Jim Younger Spirit : rencontre avec un groupe psychédélique !

Par Franco Onweb

Venu du sud de la France, le Jim Younger’s Spirit propage depuis des années la bonne parole du psychédélisme. Je sais ce que vous pensez, aujourd’hui tout est psyché : il existe du rock psyché, du métal psyché, de la pop psyché et même du rap psyché… Tout le monde veut s’approprier l’étiquette mais rare sont ceux qui respectent vraiment l’esprit de cette musique. Le Jim Younger’s Spirit en fait partie.

Alors que sort leur troisième album, j’ai discuté avec Diego Lopez, le guitariste et co leader de ce combo remarquable. Une vraie découverte qui prouve que la France possède en son sein des pépites qui ne demandent que à être découvertes.

Jim Younger Spirit : rencontre avec un groupe psychédélique !
DR

Le groupe c’est Polar Younger au chant et au saxophone, moi Diego Lopez à la guitare, Kino Frontera le bassiste, Christophe Parre à la batterie et Vincent Conti à la guitare.

Le groupe a débuté comment ?

En 2012, Polar et moi avons décidé d’aller vers un nouveau projet musical après des expériences dans des groupes avant et un projet musical qui s’est cassé la gueule… Je voulais au départ une structure assez souple : juste Polar et moi ! Kino, rapidement, nous a rejoint et de duo on est devenu un trio et puis les gens qui venaient nous voir nous disaient que ce serait bien d’avoir une vraie rythmique et depuis le deuxième album «  Watonwan  River » nous avons intégré le batteur et le bassiste. Et maintenant les gens  nous disent que nous sommes un vrai groupe.

(Jim Younger's Spirit Version 2018 - Droit réservé) 

Tu définirais comment la musique du groupe ?

J’ai toujours beaucoup écouté de la musique de la West Coast Américaine : les Byrds, Neil Young, le Jefferson Airplane … Et puis en 2009 Alex Maas (chanteur des Black Angels Ndlr) s’est retrouvé chez nous et il nous a branché sur le new Psychédelia et sur le festival qu’il organise à Austin autours de cette musique. En 2012 on est allé au festival et là on a vraiment découvert ce son, et franchement c’était mon truc … On a réécouté pleins de trucs là-bas comme les Thirteen Flor Elevator ou plein de nouveaux groupes et finalement là on a plongé dedans.

Pourtant il y avait eu un grand retour du psychédélisme il y a un peu plus de 10 ans  avec le film Dig et le Brianjonestown Massacre ?

J’avais vu le film mais je n’avais pas accroché plus que ça : je préférais écouter les originaux ! C’est en 2008 à Angoulême lorsque j’ai vu BJM en concert que vraiment j’ai pris une claque. Ensuite ça a été la rencontre Alex Maas et le festival : j’ai compris que c’était mon truc, ma musique ….

Vous avez fait un premier album en 2014 ? 

C’était « Missouri Woods » : on l’a fait à trois avec Kino qui venait juste de nous rejoindre parce que j’adore jouer à deux guitares. On a fait le disque chez lui en fait. On en a tiré 200 exemplaires que nous avons tous vendus.

Le deuxièmeme album a été fait chez Pop Sister’s ?

Oui, on s’est rencontré avec Joel (Don Joe Ndlr) sur Facebook. On a commencé à discuter et tout de suite il m’a dit : « j’aime beaucoup ce que tu fais. Essayons de travailler ensemble ». Je suis allé dans son studio à Toulouse et là on a commencé à enregistrer « Watonwan River ». Joel s’est beaucoup impliqué dans l’enregistrement : il a tenu la basse et en plus on a eu Alex Maas sur le disque. Comme on n’avait pas de label, Joel nous a proposé d’aller sur Pop Sister’s sachant qu’il avait une distribution assurée par PIAS.

Tu le définirais comment ce deuxième album par rapport au premier ?

Il est plus produit mais cela reste très naturel comme son ! On a mis  quasi pas  de compression, peu d’effets … Il sonne assez seventies en fait (rires).

Sur votre nouvel album, vous avez un son plus affirmé notamment au niveau du son psychédélique ?

Peut-être …

Vous avez beaucoup tourné ?

Oui, on joue très régulièrement un peu partout : Paris, Toulouse, la côte Ouest, la Lorraine, la Bourgogne … On a joué aussi au Luxembourg et on fait aussi le festival Levitation d’Angers.

On attaque sur le nouvel album : « No human tongue can tell » ?

Ça veut dire «ce que  les mots  ne peuvent  pas dire ». C’est un album qui a pris du temps à enregistrer : on a commencé il y a presque deux ans. On a commencé avec Joel à Toulouse, ensuite on a rencontré des gens de Sète qui avait un studio, on a continué là-bas. On a fait les batteries dans un petit studio à Marseille et on mixé dans un très beau studio, le Coxinhell studio, qui est dans le Var. On a masterisé aux USA, à Cambridge à côté de Boston… Bon on n’y est pas allé : on a travaillé par internet !

C’est un album de huit titres ?

Oui, il a été conçu pour un vinyle, c’est le format  que l’on privilégie : donc deux faces de quatre titres. C’est notre crédo ! On ne peut pas dépasser les 20 minutes par face. On a aussi beaucoup « élagué » les titres et on en a dégagé pas mal aussi : 35 minutes de musique, c’est ce qu’il faut ! On a un son assez « léché », un peu  vintage. Il n’y a pas besoins de mettre de la compression partout. En plus on a enregistré sur de vieux ampli à lampes, ce genre de trucs qui te permettent de sonner comme les groupes que nous aimons.

Il y a de la guitare fuzz ?

Ce n’est pas révolutionnaire comme type de sons (rires). En fait on est tellement habitué à un son plus calibré avec des productions à l’anglaise ou la basse est très contrôlé au niveau des fréquences pour garder le dynamisme que l’on en oublie la chaleur du son… Nous on cherche précisément à retrouver cette chaleur !

On parle des textes ?

En fait quand on a découvert le Texas pendant ce fameux été 2012, on a aussi découvert l’histoire de ce territoire. C’est comme ça que l’on est arrivé à ce Jim Younger qui faisait partie de la bande des frères James (Jessie et Franck James Ndlr) avec son frère Cole. Polar s’est intéressé à lui et tous les textes parlent de lui, de son entourage de manière un peu romancée… mais tout tourne autour de lui : pas un  concept plutôt une thématique !

Vous n’êtes pas du tout intéressé par l’Angleterre ?

C’est vrai (rires), pourtant Polar est une grande fan des Cure même si cela ne s’entend pas trop. J’ai aimé les grands groupes anglais. Mais bon il n’y a rien qui vient d’Angleterre qui m’intéresse en ce moment !

Votre album sort chez Closer ?

On avait proposé le précédent album à Closer qui n’avait pas donné suite et puis on a rencontré Philippe Debris (le directeur et fondateur de Closer Records Ndlr) à Sète dans une fête. Il nous a dit qu’il écouterait notre musique et deux jours après il nous a rappelé pour nous dire qu’il aimait beaucoup. On lui a fait écouter alors « Missouri Woods », là encore il nous a rappelé pour dire qu’il aimait beaucoup. Il est venu nous voir en concert, on lui a proposé nos nouveaux titres et là il nous a proposé un contrat. Closer est un label qui a un nom et qui représente beaucoup pour moi.

Il y a des groupes dont vous vous sentez proche en France ?

(Silence) … On parle beaucoup des Liminianas en ce moment, je suis moyennement fan de ce qu’ils font mais je peux me sentir proche de Lionel Liminianas… Il est comme moi : il vient du sud, il fait de la musique avec sa femme, on a un peu les mêmes références musicales et d’autres choses en commun… Après on est copain avec des groupes underground comme par exemple « The Wise dudes’revolver ». Maintenant on pourrait partager la scène avec des gens comme Kaviar Spécial (groupe de garage de Rennes Ndlr) même si on est moins énervé qu’eux.

Globalement il y a un renouveau du psyché grâce à Dig ?

Oui mais je me méfie des mouvements parce que aujourd’hui tout est psychédélique. Il y a de la pop psyché, du métal psyché … C’est devenu un peu n’importe quoi et d’ailleurs le mouvement est en train de s’essouffler et il restera que les vrais.

Il y a un réseau dans le monde ?

Non, le néo psyché n’est pas du tout organisé  comme les Mods, le ska ou le rockabilly … C’est un petit monde, il y a peu de gens qui en font vraiment.

Cela va sonner comment sur scène ?

Les gens nous disent que l’on est un bon groupe de scène avec une puissance que l’on ne retrouve pas complétement sur le disque. Même si je n’aime pas le terme, cela sonne plus « rock », plus puissant.

Il sort quand l’album ?

La sortie officielle est le 18 mai. On a quelques dates derrière notamment un festival chez nous à Aix le 19 mai et on va faire une tournée à la rentrée : Paris, Toulouse et ailleurs.

(Jim Younger's Spirit en concert, Diego Lopez et Polar au premier plan- Photo Vincent Besson)

Tu en attends quoi de l’album ?

Qu’il se vende pour rembourser les frais (rires) ! Une plus grande audience et que la musique circule le plus possible.

Il sort que en France ?

Oui que en France, on a essayé avant d’avoir une licence aux USA mais cela ne s’est pas fait. Ceci dit via bandcamp  on vend des disques à l’étranger, aux USA, en Hollande, Grèce…

Vous comptez aller vers où musicalement ?

Quand tu commences un morceau tu ne sais jamais où il va t’emmener. Tout ce que je sais c’est que nous avons un socle : l’Americana. Cela va au-delà du psyché, cela peut englober le blues. On a d’ailleurs fait une reprise d’un vieux blues. On peut aussi aller vers la country… Notre projet actuel d’ailleurs est de réenregistrer notre premier album avec de nouveaux arrangements. On veut s’offrir des possibilités en restant dans la thématique de la guerre de sécession et le son de l’Américana.

Quel disque tu donnerais à un enfant pour qu’il s’intéresse à la musique?

J’ai un fils qui a sept ans, il est un peu déformé parce que il connait Alex Maas et il est allé à Austin. Le matin dans la voiture en allant à l’école il aime écouter les Black Angels, Thee Oh sees. Les enfants peuvent tout écouter : il faut juste ne pas hésiter.

 

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