Kim Giani, rencontre avec un musicien très prolifique !

Par Franco Onweb

Il y a peu je vous présentais Super Apes, le merveilleux label nantais. Alors que j’étais en pleine discussion avec Pierre, il m'apprit qu’il venait de sortir un album de Kim Giani, le musicien le plus prolifique de sa génération. Pourquoi prolifique ?  Car depuis ses débuts Kim a sorti plus de disques que la majorité des artistes que je connaisse. Curieux et intéressé par le parcours du monsieur depuis fort longtemps, j’ai donc pris contact avec lui pour lui poser quelques questions sur cette carrière aussi prolifique que passionnante ! 

Kim Giani, rencontre avec un musicien très prolifique !
Mathilde Biron

Peux-tu te présenter  ?

Bonjour je m’appelle Kim Giani, je joue de la musique. J’ai plusieurs noms d’interprète, et aujourd’hui je vais parler de celui qui est aussi mon prénom. J’ai 44 ans, et globalement la santé ça va. 

 

(Kim en concert en 2014 - Droits réservés) 

Comment la musique est entrée dans ta vie ? 

Mon père était musicien. Il jouait avec des interprètes. Il était le batteur d’Higelin de 1975 à ma naissance. Puis ensuite quand j’ai eu 1 an, ma famille est partie vivre au Château d’Herrouville, le studio d’enregistrement, par intermittence. Nous vivions dans la dépendance qui accueillait les musiciens, la Bergerie, et mon père partait à nouveau jouer avec Higelin pendant quelques temps. Ensemble ils ont enregistré l’album « Irradié » par exemple. Donc je voyais un studio très souvent, j’entendais de la musique et Higelin m’a offert deux mini harmonicas et un ukulele. J’ai toujours les harmos. 

Quels ont été tes premiers « pas » musicaux ?

Quand j’avais deux ans Téléphone donnait un concert à Paris. Comme ils étaient proches de l’entourage de Higelin et de mes parents, on était en coulisse avec mes parents. Et on m’a rapporté que je suis allé taper sur la batterie avant leur concert, devant le public qui attendait. C’est peut-être ça mes premiers moments sur scène. Je ne m’en souviens plus. 

De façon plus volontaire, ce serait quand je suis entré dans l’école de jazz CMA de Joseph Ganter en 1987 pour apprendre la batterie. 

Quelles sont les influences de base ?

C’est dur à savoir car c’est involontaire et inconscient. Probablement les moments de musique que je viens de te citer.  Mais si tu parles de mes idoles: The Cure. 

Quel a été ton parcours discographiques jusqu’à ce nouvel album ?

J’ai commencé à publier des disques sur une vingtaine de labels depuis 1994 en solo. J’en ai aussi sorti en tant que musicien pour des groupes ou des interprètes. 

Tu es connu pour avoir sorti beaucoup de disques, dans plusieurs styles différents : pourquoi une telle quantité ?

J’oserais poser la question dans l’autre sens: pourquoi les musiciens sortent si peu de matières par rapport à tout ce qu’ils produisent? J’ai plein d’amis qui me font écouter leurs chansons de côté, jamais publiées, en me disant qu’ils les ont écartées ou jetées. Souvent je les trouve démentes et me demande pourquoi ils ne les sortent pas. On les voit publier un album tous les trois ans et empiler des disques durs pleins de 300 chansons jetées. Je crois que c’est aux mélomanes de faire le tri, pas aux musiciennes et musiciens. On doit tout montrer. Comme le font les rappeurs.

As-tu fais beaucoup de concerts ? 

En 2020 j’avais calculé que j’en étais à environ 3000 concerts en cumulant les concerts en meneur ou en musicien d’accompagnement. Je joue sur scène depuis l’âge de 10 ans et j’en ai 44. Donc le chiffre est gros mais c’est ainsi. 

Comment cela se passe t’il sur scène ?

Ça dépend. Souvent je suis seul avec un instrument ou deux. Ou alors j’ai des musiciennes et musiciens avec moi. En ce moment je suis accompagné sur scène par Cléa Vincent au piano, Blondine Morisson à la basse, Raphael Leger ou Marion Brunetto à la batterie et Baptiste Dosdat à la guitare.  Quand je suis musicien d’accompagnement pour des interprètes je me trouve souvent à la batterie, qui est mon instrument d’enfance. 

Tu as plusieurs formation ?

En ce moment je suis en solo, ou en duo avec Cléa Vincent. Sinon en formule « KIM & La Pizza », avec les musiciens dont je t’ai parlés. Je joue également parfois avec Cocktail Bananas, un groupe folk. 

Quelles ont été les principales dates de concerts ?

Elles sont toutes principales. 

Avec qui as-tu joué ?

Je joue depuis 20 ans avec Cocktail Bananas. En tant que « KIM » j’ai partagé l’affiche avec Yann Tiersen, Katerine, Dionysos, Chris Knox, plein de gens. Et comme musicien pour d’autres j’ai joué avec Daniel Johnston, Panpan Master, Olivia Ruiz, Carmen Maria Vega, Baptiste Hamon, Victorine, Clea Vincent, Les Clopes, Jean Pierre Fromage. Etc

Tu viens de sortir un nouvel album « Rocks », comment peux-tu le décrire ?

Il s’appelle « Rocks » et c’est du rock! C’est un album improvisé avec Ollie Joe à la batterie et Blondine Morisson à la basse et au chant. On a joué des chansons à moi au studio Cbe. 

Tu as une chanson qui s’appelle « I hate rock’n roll » pourquoi ?

C’est une chanson très rock et placer un texte anti rock dessus me semblait étrange. 

Tu l’as fait ou et avec qui ? 

C’est une musique de mon ami David Argellies, sur laquelle j’ai posé ce texte anti rock et donc paradoxal. 

Tu le sors sur le label Super Apes, comment les as-tu rencontrés ??

En 2000 le label du beau-frère de Pierre, lui-même boss de Super Apes, a sorti un de mes EP. On s’est connus comme ça. 

Avais tu des disques de chevet au moment de l’enregistrement ?

Ça change tous les jours, ça!

Quels sont tes projets ?

J’aimerais continuer à maintenir le plus possible mes enregistrements et concerts durant cette pandémie. J’ai sorti 8 albums et joué 25 fois en concert depuis le début de cette crise sanitaire. Il faut que je tienne encore. C’est vraiment dur. 

Comment vis tu la situation actuelle et qu’en penses-tu  ?

Je la vis mal. Comme tout le monde. J’ai eu la chance de jouer quand même 25 fois en public, mes concerts en webcam eux, se vendent bien, j’en ai fait plus de 70 à ce jour. Donc je ne peux pas me plaindre. Pour autant je suis épuisé. Ce que je pense de la pandémie, c’est autre chose. Je le garde pour moi. 

Le mot de la fin ?

Macron démission. 

https://kimmusic6.bandcamp.com/

https://superapeslabel.bandcamp.com/album/rocks

 

 

 

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