécinéma, pendant 4 h, je reprends l’avion à 5h du mat pour me retrouver à finir ma nuit, dans ma chambre d’hôtel à Casa, et redémarrer le boulot à midi…

(Tournage à Casablanca pour la Vache qui rit - Droit réservé) 

Et que de belles rencontres. Je travaille avec Guillaume Schiffman comme directeur de la photographie, qui vient de finir « OSS 117 » avec Dujardin à Casa, puis évidemment César du meilleur directeur photo pour « the Artist ».

Puis, le marché publicitaire marocain s’essouffle, les réalisateurs s’exportent maintenant en Thaïlande, en Ukraine, en Russie. A chaque fois, les budgets se déplacent de pays en pays… Et là, ce n’est plus pour moi…

Ensuite tu vas faire du Lipdub. C’est quoi ? 

A l’époque, je regardais internet et j’ai commencé à voir ces films, ce phénomène Lipdub qui arrivait en France, sorte de clips musicaux en plan séquence au « steady cam », qui réunit à chaque fois 200 à 600 employés. Dur défi, mais tellement excitant dans la mise en scène, les chorégraphies. Je trouvais ça super, et, au bluff, j’envoie une proposition à « Sojasun» à Rennes. Je leur propose de faire un Lipdub en leur montrant cette manière très originale de communiquer. L’aventure démarre.

J’en réalise une vingtaine en deux ans pour des marques comme Shiseido, Beaumanoir, Fiat, EDF, Groupama… Bref, tout le monde veut son Lipdub et cela touche tous les domaines. Et mon but est de décrocher le prix du meilleur réalisateur Lipdub au festival de Nice. Très honoré de cette récompense et de ce premier prix, je garde un souvenir indéfectible de ces tournages avec mon chef op et steady camer Fabrice Richard.

Mobiliser, fédérer l’ensemble des employés en effaçant toute trace de hiérarchie. Les cadres, les dirigeants sont tous logés à la même enseigne et voir la fierté de chacun d’entre eux, au final ça se ressent.

Mais il y a eu beaucoup de presse et de TV sur cette technique ? 

Oui, j’ai même eu un « 7 à 8 » de TF1 qui est venu faire un reportage à Rennes pendant le tournage pour une boite. Mais j’ai toujours pensé qu’il y avait une logique là-dedans par rapport au clip : la musique, la chorégraphie… Et l’impression de donner du bonheur aux gens. Quand on partait vers 15/16h (on tournait pendant l’heure du déjeuner), les gens nous regardaient partir un peu tristes. C’était vraiment un moment joyeux dans la boite. Un facteur humain passionnant. Mais la mode Lipdub disparut aussi rapidement qu’elle apparut, en 2011.

C’est comme ça que tu as fait des portraits pour « Partners » en 2012 ?

Pas du tout, c’était Publicis à Nantes qui m’a demandé de faire un film pour une banque, afin de filmer leurs conseillers, les humaniser, changer leur image. Pendant trois jours, j’ai parcouru 800/900 km pour filmer ces personnes. Ils ont trouvé ça très beau, très humble, très humain, et un an après, le boss de Partners m’a demandé de réaliser une série de 146 modules sur le coaching en entreprise. Deux mois de tournage, de super acteurs. Le bonheur… Série qu’on doublera en anglais pour l’international.

(Au centre Jo Pinto Maïa avec l'équipe de tournage Partners - Droit réservé) 

Ne penses-tu pas que ton travail humanise les gens ? 

J’essaie. En tout cas, il faut respecter et aimer les gens pour faire ce métier. C’est un métier de rencontres avant tout, et on attend beaucoup de vous. C'est pour cela, qu’en 2012, je me lance dans l’écriture d’une quarantaine de portraits sur des artistes  en « Art Brut ». Je passe de 200 personnes à gérer sur un Lipdub, à des portraits intimistes... Une belle respiration pour moi.

Un an de belles rencontres, de gens fabuleux, série pour laquelle j’obtiens l’aide du CNC, du Conseil régional et des diffusions. Les artistes me disent, « Jo, tu es notre psy ». Pas simple pour eux de dérouler une partie de leur vie devant la caméra et parler de leurs œuvres.

Comment construit-on un scénario ? 

Chacun sa technique mais à la base, c’est l‘idée qui prime. Il faut juste un bloc note et un crayon… Peu importe qu’on ait des moyens techniques ou pas, on peut tourner avec un iPhone, une Go pro… On est loin, de nos jours, des tournages cinéma en 35mm, des diffusions TV, remplacées désormais par internet, les réseaux sociaux et youtube, les cameras ayant été troquées pour les clips par des appareils photos numériques, même s’il y a un peu de nostalgie de ma part sur le plaisir d’avoir connu la pellicule, l’ambiance des studios, le travail des chefs déco, des accessoiristes, des costumières, des maquilleuses.

(Droit réservé) 

Il faut maintenant faire du clip «  urbain », sans décor, sans budget, en numérique avec de la figuration gratuite. Mais c’est ainsi… Et pour ma part, j’en reviens à des choses basiques loin des incrustations sur fond vert, des effets spéciaux en post prod, ou des ralentis ou images filmés au drone devenus hyper tendance. Tout ce qui est a la mode est inévitablement très vite démodable. Tentons de revenir à des choses simples tellement on est inondé, submergé d’images...

Tu viens de faire un clip pour « Frakture » pour la nouvelle version de « Sans visage ».

Oui, je viens de finir le montage du clip. C’était une belle ambiance de tournage. Vraiment. Pas mal de figuration, des plans simples en noir et blanc, des portraits... C’est le 4e clip de Frakture avec Sergeï et Pascal, le guitariste, et le 2e avec Pierre Thomas. On a su créer une certaine complicité…

Ce qui est agréable avec Sergeï, c’est qu’il ne me demande aucunement de voir le clip avant sa mise en ligne. Et cette confiance réciproque est plus qu’ appréciable. Et pas commune de nos jours…

De plus, musicalement, ce groupe, que j’ai déjà vu en concert dans les années 80, (Sergeï était aussi bassiste de Marquis de Sade, Pierre Thomas aussi dans MDS d’ailleurs en tant que batteur) a toujours su évoluer, composer. On n’est aucunement dans le revival… Et les riffs de guitare de Pascal Karels sont toujours autant surprenants. Pour moi, c’est un des meilleurs guitaristes rennais. Vraiment.

Tes derniers clips?

Depuis 2012, toujours quelques clips de temps à autres pour des groupes musicaux, avec les moyens du bord, comme the Declines !, 4 clips pour Republik, 4 pour Frakture, Kids of Maths, Alan Stivell, 2 clips pour Dominic Sonic, les Superets, Gris Sauvage, Denner, et encore et à nouveau un nouveau clip Elmer Food Beat.

Tu continues à voyager ?

Beaucoup moins. Ces dernières mois m’ont emmenés avec différents projets à Berlin, à Minsk en Biélorussie. Et j’ai eu la chance de tourner les années précédentes à Buenos Aires ou en Espagne avec Miss Bolivia pour un clip…

Ce serait quoi le mot de la fin de cette histoire ? 

Je ne sais pas trop. Dur cet exercice de style, cette immersion dans le passé, moi qui ne regarde jamais en arrière. Et parler de mon parcours personnel, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à parler avec toi de tout ça…

Mais peu importe, sans être moraliste, et je m’adresse aux plus jeunes, ayez confiance en vous, tentez de vivre vos rêves, rien n’est écrit d’avance, choisissez votre vie, ayez des passions… Tout est possible, il faut juste s’en donner les moyens. Et gardez un peu votre âme d’enfant si possible…

Et comme dit ma dernière fille, âgée de 12 ans, « papa, il va être temps que tu grandisses un peu quand même des fois ». J’avoue ne pas être trop pressé…

 

 

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