Nico Chona and The Freshtones : Rencontre avec un groupe de blues très rock

Par Franco Onweb

Attention, voici du Blues-Rock, du vrai, du dur, voici Nico Chona and The Freshtones un groupe qui s’écoute à fond ! Alors que beaucoup dans le Blues récitent la leçon, Nico Chona and The Freshtones sont allés trainer leurs oreilles vers ce Blues-Rock qui sent l’énergie, la fureur et la puissance. Ici ça sent la sueur et l’incroyable envie de partager cette musique qui a tout fondée.

Pour saluer la sortie de leur premier album, j’ai discuté avec Nico Chona le leader de ce combo, pour avoir quelques explications d’un groupe que vous allez adorer aimer.

Nico Chona and The Freshtones : Rencontre avec un groupe de blues très rock
DR

Je suis Nico Chona, leader du groupe Nico Chona and the Freshtones. J’ai commencé la musique très jeune : j’ai eu une batterie à deux ans et demi. J’ai commencé la guitare à dix ans, j’ai fait mes premiers groupes à douze… Ensuite les choses se sont enchainées et on vient de sortir un premier album en janvier et on vient de finir une première tournée européenne.

(Nico Chona and The Freshtones en concert - Photo Luc Naville) 

J’ai lu que ce sont tes parents qui t’ont emmenés vers cette musique des années 70 ?

Oui, il y avait beaucoup de musique à la maison des années cinquante, soixante et soixante-dix. Je me suis beaucoup attaché au blues rock, principalement parce que mon père en jouait lui-même dans les années 60 et 70. J’ai été en prise direct avec cette culture.

C’est quoi tes influences ?

Beaucoup de musiques américaines bien sûr et beaucoup de « Guitar Heroes » qui ont forgé mon jeu. Cela va de Bill Gibbon de ZZ Top, Éric Clapton avec Cream uniquement, le folk avec Crosby Still Nash and Young et toute la musique du sud des USA.

Pour moi tu es un grand fan de Johnny Winter ?

J’adore, son premier album : il m’a beaucoup marqué avec sa slide.

Mais il y a aussi dans ta musique le MC5 ou Janis Joplin ?

Plus le MC5 pour leur gros sons, oui c’est vrai, j’adore leur côté urgence-rock. Il y avait des disques d’eux à la maison et en fait tu n’es pas le premier à me le dire (rires).

C’est né comment les Freshtones ?

J’avais des chansons en stock que je maquettais à la maison.  Des potes m’ont dit qu’il fallait que ces chansons existent et globalement c’est devenu à la fin les Freshtones. En fait ce sont tous des potes avec qui je jouais dans d’autres projets. On s’est tous retrouvé libre en 2016 et là on a monté le groupe.

Quand on pense à ce nom, on pense aux Rolling Stones

Je n’ai pas du tout fait exprès mais c’est clair que la période de la fin des années 60 et début des années 70, quand ils ont Mick Taylor à la guitare, c’est une immense influence pour moi.

Ton son ressemble aux blues américain…

Oui, je suis beaucoup parti aux Usa et comme la plupart des musiciens anglais dans les années 60 qui essayaient de jouer du blues, j’ai essayé à ma manière de le jouer. On pourrait presque appeler ça du « blues expatrié ».

Oui, mais vous faites un « blues sale » loin du côté leçon du blues

Tu attaques un point qui m’intéresse beaucoup : on revient d’une tournée européenne et là on a vu que les gens qui jouent le blues à l’étranger ont souvent l’esprit beaucoup plus ouvert que chez nous. C’est comme lorsque tu vas aux USA, les mecs jouent le blues impeccablement mais brutalement ils peuvent balancer un truc bien « sale » avec un gros son en passant ensuite sur un mode acoustique avec une contrebasse. Ce sont vraiment mes influences : je n’aime pas me mettre de barrières. Surtout ne pas avoir le son qu’il faut, le gimmick … Sinon cela devient très vite  très chiant. Bien sûr j’ai une trame blues à la base dont je me sert pour composer mais les morceaux doivent évoluer en fonction de comment joue le groupe. Les musiciens faisaient ça dans les années 70, des gens comme Jeff Beck ou Cactus… Peu importe que le morceau soit électrique ou acoustique. Il faut désacraliser cette musique.

Tout de suite le groupe a joué comme ça ?

Non, en fait comme c’est moi qui écrit et compose c’est mon sons mais par exemple Joris, l’autre guitariste, vient de la pop anglaise et il a vraiment une autre approche. Il amène une touche un peu plus fine sur certains titres mais comme c’est quelqu’un qui n’a pas de limites, ni de barrières il peut s’adapter facilement, donc on n’a pas toujours ce gros sons même si c’est notre base de travail.

Vous avez beaucoup joué ?

Oui, on a beaucoup joué dans des festivals de blues

Vous étiez à l’aise dedans ?

Ça a été un peu difficile au départ, on a été un peu rejeté ! Notamment avec des interviews en radio en direct où les mecs nous disaient que on bouffait à tous les râteliers : folk, blues, rock, électrique, acoustique … Je trouve ça un peu dommage comme attitude Même si les gens étaient adorables et qu’ils ont vu que le public adorait ça parce que à la fin c’est quand même le public qui décide. On proposait autre chose et beaucoup de gens se sont ouverts grâce à nous.

Mais si je te dis que tu fais du blues rock, tu es à l’aise avec ça ?

Oui, même si je n’aime pas trop les cases. Quand on me demande ce que je fais comme musique, je réponds : « de la musique américaine ». Cela permet de faire passer beaucoup de choses et il y a pleins de choses qui passent dedans.

C’est quoi votre rapport aux moteurs ? Quand on voit la pochette de votre album c’est plus que visible que vous aimez ça

J’adore les bagnoles. Les voitures c’est vraiment mon truc à côté de la musique. Je retrouve des sensations similaires à la musique là dedans. Par exemple, Je trouve que le sons du V8 se marie très bien avec une guitare un peu grasse.

C’est quoi vos plus grosses dates ?

L’année dernière on fait « l’American Tour » avec Deep Purple : il y avait pleins de monde. On a fait le Cahors blues Festival, on a joué à Guitare en scéne en premiére partie de Midnight Oil et John Butler et puis notre tournée européenne, où on a fait 17 000 km, ça nous a marqué avec un super festival dans le Sud-Ouest de la Pologne. Il y a une tournée qui se monte en ce moment avec de très belles scènes.

On parle de votre album ?

On l’a fait à Lyon au studio Magnéto avec Frederic Pellerin, c’est un québécois qui a un studio analogique. On a tout enregistré en direct dans la même cabine. Seuls les chœurs ont été faits après Tout le reste est live. On l’ a fait en quatre jours à fond ! Il a été mixé à l’Hacienda par Jo Verne et masterisé à Lyon chez Red Sync Studio.

(Pochette de l'album de Nico &The Freshtones - Droit réservé) 

Il y a onze morceaux sur l’album ?

Oui, j’ai tout écrit sauf un reprise de classique du blues que j’ai totalement tordue (rires), un hommage à Robert Johnson.

Dans cet album il y a un morceau acoustique, « hello » en plein milieu ?

Tu as remarqué (rires) ? En fait c’est un morceau que j’ai composé la veille de l’enregistrement. J’étais chez moi et un pote m’a amené une guitare qu’il avait trouvé à la déchetterie du coins. Il me l’a filé et le morceau est venu tout seul. J’ai écrit un texte à toute vitesse. Je l’ai enregistré sur mon téléphone et puis le matin je l’ai fait écouter aux autres qui ont voulu l’enregistrer tout de suite. On a rien mis, juste une guitare et la contrebasse.

Ça c’est du vrai blues ?

Tu ne peux pas faire mieux dans l’esprit (rire) mais tout vient du sons de cette guitare.

On parle de tes textes ?

Ils parlent de pleins de choses mais toujours en relation avec la musique : des faits de société un peu relou comme sur « Screen boy » qui parle de la génération qui passe sa vie dans les écrans et qui se prive de pleins de choses. Les morceaux acoustiques parlent plutôt d’amour, de moments que l’on vit avec sa copine ….

Ca ne parle pas du tout des thèmes habituels du blues comme dieu ou le diable ?

Il y a « Run » qui en parle un peu mais c’est plus un clin d’œil …

Cela se passe comment sur scène ?

C’est bien énergique (rires). On a un gros volume mais on sait s’adapter à la taille de la salle mais avec toujours de l’énergie. On est fringué avec des vêtements de mécanos américains avec le nom du groupe dessus. En France on essaye d’avoir un petit décors avec des bidons, des pneus…

Tu ne penses que cela dessert un peu à la musique ?

Je suis d’accord c’est pour ça que on met très peu, c’est juste un clin d’œil. Chez nous c’est pas flagrant ! Mais je suis d’accord maintenant il y a des groupes qui mettent des effets partout, dans tous les sens et ça dessert totalement le show. On oublie trop souvent la musique avec ce genre de trucs. Pour nous cela sert juste à rappeler aux gens où ils sont. On joue souvent en première partie et le fait que on envoie un bruit de moteur ça permet de capter l’attention des gens.

Tu sais vers où vous allez aller ?

Pour le prochain album ce sera les mêmes musiciens mais avec des invités : un orgue hammond, une pedal steel , harmonica...

Pas de cuivres ?

Si, si : trompette et sax pour un morceau que je suis en train d’écrire mais ce sera que sur le disque.


Il sortira quand ?

Là on sort un 45 t vinyle 10 pouces : un bel objet en série limité. Deux titres assez gras qui annoncent l’album que j’espère enregistrer en janvier.

Il sortira où ?

Sur mon label, il est distribué par ma propre boite et on peut le trouver dans les Fnacs et Cultura de la région lyonnaise et parisienne et bien sûr sur le site du groupe: nicochona.com .

Quel disque tu donnerais à un enfant pour l’amener vers la musique ?

« Très Hombres » de ZZ Top , l’album où il y a « la Grange ». Je l’ai déjà essayé et ça marche ! 

 

My secret to produce...!?

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