Pompadour Swamp : Rencontre avec Stéphane Theret

Par Franco Onweb

Vieux routier de la scène parisienne, Stéphane Theret illumine et agite les nuits parisiennes avec son projet incroyable : Pompadour Swamp. Attention, le bonhomme n’est pas le premier venu et depuis le début des années 80 avec les légendaires Spanish Meatballs et une expérience américaine, il a su à chaque fois se réinventer pour continuer à jouer cette musique qu’il aime tant !

Une interview fleuve avec un musicien aussi prolixe que passionnant où il sera question de motos, de rock mais aussi de séparation avec certains musiciens qui n’ont pas toujours été facile. Un discours et une vie incroyable qui font de Stéphane un de ces personnages qui permet à la musique d’ici d’être une réalité !  

Pompadour Swamp : Rencontre avec Stéphane Theret
DR

J’étais adolescent à la fin des années 70… J’étais au lycée à Saint-Maur, avec notamment  Charles Hurbier (futur Métal Urbain Ndlr). Il y avait là-bas, toute une bande qui m’a adopté. Il m’appelait le « small » parce que ils étaient un peu plus vieux que moi : Ils avaient 18 ans et moi à peine 14. L’un des premiers concerts que l’on a vu ensemble c’était Iggy Pop sous un chapiteau à la Villette. On écoutait la scène Française avec Métal Urbain, Asphalt Jungle, je trainais dans leurs pattes… J’ai aussi assisté au concert du « Rock d’Ici » à l’Olympia, le festival avec Starshooter et Métal Urbain. A l’époque notre quartier général c’était « le Cœur Couronné » dans les halles et dans la bande il y avait les mecs de Warum Joe , ils commençaient le groupe.... disons que c’était une époque stimulante. 

(Stéphane Theret en concert - Droit réservé) 

C’est à partir de là tu te mets à jouer de la guitare ? 

Oui, on a monté les Spanish Meatballs dans la cave de ma mère. 

Premier gros dossier : les Spanish Meatballs, groupe très respecté mais qui n’a laissé que un seul titre sur une compilation. Ça a commencé comment cette histoire ? 

Jean Marie (Chappey, guitariste leader des Spanish Meatballs Ndlr) jouait dans les Bolinos un groupe très marqué par les Cramps. Le groupe s’est arrêté et il a décidé de monter un nouveau groupe et comme on sortait ensemble au Gibus, on se connaissait. J’ai pris la guitare, Jean-Marie la guitare et le chant, son frère Antoine la basse et à la batterie il y avait le grand Manu, on l’appelait comme ça. Il y a eu ensuite un autre batteur et puis ça a été Berko, l’ancien Batteur des Coronados qui est venu…  Les Coronados, c’étaient le groupe phare de la scène à l’époque : ils avaient montré le chemin. Jean Marie avait eu vent que Berko voulait jouer. 

C’étaient qui les groupes de références à l’époque ? 

Après la première vague punk de la fin des années 80 que tout le monde connait et qui pour moi, hormis ce que mes parents écoutaient dans la voiture, a été mon premier frisson « rock’n’roll rebel » auquel je me suis identifié en tant que jeune ado, il y a eu quelques années plus tard la découverte - grâce aux compiles « Peebles » entre autre- des groupes 60’s Punk,  tout ceux qui n’étaient pas les Beatles ou les Rolling Stones et que l’époque avait oublié. Un réservoir de perles dans lequel certains de nos groupes favoris de l’époque comme les Cramps, puisaient. C’est là que l’on découvre Les Sonics, le groupe de Seattle-les frères Chappey de par leur job aux puces de Vanves étaient de vrais érudits-on reprenait  “The Witch” “He’s Waiting”et « Have love », qui fait toujours des apparitions dans la set list de Pompadour Swamp.  

Les Spanish Meatballs ont beaucoup joué mais il y a peu de traces ? 

Oui, on a pourtant enregistré des titres dans un studio dans le 13 éme. Des titres qui auraient pu vraiment être sur un 45 t mais Jean Marie avait mis la barre tellement haute qu’il ne voyait que des imperfections. C’était un vrai perfectionniste. J’ai de très bon souvenirs de nos concerts  pendant les deux ans et demis où je suis resté, environ une dizaine, notamment au Gibus. 

(Les Spanish Meatballs, première version de gauche à droite Antoine Chappey, Berko, Stéphane Théret et Jean-Marie Chappey - Droit réservé) 

C’est un bon souvenir le groupe ? 

Oui, même si les rapports étaient parfois un peu tendus : j’étais un peu beaucoup « Sex and drugs and rock’n » roll à l’époque et les frères Chappey c’étaient les mecs les plus « clean » du monde mais ça reste un très bon souvenir. Je me rappelle que en 1995 j’ai croisé Antoine, il m’a annoncé que le groupe venait de se séparer, ils ne faisaient plus que des répétitions à la fin “champion du monde de répète’. Ils sont probablement le groupe qui a le plus répété (rires) et contrairement à certains groupes ils n’ont pas vraiment su tirer leurs épingles du jeu. 

Tu as des regrets ? 

C’est vraiment dommage parce que franchement c’était un super groupe ! C’était ma fierté quand même et Antoine m’a dit que des gens avaient cessé de suivre le groupe après mon départ, que c’était moins sauvages-on se console comme on peut-. Oui c’est dommage qu’il n’y ait pas plus de traces .On a tous appris à faire de la musique en faisant les Spanish Meatballs

Tu es ensuite parti aux USA ? 

Oui , j’ai fait pas mal d’aller retours dans ma vie aux états unis. En « High School upstate New York », pas très longtemps j’étais le proto « kepon » parisien, dans une Amérique  ou on écoutait plus Aerosmith que les Sex Pistols. Après une virée à New York dont une nuit à central Park sous mescaline le dimanche soir disons que je n’ai pas réussi à réintégrer l’internat…viré… Je ne pouvais pas décemment me représenter devant mon père. J’ai trainé à New York et là je tombe sur un gig avec DA Pennebaker, le cinéaste vérité, plus rock roll tu meurs. Il avait notamment tourné ”Keep on rocking” et “Monterey Pop”, deux films incroyables. Il était vraiment très branché musique. C’était génial pour moi, tout gamin de bosser avec ce type. Mais plus tard j’ai dû rentrer pour des problèmes de papier. Je jouais avec les Spanish et j’ai tout plaqué pour partir aux states, mais j’ai quitté le groupe trop tôt parce que j’ai fait un « faux départ ». J’ai même vu une annonce d’eux dans « Libération » pour un guitariste, je les ai appelé et ils se sont bien foutus de moi (rires). 

Et la musique ? 

J’avais une très grosse pression familiale : pour mon père c’était « aller jouer aux boules ». Il pensait que vraiment ce n’était pas sérieux comme boulot. J’ai quand même fait un peu de musique aux USA. Je me suis acheté du matériel. Ca a toujours été en moi. J’ai joué avec un groupe à Los Angeles « Angels With Dirty Faces », il n’y en a absolument aucunes traces (rires). Dans mes petites heures de gloire j’ai joué sur un titre solo de Jeremy Gluck le chanteur des Barracudas. Un album produit à Paris par Eric Debris (leader des Métal Urbains Ndlr).  Je joue sur une reprise de « Mrs Robinson ». Je suis reparti aux USA, à Los Angeles pour aller bosser dans le cinéma. En pleine période “Hair Band “ Motley crue and co , comme dans le bouquin de Laurent Chalumeau  “Fuck”, pour le décorum glam…et pour les bons trucs je suis dans la ville des Red Hot Chili Peppers quand ils sortent « Mothers Milks » et après “Under the Bridge”..le grunge débarque Nirvana, Soundgarden.., dans la voiture on écoute à la radio  Perry Farrell de Jane’s Addiction chanter “I got cought stealing “ et on se dit qu’on a bien eu de la chance ce jour-là downtown…Le chanteur de Mother love Bone signe avec une major et meurt d’overdose dans la foulée, ils deviendront Pearl Jam.. L7 chante “Pretend Were Dead” C’est ma happy! B.o du moment. Je me suis bien laisser aller à être “Américain” et c’était jouissif après toute ces années de posturing de niches à la Française…. Je bossais pour « Cannon Film » la B movie company qui produisait tous les films de Van Damme et qui éventuellement fusionnera avec MGM sous les hospices de Giancarlo Parreti un escroc de haut vol avec lequel mon père avait fait des affaires qui seront d’ailleurs une source d emmerde phénoménal .  Je fais du montage, il y a tout un étage pour la post prod, tout le monde ne parle que des nanars de Van Damme en production et moi je derush dans une pièce un « road movie » auquel personne ne semble croire, ça deviendra “Thelma et Louise” . De toute façon je tiens pas en place, et il y a cette pub en boucle à la télévision.

C’était quoi ? 

En fait je suis fan de motos, j’ai toujours eu des motos et j’adore ça. Il y a avait une pub pour une école de Harley Davidson en plein cœur de l’Arizona. J’ai tout plaqué pour y aller. A paris je côtoyais certains mec des Del Vikings, Martien, Patrick qui plus tard pour certains monteront le Mc Sharks. C’est l’époque aussi  ou quand tu sors au Rose Bonbon tu croises Les Hells Angels, oui j’avoue j’étais un peu fasciné et j’adorais les motos la mécanique c étais un vrai kiff C’était marrant : j’étais vraiment le petit Français perdu au milieu des « Rednecks » … J’ai fait une école de mécanique moto avec une spécialisation Harley  : je suis officiellement diplômé mécanicien Harley Davidson… 

Tu es revenu à Paris ? 

Oui en 1995 et là j’ai commencé à réparer les Harley pour pleins de monde : Pierre Billon, W&W Cycles, pour Paris Chopper les futurs “Hells Angels côte Sud” … Parallèlement J’ai beaucoup revu à l’époque Charles Hurbier-Mix It/Metal Urbain- mon ami d’enfance, un peu plus âgé que moi-c’est lui qui m’emmenait gamin voir Iggy pop à Pantin, les Clash à la Patinoire où passer mes nuits au Gibus. C’était l’époque des premiers logiciels « Protools », ce genre de choses et on a passé beaucoup de temps ensemble en studio à se faire la main et les oreilles avec ces nouvelles technologies. J’ai d’ailleurs composé des morceaux à l’époque que j’ai développé par la suite avec Pompadour Swamp. En fait à partir du moment où je suis rentré en France, j’ai toujours voulu monter un groupe. 

Tu avais encore des contacts ? 

Très peu, j’étais parti depuis longtemps. J’ai d’abord contacté Jean Marie (Chappey Ndlr) qui m’a dit « Appelle Berko, il a toujours envie de jouer » et Michel l’ex bassiste des Daltons me dit au même moment « Appelle Pat de InRed, il cherche un guitariste ». Les choses ont commencé à s’enclencher comme ça : j’avais le groupe avec Berko que l’on essayait de monter à deux, un peu à la White Strype et InRed où les morceaux existaient déjà et je n’avais qu’à les apprendre. 

(Berko et Stéphane Théret en répétition - Droit réservé) 

Tu t’es senti à l’aise avec InRed ? Musicalement c’était loin de tes bases. 

J’étais bluffé par ses titres ! Je prenais plaisir à jouer avec lui parce que je n’étais que guitariste et je n’avais qu’à me concentrer que sur mon instrument. Bon, rapidement il m’a fait chier (rires) trop d egos de part et d’autres, mais j’aimais bien ses titres, le côté « Cabaret ». On avait des bandes enregistrés derrière nous, ce genre de choses… 

Et donc ? 

Un jour je lui ai dit « salut, je pars ». Il me restait Pompadour Swamp , qui ne s’appelait pas encore comme ça, où nous répétions toutes les semaines avec Berko. On a passé une annonce et on a recruté à la deuxième guitare, un jeune mec, Quentin Mercier. 

Ça l’a fait ? 

Oui mais ça été compliqué de le recruter. Avant tu avais la scène autours de toi : tu allais au concerts des uns et des autres et tu trouvais du monde. Maintenant il faut passer par tous ces sites internet avec tous ces types qui rêvent de gloire,  des Kids traumatisé par la culture numérique et des rêves de succès  à coup de click sur les réseaux sociaux… Je suis à fond avec mes musiciens mais eux ils ont plusieurs  projets chacun et ils trouvent que  l’on répète trop ... Je me comporte parfois avec eux comme un dictateur mais je n’ai pas le choix, c’est la seule manière de progresser… 

Pourquoi deux guitares et pas de bassiste ? C’est pour le son de Jon Spencer ? 

J’adore Jon Spencer ! C’est clair que l'on voit mes influences. Mon père avait beaucoup de disques, notamment du blues et du jazz. A l’époque des Spanish Meatballs, les autres se foutaient un peu de moi pare que justement j’aimais le blues à la T  Bone Walker et mes influences viennent vraiment de là. Mais on a commencé avec l’idée qu’on s’en sortirait à deux avec Berko, donc on a élargi une fois en recrutant Quentin qui a priori était plus guitariste que bassiste, c’est sur cette base que petit à petit le son de Pompadour Swamp a pris forme.

C’est donc une influence américaine ? 

Oui j’ai beaucoup vécu aux Etats unis et mes influences sont plus Américaines qu’Anglaise, après « it’s rock’n roll » et tout ça se mélange. 

Mais pour moi votre son vient de New York avec Television, Richard Hell … 

J’habitais New york en 1980 j’allais voir Johny Thunders au Peppermint Lounge (Pompadour Swamp adore jouer Pipeline “So Alone” style) et le soir au Mud club tu pouvais avoir un jam avec Lou Reed une autre fois  James Chance and the Contortions, Richard Hell et ailleurs au CBGB Television et les Ramones. je vais arrêter le « name dropping », mais oui j’avais 18 ans et j’étais là , alors si tu entends le son de cette scène New yorkaise de l’époque dans Pompadour Swamp c est raccord… il y avait  aussi cette scène néo rockabilly juste avant que ça n’explose en France avec les Stray Cats. C étais Buzz and the Flyers, Robert Gordon, les Polecats, j’adore le rockabilly et ses « offshoots Psychobilly », « country punk »…..les Cramps forcement, Link Wray killer. Tu retrouves ça aussi dans la marmite de Pompadour Swamp

Et pourtant tu t’appelles Pompadour Swamp, un hommage à Captain Beefhart ? 

Oui, j’aime beaucoup d’ ailleurs le nom Pompadour Swamp vient du titre d’une de ses chansons mais c’est tout à fait cohérent avec le reste de mon histoire et cette façon de triturer le blues et les origines du genre pour en faire un truc nouveau et hypnotique se retrouve chez d’autres de nos favoris : John Spencer et son Blues Explosion, Jim Jones, Jack White. Par contre le revival “by the book” m’ emmerde, aucun intérêt pour moi…

.Ton groupe n’a vraiment rien de Français ? 

Un peu quand même... mais oui de par ma trajectoire, mon histoire j’imagine que ça se ressent, tu sais ma fille est américaine et malheureusement je ne peux pas retourner aux USA parce que je ne suis pas présenté devant un juge pour une bêtise, sinon je serais déjà reparti. 

Ça commence quand ce groupe ? 

En 2016 quand, sur les conseils de Jean Marie, ex chanteur et grand maitre des Spanish Meatballs , je reprends contact avec Berko (ex Coronados) et sa frappe bien à lui  à la batterie  et quelques temps plus tard, coup de bol, au travers  d’une annonce Quentin à la guitare qui s’avéra être tout à fait ce qu’ il fallait pour m’aider à construire et développer le son de Pompadour Swamp, il était comme une toile vierge, très malléable et volontaire. On fait un premier concert au Gibus en première partie des Soucoupes Violentes de Stéphane Guichard, un vieux pote. Jean-Marie est venu nous voir. 

Vous allez rester à trois ? 

Oui, j’aime cette idée. Je sais que on n’a pas de bassiste et régulièrement on se dit que on pourrait en prendre un et puis ça ne va pas plus loin. Pour tout te dire on a acheté une basse six cordes, les fameuses basses des années soixante. C’est accordé comme une guitare et Quentin s’en sert de temps en temps avec un super ampli vintage « Sound City » qui trainé dans les locaux de « Prozak Trax ». On a aussi beaucoup de pédales et des octaveurs. On peut, comme ça enrichir le son, tout en restant un power trio, continuer à trois c’est un peu un des défis que c’est lancé Pompadour Swamp. Ca oblige aussi à aller à l’essentiel. 

On aurait pu imaginer que tu allais faire du Garage ? 

Oui, je l’ai mis sur la  bio du groupe,  on dis aussi “60’s Punk” , on en invente d’autres comme “Fast r’n b”….  J’avoue  ne pas encore avoir trouver la bonne étiquette .

Et suite au premier concert qu’est ce qui s’est passé ? 

On a  eu un premier retour du public qui a été vraiment super ! On a commencé à jouer dans les clubs à Paris et puis il y a eu le maxi. 

On en parle ? Cela s’est passé comment ? 

On a travaillé avec Jean Charles Versari, dans son studio ”Poptones”. C’est l’ancien chanteur des Hurleurs. C’étaient sur les conseils de Patrick Williams des Daltons. Non seulement il a fait un super travail, alors qu’il aurait pu se contenter de faire son boulot d’ingé son. Il s’est instinctivement positionné comme producteur et nous a aidé à jeter les bases du son de Pompadour Swamp . Comme pour le dernier Single “Dead Love Song” également produit par ses soins chez « Poptones » .

Sur ton maxi tu as mis une reprise de Captain Beefahart en ouverture ? 

Oui, je sais … c’est le choix d’un mec qui doute. On était vraiment pas sur de nous. je regrette de ne pas avoir eu plus confiance en nos titres. « Pompadour Play » aurait très bien marcher en ouverture.

Il est sorti il y a un an ? 

Oui, d’abord en numérique et cela a été compliqué de le faire presser en vinyle en Pologne. On a dû se battre pour le récupérer mais maintenant ca y est : il est beau : en vinyle rouge avec une super pochette d’Eric Mendiharat. for sale on line @ pompadourswamp.bigcartel.com/

Bon, on va attaquer un sujet qui a fait quelques polémiques dans le « milieu rock » à Paris : tu as demandé à Berko de quitter le groupe ? 

Disons plutôt un certain petit milieu, il y a tout d’un coup du sentimentalisme là où il n y a pas lieu d’être, oui j’ai osé me séparer de Berko et je l’assume. Il a été là au bon moment, il est venu à toutes les répétitions et il a été d’un grand soutien pour démarrer le projet. Après au bout d’un moment les motivations n’étaient plus les mêmes pour tout le monde. J’avais plus d’envie et d’ambitions que lui pour ce projet. tout cela me demande beaucoup de sacrifice, je fais le choix de ne pas avoir une petite vie de patachon pour faire vivre ce projet , je pars pas en week-end ou en vacance. J’ai choisi de bosser dans un studio de répétition parce que cela a des avantages pour Pompadour Swamp. Quand les autres font la grimace, c’est moi qui mets la main à la poche pour payer ce qui manque à droite à gauche. Ok j’assume : c’est mon projet, mais de ton coté toi batteur, toi guitariste viens pas me parler de tes heures de tennis, du divorce de tes parents, ou de ta copine qui fait la gueule… Je serais intraitable voir tyrannique si on en arrive là. J’étais à bonne école avec les frères Chappey : la musique n’est pas un hobby pour moi, je suis à 200% Pompadour Swamp , si je le fait je le fait à fond et quand je vois d’où l’on vient et ce que le projet est devenu je n’ai aucun regret. Je veux me faire plaisir : faire de belles scènes, des festivals  … Moi jouer de temps en temps dans des bars ça ne me suffit pas. Je l’ai prévenu, je l’ai encouragé et ça n’avançait pas ! 

Tu veux dire qu’il ne s’investissait pas assez ? 

Oui et l’été dernier je lui ai demandé de s’investir plus …il a fait son choix, je ne l’ai pas mis dehors c’est lui qui est parti. Alors maintenant quand je vois qu’en retour une partie du public qui nous suivait ne fout plus les pieds à nos concerts, voir me stigmatise comme le bourreau de Berko… On a fait la « Realised party » du maxi en janvier dernier. Berko était dans la salle, j’ai fait un speech en le remerciant, en lui disant qu’il nous manquait, sincère et pour le coup droit dans mes bottes et puis c’est bon , c’est notre cuisine interne et oui quand on se bagarre pour exister et faire vivre un projet il se passe des choses. Les gens vont et viennent, tout ça bouillonne on est vivant… Tu veux un truc à écouter dans ton assiette le vendredi soir? Et bien voilà on est toujours pas une communauté de hippies sans embrouilles.

Donc tu as un nouveau batteur ? 

Oui, c’est un jeune mec : Ferdinand. C’est un garçon  bien sous tous rapports…(rires) et un très bon batteur. Bon, on n’a pas vraiment les mêmes références : il adore Tame Impala ! 

(Pompadour Swamp sur la scéne du FGO Barbara en décembre 2018 - Photo Chris by meteo Rock) 

Donc deux nouveaux musiciens et un nouveau morceau qui vient de paraitre : « dead love song » ? 

Oui c’est le nouveau single, toujours produit par Versari à Poptones studio. C’est un titre co écrit avec Quentin Mercier. le pitch c’est un clin d’oeil à “This is not a love song” de Public Image, non it’s a “Dead Love Song” sinon on voudrait jouer en province, sortir de Paris mais pour l’instant rien de concret.

Pourquoi ? 

Parce que on n’a pas de manager, pas de tourneur, ni d’éditeur ! Je fais tout moi-même et je m’y prend comme un manche ! 

Ils parlent de quoi tes textes ? 

D’amour, de rêves, de collectionneur de disques, d’amitiés brisées, de vie ailleurs, de révoltes…la vie quoi  ! 

Tu sais vers quoi tu veux aller ? 

Oui et non ! Je pense que on va s’ouvrir à d’autres instruments comme le clavier que on est tous capable de jouer. C’est bien d’être trois. On va essayer d’aller vers un son plus personnel, moins référencé ! 

La pochette avec cette coupe de cheveux et votre nom avec Pompadour, ça fait rockabilly ? 

Oui, je sais. Ca perturbe  certains un peu trop premiers degrés,  mais bon c’est comme ça, on a pas peur des mélanges à Pompadour Swamp et puis tant qu‘à être Billy ça serait plutôt Psycho… 

Mais qu’est-ce qui vous manque ? 

De l’argent!! De la communication, un label, un tourneur…  

C’est quoi vos plus grandes scènes ? 

Le « FGO Barbara », le « Gibus » et « Supersonic » des bons concerts d’ailleurs. Maintenant je voudrais bien partir en province, une petite tournée … 

C’est quoi vos projets ? 

Le single, un album, peut-être l’année, prochaine avec Jean Charles Versari sur son Label « T-Rec ». En tout cas ma vie tourne autour de ce projet. On a des concerts prévus à Paris toujours. 

Tu veux dire quoi pour la fin ? 

I want more ! 

Quel disque tu donnerais à enfants en bas âge pour les amener vers la musique ? 

Gene Vincent and The Blue Caps, du rockabilly, il y a un côté ludique et un peu cartoon, c est parfait pour les enfants! 

 

Une méthode novatrice et originale pour permettre aux enfants de se développer en s'amusant !

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