Don Joe Rodeo Combo, le retour magistral du combo toulousain

Par Franco Onweb

C’est une des très bonnes nouvelles du mois de mai : le retour du Don Joe Rodeo Combo. Formé autour de Don Joe, alias Joël Calatayud, l'impeccable chanteur du combo qui joue aussi avec les superbes Indian Ghost et les remarquables Jesus Of Cool, le groupe sortira le 21 mai prochain « Dernier jour » un album absolument splendide. Attention, ici on parle d’un groupe qui a su magnifiquement synthétisé toutes ses influences pop, en gardant son identité « rock ». 

Alors que le groupe vient de sortir un nouveau clip, j'ai posé quelques questions à Don Joe pour en savoir plus sur l’album et le groupe. 

Don Joe Rodeo Combo, le retour magistral du combo toulousain
DR

Comment va le Don Joe Rodeo Combo depuis 2017 et « Anciens westerns » ? Qu’avez-vous fait depuis quatre ans ?

Il ne va pas trop mal. On a fait quelques concerts, des mini tournées…Quand c’était possible ! Pendant un petit moment, on a essayé une nouvelle formule avec les Rodeonettes dans l’esprit choristes sixties qui finalement demandait trop de temps de mise en place. On se retrouve maintenant stabilisés à 4 avec Laurent Olivaud à la batterie, Alain Tomat qui a remplacé Patrick Pelenc à la basse et Lalie Gali qui reste la seule « rodeonette » aux claviers et voix. Je jongle aussi avec mes autres activités, donc entretemps j’ai fait un album avec Indian Ghost et un autre avec Jesus of Cool, ce qui engendre un « repos forcé » du DJRC pendant ces périodes.

(Don Joe Rodeo Combo, Joël premier à gauche - Photo Bree) 

Vous sortez un nouvel album « Dernier jour », comment pouvez-vous le décrire ?

Eh bien, on a commencé à l’enregistrer juste avant le confinement de l’année dernière qui a un peu freiné l’affaire. On l’a donc construit par petits bouts successifs jusqu’à la fin 2020. On est assez fiers du résultat, c’est un album plus « sombre » que les deux précédents et qui peut surprendre les « fans » de la première heure, si tant est qu’il y en ait…Et puis pour la première fois, il y a deux chansons en mode mineur.

Vous l’avez fait où et avec qui ?

On a enregistré à Sète, à Toulouse et en Dordogne avec Philippe Gilard (un des membres fondateurs d’Indian Ghost) qui a réalisé un boulot énorme de prises de son différentes et de mix sans compter ses heures. On le remercie infiniment pour ça même s’il faut le payer grassement en nature (hahaha) !

Pourquoi ce titre ?

C’est d’abord le titre d’un morceau. Je dis « morceau » car c’est presque plus un instrumental qu’une chanson (peu de texte) qui clôture l’album. Ça représente à la fois le côté désabusé, pas très start-up nation de l’album et le côté bêtement évident de profiter de l’existence car chaque jour est peut-être le…Dernier jour. C’est profond n’est-ce pas ?

Votre son a évolué avec des bouts d’électronique et des sons plus « vintage », vous êtes d’accord et pourquoi ?

Je n’en peux plus de ce mot « vintage » ! Bien entendu on utilise des instruments qui ont un certain âge, de vieilles guitares, de vieux amplis et de vieux claviers… (et même de vieux musiciens hahaha). D’un autre côté comme je ne suis pas non plus fan du mot « moderne », je ne sais plus trop quoi répondre. Ce qui est sûr c’est qu’il y a pas mal de claviers de toutes sortes, notamment des synthétiseurs ! Plus jeune j’étais assez allergique à cette chose, désormais j’adore ça, c’est tellement ludique ! Et bien sûr il y a même un peu de boîte à rythmes, ce qui donne de vifs sujets de discussion avec Laurent.

Quelles étaient vos influences ou les disques que vous aviez en tête au moment de l’enregistrement ?

J’ose espérer que c’est un disque très personnel et qu’il n’y a pas de références évidentes. Ceci dit je me méfie quand on dit que « ça ressemble à rien » ! La vérité est que souvent on commence l’enregistrement en se disant qu’on aimerait que ça sonne comme tel ou tel disque. Par exemple, tu te dis tiens voyons faisons une basse à la Melody Nelson…Et évidemment on n’y arrive pas ou du moins ça part dans une autre direction qui nous convient aussi. Ceci dit pour le DJRC, il y a forcément des repères « français » (je vous laisse déterminer lesquelles…). Mais pour revenir à « l’électronique » dont tu parlais, le plus loin que je puisse aller dans ce domaine est Alan Vega et Suicide !

(Photo Bree) 

Qui a composé et écrit les titres ?

Comme d’habitude c’est moi (j’ai l’impression d’être Mélenchon avec la république c’est moi !). Et Charles Baudelaire qui m’a donné un texte de jeunesse pour deux chansons qui n’avaient pas de paroles. A ce sujet, je regrette d’avoir oublié que 2021 était le bicentenaire de l’illustre Charles, on aurait pu communiquer là-dessus et passer la chanson sur France Culture !

A l’écoute du disque j’ai senti une évolution plus pop du groupe : vous êtes d’accord ?

Ah pop ! Le mot est lâché. J’ai une théorie sur la pop à propos de laquelle je me dispute avec quelques amis qui se reconnaîtront. Pour moi, l’idée de pop rejoint le désir de faire des chansons que peuvent aimer des personnes aux goûts très divers. Pop dans le sens populaire ça me va très bien. Ce n’est donc pas pop seulement au sens esthétique du terme (mélodies, arrangements raffinés…), ce que j’aime aussi par ailleurs. Mais ok, c’est certainement moins basiquement rock que les deux précédents albums, et encore ce n’est pas sûr…Bref, on s’en fout un peu mais on aimerait bien que ça passe à la radio.

Vous avez sorti un clip de « Bourgeois » avec Jo Pinto Maia : pouvez décrire ce titre et le clip ?

Ah bien justement c’est rock ça non ? Initialement ça s’appelait « Voyou » d’ailleurs et c’était carrément entre les Dum Dum Boys et Modern Lovers…Bref, c’est un peu parti ailleurs. Si tu veux parler des paroles, ce n’est pas une thèse sociologique, c’est juste une petite moquerie sur les « bourgeois » non identifiés comme tels (y compris nous-mêmes). Cette moquerie rejoint par certains aspects la thèse de François Bégaudeau à qui j’ai envoyé le morceau d’ailleurs. Mais j’avoue que je dois plus à Philippe Muray pour l’inspiration. Plus généralement j’aime bien me placer « contre mon camp », c’est inspirant. Et le clip est de Jo Pinto Maïa en effet.

Comment avez-vous rencontré Jo ?

On ne l’a pas rencontré hélas en raison du confinement mais je le connaissais par l’intermédiaire du regretté Dominic Sonic. On lui a envoyé un message, il a dit oui en flashant sur le morceau et on l’a laissé faire à peu près comme il a voulu. On espère refaire quelque chose avec lui « en vrai » quand ce sera possible.

Et le deuxième single / clip « Au nord-ouest de Beverly Hills » ?

C’est une sorte de road-song qui évoque le mythe de la route US et du « rêve » américain qui se transforme en cauchemar, notamment chez Sharon Tate dans la nuit du 8 au 9 août 69. Le clip est réalisé par un cinéaste, Renaud Philipps, qui a fait un gros travail de traitement d’images pour donner un côté dessin noir et blanc très contrasté. Lui non plus n’a pas compté ses heures, on le remercie vivement !

Le disque sort chez Pop Sisters : comment peut-on se le procurer ?

Il est distribué par Pias, on pourra le trouver en vinyle ou CD dans les magasins essentiels. On peut aussi le commander sur la boutique de Pop Sisters.

Quels sont vos projets ?

On s’impatiente de jouer sur scène. Avant que ce soit possible on va donc répéter comme un vulgaire garage band dans un local qui sent le moisi en buvant des bières et en fumant des clopes. Et j’ai un scoop, il y aura sûrement, si tout va bien, un quatrième album en préparation l’année prochaine.

Comment cela va-t-il se passer sur scène ?

Justement on n’en sait rien encore. Ça va être difficile de réaliser les mêmes arrangements que sur disque mais ce n’est pas grave, on va travailler pour que ça sonne bien quand même. Personnellement j’ai l’objectif de bouger encore moins que d’habitude et de continuer d’éviter de demander au public si ça va ce soir.

Que pensez-vous de la situation actuelle pour les groupes de rock ?

Elle est drôle ta question…Je suppose que tu veux parler de la chose qui empêche les groupes de jouer en public. Je vais t’avouer qu’à l’époque du premier confinement, je me suis dit quelle bonne nouvelle ! Quel plaisir d’arrêter cette inflation de concerts bruyants, quel silence purifiant ! Quel pied de voir toutes ces tournées de Zénith annulées ! Et puis non, on a vu du streaming live de tous les côtés, quelques trucs bien d’ailleurs, mais là ça commence à bien faire, il nous tarde tous de faire et voir des concerts bien bruyants, voire même de sentir la bière froide et le carrelage collant dans les petits bars chelous.

Le mot de la fin !

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