Roman Gaume : « Square One »

Par Franco Onweb

Roman Gaume vient de sortir « Square one » un premier album pleins de chansons et d’énergie. Après des années à jouer avec le Roman Electric Band il a décidé de passer le cap de l’album solo et de défendre ses chansons sous son propre nom avec ce disque qui est une des, très, bonne surprise de ce début d’années.

Rencontre avec un chanteur nantais qui a su mélanger habilement ses influences tout en gardant sa propre personnalité !

Roman Gaume : « Square One »
DR

Je suis Roman Gaume, musicien, auteur, compositeur, chanteur et rockeur de Nantes. J’enregistre des disques et je fais des concerts.

Ca a commencé comment ta passion pour la musique ?

Un peu sur un malentendu ! Un ami de mon père déménageait il y a 15 ans et il a laissé une guitare chez lui. J’ai commencé comme ça à gratouiller et ça m’a plu. Je m’en suis ensuite achetée une et j’ai continué à en jouer. J’ai arrêté mes études et puis je suis allé dans une école musique à Nancy … Et voilà c’était parti !

(Droit réservé) 

C’est quoi tes influences à la base ?

En fait mon père avait beaucoup de copains musiciens dont le bassiste de Elmer Food Beat qui était son meilleur ami. Je suis né à Nantes mais très vite on est parti dans le sud où j’ai grandi et à chaque fois que nous revenions à Nantes on allait les voir. On allait dans les caves et les cafés concerts. Je partais parfois sur la route avec Elmer et j’adorais ça…. J’ai tout de suite voulu faire partie de ce monde-là.

C’est quoi ton premier groupe ?

Un groupe d’adolescent qui a fait 4,5 concerts sans grand intérêts. Un groupe de pote que j’ai fait dans le sud de la France en 2006, 2007. Ca s’appelait Dirty Soap, les savons sales …

Le premier groupe dont on entend parler pour toi c’est le Roman Electric Band en 2011 : tu as fait quoi entre ce premier groupe et 2011 ?

J’ai pris des cours de guitare au centre Franco-Américain à Montpellier. J’ai appris le jazz et l’harmonie avec Jean Marc Floury . C’est quelqu’un qui m’a vraiment ouvert sur pleins de trucs et puis je suis parti à Nancy faire la « Music Academy International ». Je suis resté un an là-bas, je suis parti à Paris pendant deux ans où j’ai trouvé une colocation et j’ai commencé à jouer partout : dans les bars, dans la rue … J’ai beaucoup appris à cette époque.

Et après ?

Je suis revenu à Nantes en 2011 et j’ai monté le Roman Electric Band. Un groupe où on doit retrouver certains ingrédients qu’il y a maintenant dans ma musique. Il y avait de le la folk, de la pop, du rock mais aussi et bien sûr du blues qui est un peu la maison mère.

Ah bon ?

Et oui, quand tu commences tu joues du blues, quand tu joues avec des potes tu fais un blues… C’est la base de un peu de beaucoup de musique Rapidement j’ai voulu en sortir pour faire évoluer ma musique.

Le premier album de ton groupe est dédié à Eliott Smith ?

Oui, je suis un grand fan de Eliott Smith que j’ai eu la chance de voir en 2000. Enorme inspiration pour moi, encore maintenant, un vrai génie du songwriting.

Bon en va en parler parce que il le faut : tu as participé à The Voice ?

Oui, personne n’est parfait (rires)

Ça t’a apporté quoi cette émission ?

Vocalement pas grand-chose !. Par contre cela m’a beaucoup apporté  au niveau de la gestion de soi. Tu sais que tu joues devant pleins de monde et franchement tu apprends à attendre, à calmer ton trac et tes angoisses. ..Quand tu arrives à 9 h du matin et que tu joues 2,30 minutes à 23 h comme cela a été mon cas la première fois et bien tu apprends à gérer ce genre de situations. Et aujourd’hui j’arrive à gérer mon attente et d’être prêt à l’instant T. Après il faut être réaliste : cela m’a amené une petite notoriété pendant quelques mois même si je n’y suis vraiment pas allé dans un but stratégique : je n’’avais pas de disques qui sortaient, pas d’attachés de presse pour ma sortie …. J’y suis allé dans un peu par curiosité. J’avais des potes qui avaient fait ce genre d’émissions et je voulais voir ce que cela pouvait donner. Il y a bien quelques personnes qui se sont foutus de moi en disant que j’avais vendu mon âme au diable mais je m’en fiche. Ce n’était ni un aboutissement, ni le rêve de ma vie … Mon but et mon objectif ce sont mes albums. J’ai toujours défendu ça et c’est tant mieux.

(Droit réservé) 

Tu as beaucoup joué avec le Roman Electric Band et puis ça s’arrête !

En fait je n’aimais pas le nom ! Roman c’est mon nom et c’est le nom que j’utilisais quand je jouais dans les bars à Paris. Je voulais rajouter mon nom Gaume pour pouvoir faire ma musique dans toutes les conditions possibles y compris en solo ou en acoustique. Roman Gaume c’est mon nom ! Ce disque c’est ma musique et je l’assume comme ça. Un nouveau projet cela amène en plus un peu de fraicheur. En même temps ce n’est pas vraiment un nouveau projet c’est la continuation du précédent : c’est le même compositeur qui a évolué musicalement. On est mieux structuré, il y a une vraie stratégie de  développement, les choses se font moins dans la précipitation ….

Musicalement tu vois comment le passage du groupe à ta carrière solo ?

Tout d’abord il y a certains musiciens qui étaient avec moi dans le groupe qui sont toujours là. J’ai évolué en tant que humain ou que musicien. J’ai écouté plus de choses, j’ai découvert d’autres trucs … C’est l’évolution naturelle d’un compositeur je pense. La formule a changé, le nom aussi mais ça reste un peu le même projet, une évolution naturelle … Ca me permet aussi de pouvoir jouer tout seul des chansons en acoustique. Pleins de gens pensent que c’est que pour ça et je tiens à dire que ce n’est pas la seule raison. Bien sûr la folk fait partie de mon univers et de mes influences.

Tu as fait un premier EP en 2016. C’était quoi à l’époque : le début d’une carrière parallèle ?

Encore une fois ce n’est pas le chanteur de Roman Electro Band qui fait un projet solo : c’est une évolution et une nouvelle direction par rapport à l’organisation du projet. J’ai commencé par un EP parce que je voulais commencer par un format court et pas par un album. En plus je n’en avais jamais fait. Tout le monde pensait que c’était une bonne idée de commencer par ce format. Ce n’était pas évident de repartir presque à zéro mais il fallait que je mette un coup de frais là-dedans.

Avant de continuer ton parcours je voudrais évoquer Nantes : c’est une ville où il a toujours eu une grosse scène musicale : tu es intégré à la scène locale ?

Je connais des groupes bien sûr. Je fais partie du décor mais ce n’est pas pour ça que l’on boit des coups ensemble tout les soirs. J’ai joué avec beaucoup de monde donc forcément ca te fait connaitre du monde mais je pense que ici il y a tellement de groupes et que la musique est tellement large que l’on ne peut pas se connaitre tous et trainer ensemble. Mais c’est vrai que ici il y a pleins de groupes.

(Photo Camille M) 

C’est une ville qui a une vraie dynamique ?

C’est certains et cela donne beaucoup de groupes. Je n’en connais pas la moitié pour tout te dire. Quand je lisais le livre de Laurent Charliot sur le rock à Nantes c’était  hallucinant de découvrir le nombre de groupes qu’il y a eu ici. Je n’en connais pas la moitié. Ca bouge et franchement je ne sais pas pourquoi ca se passe ici plus que ailleurs.

Est-ce que ce n’est pas parce que c’est une ville étudiante ?

J’ai grandis à Montpellier qui est ville étudiante et je n’ai pas vu la moitié des groupes qu’il y a à Nantes. Peut être parce que ici il y a un vrai public … En tout cas c’est chouette d’y habiter.

On peut parler de ton album « Square One ». ? Tu l’as fait comment ?

Certaines chansons ont été composées il y a très longtemps et d’autres juste avant l’enregistrement. Je ne peu pas te dire quand je l’ai composé exactement. Ca s’est fait sur la longueur, sur une plage de deux ou trois ans environ. La rythmique et les guitares ont été enregistrés au studio Bonisson entre Nantes et Rennes. J’ai récupéré toutes les sessions Pro Tools et j’ai fait tout le reste dans ma chambre : les voix, les claviers et tout les petits trucs comme ça. On m’a prêté une bonne carte son et comme ça  tout a pu être fait chez moi : je chantais quand j’avais envie de chanter …. Ces nouvelles techniques ont beaucoup fait pour l’évolution de la musique : on n’a plus besoins d’aller en studio pour faire des voix et franchement c’est vachement mieux. Je pouvais faire ce que je voulais quand je voulais. Grâce à ça l’album me ressemble beaucoup plus.

C’est toi qui l’a réalisé ?

Oui en partie puisque il y a une co réalisation avec Damien Bolo pour le mix. J’avais fait des pré mix mais lui avait le matos et il a vraiment respecté mes directions.

Tu avais quoi en tête comme influence pour ce disque ?

Last Shadows of Puppets, Artic Monkeys, Tom Petty, Eliott Smith, Cage the Elephant … C’étaient ça mes envies dans la construction du disque : du rock mais pas du « classic Rock », quelque chose de moderne, d’actuel avec des mélodies et des surprises.

Il y a pleins de surprises : on passe du rock, au blues, au folk et même à un moment du cabaret. Il se passe pleins de choses dans ton disque.  On pourrait penser que tu te réinvente à chaque morceau un peu comme David Bowie.

Ah ouais ! Bowie était un génie qui réussissait à incarner un personnage différent à chaque fois. Je te remercie mais c’est le fruit du hasard ou d’un heureux malentendu… Chaque morceau a été composé différemment et indépendamment les uns des autres… Je me suis adapté à chaque fois : parfois on fait du tango ou du punk rock mais pour moi tout ça s’est du pop rock avec comme fil rouge la mélodie. Ces chansons je les assume et elles me ressemblent.

(En concert - Droit réservé) 

En plus de la mélodie il y a tes influences qui sont très européennes et pas seulement anglaise ?

Dans quel sens ?

Dans le sens où l’on retrouve du baroque que l’on pourrait rapprocher de l’Allemagne, de la guitare que l’on pourrait rapprocher du flamenco espagnol …

C’est la première fois que l’on me dit ça ... Pourtant mes influences sont vraiment anglaise et il y a beaucoup de choses qui me plaisent aux USA, d’ailleurs Eliott Smith, l’une de mes grandes références était américain …. Maintenant c’est bien que tu vois tout ça : ca veut dire qu’il y a pleins d’autre choses qui s’emmêlent …et c’est tant mieux même si ce n’est pas conscient !

Tes projets ?

Tourner le plus possible, je veux vraiment faire le plus de concerts possibles et je commence à composer de nouveaux. Mais la priorité ce sont vraiment les concerts. Je veux voir le paysage défilé à travers la vitre du camion, j’ai besoins de jouer. Cet album doit me permettre ça.

Ca va se passer comment sur scène ?

On sera quatre sauf pour le concert de lancement de l’album où il y aura pleins de guest et un quatuor à cordes, ce sera un joyeux bordel …. Pour le reste de la tournée il y aura un bassiste, un batteur et un deuxième guitariste.

Tu joues avec eux depuis longtemps ?

Le batteur depuis un an, le guitariste depuis cinq et le bassiste dix ans ! On se connait donc très bien.

Ils parlent de quoi tes textes ?

Difficile d’isoler un sujet en particulier, mes chansons sont rarement mono-sujet, à part peut-être « Blind curse » que j’ai écrit un soir d’attentat et qui parle de cette malédiction aveugle (Blind Curse) qui tue au hasard. Ou « Her Caffeinated Kiss » qui raconte sur un ton un peu humoristique le gout des lèvres de ma copine après le café du matin. J’essaye d’exprimer mes états d’âme de manière poétique tout simplement.

Et ce texte « Get out fuck of my head »

Ca parle quand tu te ressasses le choses et que tu voudrais débrancher ton cerveau. Il faudrait que quelque chose sorte de ma tête et ce n’est pas possible…

Sur scène ce sera plus rock que sur l’album ?

On est un groupe de rock et ça joue même si parfois on joue plus calme avec des ballades… Ca reste un groupe de rock and roll organique.  

Quel disque tu donnerais à un enfant pour lui faire découvrir la musique ?

« Figure 8 » de Eliott Smith parce que c’est le disque qui m’a fait envie ou alors « Kerosene Hat » des Crackers.

 

 

 

 

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