Kurt 137 ! : Rencontre pour « Les Terres Brulées »

Par Franco Onweb

Vétéran de la scène alternative, les Toulousains de Kurt 137 ! viennent de sortir un six titres impeccable, « les Terres Brulées ». Formé en 1988, séparé en 1992 et reformé en 2015, Kurt 137 ! est resté fidèle à ses engagements et à ses influences. J’ai demandé à Pat Kore, le chanteur, et seul membre d’origine du groupe, de me raconter cette histoire et des précisions sur ce six titres.

Kurt 137 ! : Rencontre pour « Les Terres Brulées »
DR

Kurt 137 ! C’est Tom Dca à la batterie, HD à la basse, Ji Luk à la guitare et moi Pat Kore au chant.

(De gauche à droite Pat Kore, Ji Luck et Tom DCA - Droits réservés) 

Vous existez depuis longtemps ?

On s’est fondé en 1988 à Toulouse. On a fait 650 concerts à travers la France, l’Angleterre surtout au Pays de galles et en Belgique… On a arrêté en 1992.
Kurt est reparti sous l’impulsion du premier batteur qui m’a recontacté en 2015. On a enregistré un premier single avec deux titres, mais après l’enregistrement la formation a explosée en vol. On a de nouveau enregistré un single deux titres en 2017 avec une nouvelle formation. En 2019 on a enregistré « Les Terres Brulées » qui est sorti en avril dernier.

Vous avez beaucoup joué ?

Durant la première période beaucoup. On a croisé la route des Stranglers, des Damned mais on a surtout joué avec les Garçons Bouchers, les Rats, les Shérifs, OTH, Parabellum … toute la scène alternative ! En 1990 on avait placé un titre sur la compilation « La Relève » chez Boucherie Production.

Tu es le seul de la formation initiale ?

Absolument, quand on est reparti en 2015 avec le batteur original ça n’a pas tenu et on s’est séparé. Comme notre single de 2015 avait été pas mal diffusé sur les radios, on a voulu continuer avec le manageur en prenant de nouveaux musiciens.

Ça vient d’où ce nom ?

Ça vient d’un truc un peu con ! Au début c’était : «  la vie est trop Kurt ». Je trouvais ça pas terrible donc c’est devenu Kurt tout seul et puis quand on est reparti il y avait eu en 1991 un autre Kurt (Cobain Ndlr) qui était passé par là. On est reparti avec le même nom mais les gens ne trouvaient pas sur internet, ni sur les réseaux sociaux, on a décidé de devenir Kurt 137 pour avoir de la visibilité.

Quelles sont vos influences ?

Avec les nouveaux musiciens, les influences sont assez variées. Le guitariste et moi on vient de la scène punk, le bassiste vient de la scène « blues » et « rock » alors que le batteur qui est beaucoup plus jeune vient de la scène « Métal Hard Core ». Disons que ce qui nous rassemble c’est le punk alternatif de la fin des années 80 et du début des années 90. On a beaucoup écouté la Mano Négra et tous les groupes avec qui on a joué. On fait du rock Français avec une énergie punk. Notre musique n’est pas assez violente pour être totalement punk !

Vous seriez plutôt dans la lignée des groupes comme les Rats, les Shériffs et tous les groupes de cette mouvance ?

Oui, c’est ça mais est ce que ces groupes sont du punk ? Je ne le pense pas, il y avait une base plutôt rock mais avec une énergie punk !

Mais vous n’avez pas l’impression d’être un peu les derniers à faire ce genre de musique ?

Je ne sais pas ! On fait naturellement les choses. Avec Jean Luc le guitariste on évolue dans cette scène là depuis longtemps. On voit pas mal de groupes qui continuent à faire ce genre de musique : les Shériffs par exemple sont toujours là et ils continuent à remplir les salles, les Rats aussi… Il y a encore un engouement autour de ça ! Moi j’ai toujours fait que ça ! Quand Kurt s’est mis en suspens en 1992 j’ai continué avec un groupe dans cette lignée. On n’écoute pas que ça mais on sait le faire, on aime ça et on profite des techniques actuelles pour travailler plus vite et mieux.

Quels ont été vos plus gros concerts ?

On a beaucoup aimé jouer avec les Rats, dés qu’on peut on joue avec nos amis de Brassen’s Not Dead… Dans le passé on a joué quatre dates avec les Damned dont « l’Elysée Montmarte » à Paris et le « Transbordeur » à Lyon. On a joué aussi en première partie des Stranglers à Toulouse en 1991 et aussi quatre dates en première partie de Killing Joke.

(Droits réservés) 

Vous sortez un nouvel album « Les Terres Brulées » : il a été fait où et avec qui ?

En Banlieue de Toulouse au studio « My Sound » en novembre 2019 par Florent Charles qui nous a beaucoup aidé. C’est un six titres !

Tu le qualifierais comment ?

Du Punk Rock bien joué et plein d’énergie. On essaye de soigner les mélodies. La jeunesse de Tom DCA et du bassiste nous en amène. Ils écoutent du punk américain comme du Offspring ou du Green Day. Tom DCA a d’ailleurs composé des titres sur le disque qu’il a composé à la guitare acoustique. Il m’a apporté des mélodies voix auxquelles je n’aurai pas penser. On essaye de rester mélodique. Je n’ai rien contre le « Hard-Core » américain mais c’est un peu trop dur pour notre public, trop de voix en avant, pas assez de mélodies… J’aime aussi beaucoup les grands classiques de la chanson Française comme Leo Ferre ou Bashung

Vous êtes dans un réseau ?

On a notre petit réseau avec des amis comme les Brassen’s not dead, ou les Naufragés (ex OTH),… Et Pat KEBRA qui nous donne un coup de main pour la promotion. Le réseau ce sont essentiellement des amis : on est dans l’underground !

Comment tu décrirais tes textes : vous êtes pas engagé mais plutôt concernés ?

On a quelques textes « engagés » mais je préfère dire enragés, mais concernés c’est bien, ça nous résume assez précisément. Pour mes textes « Camarade humain » c’est par rapport à ce qui se passe en méditerranée, tout ces gens qui veulent venir pour un meilleur avenir et qu'on laisse crever sur les plages… C’est venu des images violentes qu’on voit sur les réseaux sociaux et de l’information qu’on nous envoie à la face, ça m’insupporte au plus haut point. Pour « Moitié Renard, Moitié Loup » c’est un texte qui nous a été offert par Ouahib un des guitaristes de Brassen’s Not Dead.

« La vengeance du chien aveuglé » ?

Ca vient aussi d’une image que j’ai vu sur Facebook : c’était un chien que l’on avait torturé pour faire des expérimentations en laboratoire. C’a m’a horrifié et j’ai écrit le texte en disant que l‘on allait avoir un retour de bâton. Il y aussi les « Oiseaux de proies » qui m’a été inspiré par cette pratique qui consiste à mettre de la glue sur les arbres pour les capturer. Le prédateur dans cette histoire c’est l’homme !

Donc vous êtes concernés ?

Oui, par le côté sombre de l’humain. Cela m’interpelle beaucoup. J’ai beaucoup écrit sur les pyromanes ou les Serial Killers. J’ai du mal à comprendre parfois comment l’homme peut être aussi « tordu ». Quand on touche à l’animal ça me touche parce que les animaux sont rarement des méchants.

Quels sont vos projets ?

On avait des projets mais qui sont partis en fumée avec la période qu’on vit. On ne sait pas quand on pourra rejouer. On fait de la promo pour le disque.
Nous avons enregistré dernièrement un titre inédit qui sortira sur une compil du label anglais PUNKBOOT PROMOTION au printemps. « La vengeance du chien aveuglé » figure sur l’excellente compil « Spirit of D.I.Y #3 » du même label qui elle est tout fraîchement sortie. On a un titre « L’instant Magique » qui sera présent sur la compilation FRENCH METAL en décembre. Et « Camarade Humain » qui sera sur la deuxième compilation de InsurrecSound en début 2021.
On compose un peu, on bosse le nouveau set … On attend de voir quand tout va repartir !

Quel disque tu donnerais à un enfant pour l’amener vers la musique ?

Le batteur des Brassen’s not Dead a sorti une compilation : « les révoltés du bac à sable » et il y a dessus pleins de monde comme Spi de OTH, Didier Wampas avec sa fille et cette compilation c’est pour les enfants maltraités. Ce sont des chansons faites par de vieux rockers qui s’adressent à des enfants !

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