Hervé Paul : Rencontre pour un cinquième album

Par Franco Onweb

Quand on avait rencontré Hervé Paul à la fin du printemps 2019 pour nous parler de Floo Flash son premier groupe (https://www.buzzonweb.com/2019/07/floo-flash-un-groupe-de-mon-epoque) il nous avait assuré que il ne ferait plus de disques solo, le temps avait passé et il préférait se concentrer sur la composition, l’écriture et la production. Pourtant quelques semaines plus tard il annonçait l’enregistrement d’un nouvel album. Je l’avais contacté à l’époque et il m’avait annoncé que les circonstances et les opportunités lui permettait de le faire.

Ce nouvel album, institulé #5, vient de paraitre. Il y a toute la bande de copain de Hervé, c’est-à-dire un casting incroyable avec Mark Plati (producteur de David Bowie entre autres) mais aussi Pete Thomas, le batteur de Costello ou de Squeeze. On s’était promis qu’il nous raconterait l’histoire de ce disque c’est chose faite juste en dessous.

 

Hervé Paul : Rencontre pour un cinquième album
Frederique Veysset

Quand a germé l’idée de ce nouvel album ?

Il n’y a pas de date précise. En manque d’électricité, mon projet initial était de remonter un groupe de rock avec les musiciens préférés de ma génération, Marc Upson, bassiste de GPS et Nirox, batteur des Bandits. On devait s’appeler « Les Ex’s ». Mais je ne voulais pas chanter, je voulais simplement écrire les chansons et jouer de la guitare. Nous sommes donc parti à la recherche d’un chanteur…  Que nous n’avons pas trouvé. Nous avons, malgré tout, enregistré les démos de 6 titres, que je chante moi-même. Ces démos sont tombées dans les oreilles de Mark Plati, le producteur, entre autres, de Bowie dans les années 90/2000 et du dernier Bashung. Mark a eu un coup de cœur et m’a proposé de venir à New York pour enregistrer un single… qui s’est transformé en un album.

(Photo Frédéric Veysset) 

Au printemps 2019, tu nous déclarais que tu ne savais pas si tu avais envie de refaire un disque  solo, qu’est ce qui t’a fait changer d’avis ?

Il y a eu soudain un alignement de planètes auquel je ne pouvais pas résister : enregistrer à New York avec les musiciens de Bruce Springsteen et d’Elvis Costello, être produit par Mark Plati… Je ne pouvais pas dire non… J’ai eu aussi la sensation que je pouvais enregistrer mon meilleur disque, que j’avais les bonnes chansons pour ça… Sinon je ne l’aurais pas fait …

Quelles ont été tes influences pendant l’écriture de ce nouvel album ?

Il y a plusieurs sources d’inspiration mais disons que globalement j’ai voulu faire plutôt un disque de « mec ». Ce sont pour la plupart des textes pour les garçons de ma génération. Une fille ne peut pas fredonner « Pour ma lolita » ou « J’adore ça », ma chanson sur Tinder.  Dans le contexte « metoo » , j’ai voulu également apporté un peu de légèreté. Tous les hommes ne sont pas des enfoirés, heureusement ! Je trouve que l’on en prend plein la tête depuis quelques temps, même quand on est bien élevé. Du coup on ose même plus draguer, c’est dingue … Il y a aussi le thème du débarquement qui me tenait à cœur depuis longtemps. Je reprends par ailleurs une chanson écrite avec Kent, « la terre tourne » ,  qu’il avait sorti en single dans les années 90. Et il y a quand même quelques chansons pour les filles, « amoureux fou »  notamment …

Quand et où l’as tu enregistré ?

Il a été enregistré principalement à New York, à Mission Studio (Brooklyn) et à Alice Studio (Manathan), le studio de Mark, en octobre 2019, puis un peu à Paris et dans mon home studio au début de l’année. Il a ensuite été mixé à New York en mars-avril à New York … en plein confinement ! 

Peux-tu parler du producteur du disque : Mark Plati ? Comment l’as-tu rencontré et ce que vous avez fait ensemble ?

J’ai rencontré Mark, il y a une vingtaine d’année au Canada. A l’époque c’était un producteur star. Il était en plein dans sa période Bowie. Il avait travaillé également avec Prince et il avait produit « torn »  le gros tube de Natalie Imbrunglia. Une artiste québécoise, Martine St Clair, avait décidé de nous réunir pour réaliser son album. J’étais extrêmement flatté mais il a fallu que je fasse mes preuves avec Mark et je suis parti de loin en tant que petit « frenchy »… Mais après deux mois, passés par -30 à l’extérieur ( c’était janvier, février au Québec), on s’est trouvé de nombreuses affinités musicales, on est devenu potes. On est resté en contact. C’était avant que démarre sa période française puisqu’il a produit ensuite Gaetan Roussel, les Rita Mitsouko et le dernier Bashung notamment …

 

Peux-tu aussi décrire les musiciens qui sont sur ton album et comment tu les a rencontré ?

Les musiciens qui jouent sur ce disque ne sont pas nombreux. C’était une équipe réduite car je voulais que ça sonne comme un groupe. C’était l’idée de départ.

J’ai la chance d’être ami avec mon batteur préféré, Pete Thomas, rencontré sur des productions de Mitchell Froom dans les années 90. Ce serait un peu long de le présenter mais il a joué avec à peu près tout le monde d’Elvis Costello,  évidemment,  à Squeeze, Eliott Smith, Springsteen, Mc Cartney, Elton John, Lucinda Williams …

Mark a joué la basse et pas mal de guitares et claviers. Il serait même capable de jouer de la batterie puisque c’est son premier instrument. Son rêve était de jouer un jour avec Pete Thomas… Je trouve un peu dingue que ce soit mon projet qui ai permis de réunir deux légendes pareilles.

Charles Giordano, qui est de tous les projets de Springsteen depuis le début des années 2000, a joué piano, B3 et claviers.

Mon ami de 35 ans, Jacques Bastello, a joué des guitares, tout comme Marc Upson chez qui j’ai fait les premières démos. J’ai également joué pas mal de guitares. Il faut dire qu’il y en a beaucoup dans ce disque ….

(Herve Paul en studio avec Pete Thomas - Droits réservés) 

Comment s’est organisé le travail en studio ?

La moitié des titres avait été bien préparée lors de mon travail avec les EX’s, principalement avec Marc Upson, dans son studio à Paris. Pour les autres on a fait un travail de pré production à New York avec Mark. On a enregistré ensuite les bases en live à « Mission Studio », un super studio bien vintage qui se situe à Brooklyn, que l’on voit dans certaines vidéos qui illustrent l’album.

On a passé ensuite une dizaine de jours dans le studio de Mark pour des overdubs.

J’ai fait ensuite la plupart des voix et quelques guitares à mon retour en France, à Paris et chez moi. Mark est venu travailler dans mon home studio à Annecy.

Tous les mix ont été fait à New York chez Mark.

Comment s’appelle l’album et pourquoi ce titre ?

L’album s’appelle #5, ce n’est pas moi qui ai trouvé le titre mais Frédéric Fortuny !

Fred est un ami de longue date et un homme de gout ! Il est avant tout musicien, ancien claviers d’Autour de Lucie, compositeur et producteur, notamment de Da Silva, je l’ai choisi comme coordinateur artistique afin qu’il ait un peu de recul par rapport au projet.

Il a trouvé ce titre, d’abord parce que c’est mon cinquième album, ensuite par ce qu’il me situe dans la durée en tant que « songwriter ». Il est vrai que ça fait 40 ans que mon truc, c’est avant tout d’écrire des chansons …

Peux-tu nous parler des chansons « Omaha Beach » et « Amoureux fou » ?

C’est marrant que tu me poses des questions sur ces chansons qui sont les deux balades de l’album alors que ce disque n’est pas franchement un album de balades.

« Omaha Beach », c’est un titre que j’avais en tête depuis très longtemps. Les histoires autour du débarquement m’ont toujours fascinées. J’avais cette idée d’écrire une chanson, comme si elle avait été écrite de nos jours par un soldat qui serait mort ce jour-là, en direct du ciel en quelque sorte … Mais j’avais dû mal à terminer le titre, je trouve qu’il lui manquait quelque chose. Mark s’en est mêlé et nous co-signons donc cette chanson. A titre symbolique, c'est également super pour moi qu’elle soit co-écrite avec un américain.

« Amoureux fou », a une histoire complètement différente. Au départ c’est une chanson que j’ai écrite avec Kit Hain (Fleetwood Mac, Cher, Aimee Mann …). Cette chanson, dans sa version « féminine » est sortie dans les années 2000 au Canada, chantée par Martine St Clair, mais je n’étais pas complètement satisfait. J’ai eu l’idée de réadapter le texte pour un homme.

As-tu écris et composé tout l’album ou as-tu eu des collaborations ?

J’ai écrit en gros 80 % de l’album, il y a des bouts de collaboration ici ou là avec Kit Hain, Mark Plati et Kent, pour 20% environ

Quand est-il sorti et chez qui ?

Il est sorti le 6 Novembre chez Absilone

Comment peut-on se le procurer ?

Il est disponible en streaming sur toutes les plateformes. En vinyl et CD en FNAC ou sur mon site www.hervepaul.com

Comment appréhendes tu la période actuelle, notamment pour la sortie du disque ?

C’est vrai que c’est assez particulier. La promotion de ce disque est un projet à long terme. Concernant le live, ça s’annonce compliqué avec des musiciens anglais et américains … Je pourrais monter un groupe en France. En attendant, je vais passer d’une chanson à l’autre en m’aidant de vidéos, je vais utiliser les réseaux sociaux comme tout le monde …

Tes projets ?

Ils sont multiples. Un album vinyl de Floo Flash sort dans un mois avec des inédits sur le label Simplex records, une face de démos et une face de Live. C’est assez fou, 35 ans après la fin du groupe. Je dois enregistrer un album avec un songwriter de Manchester, Tim O’Connor, où je serai principalement guitariste. Enfin mon nouvel album a déclenché pas mal de choses. J’ai désormais une super équipe à disposition et j’ai déjà l’envie de retourner travailler avec eux …

https://ffm.to/hervepaul-5.oem>

www.hervepaul.com

Articles plus anciens