Hervé Zénouda : le batteur Frenchy But Chic

Par Franco Onweb

Dans son livre d’entretien avec Albert Algoud, Jacno décrivait Hervé Zénouda comme le meilleur batteur avec qui il avait joué, Patrick Eudeline l’a défini comme « le batteur miracle » de la scène Parisienne et tous les gens que j’ai rencontré, et qui avaient joué avec lui, n’ont cessé de vanter son talent et sa technique. Lui, c’est Hervé Zénouda, le batteur (entre autres) des Stinky Toys. Il est l’un des plus dignes représentant de la ligne Frenchy But Chic, une mémoire vivante de cette époque.

J’ai contacté Hervé et je lui ai posé quelques questions sur son parcours : une vie entière dédiée à la musique. 

Hervé Zénouda : le batteur Frenchy But Chic
DR

Comment la musique est rentrée dans ta vie ?

Vers 13/14 ans je pense, j’étais à l’époque très introverti et la musique, comme pour beaucoup, m’a permis de m’ouvrir aux autres. Mes premières émotions musicales ont été, il me semble, Jimi Hendrix, les Doors, Pink Floyd (avec Syd Barrett), Soft Machine (avec Robert Wyatt), Captain Beefheart puis les Kinks et les Troggs, puis les Stooges et le Velvet Underground, puis les deux premiers albums de Sparks et « A wizzard a true star » de Todd Rundgren, puis les New York Dolls, les Modern Lovers et Brian Eno et enfin, la première vague New Yorkaise (Télévision, Talking Heads, Richard Hell…).

Pourquoi as-tu débuté par la batterie et comment ?

Quand en écoutant de la musique on n’entend que la batterie, quand on va à un concert, on ne voit que le batteur et que l’on meurt d’envie d’être à sa place, on se dit qu’il faudrait peut-être s’y mettre… j’ai abordé la batterie de manière autodidacte. J’ai dû prendre un an de cours de batterie dans l’école Agostini de Paris, mais il me semblait que tous ceux qui sortaient de cette école jouaient de la même manière. L’objectif de ce genre de lieu est de former des gens capables de jouer tous styles de musique ce qui me semblait à l’époque aberrant puisque une musique, c’est d’abord une esthétique et la marque d’un style de vie. Il m’était donc difficilement envisageable de me former à jouer tous les styles de musiques.

J’ai beaucoup aimé de nombreux batteurs comme Mitch Mitchell, Robert Wyatt, Ainsley Dunbar, Denis Thompson, Jack DeJhonnette et plus récemment Mark Guiliana, mais mon jeu de batterie a été directement influencé par Denis Thompson (batteur de MC5) pour sa manière de pousser la musique en se mettant à l’avant du temps et Ainsley Dunbar pour ses remplissages mélodico-rythmiques…

Comment se crée la scène Parisienne ?

Comme pour la plupart des gens qui jouent du rock, cela commence par des histoires de Lycée. Dans mon cas, c’était le Lycée Charlemagne dans le quartier du Marais dans le centre de Paris (qui, à l’époque, était un quartier très populaire). C’est dans ce Lycée que se sont retrouvés les principaux acteurs de la future scène punk parisienne : Patrick et Jean-Louis Boulanger, Denis Quillard (futur Jacno), Albin Deriat, Pierre Cousseau, moi-même et Elli Medeiros au Lycée de Fille Victor-Hugo dans le même quartier… En parallèle, je rencontre Pascal Regoli et la bande de la rue de Lancry qui deviendra Angel Face…

 

(Dans l'appartement familial de Hervé à Paris en 1976, de gauche à droite : Hervé Zénouda, Frederic Cousseau et Jean Louis Winnebroot (Suicide Roméo), Henry Flesh (1984) et Alain Pacadis – Droit réservé)

 

Peux-tu nous nous détailler les connexions avec lesquelles s’est monté tout ça ?

Il y avait bien les Frenchies à Paris et les Dogs à Rouen qui avaient commencé un peu avant nous. A Paris, les connexions se sont faites surtout autour du magasin de disque l’Open-Market de Marc Zermati, qui nous fait connaître entre autres les New York Dolls, les Stooges les Flaming groovies, Kim Fowley… et, d’autre part, Harry Cover, le magasin de T-shirt de Michel Esteban, qui nous faisait écouter des cassettes live de la scène New Workaise (Suicide, Patti Smith, Television, Talking Heads, Ramones, Richard Hell…) Les deux boutiques se situaient dans le quartier des Halles. Puis, il y avait aussi et surtout, l’émission de Patrice Blanc-Francart « Pop 2 », qui retransmettait les concerts du Bataclan avec une programmation exceptionnelle (MC5, New York Dolls, Velvet Underground, Captain Beefheart, Van der Graf Generator, Matching Mole…). Et puis, un peu plus tard, des séjours à Londres où l’on rencontre Glen Matlock des Sex Pistols, Steve Strange, Subway Sect, les Slits.

Quel était l’état d’esprit de l’époque à Paris au milieu des années 70 ?

L’après 68, la fin du gauchisme, l’éclat des situationnistes. A la fois une période dépressive d’après la bataille et l’envie d’en découdre, le punk viendra comme la dernière résurgence du mouvement de la contre-culture des années soixante mais sous une forme totalement nihiliste en rupture avec le passé. On avait donc cette sensation assez exaltante de grandir, porté par un mouvement fort et radicalement nouveau. Ce sentiment de contemporanéité était très important, se couper du passé et reconnaître l’importance des groupes de rock en fonction de leurs dimensions séminales. Cette exigence de saisir « l’esprit du temps » a été pour moi l’essence du punk. Et c’est, je crois, ce que fait Greil Marcus dans son livre « Lipstick Traces » en reliant le mouvement punk à l’avant-garde artistique du XXe siècle (particulièrement la filiation de Dada, des lettristes et des situationnistes).

Quel était ton premier groupe ?

Le premier groupe, c’est Strike Up qui sera le creuset du futur punk parisien avec Patrick et Jean Louis Boulanger (futurs Metal Urbain), Pierre Cousseau (futur 1984, Suicide Roméo), Christian Duc et moi-même (futur Stinky Toys). Strike Up ne fait aucun concert sous son nom mais enregistre un titre dans un studio d’une boite de communication en bas de chez moi (le titre sortira 40 ans plus tard sur le vinyle 33 tours « Danger ! La France a peur !» réalisé par Danger Records en 2016 : (https://dangerrecords.bandcamp.com/album/dr-008-in-dits-punk-fran-ais-1976-1980-lp) et apparaîtra en couverture de Rock News N°4 (mai 1976). Le groupe fait néanmoins une série de concerts à Genève sous le nom de « Wild Boys » pour le Colloque de Tanger en l’honneur de William Bourroughs avec Patrick Eudeline au chant et avec des morceaux composés/improvisés pour l’occasion de mon côté, je fais quelques concerts avec Angel face dont le premier concert du groupe en octobre 1975 aux Halles de la Villette pour la fête du journal Rouge et en février 1976 au plan K à Bruxelles avec Patrick Eudeline au chant….

 

 

Strike Up (1976 : de gauche à droite : Hervé Zénouda, Patrick Boulanger (Pat Lüger), Pierre Cousseau
(Pierre Goddard), Jean-Louis Boulanger (Hermann Schartz), Christian Duc.

 

Strike Up se sépare, les frères boulangers vont former Metal Urbain, Pierre Cousseau, Pascal Regoli et moi-même formons Loose Heart. On joue, avec cette formation, dans plusieurs concerts auto-organisés (MJC de Crépy-en-Valois en décembre 1976, Faculté Charles V à Paris en décembre 1976, au théâtre Mouffetard en janvier et avril 1977…) avant de se séparer à notre tour. Un enregistrement de répétition du groupe sortira néanmoins 38 ans plus tard sous la forme d’un vinyle trois titres sur le label parisien Danger Records en 2014 (http://dangerrecords.bandcamp.com/album/dr-006-paris-1976) et un album live est en attente de sortie sur le même label.

(Loose Heart, Alone, 1976) 

Ensuite tu vas jouer avec les Stinky Toys, comment se monte le groupe ?

Il y avait deux groupes d’amis, d’un côté Strike Up, de l’autre Denis (Jacno), Albin, Elli et un certain Marc (Marcus Phallus). Denis quitte très tôt le lycée pour mener une vie rock en fondant le groupe Blood Sucker (avec Pierre Meige) et ensuite jouer avec Elodie Lauten. A l’époque il joue de la batterie et est un fanatique des Who. Quand il passe à la guitare, il commence à composer avec Elli au chant et devient Jacno. Il fait une première maquette de quelques titres et commence à structurer un groupe autour de son projet avec son ami d’enfance Albin à la basse, grand fan des Rolling Stones, et Bruno Carone à la guitare. Sans batteur, je leur donne un coup de main en attendant qu’ils en trouvent un. Finalement je suis resté jusqu’au bout… En juillet 1976 on organise à la Pizza du Marais ce qui devait être le premier concert de Strike Up et des Stinky Toys avec aussi Angel Face, Strike Up se séparera avant… Ensuite, les choses vont s’accélérer pour les Toys avec le fameux festival punk du club 100 à Londres en septembre 1976, les signatures avec Polydor puis Vogue et quelques concerts mémorables (le Chalet du Lac, le Palais des glaces, l’Hippodrome de Pantin, le mariage de Loulou de la Falaise, le Rose bonbon, le Palais des Arts, l’Olympia, le Vortex, le Roxy et le Rock Garden à Londres…).

 

(Stinky Toys, Plastic Faces, 1977)

 Quel était ton état d’esprit à l’époque du groupe ?

J’ai mis un peu de temps à me sentir bien dans le groupe. Comme je l’ai dit plus haut, j’étais investi ailleurs (Loose Heart) et j’avais aussi quelques dissensions esthétiques (je ne partageais pas par exemple une certaine fascination des années soixante d’Elli et Jacno), j’étais là d’abord par amitié (c’est pourquoi je n’apparais pas sur la pochette du premier 45 tours) … Je n’étais pas non plus vraiment satisfait du premier album (l’album gris) malgré trois/quatre bons morceaux dont « Sun Sick » de Bruno Carone. J’aimais aussi le son brut et efficace capté par l’ingénieur du son Patrick Chevalot. Mais le groupe a progressivement évolué et j’ai aimé les nouveaux morceaux bien plus divers et j’ai toujours été très fier d’avoir joué, malgré le son décevant du disque, sur le second album du groupe (l’album jaune). Sur scène aussi le groupe avait bien progressé et j’ai le souvenir de quelques excellents concerts.

(les Stinky Toys de gauche à droite Albin Deriat, Elli Medeiros, Jacno, Bruno Carone et Hervé Zénouda - Droit réservé) 

Pourquoi le groupe s’est arrêté ?

Principalement par manque de succès, le groupe était connu et avait beaucoup de presse mais les ventes de disques ne suivaient pas. Nous donnions très peu de concerts, nous n’avions pas de manager. Albin était retourné à ses études de mathématiques, bref c’était un peu le point mort. Le succès du beau disque de Jacno « Rectangle » a, de fait, fait exploser le groupe, ce qu’Elli et moi avons regretté assez longtemps je crois. Comme beaucoup de groupes de l’époque, celui-ci s’est arrêté quand il commençait à être mature, avec une musique originale et des prestations scéniques qui s’étaient nettement améliorées.

J’ai décrit toute cette période de manière factuelle et assez exhaustive dans un article « Au tout début du punk parisien : du lycée Charlemagne au Club 100… » pour l’excellente revue Volume! (https://volume.revues.org/4920,, décembre 2016)

(Modern Guy au Palace en 1981, de gauche à droite Guillaume Israel, Hervé Zénouda et Yan Le Ker - Droit réservé) 

Que fais-tu à la fin du groupe ?

Je joue avec pas mal de gens dont les Modern Guys pour plusieurs concerts et j’enchaîne des sessions de studio dont le premier L.P. d’Elli et Jacno « Tout va sauter », « Amoureux solitaires » de Lio, le E.P. de Guilty Razors, le L.P. de Spions « The Party » (réalisé par Jean-Marie Salaun avec Gregor Davidow, Artefact, Claude Arto), le L.P. de Mathématiques Modernes « Les visiteurs du soir » ainsi que le projet d’album solo de Pierre Goddard qui sortira 35 ans plus tard sous le nom de GYP avec Guillaume Serp au chant.

 

(Guilty Razors, I don’t wanna be a rich, 1978)

(Spions, Nevada Propaganda, 1979) 

(Mathématiques Modernes, Boy Be My Toy, 1981)

(GYP, Teaser, 1981)

Je participe aux disques de Jérome Braque, Elisa Point, Codek, Philippe Chany, Bruno Carone…

En parallèle à cette activité de batteur, j’essaie de développer des projets avec des compositions personnelles. Dont un disque sur des textes de Loulou Picasso et Oliva Clavel (Bazooka) dans une esthétique musicale proche de Talking Heads et des premiers albums de Brian Eno (deux titres ont été enregistrés au studio Ferber mais ne sont jamais sortis pour cause de faillite de la maison de disque) et un disque pour Spions avec Gregor Davidow au chant qui me tenait particulièrement à cœur (deux titres ont été enregistrés en 1981 dans le studio de maquette de Polydor avec Yann Lecker à la guitare, Jean-François Coen à la basse et à la guitare acoustique et Fred Versailles au synthétiseur)

(Grégor Davidow/Hervé Zénouda, In Andy Warhol Factory, 1981)

 

(Grégor Davidow/Hervé Zénouda, Eden was a garden, 1981)

Que fais-tu après ?

Cela a été ensuite, pour moi, une période de rupture. Je n’étais pas toujours en phase avec le tournant pop/variété que la plupart de mes amis musiciens ont pris (même si je comprends bien le besoin de professionnalisation de chacun), les boîtes à rythmes sont arrivées et on me demandait de jouer de plus en plus comme elles (Jacno m’imposait dans nos dernières collaborations de jouer chaque piste de mon instrument séparément (avec l’impact évident sur le swing de l’ensemble) pour éviter d’avoir, par exemple, le son du charleston sur la piste de la caisse claire… un véritable cauchemar :=) ). Je n’arrivais pas à faire aboutir mes projets personnels et me projetais assez mal dans un avenir de batteur de studio pour la variété Française… bref, J’étais assez désappointé. En 1982, j’ai quitté Paris et passé deux ans à New York avec l’idée de réaliser mon projet avec Gregor Davidow, ce que je n’ai pu faire aboutir.

De retour en France, j’ai changé radicalement de direction en travaillant dans l’informatique et en élargissant en parallèle mon horizon musical. Je me suis initié au piano, à l’harmonie, à la musique concrète et au zarb (percussion digitale iranienne). J’ai donc passé la seconde partie des années 1980 éloigné du milieu rock parisien. Cela a été une période assez dure où j’ai assez galéré et me suis retrouvé relativement isolé. Les choses se sont sensiblement arrangées dans les années 90 où je me suis investi dans le multimédia interactif naissant (dans la conception et la réalisation de CD-Rom principalement), ce qui m’a bien convenu. J’ai repris aussi quelques activités musicales : joué sur des disques de Ramuntcho Matta, Denis Frajerman, Jean François Coen ou David Fenech, fais quelques musiques de CD-Rom et de courts métrages…. Le numérique m’a beaucoup intéressé et j’ai repris des études dans ce domaine. Progressivement je suis passé de la production interactive à l’enseignement ce qui m’a conduit à passer une thèse de troisième cycle sur les relations images/sons dans les hypermédias artistiques, à la suite de quoi j’ai obtenu un poste de maître de conférences à l’université de Toulon en 2007.

Comment découvres-tu le monde de la musique expérimentale ?

Il est assez normal quand on est un amoureux de musique d’ouvrir ses oreilles vers d’autres champs acoustiques, j’ai été du côté du jazz moderne (Charlie Mingus, Anthony Braxton, Art Ensemble of Chicago…) et pour la musique contemporaine, je pense que le passeur a été Brian Eno et son Label Obscure qui m’a ouvert sur le minimalisme. J’ai beaucoup écouté Steve Reich puis écouté et lu John Cage (son livre d’entretiens avec Daniel Charles « Pour les oiseaux »), puis Giacinto Scelsi et les compositeurs spectraux comme Gérard Grisey et Tristan Murail, je me suis intéressé à György Ligeti, Luciano Bério, Iannis Xenakis, les musiques électro-acoustiques, Glenn Branca, Fred Frith… même si en ce moment j’écoute plutôt Iggy Azalea !

Trouves-tu dedans une suite logique à ton travail ?

Je trouve plus de logique à passer du punk et de la new wave à l’avant-garde expérimentale que de passer du punk à la variété. On y retrouve le sens du nouveau, le désir d’être en phase avec son temps, l’exigence artistique en marge des logiques commerciales, la philosophie du « do it yourself »  via l’auto-production. De plus, aujourd’hui, et sans gommer les différences, les frontières entre les différents milieux musicaux sont bien plus fluctuantes qu’il y a encore quelques années. Ainsi les nouvelles générations de compositeurs contemporains cherchent à trouver l’énergie du rock dans leurs compositions (voir le travail de Fausto Romitelli) et intègrent de plus en plus des éléments bruités dans leurs musiques (voir les musiques de Franck Bedrossian ou de Raphaël Cendo représentants français du courant saturaliste) ou à l’inverse des musiciens venant du rock qui se tournent vers des courants de la musique contemporaine comme le  minimalisme ou le spectralisme (Glenn Branca, Fred Frith…).

Si ces influences n’ont pas fait de moi un compositeur contemporain « savant », je reste fondamentalement un musicien autodidacte, elles ont modifié de manière notable ma manière de penser et de produire de la musique.

Qu’as-tu sorti et sous quels formats ?

J’ai participé pendant 10 ans à un label indépendant « Trace-Label » (https://tracelab.com), créé en 1995 par trois compositeurs Guillaume Loizillon, Patrick Muller et Laurent Saiet, spécialisé dans la musique électro-acoustique, la poésie sonore et le post-rock. Dans le cadre de cette structure de production, j’ai produit deux de mes disques « Vies secondes » (1999) et « Demain, dès l’aube » (2002) avec de nombreux musiciens comme Frédérique Autret (piano), Eric Banse (clarinette), Marc Charmet (piano), Régis Codur (Guitare), Catherine Heyden (saxophone), Alain Petit (violon), Thomas Petit (guitare préparée), Pierre Pouget (guitare), Nathalie Rives (zarb), Christophe Rosenberg (clarinette, saxophone), Michael Rosenfeld (piano), Jean-Marc Trouillet (basse)…

 
https://zenouda.bandcamp.com/track/houat-violon-guitare-chantillonn-e
Hervé Zénouda, Houat, 1999 
 
https://zenouda.bandcamp.com/track/jeux-denfants-violon-trio-cordes-chantillonn
Hervé Zénouda, Jeux d’enfants, 1999
 
https://zenouda.bandcamp.com/track/combustible-saxophone-guitare-pr-par-e-batterie
 Hervé Zénouda, Combustible, 2002 
 
https://zenouda.bandcamp.com/track/les-tres-ind-cis-saxophone-guitare-pr-par-e-batterie
Hervé Zénouda, Les êtres indécis, 2002

J’ai produit quelques disques de compositrices électro-acoustiques comme Michèle Bokanowski  ou Christine Groult (« La condition captive », 2007) mais aussi une compilation de compositeurs minimalistes contemporains (Post-Minimalism
4 countries - 19 composers,  2007). Un autre joli projet fut un disque collectif d’hommage au compositeur Moondog.

 

(Michèle Bokanowski, bande son du film « L’ange », 2004)

 

(Michèle Bokanowski, Pour un pianiste, 2006)

D’autre part,j’ai publié un troisième CD « Notes et fragments » pour la revue Italienne Expérience (2005) et un disque de chansons expérimentales avec Elisa Point (« Leçons de chagrin… cours de joie de vivre » (2006), (http://matchpoint.free.fr).

https://zenouda.bandcamp.com/track/jeudi-6-janvier-9h10

Hervé Zénouda, Jeudi 6 Janvier, 9h10, 2005 

 

https://zenouda.bandcamp.com/track/mardi-11-janvier-15h40
 
Hervé Zénouda, Mardi 11 Janvier, 15h40, 2005

 

(Elisa Point/Hervé Zénouda, Les mains en l’air, 2006 /Vidéo : Frédéric Cousseau) 

En parallèle, j’ai composé des musiques pour l’image (de courts-métrages, de documentaires, d’un long métrage, de CD-ROM, de pièces interactives, d’une pièce de théâtre, d’un spectacle de marionnettes).

 

(Giovanna Di Lello, Auschwitz. Lungo i binari della memoria, 2006)

 

(Hervé Zénouda, The women on the tree, 2007)

Enfin, j’ai produit, avec Pierre Beloüin d’Optical Sound, le disque de Michèle Bokanowski
 « L'étoile Absinthe / Chant d'ombre »
 (OpticalSound, 2010). 

As-tu fait des concerts avec ce concept ?

Très peu, à la suite de la sortie de mon premier disque « Vies secondes » (1999) nous avons formé le groupe Sonarium avec Marc Charmet (piano), Alain Petit (Violon) et Thomas Petit (guitare préparée). Nous avons fait quelques concerts à Paris (dont le festival « Acid Titi » de Philippe Férin et Patrice Manosk) et nous nous sommes séparés assez rapidement, cela a dû durer moins de 2 ans.

Quelles sont tes activités musicales maintenant ?

Je suis actuellement enseignant à l’université de Toulon où je m’occupe d’une licence professionnelle dans les nouvelles technologies du son et prochainement d’un master 2 en arts numériques. Mes travaux de recherche s’intéressent à l’industrialisation du sensible d’un point de vue critique, aux rapports entre les images et les sons (les images visuelles mais aussi les images sonores), au rapport entre le sonore et le musical et aux mutations et interpénétrations des arts populaires et des arts savants dans les environnements numériques (via le Web sémantique, les ontologies et les méta-données). En parallèle, j’ai repris un cycle long de formation au conservatoire en écriture instrumentale et en écriture électro-acoustique. Deux de mes morceaux électro-acoustiques vont sortir prochainement sur des compilations limitées (Singularities : https://singularitiesradio.bandcamp.com/album/singularities-3 et « Nostalgie De La Boue : Rien Ni Personne ») et je garde toujours une oreille sur quelques jeunes compositeurs que je trouve particulièrement intéressants comme Sébastien Roux, Pierre Yves Macé, Bérangère Maximin ‎ainsi que sur les productions du label Broccoli (http://www.brocoli.org) …

On peut écouter quelques-uns de mes morceaux récents à cette adresse :

https://zenouda.bandcamp.com/music. 

Quel regard jettes-tu sur cette période de la fin des années 1970 et du début des années 80 ?

Une belle énergie, beaucoup de créativité, une période où les choses se faisaient de manière collective. J’ai ainsi croisé la route de pas mal de monde : des fortes et belles personnalités (Jacno, Elli Medeiros, Edwige Belmore, Guillaume Serp, Claude Arto, Jean Néplin, Gregor Davidow, Ramuntcho Matta, Jérome Braque, Elisa Point, Vincent Gallo, Jean-François Coen, Jean Karakos…), des talents musicaux particuliers (Pierre Goddard et son talent de compositeur qu’il a laissé en friche, Claude Arto qui était un expert en synthétiseurs et un compositeur d’une grande originalité, Pierre Pouget et ses talents exceptionnels de guitariste…), des artistes venus de l’art contemporain (Gregor Davidow et ses constructions conceptuelles et spirituelles, Titus du collectif « En avant comme avant » et son art situationniste) ou des arts graphiques (les gens du collectif Bazooka dont Loulou Picasso, Olivia Clavel, Lulu Larsen et Ti5 dur mais aussi Pascal Doury ou Marc Caro). Je crois avoir été, de ce point de vue, particulièrement chanceux…

Le mot de la fin

J’ai quelques regrets : des disques non réalisés avec Bazooka ou avec Gregor Davidow, j’aurais pu certainement faire plus de choses comme batteur. Mais j’ai aussi quelques belles fiertés. Comme batteur, de beaux concerts et quelques beaux disques (dont le E.P. de Guilty Razors, le deuxième album des Stinky Toys, « The party » de Spions, l’album de GYP et celui de  Mathématiques modernes), je suis ravi d’avoir participé à des mouvements musicaux aussi créatifs que le punk et la new-wave qui a suivie. Comme compositeur, chacun de mes quatre disques contient plusieurs morceaux que je trouve réussis. Comme producteur, j’ai sorti des disques qui me semblent importants dont « L’ange » et « Pour un pianiste » de Michèle Bokanowski et « La condition captive » de Christine Groult. Comme universitaire, ma thèse a été publiée (http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=26698) et a été utile à d’autres dans des travaux de masters et de thèses. Parmi les vingt-cinq articles de recherche que j’ai publiés (seul ou en collaboration), quelques-uns me semblent pertinents…

Mais puisque je vis depuis 10 ans dans le sud de la France au soleil et au bord de la mer, je vais laisser le mot de la fin à Jérome Braque avec son clip « Trampolino » qui me ravit à chaque fois que je le visionne :

 

Jérome Braque, Trampolino, 1992

 

 

Hervé Zénouda (http://zenouda.free.fr)

 

 

 

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