Jewly : Rencontre pour la sortie de l’album Toxic

Par Franco Onweb

En ce moment, nous vivons une période … compliquée ! Mais heureusement, la musique est là pour nous transporter. Et je vous conseille vivement d’aller vous jeter sur le nouvel album de Jewly : « Toxic ».

Voilà quelqu’un qui est à la fois auteure, compositrice et chanteuse. On parle d’une artiste complète: ici l’enthousiasme et l’émotion sont au rendez-vous d’un disque qui a cette saveur si spéciale du rock tinté de blues !

J’ai donc envoyé quelques questions à Jewly pour en savoir un peu plus : voici ses réponses !

Jewly : Rencontre pour la sortie de l’album Toxic
DR

Peux-tu te présenter ?

Hello, je suis Jewly, chanteuse, auteure et compositrice.

(Photo Philippe Mazzoni) 

Comment la musique est entrée dans ta vie ?

La musique est entrée dans ma vie grâce à mon grand-père qui m’a fait écouter Mozart et découvrir le violon quand j’ai petite. J’ai commencé par l’alto car je préférais ce son un peu plus grave puis j’ai fait du violon. Le classique ouvre l’oreille musicale, l’alto et le violon aiguisent la justesse.

Quelles étaient tes influences à la base ?

Je n’ai pas vraiment été bercée par les musiques qui me parlent le plus aujourd’hui, à savoir le blues et le rock. C’était plutôt par le classique et les comédies musicales. Adorant chanter, c’est surtout du jazz que j’ai interprété au départ. Mais très vite, ado, je dirais que Queen, Alanis Morissette, Janis Joplis et Nina Simone ont été les grandes influences.

Pourquoi ce nom Jewly ?

Une contraction assez évidente entre mon prénom et la chanteuse Jewel, chanteuse américaine plutôt folk, qui a eu une place importante pour moi, non pas musicalement mais dans mon parcours personnel. 

Quel a été ton parcours en musique ?

Et bien en termes d’instruments, j’ai donc commencé par l’alto très jeune puis j’ai fait du violon jusqu’à mes 15 ans. A ce moment-là, le besoin de chanter s’exprimait de plus en plus en moi et ces instruments n’étaient pas l’idéal pour m’accompagner. J’ai alors commencé à jouer de la guitare, ce qui m’a permis d’écrire mes premières chansons. En ce qui concerne le chant, je n’ai jamais vraiment pris de cours, préférant peut-être garder une spontanéité et un côté sauvage ?

Comment as-tu commencé ?

La musique s’est clairement imposée à moi ! Dans l’éducation que j’ai reçue, être chanteur n’était pas vraiment un métier. Les signes m’ont poussée à le devenir. Je faisais des premiers concerts, plutôt jazz piano-voix, dans un bar à Strasbourg ; puis une rencontre s’est faite, au bon moment, avec une personne avec laquelle j’ai enregistré une première compo en studio… J’ai goûté à la joie du studio et celle d’interpréter des chansons originales et d’y ancrer son âme. Ça a été le déclencheur !

Quelles ont été les premières dates de concerts importantes ?

J’ai eu l’opportunité assez tôt de faire la 1ère partie de Florent Pagny. A l’époque je n’avais pas fait autant de scènes qu’aujourd’hui, c’était flippant, mais un souvenir qui reste marquant. En opening d’une « star », il faut s’imposer et avoir une vraie identité artistique. Je crois que cette expérience m’a vraiment donné la motivation de continuer.

Tu as enregistré combien de disques avant cet album ?

Avant que « Jewly » naisse, j’avais fait un single vendu au profit de l’UNICEF, ma première expérience de studio, puis un album. Ensuite en tant que Jewly, j’ai sorti un 1er EP de 6 titres en 2011 No Shoes, et 3 albums : Bang Bang Bang  en 2014, Drugstore en 2017 et Toxic, aujourd’hui.

Tu as beaucoup joué et avec qui ?

Je n’ai pas vraiment compté, mais cela doit représenter 500 dates environ aujourd’hui. Mon équipe live n’a pas beaucoup changé, Raph Schuler, à la batterie, depuis 12 ans (il a eu sa médaille du travail !), JC Bauer, à la basse, depuis 5 ans et Seb Bara, à la guitare depuis 3 ans. Une équipe au top ! Nous avons eu le plaisir de faire pas mal de belles premières parties ou de co-plateaux avec des artistes comme Scorpions, Macy Gray, Ten Years After, Lucky Peterson, The Stranglers, Ana Popovic, Yannick Noah, Axel Red, Yarol Poupaud, No One Is Innocent, Manu Lanvin… Des univers musicaux pas forcément proches mais toutes ces expériences ont été extras !

(Photo Bérénice Flechard)  

Comment cela se passe sur scène ?

Très bien je dirais ! La scène est la raison pour laquelle je fais ce métier. Un espace où je suis moi-même plus que jamais. C’est toujours difficile à expliquer car sur scène, tu pourrais te sentir « jugé »,l’attention étant focalisée sur les artistes. Mais moi je m’en moque, au contraire, je donne ce que je suis, avec mes failles et mes forces, un équilibre qui bascule selon les jours, c’est ce qui est bon. L’essentiel est d’interpréter des chansons qui sont viscérales pour moi, autant dans la musicalité que dans les textes, d’avoir une osmose avec toute l’équipe et avec le public. Quand on est honnête et à 100% de don de soi, le public le ressent et nous le rend au centuple !

Avec qui aimerais-tu jouer ?

Avec Nick Cave sans hésitation ! Et s’il n’est pas dispo, on peut appeler Jack White ?! 

Tu sors un album « Toxic » : il a été fait où, avec qui et quand ?

Après avoir écrit et composé les chansons, je me suis mise à la recherche d’un arrangeur et d’un « réalisateur » (en gros un directeur artistique). J’ai « casté » plusieurs personnes et une vraie alchimie musicale et humaine s’est faite avec Moon Pilot, à qui j’ai du coup confié les 2 casquettes. Comme il habitait à côté d’Angers, on a travaillé là-bas. De mai à août, on a bossé ensemble sur les arrangements puis on a enregistré en septembre et octobre. Moon Pilot m’a proposé l’équipe du studio à laquelle j’ai immédiatement adhéré : Romain Lejeune (Blind Suns) à la guitare et Vincent Lechevallier (Pony Pony Run Run, HollySiz, Luke…) à la batterie ; Romain car il a vraiment le son que je recherchais, avec aussi cette touche blues, blues/rock et Vincent, ce frappé franc et l’habitude de travailler avec des sons plus électro. Moon Pilot m’a aussi proposé les cordes (pour cet album très introspectif, cela me tenait vraiment à cœur d’en avoir) : Richard Bourreau au violon (Lo’Jo) et Jean-Baptiste Noujaim au violoncelle. On a enregistré et mixé dans le studio mythique Black Box, entre Nantes, Rennes et Angers, car on recherchait vraiment ce son rock et cette possibilité d’enregistrer et de mixer en analogique (sur bandes).

Pourquoi ce titre ?

Quand dans ma tête tout le cheminement de cet album s’est fait, il était évident de l’appeler Toxic. Je souhaitais de l’impact, faire réfléchir, réagir et que ce soit salvateur ! Il y a également bien sûr la notion de cette dualité entre le toxique et le non-toxique, cette volonté de se débarrasser du toxique mais aussi de comprendre la part de toxicité et d’atoxicité en chacun de nous. Quelle est la part de toxique acceptable, qui te forge, et quelle est celle qui te détruit ? Le toxique peut être partout autour de nous, la question est plutôt « comment s’en protéger et ne plus le subir ? ». On ne change pas les autres, c’est juste notre façon de réagir qu’on peut changer et qui, au final, peut faire changer.

 

Peux-tu nous décrire le disque ?

Toxic est le parcours d’une personne de 4 à 37 ans qui grandit face à des personnes ou des situations toxiques et qui essaye de s’en émanciper. L’album retrace ce parcours de vie de manière chronologique avec les différentes étapes. Le premier titre c’est l’état de fait, la personne qui lui a permis de cracher les choses puis les âges se succèdent et on déroule sa vie, 4 ans, 12, 14, 17, etc… Tous les titres de l’album mis bout à bout forment une phrase, révélatrice de la délivrance de la protagoniste :“My dear I just need to listen to myself and realise I am strong enough, ready to purify, face and change the stupid game of toxicity”.
Évidemment cet album est très autobiographique mais chaque chanson est universelle et peut concerner chacun d’entre nous !

Ton disque a un son très américain, avec des ambiances proche du blues, c’est voulu ?

Ha j’adore cette question !!! Et d’ailleurs, à la fin, je crois que le réalisateur cauchemardait de ma « virgule blues » (coucou Moon Pilot !). Alors OUI ! J’ai insisté depuis le départ et je n’ai pas lâché car je tenais à cette « virgule blues », ou « touche blues » pour être plus claire. C’est une musique qui me parle beaucoup, directement et immédiatement. Pour le son américain, cela s’est fait naturellement car cela me ressemble et j’ai vraiment eu la chance de travailler avec toute une équipe qui m’a vraiment écoutée et qui a compris ce que je voulais, ce qui me parlait.

Pourquoi l’anglais ?

Il y a 2 raisons évidentes pour moi. La première est le côté très autobiographique de cet album. Et en même temps, j’avais envie que chacun puisse s’identifier car ce sont des situations et des personnes auxquelles on a tous, plus ou moins, pu être confrontés. La langue anglaise n’a pas de sexe. Il y a aussi des persécutions qu’on minimise quand c’est un homme qui les subit. Hors, je ne cautionne pas cela car pour moi, le traumatisme psychologique peut être de la même ampleur. Je souhaitais vraiment un album universel.

La deuxième raison est la musicalité de la langue, les toniques, qui se prêtent mieux à mon écriture et mon univers musical. Un mot en anglais induit déjà une mélodie et une rythmique, et j’aime cela dans mon processus de création.

En réalité, quand je commence à écrire je ne réfléchis pas, la langue vient d’elle-même. D’ailleurs pour cet album, vu que tous les titres mis bout à bout forment la phrase libératrice, je ne pensais pas qu’il y aurait un titre en français. Ce texte est venu comme ça et a été écrit en un jet, il ne faut pas aller contre ce qui se montre évident.

C’est toi qui a tout composé et tout écrit ?

Oui, il y avait vraiment des choses que j’avais besoin de transcrire, de crier !

Par ailleurs, l’écriture était assez complexe. Je devais aussi me projeter dans notre live déjà, car étant donné que c’est un parcours chronologique, les titres doivent suivre le même ordre sur l’album et en live. J’ai donc dû anticiper l’énergie et l’arrangement des chansons dès l’écriture des textes et des mélodies.

Y a-t-il des invités sur l’album ? Si oui, qui et sur quel(s) titre(s) ?

Oui, il y a des guests qui ont tout naturellement adhéré au projet et accepté de jouer sur le(s) titre(s) qu’on leur a proposé avec Moon Pilot tout simplement parce qu’ils le(s) kiffaient !!

Le bassiste anglais Phil Spalding (Mick Jagger, Robbie Williams, The Who, Mike Oldfield…) devait enregistrer 3 titres et au final en a enregistré 7 (tous donc sauf “Ready To”, “Purify” et “Face And Change”)!

Et puis, 3 guitaristes qui ont posé des guitares assez dingues (!) : Axel Bauer sur “The Stupid Game Of” (2nd single de l’album), Justin Adams (Robert Plant, Sinead O'Connor, Brian Eno...) sur “I Just NeedTo” et Pascal Danaë de Delgres sur “Toxicity”.

Les textes : d’où vient l’inspiration ?

Le déclencheur de cet album, par exemple, s’est fait il y a un peu plus de 2 ans face à une personne toxique qui m’a vraiment fait réaliser que même des personnes que tu aimes peuvent (te) faire du mal, consciemment ou inconsciemment. Je me suis alors mise en mode introspection, en essayant de comprendre et de poser toutes ces questions, situations, expériences directement ou indirectement vécues. Les avantages et les inconvénients de l’empathie viennent en général s’y mêler. Ce sont les gens qui m’inspirent, la réalité de la vie et le besoin de crier ses souffrances, injustices, aberrations et d’y apposer une issue et une réflexion positives, avec les mots ou la musique.

(Photo Didier Rivet) 

Comment se procurer le disque ?

Toxic sort le 24 avril. Malgré l’actualité, la date a été maintenue car on a besoin de nouveautés musicales aussi ! La version CD sera disponible dans les bacs des disquaires (dès que l’on pourra y accéder…) ou sur mon site bien sûr en attendant (et je me ferai un plaisir de les dédicacer). En digital, sur toutes les plateformes dès le 24 avril, le single “Ready To” est d’ailleurs déjà disponible depuis le 1er avril. Cet album a été enregistré et mixé sur bandes donc j’ai voulu proposer une édition limitée de vinyles aussi, qui sont numérotés en plus ! Ceux-ci sont en revanche dispos uniquement sur mon site (http://www.jewlymusic.com/shop/) ou en concert !

Quels sont tes projets ?

Le live, le live et encore le live. C’est ce qui m’anime et la raison pour laquelle je fais ce métier. Après je me projette aussi dans 2021 car ce seront les 10 ans de Jewly ! Pour l’instant, je ne sais pas encore ce que je préparerai, des idées ?!

Y a-t-il des concerts prévus ?

Même en plein travail et enregistrement d’un nouvel album, on n’interrompt pas les tournées. Ce sont des sensations différentes et cela fait du bien. Du coup, nous tournons tout le temps. Nous avons déjà testé le show Toxic, et de nombreuses dates sont déjà calées. Bien sûr avec l’actu si particulière, il vaut mieux vérifier sur mon site (http://www.jewlymusic.com/on_tour/) car les dates évoluent malheureusement tous les jours.

Ton opinion sur internet et les réseaux sociaux ?

De formidables outils évidemment pour de nombreuses choses (l’accessibilité à l’information et bien sûr, je pense aussi à la com notamment pour les artistes…) mais qu’il faut manipuler avec précaution. Attention à ne pas non plus se laisser happer par cette existence virtuelle. Ce que je pourrais reprocher à tout cela c’est peut-être la cruauté dans l’anonymat (je « n’aime pas », je critique sous pseudo, je n’interagis jamais mais je vois tout, etc…) qui est aussi toxique. Bienveillance SVP… Pour un ado, le cyberharcèlement peut être fatal. Et n’oublions surtout pas qu’il y a aussi la vraie vie ! Avant de manger par exemple, souhaitons-nous « bon appétit » plutôt que de photographier le plat et le publier sur instagram.

Le mot de la fin : tu peux dire ce que tu veux ?

De prendre soin de soi et de ceux qu’on aime. De se préserver le plus possible du nocif et d’être ce qu’on veut être. C’est à nous-mêmes d’agir et cela ne peut être que libérateur. Ces mots trouvent encore plus de résonnance pour moi avec l’actu. J’aimerais qu’on en ait conscience et je pense que cela ouvrirait d’avantage à l’autre. On aura besoin, plus que jamais dans les mois qui viennent, d’écoute, d’entraide, de compassion et de non-jugement… et de fun aussi bien sûr !!! Je crois que ce qu’on vit actuellement pose vraiment la question de l’autre. Les héros aujourd’hui, et à juste titre, sont tous ceux qui sont sur le front. Il ne faudra pas les oublier ! Ne pas oublier non plus cet engrenage dans lequel nous étions tous plus ou moins avant cela et que la mondialisation peut avoir ses limites et qu’il sera primordial demain de mettre la priorité sur l’humain et tout ce qui s’y rapporte, l’environnement... J’ai évidemment une tendre pensée pour tout le milieu de la culture qui va mettre des mois voire des années à s’en remettre et je ne peux que vous inciter, dès que ce sera possible, à sortir un maximum et soutenir le spectacle vivant. Et merci Buzz On Web d’être là et de proposer tous ces contenus, pour les lecteurs et les artistes !

Release Party Online le 24 avril à 20 h 05

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