Rencontre avec les François Premiers ou juste le plaisir de jouer de la musique !

Par Franco Onweb

A la base il y a deux amis, deux musiciens qui ont arpenté la plupart des scènes de France : Frandol, l’ex Chanteur des Roadrunners et François Lebas ex leader et guitariste des Fixed Up ! Deux havrais qui ont grandis avec dans les oreilles du rock pur et dur comme seule cette ville Normande a su en créer ! L’union faisant la force, les deux compères se sont alliés pour créer les François Premiers.

Attention, il s’agissait juste de se faire plaisir, de jouer de la musique entre amis et de parcourir à nouveau la France pour aller jouer comme pour rendre visite à de vieux copains qui habitent un peu partout dans le pays. Le groupe a sorti un premier 45 t et s’apprête en janvier à en sortir un autre. Cyril Doche, qui joue de la mandoline et du tambourin pour ces François Premiers tellement au top a répondu quelques questions pour mieux connaitre un groupe aussi talentueux qu’attachant !

Rencontre avec les François Premiers ou juste le plaisir de jouer de la musique !
Roger Legrand

Qui êtes-vous ?

Nous sommes les François Premiers, un quintet de rock n’ roll Renaissance - powerpop formé en 2017 au Havre de Grâce.

Présentez-vous musiciens par musiciens 

Les deux tôliers notables du groupe sont les frontmen Frandol & François Lebas. Ils ont tous deux respectivement officié dans les formations normandes Roadrunners & Fixed Up pour ne citer qu’elles. « Telecaster » en bandoulière, ils écrivent, composent et chantent en alternance ou en chœur selon les chansons.

Le troisième François (Fenouil) est le bassiste. Il fait partie de la formation originelle qui n’était autre que la section rythmique des Asphalt Tuaregs de François Lebas.

Trois batteurs se sont succédés en trois ans : Olivier Fontaine, Maximilien Picard & Guillaume Tranié. Le dernier en date à nous avoir rejoint est Laury Picard qui avait déjà voyagé avec François Lebas au sein des Backsliders. C’est le fondateur du site internet Rock in Le Havre qui fait le bonheur des passionnés et des curieux.

Au cours de l’été 2018 j’ai été invité à rejoindre les François Premiers sur scène à la mandoline électrique et aux tambourins. Avant ça je les côtoyais déjà dans le camion en tournée en tant que merchboy et tourman. Le genre de proposition qu’on ne peut pas refuser !

(François Premiers de gauche à droite Cyril Doche, François Lebas, Frandol (assis), Laury Picard et François Fenouil - Photo Roger Legrand) 

Pourquoi ce nom  François Premiers  ? 

C’est un clin d'œil au monarque qui a fondé notre ville en 1517, 500 ans avant la formation du groupe. François est aussi le prénom majoritairement porté par les membres du groupe. C’est drôle mais c’est pas toujours pratique ne serait-ce que pour les balances : 

“François ? Tu peux tester ton micro ? Non pas toi François, l’autre François… non l’autre encore... oui toi ! Ah t’es pas prêt ? Bah François alors…”

Quel a été votre parcours en musique pour les uns et les autres ? 

Comme je l’ai déjà un peu introduit, nous avons tous un passif rock n’ roll plus ou moins long derrière nous.

François Pandolfi a commencé avec Roadrunners quand il avait 15 ans. Au début des années 2000 il s’est lancé dans une carrière solo en tant que Frandol avant de fonder les flamboyants Kitchenmen.

François Lebas s’était déjà lancé dans l’aventure avec Teenage Riot et certainement d’autres formations éphémères à la fin des années 70’ avant de partir jusqu’en Australie avec Fixed Up. Des Backsliders aux Asphalt Tuaregs, il a traversé les 90’s puis les années 2000 à toute allure avec de nombreux projets, seul ou en collectif.

François Fenouil a un passif très bigarré entre celtique, chanson et rock. Récemment on a pu le voir sur scène avec le Ska Cover Club puis Asphalt Tuaregs. C’est non seulement un excellent bassiste mais également un choriste hors pair !

Je suis le plus bézot de la formation comme on dit ici. Côté rock n’ roll j’ai eu un groupe assez furieux dans le Nord-Pas-de-Calais il y a une dizaine d’années : Les Craneurs. Sinon je passe aussi des vinyles de temps en temps en tant que DJ Vif Argent.

Quand le groupe a-t-il commencé et à quelle occasion ? 

Pour ce que j’en sais, le groupe est né au cours d’une soirée bien arrosée. Frandol & Francesco (Lebas) ont eu envie de conjuguer leurs super-pouvoirs et BIM ! C’était en 2017, Le Havre fêtait les 500 ans depuis sa fondation par François d’Angoulême, mécène de la renaissance française s’il en est…
Une réunion inespérée de ces deux personnalités qui ne cesse de surprendre et de faire des étincelles !

Quelles étaient vos influences à la base du groupe ?

C’est drôle ce genre de question quand on parle de musiciens qui sillonnent la France si ce n’est le monde depuis une quarantaine d’années… mais il est vrai que les références tiennent une part importante dans les compositions comme dans les cover choisis par le groupe.
Il y a bien évidemment la scène garage britannique des années 60, la british invasion bien connue sur laquelle je ne m’attarderais pas ici.
Mais il y a aussi et surtout les groupes australiens qui ont marqué les deux François à l’époque où ils se croisaient de loin en loin, occupés qu’ils étaient par leurs formations respectives. Il y a The Easybeats bien sûr mais (un peu) plus récemment The Saints ou The Sunnyboys. On essaie de ne plus citer The Flamin’ Groovies pour l’influence powerpop, le cover de “Don’t put me on” qu’on a placé en face B de notre premier single parle de lui-même.

Quelles ont été les dates de concerts importantes ? 

Quel concert n’est pas important ? Chaque date est une expérience unique et précieuse. C’est l’occasion d’affiner le set, de tester une nouvelle chanson, de présenter un nouveau musicien lorsque le line-up bouge, de revoir de vieilles connaissances et de rencontrer des personnages truculents...
Le duo Frandol et Francesco est très attendu, on ne peut pas se permettre de décevoir des passionnés de rock qui sont également musiciens, journalistes, programmateurs et j’en passe !
Alors soirées privées, festivals, café-concerts et SMAC… même combat-rock !

Vous avez enregistré combien de disques avant ce 45 t ?

Notre premier single 45T est sorti en février 2020. Nous avons pu faire tout juste deux dates à Angoulême et Puymirol avant d’être confinés pour la première fois. Nous n’avons depuis pas pu reprendre la route mais nous avons enregistré le deuxième single 45T qui sortira prochainement, début 2021 à vue de nez. Nous avons imaginé une collection de 4 singles comprenant chacun une composition en face A et un cover en face B pour enfin livrer un album lui aussi très attendu !
Il y a un peu de retard dans l’entreprise étant donné les évènements que nous connaissons depuis bientôt un an mais les aficionados nous témoignent leur soutien, on maintient le cap !

Pourriez-vous décrire le disque ? 

Nous avons voulu faire ça à l’ancienne : des singles qui annoncent un album. Mais contrairement à ce que représente traditionnellement l’objet 7 pouces nous avons souhaité créer quelque chose de précieux. Le disque est épais, la pochette est soignée. Nous avons d’ailleurs pour le tout premier disque fait appel à l’immense talent du dessinateur Riff Reb’s qui donne régulièrement et généreusement son coup de patte au rock havrais depuis des décennies. Les disques suivants seront illustrés par d’autres créateurs avec une idée de fond à découvrir au fil des sorties. C’est avant tout un objet de collection destiné à susciter la curiosité à chaque sortie. Cela nous laisse aussi le temps de nous positionner sur le son studio du groupe, de travailler les arrangements qui enrichiront ensuite nos concerts… aaaah les concerts... 

Comment se procurer le disque ? 

En temps normal j’aurais répondu “en concert” mais la reprise nous semble tous les jours plus lointaine. J’ai créé une page bandcamp (https://poseurrecords.bandcamp.com/) pour le label spécialement conçu pour l’occasion : Poseur Records.
Deux disquaires havrais sont régulièrement pourvus et les boutiques Dangerhouse (Lyon) et The Rev’ (Tulle) nous ont commandé un petit stock de disques.
Il arrive aussi que des amateurs se regroupent par ville pour partager les frais de port qui malheureusement peuvent faire mal au porte-monnaie, on le sait bien.

Comment se porte la scène Havraise qui est très active ? 

Alors là c’est difficile d’avoir un point de vue objectif… et pas plus aujourd’hui qu’hier ! Si la scène havraise paraît active de l’extérieur, je trouve qu’elle manque cruellement de salles de diffusion, de structures relai et de soutien d’un bon nombre des acteurs culturels qui maillent l’agglomération. J’ai pas l’impression qu’on bénéficie d’une émulation comme il peut y en avoir autour du « 106 » à Rouen. Là-bas la scène des musiques actuelles a vraiment un environnement idéal pour s’épanouir et c’est d’ailleurs ces groupes qui sortent du lot qui sont importés chez nous, ce que je ne critique pas parce que je les apprécie énormément… mais ça n’aide pas la scène havraise qui en retour ne bénéficie pas d’autant d'opportunités de s’exporter et de faire des petits.
Pour prendre l’exemple des François Premiers, sur 20 dates entre fin 2017 et début 2020, 3 seulement ont eu lieu au Havre dans le même lieu (L’Escale) et tout le reste s’est fait hors Normandie à l’exception d’une date à Trouville. On ne va pas s’en plaindre, on voit du pays mais il nous faut souvent dépasser 500 km pour notre première date de tournée !

(Photo Wilfried Lamotte) 

Parlez-nous de votre label : Poseur Records ? 

Comme je le disais, on a créé Poseur Records spécialement pour les singles des François Premiers. Le nom nous est venu dans le camion alors que nous n’avions pas encore pris l’apéro mais quelle rigolade ! Il y a bien évidemment un clin d'œil assumé au label historique « Closer Records » à qui la scène havraise doit beaucoup pour ce qui concerne sa première période 1983-1990. C’est aussi un hommage à cette tirade d’anthologie prononcée par Stéphane Saunier dans le documentaire "Nous Enfants du Rock"...
Pour le moment il n’y a pas vocation à ouvrir les vannes et tracer une ligne éditoriale mais il ne faut jamais dire jamais ! C’est surtout au label « Kizza Me » que nous souhaitons apporter soutien et visibilité. Gérald & Laurent que nous connaissons bien font un travail formidable concernant la scène normande (et bien au-delà). Entre ré-édition, sortie de groupes émergents et numérique, ce label mérite d’être bien plus largement connu !

Quels sont vos projets ? 

Une fois ce second single sorti début 2021, nous pourrions a priori enregistrer les deux suivants à défaut de jouer publiquement. À moins que nous ne puissions toujours pas sortir de chez nous d’ici-là… il faut s’attendre à tout désormais !
J’espère que nos dates manquées en 2020 (et il y en a un certain nombre) pourront être reportées et que nous n’aurons pas cette vision de public assis dans une salle quasiment vide… C’est difficile de se projeter en dehors de l’aspect discographique !
C’est d’autant plus frustrant que nous avons une agence de booking qui est prête à nous épauler : VIVA HOT PANTS. Quand ça veut pas…

Vos impressions sur la situation actuelle ? 

Noir, blanc et jaune sur carton satiné.

Quel disque donneriez-vous à un enfant pour l’amener vers la musique ? 

Pour cette question je laisse Frandol répondre parce qu’il travaille toute la semaine avec des jeunes à qui il enseigne la musique : 

“Pour les mômes, “Yellow Submarine” ! En tout cas pour moi tout vient de là, même si ce n'est pas leur meilleur.”

Le mot de la fin ? 

Merci à toi François (décidément) de nous permettre de nous exprimer, chose rare depuis bientôt un an !


poseurlh@gmail.com (Cyril)
https://poseurrecords.bandcamp.com/

 

 

Une méthode novatrice et originale pour permettre aux enfants de se développer en s'amusant !

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