Tony Marlow : une histoire de Rockin Rebels !

Par Franco Onweb

Au début des années 80, suite au succès des Stray Cats, une vague rockabilly submergea l’Europe. La France n’échappa pas à la règle et se découvrit une scène rockabilly énorme. L’un des groupes phares de cette scène étaient les Rockin Rebels, un groupe parisien qui frôla le succès.

Le chanteur de ce groupe était Tony Marlow avant qu’il ne se lance dans une carrière solo. Voici la première partie d’un très long entretien qu’il m’a accordé cet hiver pour évoquer sa carrière mais aussi l'étrange et incroyable histoire des Rockin Rebels.

Tony Marlow : une histoire de Rockin Rebels !
DR

Le rock’n roll est apparu dans ma vie à la fin des années 60 quand un pote m’a fait découvrir un disque d’Elvis qui venait juste de faire son comeback en 1968.

(Tony Marlow en concert en 2018 - Photo Christian Montajol) 

Tu en écoutais chez toi ?

Non, mes parents écoutaient de la musique Française de la fin des années 50 et moi comme j’étais  adolescent je n’étais pas branché par la musique du passé. Mais là, Elvis faisait son grand retour et donc il était dans l’actualité, notamment avec ce concert de Las Vegas en août 1969. Ca a été pour moi une révélation, rien que pour la voix et le jeu des musiciens , et donc je commence ma carrière musicale à ce moment-là comme batteur !

Ah bon ?

Oui, à l’époque j’habitais en Corse avec mes parents. J’étais interne au lycée de Bastia et au foyer il y avait le choix entre une batterie et un piano. Enfin, un bout de batterie : il y avait juste une pédale de charleston, la caisse claire et une grosse caisse. Tout de suite je suis allé vers la batterie, là encore ça a été la révélation. J’ai commencé à me perfectionner, à prendre des cours, à jouer avec des potes et à monter mes premiers groupes.

Tu es né en Corse ?

Non en Belgique, mais mes parents se sont installés en Corse quand j’avais sept ans. J’ai grandis là-bas jusqu’à mes 20 ans et mon arrivée à Paris. Mais c’est là-bas que j’ai appris vraiment le boulot. Je jouais beaucoup dans des orchestres de bals qui faisaient un peu tous les répertoires et à côté on faisait nos groupes de passionnés. L’un des premiers groupes que j’ai monté s’appelait « Hord » et à la guitare il y avait Jean Marc Tomi. On était au lycée ensemble et quand je suis monté à Paris en 1974, officiellement pour faire mes études (rires), il est monté aussi. On était trop content d’être à Paris, dans la capitale, d’être au cœur de l’action …

Tu as fait des études de quoi ?

De musicologie, j’ai eu un Deug de musicologie. Je n’ai pas pu aller plus loin parce que les groupes prenaient trop de temps.

Ca ressemblait à quoi la scène Rockabilly à Paris en 1974 ?

Il y en avait peu mais je ne la connaissais même pas puisque mon but à l’époque n’était pas de jouer du Rockabilly … Je connaissais juste les grands noms comme Gene Vincent, Elvis Eddie Cochran, les pionniers. Nous, ce que l’on aimait avec Jean Marc, c’était plus Lou Reed, le pub rock avec « Doctor Feelgood » ou « Blue Oyster Cult » … C’est peu à peu, que nous avons découvert le rockabilly parce que ce n’était pas une musique à la mode : il fallait aller dans des réseaux plus « confidentiels ». Nos premiers groupes étaient vraiment des groupes de rock classique.

Comment tu arrives au Rockin Rebels ?

Par Elvis ! En fait j’apprends qu’il y a à Paris un fan club d’Elvis, le Treat Me Nice, qui faisait des réunions mensuelles dans une MJC à Ménilmontant. Là, je découvre pour la première fois en super 8 des images d’Elvis, notamment au « Ed Sullivan Show ». A l’époque il n’y avait pas de Dvd et encore moins d’internet. C’était la première fois que je voyais ça avec émerveillement. Là je rencontre un mec qui chantait très bien dans le style Elvis : Victor Leed. Il avait envie de monter un groupe, il me propose d’y participer, je dis oui et là on commence à jouer tous les deux des reprises du King.

(Rockin Rebels, deuxième version, Tony Marlow à l'extreme droite - Droit réservé) 

Vous étiez deux ?

Au début oui mais rapidement il y a eu à la guitare Mauro Serri, qui jouait aussi dans Le Poing de Mark Robson. Il y avait également à la guitare Frantz Magloire avec qui je jouais en Corse dans les bals. On jouait surtout pour les soirées du fan club et un soir arrivent des rockers de la porte de Clignancourt. Parmi eux il y avait un gars qui s’appelait Tintin et qui chantait. Il nous propose de faire un morceau et là il fait un « Blue Suedes Shoes » impeccable. Franchement c’était un très bon chanteur. On fait un deuxième concert à la MJC des Amandiers et là on a l’idée de monter un groupe.

C’était quand ?

Fin 1976, en fait il y avait un événement très important qui arrivait : le plus grand groupe de rockabilly anglais : « Crazyy Cavan and the Rythm Rockers » venait donner un concert à Paris au théâtre de la Renaissance. Il y avait des affiches incroyables d’eux : ils avaient le look Teddy Boys et nous on avait jamais vu ça ! Ils se revendiquaient de cette musique. On découvre un style que l’on ne connaissait pas vraiment : c’était plus original ! On se documente là-dessus et on voit qu’ils s’étaient inspirés des disques Sun et de ses artistes … Ca sonnait neuf, c’était incroyable !

Quelle sont les différences entres les Rockers, les Teddy boys et les Rockabillys ?

Les Rockers viennent d’Angleterre : ils roulent en motos, ils écoutent du rock et ils ont des blousons de cuirs noirs. Les Teddy Boys, c’est un peu la même chose mais avec un look différent. En fait quand les rockers faisaient de la moto ils étaient en blousons de cuirs noirs et quand le soir ils  sortaient, ils mettaient des « Drapes Jackets ». C’est juste un aspect visuel.

Et ça se passe comment pour vous avec les Punks en 1976, parce que il y avait une vraie rivalité et beaucoup de bagarres ?

En fait, nous on signe chez « Skydog », le label de Marc Zermati et donc comme c’est un label punk nous avons les deux publics. L’histoire de la rivalité entre les punks et les rockers vient du fait qu’en Angleterre, le manager des « Sex Pistols » Malcom Mac Laren avait ouvert une boutique de fringues à Londres, « Sex », et qu’il vendait des « Drapes Jackets » et des « Creepers » mais aux punks. Forcément les Teddy Boys l’ont mal pris parce que les punks ne faisaient pas de la musique comme eux. Donc il y avait des bagarres et ç’est arrivé  jusqu’à la France. Donc les rockers de la porte de Clignancourt et plus généralement de la banlieue parisienne, ont commencé à pourchasser les punks et il va y avoir des histoires un peu folkloriques.

Tu définis comment le rockabilly ?

Pour faire simple, le rock and roll est une musique urbaine avec du piano, du sax et qui vient beaucoup du rhytm’n’blues. Le rockabilly est créé par Elvis le 5 juillet 1954 au studio Sun quand il chante « That’s all right Mama ». C’est la fusion parfaite des musiques blanches et noires avec une instrumentation très réduite : une guitare acoustique, une guitare électrique qui joue souvent en picking et une contrebasse qui slappe, à la différences des formations de rythm’n blues où les musiciens jouent comme sil il s’agissait de jazz. C’est une musique plus campagnarde et plus acoustique que le rock’n roll.

Pour les puristes le rockabilly c’est une contrebasse, une guitare et une voix ?

Effectivement si tu écoutes les premiers enregistrements d’Elvis chez Sun, c’est uniquement une contrebasse et deux guitares et pour moi c’est l’exemple parfait. C’est lui qui crée le style et après, tout le monde va essayer de coller à lui. Pour moi il y a trois grands noms du rockabilly, trois grands stylistes : Johnny Burnette, Carl Perkins et Charlie Feathers. Ils viennent tous les trois du Tennessee, donc le rockabilly est une musique sudiste.

C’est pour ça que le drapeau Sudiste est brandi dans les concerts de rockabilly ? Parce que c’est quelque chose qui a été mal compris !

Oui, c’est pour ça :au début on se revendique d’une musique qui vient du sud des Etats Unis. Les fans de rockabilly, comme moi, ont porté le drapeau parce que ça représentait la musique du sud. Cela n’avait aucune connotation raciste et quand nous prenons le nom de « Rockin Rebels » qui n’a rien à voir avec les « Confédérés » mais avec les Rebels à la James Dean, Marlon Brando etc…

Donc ton premier gros dossier : « les Rockin’ Rebels » ?

Suite à ce fameux deuxième concert avec Tintin, on se forme en mars 1977. On a été le premier groupe de rockabilly en France. On a répété toute l’année 1977. A la fin de cette année on enregistre une maquette avec « Western ». On la fait écouter à Marc Zermati de « Skydog » que l’on l’avait rencontré dans sa boutique de disque « l’Open Market ». Il cherchait un groupe de rockabilly à signer et il nous dit d’accord et c’est parti. En Mars 1978, on enregistre notre premier 45t pour Skydog qui sort en mai et en plus il nous trouve une semaine dans un nouvel endroit qui s’appelle le « Swing Hall », rue des Lombards où pleins de groupes, comme Asphalt Jungle ou Trust, se produisent. Nous on fait un carton ! I Le premier soir, il y a Jacques Higelin qui danse sur les tables et qui nous invite la semaine suivante pour son anniversaire à Hérouville où il habitait encore.

 

(Les Rockin Rebels, Tony Marlow au centre - Droit réservé) 

Super !

On a fait une petite prestation. On a même fait un bœuf avec certains membres de Téléphone comme Richard Kolinka qui venait juste de se former. Bref ça démarre très fort pour nous avec en plus une semaine au Gibus. Ça a été plein à craquer tous les soirs avec d’un côté les rockeurs et de l’autre les punks qui nous suivaient parce que nous étions sur Skydog. Taï Luc de « la Souris Déglinguée » appelait ça le « Punkabilly ».

Le circuit Rockabilly c’était quoi ?

Il n’y en avait pas : nous allons le créer ! A l’époque on partageait la scène avec pleins de groupes comme « Little Bob Story », « Shakin Street » ou « les Dogs ». Marc nous plaçait partout !

Mais l’accueil du public est bon ?

Tout à fait ! On avait beaucoup, mais alors beaucoup d’énergie et Tintin, il faut le dire, était un grand showman et nous derrière on envoyait ! Crazy Cavan venait d’arriver et d’avoir du succès. Surtout il y avait le premier album de Robert Gordon avec Link Wray à la guitare qui a eu un grand retentissement. Ce disque ouvre la voie au rockabilly vers un plus grand public, l’époque se prêtait à cette musique. Donc ça se passe très bien pour nous.

Mais qu’est-ce qui vous a séduit dans cet univers ?

C’est assez inexplicable d’expliquer pourquoi on aime cet univers ! Mais beaucoup de groupes que l’on aimait comme « Doctor Feelgood , « Flamin’ Groovies » étaient influencés par le rock des origines. Disons que c’était un retour aux racines que l’on faisaient vivre 20 ans plus tard.

Les « Rockin Rebels » vont enregistrer et toi tu vas passer de la batterie au chant ?

Au fil des ans, il s’est passé beaucoup de choses effectivement (rires) ! Au bout de neuf mois on ne s’entendait plus avec Tintin qui était un peu dur à vivre. Donc il arrive ce qui devait arriver : on lui dit que l’on ne veut plus continuer avec lui. Nos chemins se séparent. On se retrouve à trois : Jean Marc Tomi à la guitare, Jean Paul Joannes à la basse et moi à la batterie. Un quatrième membre rentre dans le groupe : Ramon Roccez Jr comme pianiste et après comme saxophoniste. Lui aussi venait du bal en Corse (rires). On se retrouve à quatre et on se dit que l’on va tous chanter. Pendant deux ans, on va tourner comme ça, sans chanteur. On va faire deux disques sous cette forme : un premier 33 t chez Skydog en octobre 1979 qui est distribué par CBS. Dans la foulée on tourne une séquence pour Chorus (l’émission d’ Antoine de Caunes Ndlr) avec Vince Taylor qui faisait son comeback. Nous avons fait trois titres. En 1980 on enregistre « Frogabilly », notre deuxième album  toujours avec Marc (Zemati Ndlr) mais cette fois chez Underdog, distribué par Carrère, le nouveau label qu’il vient de créer avec Dominic Lamblin.

 

(Pochette de l'album Frogabilly - Droit réservé) 

Tu étais toujours batterie et chant ?

Oui mais entretemps avec Jean Marc on a pris des cours de chant avec Madame Charlot qui était la professeur de chant notamment de Johnny Hallyday. Elle était très bonne pour le placement de voix.

Et votre look vous faisiez comment ?

On avait des potes qui nous ramenaient des fringues de Londres, notamment les drapes jackets et puis il y avait les puces de Montreuil et de Saint Ouen qui étaient un vrai vivier.

Vous avez joué hors de France ?

Avec « les Rockin Rebels » très peu ! On a été une fois une fois en Belgique, une fois en Hollande mais sinon on a parcouru vraiment toute la France.

Et donc dans ton cheminement batterie – chant ?

On fait un Olympia, en octobre 79,  pour un après-midi rockabilly avec notamment les Alligators qui venaient de se monter. Ils font un carton avec leur chanteur Alain Chenneviere (futur Pow Wow Ndlr) . Nous, on a joué juste  derrière eux. Même si c’était parfait musicalement et vocalement il manquait un chanteur pour le show. On décide que l’un d’entre nous serait le chanteur à part entière. Comme j’aimais danser, on  décide que ce sera moi et on trouve un batteur pour me remplacer, Jean-Jacques Bonnet, qui vient de « Rockn’n Roll Gang », un très bon musicien qui  intègre le groupe début 1980.

Tu ne faisais que chanter ?

Oui, je faisais juste trois accords à la guitare acoustique de temps en temps.

A l’époque sur scène vous n’aviez que des compositions ?

En fait sur nos albums on ne faisait pratiquement que des compositions mais sur scène on « panachait » avec des reprises pour que le public puisse s’y retrouver.

En 1981 arrive l’ouragan « Stray Cats » qui remet cette musique au goût du jour et l’arrivée du label Big Beat en France qui va faire apparaître une vraie scène rockabilly et bizarrement vous serez les seuls ou presque à ne pas être sur le label ?

Oui parce que quand Big Beat se crée sous l’impulsion de Jacky Chalard, nous sommes déjà en contrat avec Underdog. Jacky nous demande de le rejoindre mais on ne pouvait pas, je pense que c’était une bonne chose puisqu’il avait beaucoup de groupes comme les « Alligators » ou « Jezebel Rock ». Nous on était sur un label où il y avait du blues avec Patrick Verbeke ou  de la pop avec les Avions.

Et là c’est votre troisième album « 1,2,3 Jump » ?

Un album où je suis entièrement au chant mais aussi un album ou Ramon, notre pianiste se met au saxophone et cela donne un disque plus swing, plus rythm’n blues… En tout cas un côté plus dansant… Un peu l’esprit Bill Haley ou Louis Prima. A partir de cet album on commence à chanter en français et là une copie de l’album arrive chez Aldo Martinez !

 

(Pochette de l'album 123; Jump - Droit réservé) 

L’ex Bassiste des Chaussettes noires ?

Oui, c’est lui ! C’est l’époque où les Forbans cartonnent avec « Chante, danse et mets tes baskets »…

Vous n’aviez rien à voir avec eux ?

Non, rien, à part que c’étaient des potes !

Vous pensiez quoi de tout ces groupes comme les Chaussettes Noires, les Chats Sauvages ?

Pas grand-chose, on a repris « Dactylo Rock » mais à notre façon… Globalement je suis passé à côté. J’étais trop jeune pour les avoir connu et après j’étais trop dans le rock pour écouter ça. Les Français je ne les ai pas vraiment écouté, je connaissais de nom mais sans plus.

Mais en France au début des années 80, il y a eu beaucoup de rééditions ?

Oui mais j’avais écouté d’une oreille distraite et je n’avais pas accroché … Je trouvais ça moins bon que les anglais ou les américains. Je n’avais rien contre mais je n’ai pas eu le déclic comme certains.

Donc Aldo Martinez ?

Les Forbans cartonnaient avec une reprise que les Chaussettes Noirs avaient déjà fait sous le nom de « Shout Shout ». Il s’est dit qu’il avait peut-être quelque chose à faire. Il a écouté notre disque, il est venu nous voir en concert et ça lui a plu. Il s’est proposé de devenir notre directeur artistique et de faire notre prochaine réalisation toujours chez Underdog. Il rencontre Dominic Lamblin qui lui dit ok. Il pensait aussi que c’était le bon moment pour chanter en français. On commence alors à travailler avec Aldo qui nous a beaucoup aidé, surtout moi. Il m’a permis de découvrir ma vraie personnalité de chanteur, il m’a aussi poussé à chanter avec ma vraie voix et être moi-même. Ça a l’air con comme ça mais vraiment ça m’a aidé !

Il était avec vous en studio ?

Oui, c’était vraiment un grand professionnel ! On s’est retrouvé au studio Marcadet qui était un très bon studio pour enregistrer « Branche le poste » qui a été un tube radiophonique comme on dit ! On a adapté « She’s the most » du groupe de Doo Wop les Fives Keys. Il était persuadé que ce serait un tube en français ! On a mixé à Continental avec Dominique Blanc-Francard. On a eu le top de ce qu’il y avait en France. C’était un bon disque mais s’il n’y a personne pour faire avancer le projet, ça ne sert à rien et là Aldo connaissait tout le monde comme Drucker. On s’est retrouvé sur tout les plateaux de télé et en playlist sur RTL et Europe 1.

C’était une époque où il y avait les bons élèves avec « les Costards » ou les « Forbans » et il y avait les mauvais garçons qui étaient les « Rockin Rebels », vous aviez plus une forme de légitimité que eux non ?

Ca me fait très plaisir d’entendre ça mais on ne s’en rendait pas vraiment compte. On était dans l’action mais franchement c’était les gens à l’extérieur qui nous disaient ça !

Vous en viviez ?

On essayait d’en vivre (rires)

Mais vous jouiez beaucoup ?

Oui, on jouait partout : dans les Mjc, les discothèques et les quelques festivals qui existaient ! On bouffait vraiment du kilomètre (rires) !

Au festival du « Rock d’ici » à l’Olympia en 1982 la soirée rockabilly avait très bien marché et on avait dit que vous jouiez la seule vraie musique intemporelle ?

A l’époque on jouait une musique qui avait déjà plus de trente ans et son classicisme jouait pour nous ! C’est une musique que tu peux jouer encore dans 20 ou 30 ans alors que une musique à la mode ne peut pas durer, c’est le principe de la mode !

(Pochette du 45 t "Branche le poste" - Droit réservé) 

Et finalement vous vous séparez en 1985 après « branche le poste » ?

Oui parce que après le disque on s’est retrouvé avec beaucoup plus de facilités : les cachets ont augmenté de 10 fois plus, on est passé à la radio, on a commencé à être reconnu mais ça a duré six mois… Et au bout de six mois c’est retombé, on a fait un deuxième 45 t, « Senorita », dans un style beaucoup plus Latino. Mais il faut dire que « Branche le poste » avait tellement bien démarré au niveau des radios et des télés que la maison de disques, Epic, qui le sortait et le distribuait en grandes surfaces ne suivait pas. Il y a eu un décalage total entre la mise en place et la promotion. Concrètement on ne trouvait pas le disque en magasin et quand il est arrivé, le soufflet était déjà passé ! On a quand même vendu 80 000, ce qui aujourd’hui serait énorme mais à l’époque c’était peu, et Aldo a passé la main.

Tu n’as pas un peu de frustration par rapport à ça ?

C’est comme ça ! On l’a eu à l’époque et c’est ce sentiment de frustration qui a amené la fin du groupe. Certains ont privilégié leurs vies de famille, leur boulot … Et donc on préfère dire que on ne s’est pas séparé mais « mis en sommeil ».

Vous, vous êtes retrouvés en 2001 ?

Oui, mais c’est vraiment à la séparation du groupe que je vais commencer à être Tony Marlow !

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