Not Your Animal : Rencontre avec David Rosane pour le premier EP du groupe

Par Franco Onweb

David Rosane est un homme aux multiples talents : journaliste, universitaire et anthropologue reconnu, il mène en parallèle une carrière de musicien passionnante. Il y a quelques années il avait sorti un premier album « solo » avec les Zookeepers, son groupe qui avait la particularité d’être double puisque il existait une version parisienne et une version américaine de ce combo !

Il revient aujourd’hui avec son nouveau projet : Not Your Animal ! Un groupe qui, comme il le dit lui-même, rend hommage à la musique « rock », à toutes les musiques que l’on entend depuis plus de quarante ans. Le premier EP du groupe vient de sortir et un nouvel opus est attendu l’année prochaine. Un disque pleins de chouettes chansons et de mélodies implacables que j’ai trouvé épatant ! J’ai discuté avec David Rosane pour en savoir un peu plus sur un groupe qui est en plein ascension et qui sera certainement une meilleures surprises de 2020 !

Not Your Animal : Rencontre avec David Rosane pour le premier EP du groupe
DR

Quelles sont tes influences musicales ?

C’est très vaste vu mon âge ! Petit j’entendais les vinyles de mes parents : de l’opéra, musique classique, les musicals de broadway ou du  jazz de l’après-guerre. Mes frères, qui étaient plus âgés que moi, ont commencé à ramener à la maison des disques des Beatles, des Rolling Stones, David Bowie, Bob Dylan et pleins d’autres groupes …. Ensuite à mon adolescence j’ai été très influencé par le post punk avec des groupes comme Joy Division, New Order, Echo and the Bunnymen … Ensuite j’ai essayé d’écouter tout ce que je ne connaissais pas mais qui était représentatif comme les Doors ou le Velvet Underground, les kinks … Et des choses un peu moins connues aussi …

(David Rosane - Droits réservés) 

Not Your Animal , c’est un nouveau groupe : ça veut dire que tu as arrêté les Zookeepers ton précédent groupe ?

En fait j’avais un groupe Zookeepers en France mais aussi un groupe Zookeepers aux USA.  J’ai toujours le groupe aux USA mais j’ai arrêté le groupe ici. Pour l’anecdote, on a réussis à faire venir le groupe américain en France pour faire des concerts les deux groupes ensemble. Avec les Zookeepers américains, on a fait un album de soutien pour les bibliothèques américaines. Je joue  chaque été, en Juillet et Août, aux USA dans les bibliothèques et on leur reverse une grande partie des entrées. Cela a beaucoup plu à la presse locale qui nous a désigné meilleur album du Vermont, l’état d’où nous venons ! Il me manquait quelque chose en France, parce que j’y passe dix mois de l’année ! Maintenant j’ai « Not Your Animal ».

Comment le groupe s’est formé ?

J’ai rencontré le guitariste Jeremy (Grasso Ndlr) a « Basement » (local de répétition et d’enregistrement de Paris Ndlr)  pour une session il y a quelques années. On a décidé ensemble de monter un groupe pour aller jouer partout en France. Le disque et le clip sont devenus nos outils de base pour démarcher les concerts.

A l’écoute de ton disque on remarque beaucoup d’influences sans pour autant se rattacher directement à quelque chose.

C’est le fruit de mon parcours ! j’aime beaucoup explorer la musique et puis on est plus tout jeune : on est un peu des Dinosaures ! On a tous vraiment écouté beaucoup de choses dans pleins de styles. Il suffit de voir nos parcours. Le guitariste vient du blues rock, le bassiste vient du jazz avec tout ce que cela englobe comme les musiques africaines, le batteur vient de l’électro et de l’indie rock  et moi depuis quelques années je fais beaucoup de country et d’Americana mais en gardant cette énergie du post punk. Cela se traduit par une vraie mélancolie, notamment dans les textes, les mélodies aussi, sur une musique enlevée, jouée dans l’urgence. Mes Paroles traduisent tout ce qui se passe autour de nous : la pollution, les conflits, le réchauffement climatique.

Tu peux nous présenter le groupe ?

Il y a Benjamin Beaulieu (Ex Blackstrobes) à la batterie, Jeremy Grasso à la guitare et Ivan Réchard qui est bassiste et contrebassiste de jazz. Tous diplômés  et profs de musique aussi.

(De gauche à droite, Jeremy Grasso, Benjamin Beaulieu, David Rosane et Ivan Réchard - Droits réservés)

Ça m’a fait penser à Sonic Youth, Pavement …

Pavement ! J’adorais ! Mais tu sais les influences elles sont là : par exemple le premier morceau de notre disque s'est inspiré de « Lulu », ce disque que Metallica avait avec Lou Reed. La chanson d’après c’est du REM, du Pavement ou du Sonic Youth mélangés . Ensuite tu as un hommage à la Brit Pop. Le quatrième morceau c’est du rock à la Iggy Pop et le cinquième morceau c’est de la « Country Western ». En fait les musiciens ont chacun leurs influences et ce sera encore plus important dans le deuxième Ep qu’on prépare. C’est conçu comme un vinyle avec 5 morceaux en face a et cinq morceaux en face B. On explore encore plus le spectre du rock américain.

Justement c’est quoi la suite ?

On arrange le nouvel EP, on fait ça très sérieusement en y apportant beaucoup de soins. Quand j’étais plus jeune on se basait sur l’énergie du morceau dans les groupes, ça allait vite. Là il s’agit de musiciens accomplis donc  cela prend du temps pour les arrangements. Chaque morceaux est travaillée sur partition par exemple. On espère avoir tout finit au printemps pour  le deuxième Ep et le vinyle sortira en 2021.

Vous avez des concerts prévus ?

C’est le plus difficile pour nous comme on n’a pas de manager ! On cherche un lieux adéquat pour le lancement de l’EP en février ou mars. Mais c’est difficile parce que il y a plus beaucoup de lieux pour jouer. C’est une première dans l’histoire de la musique, les bars reçoivent de plus en plus de demandes de groupes sur cinq générations : les gens de 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans et même 60 ans. On va être obligé d’investir et d’engager quelqu’un, dont c’est le métier, pour « pousser » le groupe.

Tu penses amener le groupe aux USA ?

Ç’est juste une question financière ! Pour l’instant cela se passe très bien : on a engagé un attache de presse et les retours des radios et de la presse sont très bons. On fait même une télé en décembre ! Si ça continue on aura une « carte de visite » et suffisamment de moyens pour l’envisager mais vraiment j’aimerais beaucoup ! Ce serait bien parce que je suis un chanteur à texte et ici on les comprend pas forcément. Mais je n’arrive pas à chanter en Français : c’est une catastrophe. C’est  parfois frustrant de ne pas être vraiment entendu ! …. On est aussi en discussion avec BMG pour passer le cap de « l’indie » et ça ce serait aussi parfait pour nous.

Vous avez enregistré ou ?

Les musiciens m’ont présenté au batteur de Aqme, Etienne Sarthou, qui est ingénieur du son et on a fait ça dans son studio.

Tu vis à paris depuis 15 ans mais il n’y a rien de Français dans ta musique : tu pourrais jouer sur le côté « romantisme à Paris » ?

Je ne sais pas : je pense que c’est une question d’âge. Quand tu es musicien tu ne penses pas vraiment à ce que tu vas écrire : ça sort spontanément ! Les chansons qu’il y a sur ce premier EP sont le fruit d’heures de travaux, de musique américaine, de tournées américaines … Avant j’ai sorti chez « Basement  Production » avec Nick (Buxton Ndlr)  un premier album où il y a cette chanson « PARIS IS FOR LOVE ». C’est inspiré de mon expérience à Paris, comme beaucoup de titres sur ce premier disque, donc je l’ai fait sur celui-là. Le besoins ne s’est pas fait sentir pour ce nouveau projet !

Qu’est-ce que tu veux dire pour la fin ?

Je ne me considère pas comme un musicien mais comme un conteur d’histoire… mais qui a besoins de musiciens pour aller sur scène et pour « habiller » mes histoires. Il y a quelque chose qui résume ma pensée : mon fils de 13 ans m’a dit l’autre jour : « tu sais papa, en 2050 il n’y aura plus de vies sur terre ». Tu as une génération de gens qui vivent dans l’angoisse de ce qui se passe autour d’eux. Imagine si on avait connu une telle angoisse à notre génération. J’en prend acte dans mes chansons : je suis écolo quasiment depuis que je suis né ! Je suis sensible à l’environnement, à la déforestation, à la destruction de la nature… Je ne peux garder sous silence ces problèmes ! Vu la nature de cet engagement, notre genre de musique porte désormais un nom, c’est de l’ « ecocore », d’après l’écrivain et musicien américain Jason Roberts. Il en a écrit une belle définition, qui est dans notre communiqué de presse.

Quel disque tu donnerais à un enfant pour l’emmener vers la musique ?

Avec mon fils pendant cinq six ans, quand on partait aux USA l’été, on écoutait Weezer ! Bon là il rejette son enfance parce que il devient adolescent et en ce moment il écoute un peu de tout sans avoir un engouement spécial pour la musique ,comme nous nous avons eu !  Maintenant il écoute tout et rien et aujourd’hui il pense que Weezer c’est de la musique pour bébé (rire).

Justement tu ne trouves pas ça triste cette avalanche de de moyens pour écouter de la musique avec des moyens comme Deezer ou Spotify ?

Il y a beaucoup de choses à dire et je vais prendre un peu de hauteur ! La révolution numérique est aussi importante que la révolution industrielle … Elle change notre rapport à tout : la musique, la littérature, l’information, notre manière de consommer …. Il y a des trucs à prendre et des trucs à laisser. Nous, on avait des dieux dans le rock qui étaient des vrais stars ! Aujourd’hui n’importe qui peut avoir un groupe de rock. Il y a une diversité et une facilité hallucinante pour écouter de la musique et forcément une sélection va se faire mais il y aura toujours de la musique et des musiciens !

 

 

 

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