Don Joe Rodeo Combo : Rencontre avec un groupe qui aime les « Anciens Westerns »

Par Franco Onweb

Don Joe est un homme très occupé dans la vie : à la tête depuis plus de 25 ans des merveilleux Indian Ghost, qui s’apprétent à enregistrer de nouveau cet été, il mène en parallèle son deuxième projet : Don Joe Rodeo Combo. Dans les deux cas on ne parle que du plaisir de faire de la musique et de la jouer en live (et de chanter en Français pour Don Joe) .

Quand j’ai appris que le DJR sortait enfin son nouvel album, je me suis empressé d’aller l’écouter et ensuite de poser quelques questions à Joel alias Don Joe pour en savoir un peu plus sur un combo trop méconnu. 

Don Joe Rodeo Combo : Rencontre avec un groupe qui aime les « Anciens Westerns »
Virginie Benazeth

Peux-tu présenter le groupe ? Depuis quand il existe, son histoire ?

J’ai formé le groupe fin 2013 avec Laurent Olivaud (batterie), on a très vite sorti un 45t puis un premier album dans la foulée en 2015. J’avais envie de faire quelque chose de nettement différent par rapport à Indian Ghost, un truc plus près de l’os sans fioritures et en français. Il fallait donc que ce soit un trio guitare/basse/batterie et, évidemment, le modèle de base était Bijou. Patrick Pelenc (qui a joué au Canada avec Jean Leloup dans les 90’s) nous a rejoint et voilà…

Vous venez de sortir un nouvel album « Ancien Westerns » peux-tu le présenter ?

C’est une suite logique du premier, enregistré au même endroit (La Trappe par Triboulet). Et on a un peu trahi le concept de départ en apportant quelques arrangements plus sophistiqués, plus pop…mais aussi plus de guitares fuzz et de chœurs de filles qu’on a maintenant intégrées (Les Rodeonettes !), du coup ce n’est plus un trio ! Mais l’idée reste la même, faire des chansons simples, efficaces, du rock n’roll pop en français. D’ailleurs je m’aperçois après coup qu’il n’y a encore que des accords majeurs et peu nombreux, hahaha ! Il faut veiller à ne pas trop progresser !

(Pochette de l'album "Anciens Westerns" - Droits Réservés) 

Le disque a un son très sixties, limite psyché, est-ce un choix ?

Hum…c’est une étiquette qui ne me gênerait pas a priori mais je ne crois pas. On ne cherche pas le son « vintage » et encore moins à sonner « garage » Mais c’est sûr on utilise des instruments et des amplis qui existent depuis 50 ans, donc forcément…Les influences 60’s sont indéniables et puis il y a cette reprise, « The Morning After » du Count Five en version frenchy. L’idéal de son pour ce groupe serait en fait plutôt T.Rex !

Quelles étaient vos influences pendant l’enregistrement de cet album ?

Que je le veuille ou non j’écris toujours à peu près la même chanson (sic). Mais c’est ça qui est intéressant dans le Rock et la Pop, créer quelque chose de personnel avec des ingrédients que tout le monde utilise depuis 60 ans ! Le tiercé magique reste Beatles/Velvet/Dylan mais dans chaque chanson il y a bien sûr des petites choses qui peuvent venir de partout. Dernièrement, par exemple, inutile de nier que les Liminanas ont fait forte impression par ici…plus dans la démarche et l’univers sonore que dans leurs morceaux d’ailleurs…

Pourquoi le choix du Français ?

C’est inscrit dans le marbre, le DJRC c’est en français point ! Il y a une certaine ambition, voire prétention, à faire sonner la langue de Ronsard sur du rock n’roll pop. J’ai eu aussi à un moment un certain dégoût de l’anglais ! Il faut que ce soit simple, assez direct, pas de prétention poétique ou alors dans ce cas je puise chez Théophile Gautier ou Ronsard, pas de message sociétal, fin et drôle mais sans jeux de mots à la con (et abscons) …

Il y a un titre qui est un hommage au grand guitariste Link Wray, pourquoi ? C’est un de tes héros ?

Oui ! Sûrement mon guitariste préféré avec Wilko Johnson et Johnny Thunders. Je règle souvent mon son de guitare en faisant un GROS mi majeur, « Rumble » quoi…Et puis on voulait un instrumental d’ouverture de concert dans la tradition, on peut dire que c’est carrément un pastiche. Mais on l’oublie trop souvent, Link Wray était aussi un sacré chanteur.

La pochette et le clip ont le même environnement : les courses de voitures, pourquoi ?

Oui c’est un peu consternant et pas très progressiste mais j’aime les voitures et la course automobile. Particulièrement la Formule 1 des années 70. François Cevert était un de mes héros d’enfance, allez savoir pourquoi…J’ai été fasciné par sa mort, c’était une sorte de rock star sauf qu’il était aussi pianiste de musique classique. Aujourd’hui l’univers ultra technologique et aseptisé de ce milieu ne m’intéresse plus tout.

Vous allez tourner, où et quand ?

Nous faisons des mini tours. On joue assez peu malheureusement, 1) on ne fait pas que ça, 2) il est hors de question de jouer quasi gratuitement ! Hors c’est de plus difficile de jouer dans de bonnes conditions, la concurrence est ultra libérale avec du dumping social ! Mais bien sûr, on va jouer un peu partout en France à partir de l’automne 2017.

Les projets ?

Eh bien on va « défendre » l’album, on est assez contents du résultat. Avec le label (Pop Sisters) distribué par Pias on aimerait refaire des plateaux avec les autres groupes de l’écurie (Indian Ghost, Crumble Factory, Jim Younger’s Spirit, Hanky Panky) comme nous l’avons fait récemment à Toulouse. Et puis on préparera un troisième album pour 2019 si tout va bien.

Le mot de la fin ?

Achetez notre nouvel album, en vinyle il est magnifique, en CD aussi et au pire c’est un chef d’œuvre !

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