DBK Project : rencontre avec le groupe

Par Franco Onweb

Attention, voici la révélation du printemps : DBK Project ! Venu de Toulouse ce groupe, qui se transforme régulièrement en collectif, vient de produire un album incroyable : 480 ! Un disque ou pop, rock, jazz et électro se rencontrent ave une aisance … tranquille ! Un disque concept largement inspiré par la littérature d’anticipation.

Un projet de la sorte et un disque aussi impeccable ne pouvaient que m’intéresser, j’ai donc décroché mon téléphone pour discuter avec Mélanie la chanteuse d’un groupe qui est déjà grand !

DBK Project : rencontre avec le groupe
DR

Peux-tu nous présenter le DBK Project ?

C’est un groupe de musique originaire de Toulouse qui propose un concept de « conte-concert : Je raconte une histoire en français et 4 musiciens chantent en anglais en lien avec la narration.

(Melanie, chanteuse - Droit réservé) 

Mais vous êtes un groupe ou un collectif ?

Au début on se présentait comme un collectif parce qu’on associait beaucoup de gens à notre projet mais avec le disque on s’est recentré sur le groupe : Nous sommes produits par une association qui s’appelle Popatex. Nous travaillons avec des vidéastes et des graphistes.

Quand on regarde vos vidéos sur scène on voit un concert mais aussi un spectacle ?

Oui, on propose un concert qui utilise les codes du théâtre surtout du conte.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est l’album 480  ?

L’histoire que je raconte est inspirée de la littérature d’anticipation. 480 c’est le prénom d’une femme qui se réveille un jour dans un monde saccagé. Elle se débranche et se rend compte que le monde est contrôlé par des « machines ». C’est le récit d’un combat, d’une lutte pour survivre, un peu comme dans Matrix…

C’est quoi « Les machines » ?

Ca veut dire pleins de choses, comme par exemple le gouvernement qui nous surveille à la façon de Orwell dans 1984. En fait chacun peut y voir ce qu’il veut !

Qui a imaginé cette histoire ?

C’est une histoire presque banale, inspirée par beaucoup d’autres mais j’y ai apporté ma touche personnelle.

La littérature d’anticipation c’est beaucoup la littérature de sciences fictions ? 

Oui, c’est lié à la science-fiction mais là on parle surtout d’un futur qui peut-être réaliste : ce n’est pas si fantaisiste.

Le nom DBK a-t-il un sens ?

Pas vraiment, c’est juste un nom, une identité. Ça pourrait être le nom du collectif de survivants qui se regroupent dans le monde que j’imagine ou pas.

Qui fait partie du groupe ?

Alors, il y a Ausias qui compose la plupart des morceaux, sur scène il chante, il joue du clavier, du moog et de la basse. Milu chante et fais des parties claviers. Clément est à la guitare et et Romain à la batterie. Sur notre disque nous avons un bassiste, il s’appelle Pompon, il a aussi réalisé l’album. 

(Milu - Chant et claviers - Droit réservé) 

Vous avez commencé quand ?

Notre premier vrai concert avec notre formule actuelle date d’il y a deux ans et demi, durant cette période, on a réalisé deux EP. On travaille sur l’album depuis un an.

A la base vous vouliez faire un groupe classique avec des morceaux ou vous vouliez faire un projet autours de la narration et de cette histoire ? 

C’est partie vraiment de l’envie de faire de la musique ensemble ! Ensuite il y a eu la narration. J’avais vraiment l’idée depuis longtemps de faire un « opéra rock », de mélanger des disciplines. Mais le concept de 480 est venu après la fondation du groupe. C’est en commençant à jouer et à créer ensemble que cette envie et cette histoire nous sont venues.

Mais vous vous autoriserez un jour à faire des histoires hors de ce concept ?

Oui, c’est possible. C’est difficile de se projeter, on vient juste de terminer notre premier album. Ca a été long quand même, avec beaucoup de temps pour écrire la narration … On est content : on vient juste de finir !

Tu parles « d’opéra rock » : on pense aussitôt à « Phantom of the Paradise » et « Tommy » des Who : vous aviez ça en tête ?

Non je voulais juste raconter une histoire sur scène sur fond de rock ou en pop en mélangeant les disciplines.

Vous vouliez donc vraiment construire un spectacle ?

Oui vraiment. Là on réfléchit à la mise en scène :  on va aussi rajouter de la vidéo pendant les concerts.

Quelles sont vos influences ?

Il y en a pleins: Milu est DJ à la base donc elle s’intéresse à la scène électro, Ausias aime  bien Gorillaz, Manu Chao et la Mano Négra. Clément le guitariste écoute du Benjamin Biolay et Romain le batteur lui est plus d’influence jazz. Moi, mes plus grandes influences, viennent de la chanson Française comme Thiéphaine, Miossec, Dominique A ou encore Noir Désir. C’est ma génération.

Sur votre disque il y a du jazz, de la pop, la world music, de la chanson Française : les morceaux sont différents mais avec unité, tout en restant très douce, pour moi, si je dois résumer, c’est de la vraie pop !

Merci, c’était vraiment le but de ce disque. Quand on me demande je réponds que c’est de la chanson pop même si il y a un peu d’électro ou du jazz.

(Ausias, claviers et chant - Droit réservé) 

Il a été fait où ?

Au studio de Pompon, on a mis un an. On fait les premières prises batteries en avril 2018 et on a fini mes dernières voix en janvier.

Il sera distribué le disque?

En numérique uniquement.

Ce genre de projet appelle de l’image ?

Oui, d’abord en live avec de la vidéos. Un film, j’en rêve. Pour l’instant on vient de sortir un clip sur la chanson « Anastasia » réalisé par Paul Gibert. Le réalisateur est vraiment rentrer dans notre univers. Mais c’est clair qu’on pourrait développer le concept en roman, en nouvelles ou même en court-métrage, le plus de dérivés possible …

Ça pourrait être donc un livre ?

Oui ou même une Bd… On veut vraiment réunir le plus de gens sur le concept : il y a des dessinateurs qui nous déjà dis qu’ils étaient intéressés, pour l’instant tout est ouvert !

Mais vous n’avez pas peur de tomber dans le piège du « concept rock » alors que vous avez un disque qui se suffit largement à lui-même ?

Absolument pas : on avait tous des projets avant ! Certains étaient dans la chanson Française alors que moi j’étais dans un concept folk assez minimaliste, juste guitare et voix.  Pour l’instant on se prépare à la scène avec une petite tournée pour cet été, on veut vraiment essayer d’aller le plus loin possible avec ce projet. On peut le faire tourner de pleins de façons différentes : on l’a déjà fait en acoustique et ça allait aussi.

Quel est ton rapport à l’’enfance parce que je trouve que sur ce disque il y a un côté très enfantin mais au sens noble du terme : l’innocence et non le côté puéril.

Merci beaucoup parce que j’aime bien penser que nous avons un côté naïf et c’est très bien ! Le côté enfantin, comme tu dis, vient peut-être du fait de raconter un conte très accessible par tous et compréhensible du premier coup.

Je voulais savoir si vous aviez créé ce disque comme un conte pour enfant ?

Exactement, j’ai essayé et j’en ai écouté plusieurs avant pour bien comprendre la méthode narrative.

C’est quoi vos projets ?

Tourner pour promouvoir l’album qui sort le 6 juin, faire des concert et encore des concerts. … On a eu des fois du mal à se situer : pour certaines salles de concert on faisait du spectacle et pour les salles de théâtre on faisait trop de musique. Là on s’est mis en mode concert rock and roll pour tourner. La narration sera plus courte en prenant à partie le public et on mettra vraiment le côté concert en avant !

Tu vas faire interagir le public ?

Je vais leur parler en direct et je verrai les réactions : c’est un peu le but !

Mais votre musique ne s’entend pas : elle s’écoute du fait de l’histoire qui crée un fil conducteur alors que chaque morceaux peut être pris indépendamment. Vous vouliez vraiment que les gens s’assoient et passent du temps à écouter ce disque

On s’est posé la question de l’importance de la narration par rapport à la musique. On a décidé de sortir le vinyle sans les narrations avec uniquement les musiques.

(Clément, guitare - Droit réservé) 

Tu n’as pas peur que cela enlève le côté linéaire ?

On a écouté les deux versions : avec et sans narrations et cela passe très bien. Bon parfois cela fait un peu bizarre parce que il n’y a pas les introductions pour annoncer le morceau. Mais on savait que des gens allaient sans doute sauter les narrations : donc on les laisse sur le cd et en live même si elles seront plus courtes. Après il y a des morceaux qui sont des narrations à part entière.

Mais après vous allez aller dans une autre histoire ou essayer de redevenir un groupe « normal » avec des chansons plus « classiques » ?

Je pense qu’ après ce projet, on ne sera plus jamais vraiment un groupe « normal » (rires). Moi j’aime bien écouter et raconter des histoires même dans mes anciens groupes je faisais attention aux transitions. J’aimais beaucoup introduire les choses. J’aime emmener les gens quelque part, leur créer un cadre.

C’est une vraie tradition de chansons Françaises ?

Tout à fait, mais cela vient aussi de mes métiers liés au théâtre. J’écris beaucoup de pièces : j’aime raconter des histoires.

Pouvez-vous vous ouvrir encore plus musicalement en allant vers des styles que vous n’avez pas encore exploré ? 

Oui mais on sera toujours limité par les instruments que nous avons sur scène. Disons que l’on pourrait encore plus s’ouvrir avec des invités. On va voir !

(Romain, batterie - Droit réservé) 

Vous avez un format qui peut vous emmener partout musicalement  ?

Oui, tout à fait c’est ce qui est bien avec ce projet : on peut faire tout les styles à condition de suivre l’histoire.

Vous avez donc une liberté artistique totale ce qui est rare en France ?

Mais cela peut aussi nous desservir : c’est pour ça que je dit que c’est de la pop avec une histoire. Maintenant quand on fait des concerts les gens dansent, ils oublient l’histoire pour se concentrer sur la musique. Les plus ennuyés sont les programmateurs de salles qui nous demandent quel style ont fait (rires).

Vous pouvez tourner dans les salles de concerts comme dans les salles de spectacles vivants ?

C’est ce qu’ on fait et nous voyons bien la différence de public : c’est intéressant ! 

Tu veux dire quoi pour la fin ?

Ce que je veux ? Chic ! Je viens de refaire le lino de ma cuisine et je vais rebrancher ma machine à café (rires) !

C’est une belle fin !

 (Droit réservé) 

 

 

 

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