Gaume : recontre pour “call it what you want”

Par Franco Onweb

Il y a un peu plus de un an j’avais rencontré Roman Gaume pour la sortie de son album “Square one”, un premier album pleins de chansons et d’énergie. Alors quand j’ai reçu un message m’annonçant la sortie d’un nouvel album, j’ai aussitôt pris rendez-vous avec le chanteur Nantais pour en savoir plus sur cet album splendide qui est l’une des très bonnes surprises de cet automne bien morose ¡!!!!!

Gaume : recontre pour “call it what you want”
DR

Que s’est -il passé depuis un an ?

Entre autre un nouvel album, que j’ai fait chez moi en grande partie et en studio pour tous les instruments qui font trop bruit, comme la batterie et les guitares amplifiées. Quand mon précédent album est sorti en mars 2019, j’étais déjà en studio pour celui-là. Je récupérais les bandes que je retravaillais chez moi. Je les envoyais ensuite à mon réalisateur Nikko Bonniére pour sa partie. Cela a dû prendre 6 à 8 mois.

(Photo Rbkrecords) 

Cet album arrive assez vite après le premier ?

C’est-ce que tout le monde me dit mais moi j’ai enregistré de juin 2019 à janvier 2020. C’est assez long et franchement j’ai pris mon temps. J’ai juste redémarré aussitôt après l’enregistrement de « Square one » (son premier album Ndlr) mais j’ai pris mon temps … Là par exemple je suis déjà en train d’enregistrer un nouvel album…

Mais ce n’est pas un album du confinement ?

Pas du tout : il était enregistré et mixé avant le confinement.

C’est un disque qui m’a beaucoup étonné. Il y a le titre du disque : « call it what you want »

(Rires) Il y a un an j’ai joué à New York et dans un club à « Greenwich Village », dans des loges un peu pourries il y avait ce tag sur le mur « call it what you want ». C’était tellement moche que cela m’a fait rire… « Appelle ça comme tu veux » .
Ca me rappelait à chaque fois les gens qui me demandent de définir mon style…. Tout ce questionnement sur mon identité musicale, si je fais de la folk de la pop ou du rock .. Bah je fais un peu des trois alors « Call it what you want ». A ce moment-là je me suis dit ok, j’appellerais mon album comme ça, c’est fun c’est drôle et puis ça me parle carrément  .. Ça faisait assez de bonne raison !

Musicalement tu as évolué je trouve que tu es plus allé vers la pop anglaise ?

Pas sur toutes les chansons, par exemple sur « Smithereens” c’est plus de « l’Américana » par exemple…

Il y a des morceaux très anglais quand même avec des influences des Kinks et de Blur ?

C’est marrant parce que durant le confinement j’ai beaucoup écouté les Kinks mais c’était après l’enregistrement et la composition. Je suis un grand admirateur de Ray Davies qui a beaucoup évolué, qui a su changé de style …. Pour moi, c’est un vrai compliment si tu me dis que ça sonne comme Blur, les Kinks ou la pop anglaise…

Mais là tu es loin du blues de tes débuts ?

Ça fait longtemps que j’en suis loin du blues ! Quand tu commences tu fais du blues parce que les accords sont basique et que tout le monde commence par ça. J’en ai toujours un peu dans mes disques mais je suis fan de pop, surtout d’Elliott Smith qui est ma grande référence.

Il est d’ailleurs assez présent sur ce disque sans être omniprésent ?

J’adore les ingrédients de la pop, couplet – refrain - pont - refrain - fin …  Ça parait simple mais une pop song imparable c’est ce qu’il y’a de plus dur à écrire .. Si tu me demandes de résumer mon style ce serait de la pop et pour moi la pop englobe le rock et le folk : c’est exactement ce que je fais !

Tu as aussi du violon, de la harpe et des arrangements beaucoup plus aboutis ?

Il y avait aussi des violons et de la harpe sur le premier mais effectivement c’est plus abouti. J’ai encore des titres énergique avec quelques riffs presque « hard rock », mais j’essaye de faire un mix de tout ça pour arriver à faire du pop rock qui est l’essence de GAUME.

Il y a deux morceaux très rock dont « You Blacken My Soul » : tu as voulu rendre hommage à Kurt Cobain ?

C’est une chanson à riffs, ce n’est pas voulu si cela fait hommage à Cobain. Tant mieux si ça l’est mais ce n’était pas le but à la base. Il fait parti de mes influences comme beaucoup d’autres..

Comment as-tu rencontré Nikko Bonniéres (ex guitariste du groupe Dolly Ndlr),  le réalisateur de l’album ?

La première fois que je l’ai vu sur scéne c’était avec Dollyau « Rockstore » à Montpellier, j’avais 14 ans. Ensuite je l’ai croisé moult fois puis réellement rencontré à « Trempolino » (locaux de répétition Nantais Ndlr)  il y a un an et demi. Je cherchais un nouveau réalisateur sans savoir si je voulais faire un nouveau disque. Je lui ai envoyé deux maquettes. Il les a aimé. Ensuite je lui en ai envoyé d’autres et peu à peu, progressivement c’est devenu le disque. A la base ce n’était pas l’idée de faire un album. Pendant les séances studio Il arrivait avec ses pédales, ses guitares. Il donnait son avis pour le son, le placement des micros … Il récupérait les pistes des morceaux, il scultait un son, donnait une direction, une couleur en faisant des pré mix et ensuite ça partait au vrai mix : un vrai travail de réalisateur ! 

(Nikko Bonniéres et Roman Gaume sur scéne - Photo Pixback Photography)

Autre point : tu joues maintenant en trio ?

Oui, la réalité économique des groupes nous a rattrapé et cela devenait trop compliqué de partir à quatre, notamment à l’étranger. Je ne te cacherai pas non plus que ça devenait compliqué avec les guitaristes : ça changeait tout le temps. Ils n’étaient pas toujours disponibles (la fameuse guitarite aigüe) et donc j’ai passé le groupe en trio. Pourtant c’est une musique qui mérite un arrangeur sur scéne : quelqu’un qui joue de la guitare et des claviers. Mais on a pu faire « tourner la boutique » à trois. De toute façon le groupe c’est GAUME, donc moi et qui m’aime me suive (rires) …

Mais cela doit être plus « punchy » sur scéne ?

Oui, c’est un peu plus « power-trio » forcément. Ça correspond bien à certains morceaux et moins à d’autres.. En gros toute la partie Rock and roll du set ne pâtit pas de la formule à trois, un peu plus pour les morceaux folk pop ..

(Droits réservés) 

Mais tu n’as pas eu envie d’étoffer ton son sur scéne avec un clavier par exemple ?

Il y en a eu mais c’est dur de trouver un bon musicien disponible dans la durée… La formule est évolutive sur scéne : on ne s’interdit rien…on a un violon d’ailleurs de temps en temps avec nous !

Tu sors ton disque en digital, un peu de Cds mais pas de vinyles parce que tu l’as dit toi-même que comme il n’y a pas de concerts et que cela se vend surtout dans les concerts ?

Je suis réaliste : pas de concerts donc pas de vente ou presque. Je ne vais pas faire des vinyles, dépenser de l’argent pour me retrouver avec des stocks de disques qui dorment dans un local … Mais surtout, ce qui est important pour nous c’est que le disque soit en prix libre en téléchargement sur notre site. Cela rejoins le nom du disque « call what you want » deviens « pay it what you want”. Ça du sens.

Que penses-tu de la situation actuelle ?

Il y a beaucoup de gens qui donnent leur avis et franchement qui en a à foutre du mien ? Je suis fatigué des gens qui ont un avis sur tout ! Alors je te le dis : le Covid, je suis contre ! Voilà, on est bien avancé hein ?

Mais tu ne peux pas jouer ?

Non et ça m’ennuie bien ! C’est une période vraiment nulle. On se pose pleins de questions existentielles… enfin surtout moi. J’aimerais juste faire mon boulot, partir en tournée et qu’on me laisse tranquille ! j’ai toutes mes dates annulées… On ne sait pas trop comment ça va se passer !

Mais toi tu pourrais aller à l’étranger ?

Ça se passe pas tellement mieux à l’étranger tu sais ! C’est déjà difficile de caler des dates à l’étranger mais si en plus on doit avoir des restrictions… En fait on a perdu le rythme : on répète de temps en temps, on a réussi à faire quelques dates à droite, à gauche depuis le déconfinement mais  là avec le nouveau confinement ce n’est même plus la peine … Pour l’instant j’enregistre, je compose des chansons et j’attend que l’orage passe en espérant être là à la fin de l’orage. Je crains que ce soit long.

Mais c’est quoi tes projets : enregistrer ?

Oui, je ne peux faire que ça ! Il y a déjà quelques morceaux en boite et bientôt il y a une nouvelle session prévue pour 7,8 morceaux. C’est très possible que ce soit un nouvel album mais on reparlera ensemble l’année prochaine. Je peux rien affirmer pour l’instant surtout dans cette océan d’incertitudes !

Mais tu pourrais profiter de la période pour faire des « side projetcs », des trucs sous d’autre noms que GAUME par exemple ?

Je ne suis pas contre l’idée mais avec un autre leader parce que c’est dur d’être celui qui fait avancer le groupe ! J’aimerais bien trouver une autre « forte tête » pour pouvoir composer à deux. Si c’est moi qui compose tout, ce sera toujoursGAUME mais dans un autre style. Si demain je répète avec un autre chanteur et que on compose à deux cela s’appellera autrement.

Tu avais quoi en tête quand tu composais et enregistrait le disque ?

Pas de trucs précis, j’avais juste mes chansons. Entre la composition, l’enregistrement, les arrangements et le mix, je n’avais que ça en tête ! Après j’ai vraiment besoins de passer à autre chose et de ne pas les réécouter avant un bon moment. Je fais une boulimie de mes morceaux vraiment (rires) donc j’ai besoins de passer à autre chose.

Ce qui m’a aussi interpelé sur ton disque, c’est la diversité musicale … Tu es un super compositeur qui ose. On se promené entre la pop, le rock et la folk !

Tant mieux… pourtant je complexe de ne pas connaitre pleins de trucs. J’adore découvrir des choses et je me sens un peu triste de ne pas aller plus loin parfois. Ça fait 20 ans que j’écoute de la musique tout le temps. Forcément mes goûts ont évolué et ma musique avec. Je découvre pleins de trucs tous les jours. Mais franchement je me trouve complexé par rapport à des mélomanes qui sont des bibliothèques vivantes. C’est peut-être un peu débile (rires). Maintenant ce qui m’intéresse le plus c’est la production, le son … J’adore écouter un disque et découvrir tous ces petits sons derrière un instrument, ce qui est caché derrière les productions … J’essaye d’enregistrer des choses dans mon home-studio, avoir ce côté « producteur ».

(Photo Laurent Franzi)

Mais tu pourrais te produire toi-même ?

Je pense que je n’ai pas encore le niveau. J’apprends mais je ne maitrise pas encore totalement le mixage. Je manquerais de compétence à ce niveau-là pour avoir une identité sonore. Même si je réalise en partie mes disques. Je peux faire des prises chez moi, ce que je le fais d’ailleurs mais mixer c’est encore autre chose. Et puis j’ai aussi besoins de confronter ma musique à quelqu’un d’autre : c’est une richesse d’avoir un regard extérieur. Je pense franchement que ce serait moins bien. Ca arrivera un jour mais certainement pas sur le prochain.

Mais tu sais ce que tu veux ?

Bien sûr je sais ce que je veux et j’amène les réalisateurs où je veux. C’est moi qui ait le dernier mot à la fin, que ce soit dans l’enregistrement ou le mixage. Mais avoir un œil extérieur permet, parfois, de trouver le bon son ou le petit truc qui fait la différence mais encore une fois, j’ai le dernier mot.

On parle de tes textes ?

Ça part souvent de fictions comme « Partner in crime » où je mets en scéne des moments. Parfois, ça part de situations que j’ai vécu et que je romance. J’essaye que ce soit varié.

Tu veux dire quoi pour la fin ?

J’aimerais bien que les gens essayent de faire vivre la musique, achètent des disques d’artistes en développement, venez nous voir en concert. On ne doit pas abandonner ce qui nous lie et la musique en fait partie. Venez dans les petits lieux nous soutenir. Je suis assez inquiet pour la culture en ce moment, ne perdons pas ce que on avait il y a quelques mois … Bon c’est assez convenu comme discours et ça ressemble à des grands robinets d’eau tiède (rires). Il ne faut pas avoir peur d’aller voir des groupes, c’est juste un passage et on retrouvera notre vie d’avant, qui n’était pas si mal (rires).

https://www.gaumemusic.com/

 

 

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