Robin Carresse and The Lonely Nights

Par Franco Onweb

 Attention, voilà une révélation, une vraie : Robin Carresse ! Si vous trainez un peu dans les clubs ou les magasins de guitares vous l’avez peut-être croisé avec son « look » très personnel et sa guitare à la main. Derrière ce jeune homme, se cache un redoutable guitariste aussi technique qu’enthousiasmant.

Après avoir participé à de nombreux expériences, il se lance enfin en solo avec Robin Carresse and The Lonely Nignt. J’ai voulu en savoir plus sur ce jeune homme plein d’avenir, c’est pour ça que j’ai pris rendez-vous avec lui pour en savoir un peu plus sur lui et sa musique.

Robin Carresse and The Lonely Nights
DR

J’ai commencé à m’intéresser à la musique très jeune. Mon père en écoutait beaucoup : à la maison, en voiture … principalement du rock, surtout les Ramones et du punk. J’ai commencé à 11 ans à jouer de la basse. J’en ai fait pendant six ans dont un an au conservatoire. J’ai compris au bout d’un moment que ce n’était pas trop mon truc et donc j’ai commencé à jouer de la guitare, c’était en 2015.

(Droit réservé) 

Ton premier concert ?

Poppa Chubby avec mon père quand j’étais jeune, très jeune … En fait la musique c’est quelque chose que j’ai toujours partagé avec mon père. Quand j’ai commencé la basse j’écoutais la musique pop punk des années 90 comme Green Day ou Sum 41. C’est après que je suis allé vers les années 50, j’ai remonté la pelote pour redécouvrir ces musiques.

Tu as commencé par jouer quoi ?

En fait mon vrai prof c’était Chuck Berry (rires). J’ai commencé en écoutant ses disques et en regardant ses vidéos sur YouTube. Ensuite j’ai continué en écoutant du Western Swing !

C’est quoi ?

Une musique qui débuta dans les années 20 jusqu’au 50s, du swing américain avec des gens comme Jimmy Bryant, Teddy Bunn, Bob Wills C’est vraiment mon père qui m’a emmené vers cette musique. J’étais, et je suis toujours, un peu en inadéquation par rapport aux autres jeunes de mon âge qui jouaient du Nirvana ou du Noir Désir…. Et même si mon père m’a aiguillé, c’est quand même moi qui suis allé vers cette musique. 

C’est une musique qui est très technique ?

Oui, c’est pour ça que je suis allé ensuite vers le « Jump Blues » ou le « rhythm’n blues ». C’est-à-dire le blues positif : je suis toujours là-dedans.

Tu es vraiment passionné par cette période des années 50 ?

Oui, totalement j’aime tout : la musique, les fringues … tout ! C’est vraiment mon univers et je n’en bouge pas trop, je suis à l’aise dedans.

Tu ne fais plus du tout du rock ?

Très peu, j’aime bien les Ramones mais je n’ai pas leur son, ni leur approche … J’ai préféré rester dans mon monde en écoutant directement les musiciens qui font encore la musique des années 50 aujourd’hui. Par exemple mon guitariste préféré c’est Kid Ramos, un guitariste de blues West Coast. J’adore aussi un de ses amis : Tommy Harkenrider, un autre guitariste de blues.

Mais tu écoutes des sons actuels ?

Très peu, je vis dans un monde des années 50. J’adore ça ! Par contre, j’écoute tout sur mon ordinateur, c’est ma seule contribution à la modernité actuelle (rires).

Tu as commencé comment sur la scène ?

J’ai commencé dans une Jam dans le 13 ème : le Nouveau Cosmos organisé par Big Dez, un bluesman Français. C’était en septembre 2015. Grâce à ça je me suis perfectionné sur scène. J’apprenais les morceaux dans la semaine et j’allais les jouer à la Jam. C’est là aussi que j’ai commencé à chanter et que j’ai rencontré Grégoire (Garrigues Ndlr) qui m’a aidé. C’est un ami de mon père, il est passé un soir, il m’a vu et depuis il me donne des coups de main et des conseils (rires)…

(Droit réservé) 

C’est grâce à ces Jams que tu as trouvé ton son ?

Oui, je pense vraiment que si je n’avais pas fait la Jam, je n’aurai pas pu progresser comme ça. Pourtant au début je me suis forcé à y aller tous les lundis pendant un an et demi.

Tu as joué avec du monde là-bas ?

Oui, Big Dez il invitait un musicien et à chaque fois on pouvait jouer avec cet invité.

C’est là aussi que tu as mis en place ton look des années 50 ?

Non, c’est quand je suis rentré dans la scène des années 50 avec tous les festivals et différents « tribute » que j’ai vraiment commencé à adhérer à ce style, les soirées hommage à Chuck Berry, ce genre de choses…

Tu t’es intéressé au rockabilly ?

Au début oui mais rapidement ça m’a lassé, la seule personne avec qui je jouais un peu c’était Tony Marlow, j’étais un peu sa mascotte (rires). J’ai joué aussi sur scène avec les Jones pour un morceau et Big Dez aussi me faisait venir sur ses concerts.

Tu as commencé quand à composer ?

Il y a peu de temps, en fait j’arrive à composer mais j’ai du mal encore à écrire des textes, c’est quelque chose que je ne maitrise pas encore vraiment. J’ai d’abord enregistré quelques morceaux avec Grégoire, six morceaux, des maquettes. Il m’a amené des paroles sans mélodies et j’ai composé dessus et j’ai chanté. Mais ce sont des morceaux que je ne peux pas utiliser avec mon groupe… Ce n’est pas vraiment dans mon optique. 

Tu as monté ton groupe ensuite ?

Oui, Robin Carresse and the Lonely Nights, un trio que j’ai monté en début d’année avec Thierry Gazel à la basse, un ancien des Four Aces et à la batterie Dann-Charles Deneux qui joue dans les Swinging Dice, un groupe de Swing qui marche bien.

(De gauche à droite Thierry Gazelle, Robin Carresse et Dann-CharlesDeneux - Droit réservé) 

Tu es parti dans quelle optique avec eux ?

Du rhythm’n blues et du Jump Blues des années 50, 60 ils sont parfaits pour ça ! Si je dois évoluer musicalement ce sera avec une autre formation. 

C’est quoi ton but ?

De jouer la musique que j’aime ! On a fait juste un enregistrement Live à Guitare Village pour quatre morceaux. Cela doit nous aider à trouver des dates et donner une image au groupe. C’est vraiment un truc de présentation !

Tu as conscience que tout le monde attend beaucoup de toi comme guitariste ?

Oui, je sais, pour l’instant on répète et on met au point un répertoire de 15, 20 morceaux… Je me concentre sur ce projet ! Après je joue aussi dans un groupe les Red Roosters, un groupe de Jump Blues des années 40, 50 ça ressemble un peu à Big Joe Turner. C’est un groupe de sept personnes qui tourne bien.

Tu as quoi comme guitare ?

J’en ai six : deux Telecasters Squier, une Custom 77 Needle & Pin avec deux P90, deux Fenders Telecasters avec un P90 en micro manche et ma guitare préférée une Les Paul Tokai équipée de deux P90.

(Droit réservé) 

Mais tu es un guitariste technique ?

J’essaye de mélanger la technique et le toucher, je ne veux pas  faire que des solos de deux minutes (rires) !

C’est quoi la suite ?

Un 45 t avec deux compositions originales et deux reprises : un morceau de James Brown qui s’appelle « No, no, no » et un certain du Little Bob mais celui des années 50 (rires) « I got loaded ».  J’espère le faire pour le début d’année.

C’est quoi votre circuit de tournée ?

Le circuit du rhythm and blues des années 50 comme le Balajo et puis quelques bars.

Tu as rencontré comment tes musiciens ?

J’ai joué dans le groupe de Thierry Gazel et Dann m’avait proposé de jouer avec lui il y a quelques années mais moi je ne pouvais pas. Je l’ai recontacté en septembre et ça l’a fait. Pour l’instant je veux rester en trio : c’est plus facile pour tourner.

Mais tu n’as envie d’avoir un big band un jour ?

Je vois avec les Red Roosters et c’est vraiment compliqué de gérer 7 personnes, ne serait-ce que pour répéter ….

Tu es jeune, tu vis et a grandis à Paris : pourquoi tu n’as pas fait de rap ?

J’en ai écouté un peu quand je faisais du skate (rires) ! Disons qu’au début j’ai été attiré par le côté technique de la guitare, je voulais et je veux toujours bien maitriser mon instrument.

Mais tu es invité sur les disques des autres ?

En fait, je veux me concentrer sur mon projet ! Je ne veux plus aller papillonner à droite ou à gauche. En plus j’ai un autre projet : un tribute à Chuck Berry.

Tu n’en bouges pas !

Je veux apprendre son répertoire et le retranscrire avec ma technique et ma façon de jouer.

Je pensais que tu voulais jouer du jazz Swing ?

Peut-être mais je suis vraiment dans le blues et le jump blues. J’aimerais beaucoup mettre le son de notre époque, notamment de la batterie, sur cette musique. Quant au jazz j’en ai écouté un peu mais bon ce n’est pas mon truc pour l’instant, peut être dans 10 ans mais pas pour l’instant… Mon trio par exemple c’est un peu du Néo Vintage !

C’est bizarre comme terme (rires) ?

(Rires) Oui je sais mais ça existe (rires), je cherche vraiment à adapter le son d’aujourd’hui avec la musique de hier, on va dire ça comme ça !

Tu donnerais quoi comme disque à un enfant pour l’emmener vers la musique ?

Un album de « Sam and Dave, Soul Men », ça claque bien !

 

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