Jesus of Cool : Rencontre avec un groupe vraiment cool

Par Franco Onweb

Les choses dans la vie sont souvent beaucoup plus simples que on ne le pense. La preuve en est aujourd’hui avec Jesus of Cool. En effet pourquoi chercher un groupe à l’autre bout du monde ou de l’autre côté de la Manche ou de l’Atlantique alors que nous avons près de chez nous des groupes d’une qualité artistique impeccable ?

L’album du trio Toulousain m’est arrivé dessus comme la bombe qu’il est : un vrai disque pleins de bonnes chansons avec une vraie fougue, bref un très grand moment ! Ce n’est pas étonnant qu’il soit sorti chez « Pop Sister’s » le label Toulousain qui nous envoie régulièrement des disques épatants.

Pour approfondir la question j’ai envoyé quelques questions à Gilles, le chanteur bassiste, d’un groupe sur lequel je vous conseille trop de vous intéresser.

Jesus of Cool : Rencontre avec un groupe vraiment cool
DR

Je suis Gilles, chanteur et bassiste du groupe toulousain Jesus of Cool.

(Jesus of Cool, de gauche à droite Don Joe, Gilles et Bud - Droits réservés)

Présentez-vous musiciens par musiciens / Quel a été votre parcours en musique pour les uns et les autres ?

Actuellement, on est trois, Bud à la batterie, Don Joe à la guitare et aux claviers et moi, Gilles, à la basse et au chant. Bud et Don Joe ont joué dans des tas de groupes depuis leur puberté et eux-mêmes seraient incapables de tous les citer. Je sais que Bud a enregistré une quinzaine d’albums avec des groupes comme Fun House, Mr Spaceman, Punish Yourself, Dimi Dero, Sheeloves, Wok. Actuellement, il joue aussi dans Mud Twins, un duo franco-andalou genre « swamp garage blues ». Dans les années 1980, Don Joe a joué dans les Boy scouts, puis dans le Prehistoric Pop et enfin dans Indian Ghost qu’il mène de main de maître depuis le début des années 1990. Et puis, plus récemment, il a aussi fondé Don Joe Rodeo Combo où il chante en français. Quant à moi, j’ai commencé à jouer au milieu des années 1980 dans des groupes absolument pas mémorables, puis avec Don Joe dans le Prehistoric Pop où je tenais la basse et composais quelques chansons. Après cet épisode, je n’ai quasiment rien fait. Je suis passé à autre chose. Et puis c’est revenu, soudainement, en 2016. J’ai recommencé à composer et depuis, j’ai retrouvé la fougue de ma prime jeunesse. Le temps avance, le temps presse.

Quand le groupe a-t-il commencé et à quelle occasion ?

Au printemps 2017, on s’est retrouvé autour d’un verre avec Bertrand Lamargelle, chroniqueur à « Abus Dangereux » qui était de l’aventure au début. On a décidé d’essayer pour voir ce que ça donnerait. Comme on a monté les premiers morceaux très rapidement, on s’est dit que ça valait le coup de continuer.

Quelles étaient vos influences à la base du groupe ?

On ne s’est jamais vraiment posé la question des influences et encore moins du genre musical. Mais, on ressent sans doute une bonne partie de ce que l’on a écouté à la fois dans la manière de composer et dans l’instrumentation. Il y a du rock pop british (des Kinks aux Smiths en passant par The Only ones et les Libertines) mais aussi du rock australien (The Saints, Sunnyboys…). Et puis bien sûr, les américains déjantés (Iggy Pop, Gun Club, Violent Femmes…).

Pourquoi ce nom Jesus of Cool ? Y a-t-il un rapport avec l’album de Nick Lowe ?

Un peu, sans doute, dans le côté pop avec guitares. Mais, on n’est pas très cool, non ? Vaguement mystique, oui. Il y a aussi de l’autodérision là-dedans.

Comment êtes-vous arrivés sur Pop Sisters ? Pourquoi ce label ?

Ça s’est fait naturellement, Don Joe étant le créateur du label avec Rem Austin de Crumble Factory. On a enregistré quand on s’est senti prêt, il y a un an environ.

Vous êtes fans des artistes dessus ?

Oui, il n’y a que des bons groupes sur ce label, non ? Musicalement, c’est plutôt varié. J’avoue avoir un faible pour les nantais de Hanky Panky. Si on était dans un monde juste, leur titre phare Precious bitch serait un hit planétaire. Un hymne torride à la dolce vita.

Vous sortez un album « How long » : pourriez-vous décrire le disque ?

La plupart du temps, on reste sur un format pop, la mélodie est très importante pour nous. Il faut que les chansons se retiennent, que l’on puisse les siffloter, qu’elles puissent un temps occuper l’esprit et pourquoi pas, aider à supporter le quotidien. En même temps, on essaie de créer des ambiances spécifiques pour chacune des chansons. Il y a des rythmes très rock, d’autres sont plus inattendus parfois inspirés du trip hop comme sur le refrain de Bad seeds ou incantatoire sur Barely Sour. On a aussi intégré de l’orgue et du synthé en studio (c’est Don Joe qui s’y colle). Ça apporte de la profondeur, je trouve. Ça colle avec notre côté mystique.

(Enregistrement de l'album "How long", Gilles et Don Joe - Droits réservés) 

Votre disque a un son très américain : il y a des ambiances proches du blues façon Nick Cave : est ce une de vos influences majeures ?

Oui, c’est une référence que l’on partage tous les trois. Pour ma part, j’ai été immédiatement impressionné par son apparition dans le film de Wenders, « Les Ailes du Désir », à la fois par le son et l’attitude, le look. C’était « From her to eternity » et j’ai couru acheter le disque après la séance de cinéma. Mais bon, l’album est quand même plutôt rude. Le véritable choc, ça a été « Tender prey », une merveille de A à Z. Et après, j’aime quasiment tous ses albums. Sinon, le son américain, c’est normal : le disque a été enregistré au studio Highway 62 par Don Joe, qui ne l’oublions pas, a des racines du côté du Tennessee (rires).

Qui a composé et qui écrit les morceaux ?

Je compose la musique à la guitare acoustique dans ma chambre, j’écris les paroles ensuite. Puis on monte les morceaux ensemble.

Il y a un morceau « Everybody gotta live » qui est une reprise de Love  le groupe d’Arthur Lee : pourquoi ce titre ?

J’ai découvert ce titre sur Youtube alors que je connaissais uniquement les albums majeurs de Love sur lesquels il ne figure pas. On a trouvé que c’était une excellente chanson, méconnue et très simple. Il y a trois accords et ça fonctionne. Cette simplicité est fascinante.

Les textes : d’où vient l’inspiration ?

C’est assez varié. J’aime bien mettre en scène un personnage qui s’adresse à un autre. Comme dans « Daring Mum » où un père essaie de donner du courage à son fils, la mère étant « instable », on va dire. Ce personnage féminin est vaguement inspiré de Gemma Teller dans la série « Sons of Anarchy ». The « Reveal » fait référence à Twin Peaks, le narrateur parle à une jeune fille qui pourrait être Laura Palmer. « Bad seeds » et « Barely sour » sont plus personnels, des chansons bilans en quelque sorte, donc plutôt mélancoliques. "I wanna kill your shrink" est beaucoup plus ironique : c’est l’histoire d’un gars à l’ego démesuré qui est jaloux du psy de sa copine. Globalement, disons que l’objectif est modestement d’essayer de créer des images qui accompagnent la musique.

(Jesus of Cool en concert - Droits réservés) 

Comment se procurer le disque ?

On écrit à jesusofcool@yahoo.fr. Il est aussi possible de le commander via Bandcamp.

Quels sont vos projets ?

Le second album est quasiment écrit. Il ne reste plus qu’à l’enregistrer. Il sortira sans doute en 2020. D’ici là, on proposera des singles numériques de temps à autre. L’album sera sans doute moins sombre que « How long ». Le Jesus marche vers la lumière (rires). 

 

https://www.facebook.com/JesusOfCool4/

https://jesusofcool.bandcamp.com/releases
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