Olivier Rocabois : un premier album en préparation !

Par Franco Onweb

L’été dernier, suite à la sortie de son premier 45 t en solo, « Ship of Women / Somewhere In A Nightmare », j’avais discuté avec Olivier Rocabois. Au cours de cet entretien il m’avait confié qu’il préparait la sortie de son premier album. Un disque qui s’apprête à faire date dans la pop Française.

Mais Olivier, a besoins de vous pour sortir ce disque. Il a lancé une campagne de souscription pour aider à la production et à la fabrication de l’album  (https://fr.ulule.com/premier-album-solo-olivier-rocabois/).  Une présentation de ce projet s’imposait !

Olivier Rocabois : un premier album en préparation !
DR

Tu viens de lancer une souscription pour ton nouvel album : tu peux le présenter ?

(Rire) Vaste question ! C’est la suite logique de mon premier 45 tours solo, « Ship of Women / Somewhere In A Nightmare ». J’ai beaucoup écrit et composé ces derniers temps et j’ai retenu une douzaine de chansons qui sont les plus représentatives de ce que je veux faire à l’heure actuelle. La majorité d’entre elles a été écrite au cours de l’année écoulée. Ce sont vraiment des compositions récentes, j’y tenais. Même si l’on pourra aussi entendre des titres plus anciens comme « Over The Moon ».

(Photo Matthieu Dufour) 

Pas de reprises sur l’album ?

Non, autant j’adore l’exercice en concert ou pour une vidéo YouTube, autant je ne vois pas trop l’intérêt artistique  sur mon album. En concert, il est assez joussif de mêler gros tubes fédérateurs et obscures perles pop. Le weekend dernier par exemple, j’ai joué une vingtaine de titres pour un concert privé dont quelques covers : « Woman » de Lennon ou « You’ve Lost Me There » de Cardinal, un duo éphémère et miraculeux formé par Richard Davies et Eric Matthews dans les 90’s, « That’s Not Me » des Beach Boys ou encore « Dark Is The Bark » des cultissimes Left Banke dont le chanteur Steve Martin Caro vient de disparaître.

Il va être fait où et avec qui cet album ?

En février prochain, au  Studio l’Entresol (ESS) avec Laurent Lavaur et Olivier Bostvironnois. Ce studio m’a été recommandé par mon ami Olivier Popincourt qui y enregistre son nouveau disque. Il se situe à Aubervilliers, juste à côté du Stade de France. J’entends déjà d’ici la voix d’Aimé Jacquet qui m’encourage ! Juste avant ces premières séances, on va faire une résidence de trois jours à Malakoff dans la Maison de Quartier Henri Barbusse (MQB). Je connais déjà parce qu’il y a une association Artsolis  qui a une programmation très pop anglaise que j’aime bien. On s’est rencontré plusieurs fois et grâce à Jean-Michel Poullé qui préside l’asso, nous allons  pouvoir nous y installer pour peaufiner les arrangements. On aura juste deux jours de break entre la résidence et l’enregistrement. On va faire là-bas les basses et les batteries, les guitares rhytmiques et des claviers témoins. On fera ensuite les pianos au mythique Studio de Meudon. Ce sera mon ami Jan Stümke qui jouera naturellement les parties que j’ai élaborées, en les enrichissant de sa patte inimitable !

Il y aura qui d’autre sur le disque, en dehors de Jan et toi ?

A la batterie, Guillaume Glain, un super mec et un super musicien. Un spécialiste mondial du calembour. Il avait déjà joué sur le single sorti l’été dernier. Et on a déjà joué ensemble le medley d’Abbey Road (pour une soirée tribute au Supersonic) : fraternité instantanée. C’est Laurent Saligault qui tiendra la basse. Il joue avec beaucoup de monde dans la pop parisienne, c’est un multi-instrumentiste très talentueux. On se connaît depuis quelques années suite à une soirée que Cléa Vincent avait montée aux Trois Baudets sur les hits de l’année 1974. Mon vieux compère Guillaume Fédou m’avait mis dans la boucle. Lolo était dans le backing band de la soirée et on a sympathisé. On partage ensemble une passion pour Paul  McCartney, ce qui facilite grandement la communication !
Quant à mon vieux copain Antoine Pinchot, il est occupé par ailleurs. Je lui ai demandé de participer au disque, on a joué ensemble tellement longtemps ! Il posera sa belle voix de Kate Bush chromosome XY (rires) sur quelques titres. Il peut chanter aussi haut qu’un Bee Gee, c’est impressionnant.

Ta carrière en est où après le single qui a eu de très bons retours ?

Ce single a un peu changé la donne : je commence tout juste un peu à exister sur la carte, j’ai quitté pour un temps la Terra Incognita (rires) ! J’ai pris les devants de lancer cette campagne de crowdfunding, comme un réflexe d’autoproduction pavlovien. Je suis tellement habitué à tout faire moi-même et ne pas être dépendant des autres que je me suis dit : « le single a été bien accueilli, c’est le moment de se lancer sur un album ! ». J’aimerais vraiment que le disque soit distribué efficacement à une assez grande échelle, donc je dois passer par un label et/ou un distributeur. J’ai vraiment foi en ces morceaux et j’essaye de voir large. Ca fait vingt ans que je navigue dans le microcosmique milieu pop donc, allons-y ! Oxygène ! « I’m coming up for air » comme chantaient les Boo Radleys. J’ai pensé un temps mettre en ligne une anthologie de toutes mes chansons depuis l’arrivée à Paris (1998) : « Two Decades In The Underground », j’aimais bien l’idée et le titre un peu désuet. On verra après l’album, why not !

 Mais ta musique est capable d’atteindre un grand nombre ?

Oui peut-être, enfin j’ai la faiblesse de le croire. Il va falloir mettre le paquet sur la promo !

Mais tu ne crois pas que pour des raisons esthétiques et culturelles, tu as décidé de rester dans ce microcosme pop, alors que tu peux séduire le plus grand nombre ?

Alors là, non ! S’il y avait une décision de ma part, elle était inconsciente et c’est en train de changer… je me suis laissé porter pendant des années… Trop flippé, trop velléitaire.

Mais vue la qualité de tes mélodies, tu peux tout à fait plaire au grand public et j’ai l’impression que tu étais dans une forme de confort par rapport à ce microcosme parisien. Aujourd’hui, j’ai l’impression que tu veux quitter ce confort !

Peut-être, car cet album est une transition et un pari. Après avoir sorti pleins de trucs à droite et à gauche, j’ai envie d’émerger. Ce qui me réjouirait, c’est que mon disque plaise autant aux millennials qu’aux baby-boomers. Je suis prêt et j’ai beaucoup joué ces dernières années devant un public assez large et j’ai parfois réussi à capter l’attention de spectateurs a priori étrangers à cette sensibilité pop un peu précieuse. J’aime les chanteurs aux voix dites maniérées (le prince Bowie et sa descendance type Morrissey ou Brett Anderson), mes modèles ont une voix élastique (Harry Nilsson, Paul McCartney) . Plus jeune, je me rêvais océanographe, ornithologue, moine ! Auteur-compositeur-chanteur, c’est un peu une synthèse de tout ça : tu contemples, tu dissèques, tu interprètes. Je ne remercie jamais assez les mésanges et les rouges-gorges  qui peuplent notre jardin : de précieux alliés toujours prêts à balancer une mélodie. On les entend sur toutes mes démos !

(Photo Francis Lennert) 

Mais l’internet est ta chance : tu  peux te faire découvrir par le plus grand monde ?

Ma femme n’arrête pas de me dire :  « arrête d’avoir peur ! ». Je n’étais pas dans une zone de confort mais je pense que j’avais un peu peur d’aller au-delà de la scène pop. En plus, c’est un milieu plein de gens hyper doués alors fatalement, tu complexes… En tout cas, je me suis décoincé.

C’est un album qui va se faire sous quelle influence ?

Je n’ai pas écouté que McCartney et Brian Wilson (rires). J’ai beaucoup écouté Alice Coltrane, la femme de John Coltrane, une pianiste et harpiste merveilleuse. Sa musique ultra méditative me fait un bien fou. J’ai aussi beaucoup écouté Field Music, un groupe que j’adore et que j’ai eu la chance d’interviewer il y a quelques années. J’ai de nouveau pu échanger avec les frères Brewis il y a peu parce qu’ils ont bien aimé mon single et franchement ce genre de retours m’a fait super plaisir ! Quand des artistes que tu admires  comme Bertrand Burgalat saluent ton travail, ça t’allège, ça soulage (rires). Pendant l’écriture, j’ai aussi beaucoup écouté Diana Ross, Leonard Cohen, Jorge Ben, John Cunningham, Scott Walker, François de Roubaix, Kate Bush, Haendel, des chants grégoriens hongrois.

Le point commun c’est que tous ces artistes ont des musiques très écrites ?

Oui, c’est vrai,  même si certains sont des autodidactes, mais le dénominateur commun c’est la créativité. Ce besoin physiologique d’écrire et de composer. Moi, j’ai un peu ce trop plein d’envies …Ça doit faire un peu slogan 80’s ainsi énoncé mais j’ai vraiment ça en moi.

C’est l’album de l’amitié aussi ?

Il y aura quelques guests j’espère, comme Olivier Popincourt à qui je dois beaucoup de choses.

Justement j’ai une question de Olivier Popincourt pour toi. Il voudrait savoir qu’est ce qui te rend heureux ?

(Rires) Il y a une chanson de l’album qui s’appelle « High As High ». Un titre que j’ai pas mal joué en concert ces derniers temps. Pour la première fois, il y a une adéquation entre celui que je veux être et celui que je suis et ça me rend heureux.

Dans ton commentaire tu as marqué « un saut quantique dans le rétrofuturisme » ?

(Rires) J’adore le côté saut, le côté bondir comme un cabri…. Un saut quantique, j’adore ! Pour moi, c’est juste un bon mot : c’est pour le plaisir de l’expression. Pour être plus explicite, je dirais que la pop des années 60, 70 est en train de devenir la musique « classique » d’aujourd’hui … Dans l’inconscient collectif, cette musique est devenue un idéal et on court toujours un peu après ce paradis perdu mais je ne peux pas et ne souhaite pas en faire comme certains la font : une reproduction quasi-parfaite, du faux vintage, ce serait un peu vain. Souvent, on pense que je suis bloqué en 1971, alors que je n’étais même pas né mais quand je regarde les disques de cette année-là, je tombe de ma chaise. Je réecoutais récemment les instrumentaux du « What’s Going On » de Marvin Gaye : tu pleures de joie ! Il y a dans les chansons de cette époque une inventivité dans les structures et les arrangements que j’adore. J’espère humblement m’inscrire dans cette tradition. Ce serait un saut quantique parce qu’il y a une progression par rapport à ce que je faisais avant. Je suis plus attentif aux réactions de mon entourage.

Pourquoi faut-il participer à ton crowdfunding ?

(Rires) Parce que c’est tout bonnement immanquable, une occasion unique et inespérée d’entrer dans l’histoire de la pop hexagonale ! Tous les contributeurs seront crédités sur la pochette. Je ne peux pas être convaincant sur cette question du « Pourquoi faut-il participer à ton crowdfunding ? » car je ne suis pas un bon commercial (rires), même si j’ai bossé dans des trucs de type « phoning » quand je suis arrivé à Paris il y a plus de 20 ans. J’ai même eu mon propre bureau pendant quelques semaines dans une boîte de Suresnes. Le patron, inconscient ou visionnaire, m’avait confié la tâche suivante : je devais inventer de faux profils de clients pour des enquêtes mystères à destination de boîtes de crédit. A mourir de rire. J’enquillais les Dunhill rouges (longues) en rédigeant ces histoires à dormir debout.
Un super exercice, un peu comme écrire des chansons en fait.
Pour revenir à notre actualité, je dirais que c’est un album super inspiré avec de belles harmonies et une voix inoubliable. Il va tout déchirer avec un côté un peu narratif. Ce sera un grand disque de pop française, chanté en anglais (rires). J’ai répondu à la question ?

Tout à fait et il sortira quand ?

Sur la campagne Ulule, c’est annoncé en septembre mais le disque pourrait être prêt avant l’été car tout dépendra du temps de travail sur les arrangements, notamment les cordes/cuivres et le mixage plus les délais de fabrication.

Ensuite il y aura une tournée ?

J’espère bien! Je suis en contact avec un tourneur qui pourrait m’aider, ce serait cool ! Ca fait 20 ans que je trouve mes concerts tout seul et avec l’album, et mon réseau qui s’est agrandi, on peut être optimiste. On va essayer de jouer. J’adore jouer en groupe, en duo avec Jan ou en solo… D’ailleurs les répétitions ont commencé !

(Photo JuanLu Fajardo Ruiz) 

Mais tu n’as pas de label ?

Non, je suis tout seul même si « Microcultures » va m’aider. Ils m’avaient porté sur l’album de All If (son ancien groupe Ndlr). C’est eux qui m’ont orienté vers Ulule et ils m’ont été d’un grand secours dans l’élaboration de la page dédiée notamment. Mention spéciale à Jean-Charles Dufeu, le boss de Microcultures.

Mais ce disque c’est un peu comme si tout ton réseau se retrouvait : musiciens, ingénieurs, graphistes … ?

Bien sûr et c’est aussi une manière de renvoyer l’ascenseur à tout le monde. Par exemple, Pascal Blua sera en charge de l’artwork (comme pour le single). Il y a aussi John Howard, un chanteur anglais que j’adore qui va chanter sur un titre de l’album. Un ami commun, le musicien Robert Rotifer, a playlisté « Green Green Gardens » ( https://allif.bandcamp.com/track/green-green-gardens) dans son émission de radio : John m’a tout de suite contacté car il appréciait beaucoup le titre et on échange régulièrement depuis. J’ai lancé quelques invitations, on m’a aussi approché…pour la première fois (rires). Je ne suis pas encore assuré de la présence de certains invités, donc prudence mais il y aura vraisemblablement d’autres guests dont bien sûr le vénérable Olivier Popincourt qui, je l’espère, se fendra d’un solo lumineux. Je pense aussi à deux arrangeurs dont Sébastien Souchois pour orchestrer mes chansons.
Par ailleurs, j’ai aussi écrit quelques textes sur des musiques de Christophe Vaillant du Superhomard. On a formé un duo ensemble et il y a déjà six titres. C’est super beau et je ne sais pas quand et où ça va sortir. J’ai eu un pic de créativité depuis l’été dernier et j’ai plein de projets en cours, notamment boucler la musique d’une pièce de théâtre pour enfants. Toutes ces collaborations s’inter-nourrissent et il me tarde d’enregistrer  mon album le mois prochain !

Tu montes donc un nouveau groupe ?

(Rires) Un side-project plutôt ! Mais les titres sont magnifiques. Fier et heureux de me lancer dans cette aventure parallèle, Christophe est un mec brillant, c’est très gratifiant de bosser avec lui. L’idée de travailler ensemble nous est venue spontanément après la parution dans « La Vie »  d’un portrait croisé sur la pop française qui réunissait Mehdi Zannad (The Last Detail), Xavier Boyer (Tahiti 80), Oliv Popincourt, encore lui, Le Superhomard et ma pomme. Merci à François Huguenin Maillot, le rédacteur de l’article, d’avoir eu cette excellente idée !

Tu ne manques pas un peu de mégalomanie ?

Détrompe-toi, j’ai des rêves de grandeur pour mille vies encore (rires) ! Vite, des avenues Rocabois, des statues en Bretagne, des écoles à mon nom, un aéroport ! (rires). J’ai juste besoin d’écrire beaucoup, tout le temps : c’est un besoin naturel, irrépressible ! Tout ça me permet de garder un certain équilibre mental. Et je veux marquer les esprits avec ce nouvel album : si c’est pas une fin mégalo ça (rires). 

https://fr.ulule.com/premier-album-solo-olivier-rocabois/
 
Prochain concert le 1er février à Paris (l'International, en pop quartet : plateau avec French Boutik et Veenus) :
https://www.facebook.com/events/443892822953914/

 

 

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