Yeast : Rencontre avec un groupe Indie Pop !

Par Franco Onweb

Voici un des groupes de la nouvelle génération des plus prometteurs : Yeast ou l’histoire de 4 copains qui depuis plusieurs années illuminent les nuits lyonnaises avec leurs mélodies accrocheuses et leur besoins insatiable de faire danser leur public. C’est l’histoire d’un groupe qui de maxi splendides en concerts incendiaires a réussis à se faire place sur la scène française en restant furieusement indépendant.

J’ai discuté avec Léo, le chanteur d’un groupe qui sort son troisième maxi single et qui ne demande que à exploser, ce qui ne devrait pas tarder, la preuve juste après.

Yeast : Rencontre avec un groupe Indie Pop !
Lucy Rimey-Meille

Je suis Leo chanteur et guitariste du groupe YEAST, un quatuor pop rock funk lyonnais. On est un quatuor Arthur à la guitare et au chant, Judicaël à la basse et au chant et Cyril à la batterie.

Ca commence comment votre histoire ?

Au départ on s’est rencontré avec Arthur au lycée il y a une dizaine d’année. On a fait un premier projet ensemble qui a évolué quand le bassiste est arrivé il y a six ans, le batteur est arrivé il y a un an et demi. Mais le vrai tournant du groupe c’est quand on a rencontré Maxime notre manageur il y a deux ans et demi. C’est lui qui nous a vraiment mis sur les rails.

Quelles étaient vos influences de départ ?

On a beaucoup de groupes en commun comme Foster The People, les Foals, surtout en live. Mais on aime surtout beaucoup Supertramp. C’est un peu ancien comme référence mais cela nous va assez bien.

Personnellement vous me faites beaucoup penser à Phoenix ?

Effectivement on est très fan : c’est probablement le groupe que j’ai le plus vu en concert. On aime leur attitude mais aussi leur manière d’aborder le live : énergique et maitrisé.

Vous avez composé tout de suite ?

Oui, en même temps j’avais déjà des compositions parce que avant je faisais de la folk dans mon coin. En m’associant aux autre, cela m’a amené de nouvelles choses, des trucs que je n’avais pas imaginé … Après on a fait aussi des reprises mais à notre manière avec notre son, notre technique ….

(Yeast en concert à Paris, la Boule Noire, Octobre 2018 - Photo Bastien Amelot)

Mais vous avez repris quoi avec cette technique ?

En fait de manière totalement informelle, nous avons repris en live du MGMT, du Christine and The Queens ce genre de choses et là on va essayer de faire une reprise de Supertramp pour voir ce que cela peut donner.

Votre biographie vous présente comme étant un groupe de « pop indie » ?

Plus ou moins, on est un groupe de « pop indie » mais on se considère autant comme un groupe de funk, que de pop mais aussi de rock. Par exemple notre EP est très pop funk mais notre live est très rock. On a donc une vision plus large que simplement de la pop. Après pour ce qui est de l’indie, on a baigné dedans avec tous ces groupes comme les Strokes ou les Artic Monkeys. Concrètement on peut dire que on est indie parce qu’on est toujours indépendant. On est très content de l’être et de pouvoir continuer à nous développer comme ça. Mais l’indie ç’est à la fois une manière de penser mais aussi une mouvance et on est dans cette mouvance.

C’est votre troisième EP qui vient de sortir ?

Oui, c’est ça. On a fait un premier EP en 2015 et un deuxième en 2016. On avait rien sorti depuis notre single Holy Chapter en avril 2017

(Pochette du nouveau maxi "Dust of light" - Droit réservé) 

 

 

Vous avez eu une évolution depuis cette période avec l’arrivé notamment de votre batteur ?

Oui, dans pas mal de chose. On a déjà une équipe plus importante avec nous ce qui nous permet d’envisager les choses de manière plus sereine et réfléchis. Notre musique a évolué aussi : elle plus punchy et funky. On a pris pas mal de temps pour tout « ingurgiter » ce qui a donné notre nouveau disque.

La première chose qui m’a frappé sur ce disque ce sont les introductions au piano : vous faites comment sur scène avec vos guitares ?

On a un piano sur scène pour ces morceaux (rires). En fait je suis un grand admirateur de Ravel et j’ai une formation classique que je continue d’ailleurs au conservatoire supérieur à Paris.

Ensuite tout le monde chante ?

C’est une volonté de notre part, c’est une de nos caractéristiques. Comme tout le monde aime bien chanter, on a commencé à harmoniser nos voix. C’est une manière de nous différencier des autres groupes (rires). Mais c’est beaucoup de travail, on passe beaucoup de temps à mettre en place nos harmonies vocales : il faut créer les lignes de voix et tout ça … C’est en live que c’est encore plus complexe : en plus d’avoir pas mal de choses à régler sur scène on doit en plus s’occuper de chanter. C’est un challenge et on aime ça. En plus cela donne un vrai impact en concert et tout le monde nous a dit que cela amené pas mal de chose.

Vos guitares sont au même niveau que les voix : c’est l’école « pop indie » l’idée que les voix sont un instrument comme un autre ?

C’est exactement ça. Ça a été un de nos gros challenge sur disque : arriver à placer nos voix qui font parties intégrante de notre musique, à les amener au niveau des guitares.

Une autre de vos caractéristiques c’est la batterie. Sur votre pochette vous annoncez tous que vous faites tous des percussions. Votre batterie est discrète et accompagne la mélodie de voix ?

En fait la batterie sur le disque a été pensée comme en retrait même si elle est bien là. Elle est très retravaillée après la prise. Bon, en concert la batterie est plus brute et quand les gens qui ont écouté le disque viennent nous voir ils sont très étonnés par sa place.

C’est l’école funk ?

Oui, on essaye de mélanger toutes les écoles, tu vois (rires). C’était le challenge de ce disque et on va continuer à tout mélanger, ne pas appartenir à une seule école (rires).

Vous l’avez fait ou et avec qui ce disque ?

En fait on n’a pas tout fait au même endroit. On a d’abord était dans un studio à côté de Lyon qui appartient à un de nos amis : c’était parfait parce que on a pu prendre notre temps pour développer des trucs. Ensuite ca a été mixé par notre deuxième ingé son live : Victor Malé au studio du Zèbre.

On parle de tes textes ?

Il s’agit de sentiments, d’émotions… C’est moi qui les écris en partant de la mélodie. Parfois les autres me proposent des idées, c’est intéressant mais à la fin c’est moi qui les fige (rires). Il y a des morceaux sur les sentiments, il y a un titre sur les regrets.  Ca parle de nos vies, de nos expériences de ces deux dernières années passées sur la route… Mais tout ça reste dans l’humain, c’est le plus important pour moi.

 L’image a une importance dans votre musique : quand on vous voit en live c’est assez flagrant ?

En fait le but c’est quand tu joues devant un public qui ne te connait pas c’est vraiment de le charmer. Donc au niveau de l’image on essaye d’être raccord avec notre musique. Maintenant, on ne s’est jamais vraiment posé la question d’aller vers tel ou tel public …. Nous avons la chance d’avoir tous les publics  et on le voit à la fin de nos concerts : on a l’ado de 15 ans mais aussi le père de famille de 40 ans qui reconnait des choses dans notre musique. C’est vraiment chouette de pouvoir parler à beaucoup de monde.

N’êtes-vous pas la première génération totalement décomplexé par rapport à la musique : vous aimez Supetramp, les Foals, Kiss et Phoenix. Vous pouvez vraiment tout prendre un peu partout dans la musique ?

Je ne sais pas si nous sommes la première génération mais je ressens vraiment ce truc-là : on peut tout intégrer. C’est pour ça que nous avons une base de musique pop, parce que c’est le style le moins codifié qui existe et qui nous permettent de tout faire : on fait du rock en mélangeant du Hip hop. On peut vraiment tout se permettre et se nourrir des autres…

C’est grâce à internet que vous êtes aussi décomplexé ?

Probablement mais globalement on se fout de l’image que ça peut véhiculer ! Beaucoup de gens vont se foutre de nous parce qu’on aime Supertramp et bien pour nous c’est un super groupe et c’est comme ça. Bon, maintenant que le hip hop truste tout ça a redistribué les cartes et nous on est vraiment décomplexé par rapport à ça !  On aime la musique que l’on aime sans se soucier des codes ou des règles.

(Yeast en concert au Printemps de Bourges en 2016 - Droit réservé)

Vous avez et vous allez beaucoup tourner : ça se passe comment sur scène ?

C’est plus rock, cela s’est développé au fil du temps avec notre ingénieur du son mais aussi avec toute l’énergie que l’on y met. Pour nous c’est la base ! On fait e groupe pour jouer en live, en concert ! Notre style passe par le live et donc on essaye de jouer le plus souvent. En plus on a la chance d’avoir un très bon tourneur (Metronome Management & Booking) ce qui nous permet d’enchainer les concerts. Là par exemple on va tourner en France jusqu’au début décembre et après on part en Allemagne. Notre but est de pouvoir tourner le plus possible cette année et l’année prochaine avec cet EP.

Vous êtes soutenus par deux SMAC (Salles des Musiques Actuelles Ndlr) ?

Oui, cela nous aide pour tourner : ce sont des réseaux avec des salles importantes. Ce sont des gens qui nous suivent et qui nous donnent des conseils, notamment pour le juridique. Mais surtout quand nous voulons monter un nouveau live elles nous aident à faire des résidences.

Votre disque va sortir sous quel format ?

Il va sortir en CD et vinyle. On est distribué uniquement en digital par Believe. On vend nos disques à la fin des concerts ou sur notre page Facebook : il suffit de nous écrire.

Vous avez été choisis pour faire une musique de pub pour Citroën ?

Oui, c’est une grande chance pour nous. On a eu ça grâce à un heureux concours de circonstance. Nous avons des éditeurs qui travaillent très bien, aussi parce que l’agence qui gère la marque a regardé notre page Facebook et a bien aimé. Enfin toute la partie musicale de Citroën est gérée par le directeur du marketing de la marque et il se bat pour que ce soit des groupes émergents qui puissent placer leur musique. En tout cas c’est quelque chose que nous n’avons pas cherché. On savait que notre musique pouvait fonctionner sur de l’image mais on n’a jamais composé en ce sens.

Vous allez continuer à essayer de placer des musiques de publicité parce que maintenant vous allez être exposés mondialement ?

Ca amène des trucs c’est sûr. Pour l’instant la musique n’est sortie que sur des pubs web, on voit tout de suite les effets notamment sur le streaming : on a des écoutes en Australie ou aux USA. Quand la pub va sortir ça va être important : on va essayer d’aller jouer à l’étranger. Mais bon on ne compte pas dessus pour se développer !

Allez-vous sortir un premier album bientôt après vos trois EP ? 

Pour l’instant on se concentre sur l’EP, après bien sûr on voudrait sortir album mais ce ne sera pas avant au moins un an. Il faut que l’on y réfléchisse, que on le pense et surtout que l’on compose. On a commencé à composer mais ce n’est pas pour tout de suite (rires). 

Mais vous pouvez jouer partout avec votre musique ?

Pour l’instant on est allé en Belgique et en Suisse, bientôt l’Allemagne mais on sait que notre tourneur travaille sur l’Angleterre, les USA et le Canada.

C’est quoi vos projets ?

A moyen et long terme pour l’instant c’est de tourner pour défendre notre EP : c’est ce que l’on aime et que l’on sait mieux faire. On a beaucoup bossé dans notre local et sortir de là ça fait du bien. Pour la suite c’est composer pour un album mais dans un deuxième temps.

La dernière question : quels sont les disques que tu as aimé enfant ?

Quand j’étais gamin dans la voiture on écoutait Supertramp, Phil Collins et Zucherro. Ce sont vraiment les trois trucs dont je me souvienne.

Nouvel Ep : Water

https://yeastofficiel.bandcamp.com/album/w.a.t.e.r

 
 

 

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