Ralph Of London : Rencontre pour la sortie de The Potato Kingdom

Par Franco Onweb

Voici l’histoire d’un groupe qui vient de sortir un deuxième album épatant. C’est aussi l’histoire de quelques Frenchies qui ont rencontré un Anglais, élevé à bonne école (Felt, Go Kart Mozart) et qui ont enregistré un album ensemble : « The Potato Kingdom », qui est la bande-son idéale de l’été.

C’est depuis le nord de la France que le groupe Franco-Britannique, Ralph Of London, vient de nous envoyer une véritable petite pépite, qui est un concentré de cette pop Britannique aussi précieuse que indispensable. Ici, tout nous rappelle, les meilleurs moments glorieux de cette fameuse Indie Pop. J’ai adoré le disque et comme je voulais en savoir plus j’ai posé quelques questions à un groupe aussi talentueux que, bientôt, indispensable !

Ralph Of London : Rencontre pour la sortie de The Potato Kingdom
DR

Pouvez-vous, vous présenter ?

Le groupe Ralph Of London est né, comme son nom l’indique, à Londres sous la forme d’un projet solo imaginé par Ralph (batteur, songwriter et producteur) originaire de cette ville. Dès 2016, il compose les premiers morceaux du projet et enregistre un premier album « Longformacus » en résidence en Écosse. Pour emmener le projet plus loin, il va s’aventurer hors de Londres pour trouver une communauté de musiciens prête à porter cette musique sous sa forme live sans en altérer l’idée originelle. Une rencontre en amenant une autre, il se retrouve dans le Nord de la France entre Lille et Valenciennes. Le groupe ainsi formé donne vie à la musique de Ralph of London sur scène et ajoute à l’esthétique pop britannique une touche française.

Quels sont vos parcours musicaux respectifs ?

Ralph (chant, guitare), autodidacte, a passé la plus grande partie de sa vie à développer divers projets musicaux : derrière la batterie pour Scritti Politti (2006-2008) ou depuis 2011 dans le groupe de Lawrence of Felt : Go-Kart Mozart. Il fonde également les groupes Ezra Bang & Hot Machine (2009-2011) et Bank of Joy (2009-2014).

Léopold (synthés, voix) a étudié la batterie, le chant et la trompette. Il a également joué dans le groupe Pom Pom Galli (2016-2019) et est DJ au sein de l’association La Famille.

François (batterie) a étudié le solfège et les percussions au conservatoire, et a pris des cours de batterie. Il a également fait partie du groupe Pom Pom Galli (2016-2019).

Diane (chant, synthés) est autodidacte, et a pris des cours de chant.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Un ami en commun nous a mis en contact avec Ralph, et tout a commencé dans le Nord de la France en 2017. Le groupe s’appelait alors Ralph and The Happy Campers et était la forme live du projet.

(Ralph - Photo Hieko Prigge) 

Quelles étaient vos influences au début du groupe ?

Les influences du projet sont toujours les mêmes, bien que chaque musicien apporte son propre bagage musical, ce qui fait l’originalité de notre musique. On peut citer : Elliott Smith, Cass Mc Combs, Sparklehorse, Pulp, Velvet Underground, Sleaford Mods…

De quels groupes français, anglais voire internationaux êtes-vous proches musicalement ?

C'est une question à laquelle tout le monde pourrait répondre de manière subjective en fonction de ses propres influences. On entend et reçoit la musique différemment. On aime et écoute beaucoup de musique mais ce qui nous intéresse n’est pas le fait de sonner comme d’autres groupes, mais d’entendre nos différences. Surtout quand on fait de la pop, c’est un champ tellement vague. Ce qui est peut-être plus intéressant est : « Est-ce que vous, vous pourriez répondre à cette question ?

Pourquoi ce nom ?

Le premier nom du projet était Ralph And The Happy Campers, Lawrence (Go-Kart Mozart, Felt) a dit à Ralph qu’il fallait le changer… Alors Ralph a inscrit un mot sur 50 bouts de papiers. Il a demandé à Lawrence de faire deux piles, les noms qu’il aimait et ceux qu’il n’aimait pas. Il a sorti Ralph of London, et c’est le nom que l’on porte aujourd’hui. 

 

Quelles ont été les grandes étapes du groupe ?

En 2016, sorti du premier single « Shooting Stars » par Ralph en ligne, qui est la première signature musicale du projet. Toujours en 2016, enregistrement du premier album « Longformacus » en résidence à la maison Gordon Burn Trust à Longformacus dans la campagne sauvage écossaise. En 2017 et 2018, Ralph retourne pour deux temps de résidence à Longformacus où il enregistre le second opus “The Potato Kingdom”. Entre ces moments de création, Ralph fait des allers-retours en France pour travailler le projet live avec le reste du groupe, avant de s’installer en 2019 en France.

Avez-vous fait beaucoup de concerts et lesquels ont été les plus marquants ?

Oui de nombreux concerts. Les plus marquants ont été l’Aéronef et la Bulle Café à Lille, et The Windmill à Brixton (Londres).

Comment cela se passe-t-il sur scène ?

On pourrait dire qu’il y a un équilibre entre esprit punk et pop. On travaille énormément nos lives, mais l’équation est toujours différente, tout comme l’énergie. On prend beaucoup de plaisir à jouer ensemble et on tâche de faire en sorte que chaque élément sonore et chaque personnalité s’expriment au mieux.

Vous venez de sortir un second album, « The Potato Kingdom », pouvez-vous nous le présenter ?

« The Potato Kingdom » est un monde fantastique et néo-mythique. Bien que la pop n’ait jamais été un territoire typique pour se promener sur des sujets inconfortables tels que les violences domestiques, la dépression ou encore les maladies mentales, l’album exploite cet antagonisme. Le résultat est un mode d’expression très intéressant, créant une musique divertissante dans son esthétique et succincte dans son message. La création de cet album illustre donc qu’il n’est pas seulement possible mais aussi essentiel de sublimer par l’art les maux dont on hérite.

(Pochette de The Potato Kingdom - Droits réservés) 

Comment et avec qui l’avez-vous fait ?

Ralph l’a composé, écrit et enregistré seul en deux temps de résidence, évoqués plus haut.
Il a ensuite été mixé par Josh Green (Ray Davies) et masterisé par Mazen Murad (M.I.A., Bjork, DJ Shadow, The Raconteurs...).

Qui compose et qui écrit les textes ?

Les premiers albums ont été composés et écrits par Ralph. Aujourd’hui, nous travaillons sur de nouveaux morceaux auxquels Diane participe à l’écriture, Léopold et François participent également à l’arrangement.

Comment peut-on se procurer vos disques ?

En live (merchandising) ou sur Bandcamp : https://ralphoflondon.bandcamp.com/

Quels sont vos projets sachant qu’aujourd’hui, suite à la crise sanitaire, on ne peut pas jouer sur scène ?

Le confinement a été une période propice à l’écriture et à la composition. Nous sommes donc en train de travailler sur une série d’EP, que nous sortirons très certainement début 2021. Nous profitons de cette pause, avant la réouverture complète des salles à la rentrée, pour travailler ensemble sur ces nouveaux morceaux et sur le live. Nous avons également des projets de films et vidéos sur lesquels nous reprenons les phases d’écriture et de tournage.

Comment envisagez-vous l’avenir de la musique pour des artistes comme vous avec cette crise ?

Chaque maillon de la chaîne de l’industrie musicale va devoir se renouveler, repenser la musique et l’art différemment. Plus digitale ? Plus éco-responsable ? Il y a plein de pistes à creuser. Ça n’est pas plus mal en soi, peut-être qu’il est temps de faire table rase de certaines habitudes et de repenser sa consommation musicale différemment. La nature sera toujours là pour nous montrer qu’à tout moment tout peut être chamboulé.Cela fait écho au concept de Schumpeter de destruction créatrice car la crise a affecté toutes les économies (ou presque).  Les gens ont été confrontés à eux-mêmes, ça a parfois été difficile psychologiquement et nous pensons que l’art, la musique peuvent être un bon medium pour l’humanité en quête de sens. Plus que jamais, il est important de repenser son rapport à l’autre et nos façons d’échanger. La musique reste un des meilleurs moyens de partager un moment, et ça nous manque à tous les salles sombres et leur ambiance…

Votre avis sur internet et les réseaux sociaux ?

On a besoin d’eux et on ne pourrait exister, au-delà d’un petit cercle, en tant que groupe sans eux mais en même temps on aimerait bien être moins dépendants d’eux, pouvoir déconnecter quelques temps sans avoir peur de perdre la petite longueur d’avance que l’on a pour faire avancer le projet.

Le mot de la fin !

La vie est une patate.

 

 

 

 

 

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