Nevermind the car : rencontre avec une vraie découverte !

Par Franco Onweb

Attention découverte ! Cela a commencé juste par un lien sur internet pour écouter quelques titres d’un groupe dont je n’avais jamais entendu parler : Nevermind the car ! Une seule et unique écoute plus tard, je les ai contacté illico pour en savoir un peu plus !

Comment décrire cette musique ? Difficile à dire, ça ressemble à pleins de (bons) trucs sans vraiment ressembler à quelque chose de précis. Disons que leur musique est un croisement subtil entre les Queens of The Stone Edge, BRMC ou encore les Pixies, que du bon !

J’ai donc pris rendez-vous avec Alain Bastard le fondateur et leader de Nevermind The Car pour en savoir plus. La légende le dira c’est sur ce site que vous aurez entendu parler de la première fois de ce groupe au talent immense qui a tout l’avenir pour lui !

Nevermind the car : rencontre avec une vraie découverte !
DR

Je suis Alain Bastard, multi instrumentiste, producteur, réalisateur et leader du groupe « Nevermind The Car ».

 

(Alain Bastard - photo ELREM) 

Tu as commencé comment ?

J’ai d’abord débuté au conservatoire à l’âge de 6 ans. J’ai d’abord fait du violon pendant 14 ou 15 ans au conservatoire et puis je suis allé vers la contrebasse. J’ai même eu un prix régional de contrebasse en 1997. Mon père était bassiste peu de temps dans un groupe de bal et il avait gardé son instrument si bien que vers l’âge de douze ou treize ans j’ai retrouvé sa basse : elle était magnifique. Franchement quand tu es gamin un instrument pareil ça te marque, donc j’ai commencé la basse en autodidacte et cela m’a amené vers la musique amplifiée. Grâce à mes études classiques je savais comment fonctionnait un instrument et deux ans plus tard un copain m’a ramené ma première guitare.

Tu écoutais quoi quand tu étais ado ?

Les trucs de mon époque : Nirvana, Offspring, Depeche Mode mais aussi des trucs un peu plus vieux comme Led Zeppelin, ZZ top mais aussi des musiques plus psyché comme Iron Butterfly, The Who …mais j’ai aussi une culture indéniablement 80’s, avec tous ces titres anglo_saxons qui ont biberonné notre génération xéniale, et qui reviennent à la mode aux états unis grâce aux series TV et teen movies. J’aimais également les morceaux de 20 minutes (rires), à cinq ans j’écoutais « Meddle » des Pink Floyd sur la platine vinyle en cachette quand mon père partait au boulot, à cet âge, cela laisse des traces…

Et c’est quand tes premiers groupes ?

Vers l’âge de 16 ans, un groupe de reprise blues-rock, mes premières sorties seul dans des bars parisiens enfumés…

Tu voulais en faire un métier ?

Pas du tout ! A la base je voulais devenir designer automobile ou industriel, j’ai donc fait des arts plastiques, avant que la prof de musique du lycée essaye d’user de tous stratagèmes pour me compter dans ses rangs.  Ce que je fis en terminal en passant un bac musique.

Et donc ces premiers groupes ?

Du blues rock, de la reprise rock 70’s et grâce à mon premier quatre pistes cassette, je me suis mis à la composition. C’était vers 1997. Parallèlement  je commençais à faire des petits boulots pour m’acheter du matériel afin de créer mon « Home-studio » qui est devenu assez grand maintenant. Je me suis enfermé chez moi pour apprendre à me servir au mieux de ces outils !

Tu as aussi fait une école de son ?

Oui, l’ESRA dans la même classe que Dombrance (aujourd’hui dans DBFC Ndlr). C’est à partir de là que je commence à travailler en studio et que je rencontre pas mal de gens, y compris le chanteur Miro.

Le premier artiste avec qui tu as collaboré c’est Miro ?

Oui, en 2001. On se connaissait depuis peu. Nous nous étions rencontrés à la Guinguette Pirate lors d’un de ses concerts acoustique. La même année il signe chez Sony pour son premier album lorsque je passe le voir à son studio. De fil en aiguille je lui file un coup de main pour finaliser cet album. Démarrant sa tournée en solo. Il m’a proposé de partir avec lui en tant que « Backliner ». J’ai eu cinq minutes pour donner ma réponse … et je suis parti ! (rires)

Intéressant (rires)

Ouais, je m’occupais de ses guitares, de l’accordage, de l’entretien de son materiel sur scêne … On fait tout les gros festivals cette année là : Eurockénnes, les Francofolies de La rochelle, Spa, Montréal, le Paléo … Lors de la seconde tournée il a voulu monter une équipe un peu plus grosse,  je suis donc monté sur scène avec lui en 2003, en tant que Guitariste-Bassiste, accompagné par la batteuse Emma Lavaux. J’ai fait avec lui le deuxième et troisième album en tant que co-réalisateur , Cette aventure dura de 2003 à 2010.

Ensuite tu as joué avec les « New transmission » ?

Grâce à mon ami Jonathan, un immigré français qui habite en Irlande depuis 18 ans maintenant. On s’est rencontré grâce à un ami batteur qui m’a fait écouter ces ebauches : j’ai adoré. Je l’ai aidé à réaliser et finaliser son deuxième et troisième disque. A cause de la distance, Nous travaillâmes par le net, il m’envoyait ces ébauches ou ses prises de voix et je les réalisais depuis mon studio. Ca ressemble beaucoup à James ou à Morrissey, un côté un peu pop anglaise underground. Nous avons même fait des concerts à Paris, et à Dublin au « Grand Social » ainsi qu’a « Tower records » sur Crafton street. Un vrai bol d’air musical.

Ensuite tu vas travailler avec Mellino, ancien des Négresses Vertes

Oui, un apprentissage et une rencontre d’une vie. Je les ai rencontrés en 2005. Les Mellino commencent un projet solo après la séparation des Négresses Vertes en 2002. A cette période je m’occupe de l’accueil son en sous sol, dans un bar au centre de paris « Chez Richard ». Je rencontre et fais le son pour la scène pop indé parisienne de l’époque. Dont Steph et Iza Mellino qui furent bluffés par le son que je leur avais fait. On a commencé à collaborer. La première année je ne faisais que le son et puis il s’est aperçu par hasard que je j’étais guitariste et donc il m’a proposé de monter sur scène avec lui pour faire la guitare électrique,  …

Tu as beaucoup tourné avec eux ?

80 dates par an avec des salles souvent pleines. Nous représentions un genre de porte drapeau « post-Négresses Vertes », on faisait des titres comme « La Bodéga » ou « Zobi la mouche » en plus de notre nouveau répertoire, beaucoup plus world et rock, c’était une forme de continuité …

Tu continues toujours à produire des groupes ?

Oui, en ce moment je finis de mixer et arranger un EP pour un groupe rock parisien« Frenzy  frenzy », j’ai mixé aussi il y a peu de temps quelques lives pour des vidéos « youtube » pour le groupe breton Matmatah,  quelques compos avec Adrienne Pauly, des basses pour un chanteur Gallois, Ryan Davies…

Tu fais quoi en studio ?

Le son, les guitares, les basses, les chœurs, certaines programmations, synthés,  la réalisation …

On parle de ton groupe : comment s’est monté « Nevermind the car »?

C’est une volonté de faire quelque chose pour moi et par moi-même. Tout a commencé avec Rodney  Prosser (chanteur sous le nom de Lord Prosser Ndlr) qui m’a proposé des textes, il est prof d’anglais mais surtout c’est un mec qui possède un univers unique. Il est un témoignage vivant de cette période punk de la banlieue londonienne des années 80. J’ai donc commencé tout seul avec  mes instruments jusqu’à l’arrivée de mon ami Kevin Baudouin. Ensuite est arrivé le batteur JP Motte (actuel batteur de Kids United…).

Tu commences ton groupe sous quelles influences ?

Je ne suis pas assez objectif pour te répondre à cette question : je sais juste ce que j’écoute et ce que j’essaye de retransmettre. Le premier album est proche des Dandy Warhols. Aujourd’hui j’écoute beaucoup Sonic Youth, BRMC, Queen of The Stones Ages, .. Des influences plutôt américaines.

Pourquoi en anglais ?

Je suis très exigeant sur les textes en français et jusqu’à présent je n’ai jamais rencontré quelqu’un dont le travail me satisfasse totalement. Aujourd’hui Rodney, Kevin et moi écrivons les textes  Soit il me donne un texte complet, soit je lui donne une idée de base qu’ensuite il travaille et on le finit ensemble.

Il vient d’où ce nom « Nevermind the car » ?

J’ai une voiture de collection et j’écoute souvent la musique dans ma voiture avec des niveaux pas très raisonnables. En fait la voiture est un des meilleurs moyens pour écouter la musique : ca appelle au rêve, au voyage, ça donne des ailes et ça vide la tête …

Ta musique est donc faite pour rouler en voiture ?

Ouais, je le qualifierais avec un néologisme de ma création, c’est une sorte de « Cruising rock »

C’était quand votre premier concert ?

Avril 2009 au Réservoir en première partie d’un groupe de funk Soul, à notre grande surprise nous avons capté les gens, qui n’étaient pas venu spécialement pour du rock. Motivant.

Vous avez beaucoup joué beaucoup ?

Quelques uns oui : le 114 (l’ancien Cithéa), le réservoir, Le Music jam palace à Montreuil, Le Backstage, Le Batofar, la Boule Noire en première partie du groupe lyonnais Lord Ruby…

Et puis il y a eu un premier album ?

Oui un premier album qui est sorti en numérique. Un album qui a été fait avec la première équipe du groupe : Jp, Kevin, Rodney et moi. Depuis on a sorti un 6 titres en physique.

Tu étais content de ce premier album ?

Franchement il est un peu passé inaperçu (rires), cela nous a permis de jouer un peu… Au début je faisais les concerts tout seul avec ma guitare et des machines. Cela m’a permis d’aller à Lyon par exemple.

Tu te sentais pas à l’aise tout seul ?

Je ne suis pas quelqu’un qui sait jouer tout seul ! J’ai besoins de partager ! La musique se fait à plusieurs.

Aujourd’hui tu as besoins du reste du groupe ?

Oui j’ai besoins des autres, à la base je fais la musique seul mais j’ai besoin des autres pour que cela existe. Je suis une sorte d’agitateur d’idée qui a des associés : c’est vraiment un collectif !

Ils te font des arrangements ?

Kevin m’en a fait, John le guitariste actuel en a fait aussi.

La formation actuelle date de quand ?

Deux ans, j’ai beaucoup composé depuis et on a dû aussi adapter nos anciens titres pour la nouvelle formation quand nous sommes allé jouer sur le port de Vannes en 2016, un certain raz le bol de Paris, un besoin d’aventure,  je voulais tester nos titres ailleurs. Notre tournée en province ! (rires) 

Un bon moment ?

Génial, on est arrivé à l’arrach’ avant de s’apercevoir que sur la sono il n’y avait qu’une enceinte qui marchait. On l’a fait à l’ancienne : sans micro, sauf micro chant et les amplis à fond … C’était d’enfer ! L’accueil était au-delà de nos éspérances. Notre but est maintenant de retourner en province.

Ok, on parle de ce nouveau 6 titres ?

Il est sorti en numérique et pour l’acheter en physique il suffit d’aller sur la page Facebook du groupe et me contacter.

Pourquoi 6 titres ?

Aujourd’hui on écoute plus d’album de 10 ou 12 titres. C’est le groupe qui m’accompagne sur scène qui l’a enregistré : Sylvain le batteur (musicien originel du groupe MadpopX), a fait les batteries en studio et quand Sylvain ne peut pas c’est Greg Baudrier (Batteur d’Aston Villa et de Blond) qui vient. A la basse c’est Laurent Salzard qui joue aussi actuellement avec le Jazzman Ed Motta, quand à la deuxième guitare c’est John Sainturat qui en assure le contrôle.

Tu vas le sortir en vinyl ?

Je l’espère vraiment, c’est mon nouveau but (rires) ….

Tu en attends quoi de cet EP ?

De pouvoir exporter ce projet en province et à l’étranger. Normalement je pars à Los Angeles en septembre chez mon ami Kevin qui est maintenant résident américain . Nous chercherons des musiciens sur place, pour des concerts improvisés,  à la Chuck Berry (rires) !

Tu veux l’exporter ?

Oui, j’ai des contacts en Italie, en Belgique, en Espagne … Ce serait bien d’aller voir un peu ailleurs en Europe ce qui s’y passe. C’est mon projet principal d’où une vraie ambition pour « Nevermind the Car ».

C’est quoi la suite ?

Je travaille sur un nouvel EP, je peaufine des titres et peut être que si je sors ce dernier en vinyle il y aura quelques titres en plus …  Deux faces de quatre titres ….

Toi qui a beaucoup été derrière les autres, c’est comment de se retrouver devant ?

Ce n’est pas du tout la même chose ! Au début du groupe j’ai été ultra stressé de dévoiler quelque chose de plus interieur et personnel , maintenant je me suis habitué surtout parce que les gens m’ont fait confiance et m’ont renvoyé une onde positive. Il faut préciser aussi que pour Mellino par exemple, j’ai une place énorme sur scène. Je suis aussi bien entouré par mon groupe qui avance dans la même direction : ils m’aident vachement !

Tu pourrais changer un des tes musiciens ?

Ce serait difficile, on se connait très bien et ils m’aident à avancer. Même si ce sont techniquement mes morceaux, la musique se fait à plusieurs et franchement il faut qu’ils aiment les jouer : je n’ai aucun problème à leur abandonner mes morceaux !

Tu vas chercher à t’entourer maintenant avec éditeur, tourneur.. ?

Oui, c’est pour ça que je la fais promo de cet EP : on est prêt à affronter le monde réel ! 

Enfin la question traditionnelle : quel disque faut il proposer à des enfants pour les amener vers la musique ?

Je pense que Knower, un groupe éléctro de L.A ferait parfaitement l’affaire : un groupe qui a un son de folie , une dextérité géniale et de super mélodies rappellant les albums de Janet Jackson, Paula Abdul, des années 90. Une approche de la musique ludique et de qualité, avec des musiciens incroyables.  Un genre de Art Of Noise moderne.

 

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