Thierry Los : un musicien aux multiples talents !

Par Franco Onweb

Pour les amoureux du rock à Paris, Thierry Los n’est pas un inconnu. Avec son premier groupe, les Dodge Veg-O-Matic dans les années 90, il a connu ses premiers succès tout en menant de front une carrière plus que prolixe de compositeur musical pour la publicité et la musique à l'image..

A la fin de son groupe, il se lance dans la production avant de relancer un groupe : les Vegomatic qui feront les belles nuits des salles de concerts de Paris, province et de l’étranger. Un tube plus loin, Thierry se lancera dans un tas de projets musicaux aussi passionnants que divers, tout en continuant sa carrière de compositeur sur mesure. Mais la musique est un domaine trop restreint pour cet artiste aux multiples facettes et depuis quelques années l’image fait aussi partie de la palette de ce musicien atypique.

Un tel parcours méritait quelques explications, ce que nous avons fait lui et moi toute une après-midi. Bienvenu dans le monde d’un musicien multi talents et multi catégorie, un type du 21 éme siècle quoi ! 

Thierry Los : un musicien aux multiples talents !
DR

Je suis Thierry Los et je suis né en 1963 (l’année de l’explosion de la surf-music).  Ce nom est un diminutif.

C’est quoi tes premiers émois musicaux ?

Babar, mon premier 45 tours et la musique de Peau d’Anne de Michel Legrand, mon premier 33 t. Je découvre ensuite la double compilation rouge des Beatles. En cinquième au collège de Buc, dans les Yvelines, je vois arriver un type avec sous le bras un disque aux couleurs fluo. Il frimait et avait un air snob qui m’a impressionné. Mon meilleur pote qui écoutait les disques de rock progressif de son grand frère achète le premier Clash et se coupe les cheveux tout seul, très court et mal. Moi je n’ose pas de peur de me faire engueuler par mon père qui souhaite alors faire de moi un champion de Natation. Je me jette alors à fond dans la musique des jeunes de ma génération. En 1980 je découvre le ska revival et lors d’une compétition je brave enfin l’autorité paternelle en y allant habillé en costume ska, comme The Specials. Mon père ne peut trop rien dire car j’ai enfilé son costume de mariage… Il ne peut pas dire que je m’habille de manière provocante. J’ai toujours le petit chapeau mais j’ai jeté le costume, brûlé par la sueur de mes concerts avec Vegomatic entre 2003 et 2006. Puis vient la New Wave avec The Cure et surtout Joy division dont je tombe raide dingue (j’achète tous les pirates possibles puis ceux de New Order, en économisant sur la nourriture). En suivant cette lignée je découvre le Velvet Underground puis les groupes garage des 60’s dont un groupe toujours important pour moi The Remains !

Il parait que quand tu battais ton record personnel, ton père t’offrait un disque ?

Oui, c’est vrai : il avait compris que ça m’ennuyait de nager autant et donc il cherchait à me motiver ! Ce qu’il a réussi parce que grâce à lui, j’ai monté ma collection de disques.

C’est à ce moment-là qu’arrive la Surf Music dans ta vie ?

Oui j’aimais en plus l’idée qu’une musique soit associée à un sport aquatique, élément dans lequel je me tuais à l’entrainement et que j’ai pratiqué après avoir arrêté la natation. Enfin du plaisir !  Quand je la découvre, je décide de m’y plonger. Je commence à l’écouter en 1980. Le style colle à mon état d’esprit : dynamique et gai !

C’est quoi comme groupe ?

Trashmen, Dick Dale… Mais c’était compliqué de trouver ces disques à cette époque ! Il fallait venir à Paris et pour moi, banlieusard, c’était loin !

Tu commences comment la guitare ?

Au Bataillon de Joinville quand je fais mon service dans l’équipe de France militaire. Comme nous avions pas mal de temps libre entre les deux entraînements quotidiens, un copain nageur m’apprend à jouer de la guitare. J’ai 20 ans et je découvre un nouveau monde : le mien, celui de la liberté et de la création ; car très vite je préfère composer mes chansons plutôt que de jouer celles des autres. Mais je précise que j’ai appris sur celles de Chris Bailey et Johnny Thunders. En sortant de l’armée je réussi un concours pour intégrer un IUT de publicité ! C’était à la mode la pub à l’époque ! J’avais le sentiment que je n’allais pas trop m’ennuyer dans ce milieu car il fallait à présent que je trouve un boulot. Je m’oriente rapidement, au sein de l’agence RSCG basée à l’époque à Issy-les-Moulineaux, vers la musique à l’image et c’est comme ça je rencontre un de mes artistes préférés, Jonathan Richman (le chanteur des Modern Lovers Ndlr) avec qui je collabore pour un premier film publicitaire : Samos. J’ai numérisé une VHS que j’ai mis en ligne pour Buzz On Web :

Tu montes un premier groupe ?

Non. On vient me chercher pour un groupe de reprises de rythm’n blues monté par des copains surfeurs ! Nous faisions des titres des Yardbirds, Otis Reding ou autres Animals. Mais en 1987, je perds mon père, j’ai 24 ans. Je me dis que la vie est courte et qu’il faut que je crée mon propre projet créatif. Je monte mon premier groupe avec Muriel ma copine, à la basse, et mon petit frère, Eric, à la batterie. On enregistre alors un album sous le nom de Dodge Veg-O-Matic après avoir pas mal tourné. J’ai 30 ans.

(Dodge Veg-O-Matic, de gauche à droite Thierry Los, Muriel Illouz et Eric Los - photo:Laurent Moulaü)

Tu le sors en auto produit avec ton propre label ?

Oui, on a monté « Trois Jeunes Tambours », une association loi 1901 pour l’occasion ! Le disque est enregistré dans le garage de la maison familiale sur un 12 pistes Akaï. J’apprends la prise de son, la production et le mixage sur le tas, en tâtonnant beaucoup. J’y passe tout mon temps et j’adore ça. J’éprouve un sentiment de liberté et de jouissance totale, là, seul devant mes machines.

Vous êtes vite repérés ?

On joue beaucoup dans des petits bars et dans des petites salles en province en envoyant des cassettes de nos démos par la poste. Et suite à la sortie de l’album distribué par Média 7 on a des chroniques dans la presse qui nous font connaître des pros. On joue aux « Bars en Trans » où l’actuel patron des « Eurockénnes de Belfor »t, Jean-Paul Roland alors DA, vient nous voir et nous propose d’y jouer. Des majors nous approchent de très près mais finalement rien ne se signe.

Et là le groupe s’arrête.

Oui car mon frère en a assez ! Il entame sa carrière de compositeur de jeux vidéo. Je me mets à enregistrer d’autres artistes dont Hervé Zerrouk, l’ancien chanteur des Désaxés (groupe de pop des années 80 ndlr). Je produis ses 2 albums.

La tournée de Zerrouk va être importante.

Le 2eme album sort chez Atmo, un label qui a le vent en poupe l’année d’après grâce au succès de Louise Attaque. Pour la tournée j’embauche le batteur Gérard Gacoin que m’a présenté Pierre Mikaïloff, ex guitariste des Désaxés (qui nous a donné un gros coup de main sur le 1er album et la 1ere tournée). Je prends la guitare, Muriel sa basse, et aux claviers j’embarque mon ami Jean Michel Haye. L’album de Zerrouk ne marche pas mais le line up devient plus tard Vegomatic, première version.

(Vegomatic, première mouture, de gauche à droite Muriel Illouz,, Jean Michel Haye, Gérard Gacoin et Thierry Los – (photo:Pierre Gayte / création haute couture : Maurizio Galante)

C’est quoi ton ambition musicale ?

Je viens juste de découvrir le 1ere titre de Daft Punk sur la compil Soma grâce à Daniel Dauxerre alors vendeur chez Rough Trade, et je décide de mélanger le son de la surf music avec l’électro. Entre 1998 et 2000, on cherche notre son.

Là tu sors un premier maxi CD exceptionnel « Uluwatu », et vous ferez votre premier concert en novembre 2000 au Café de la Danse en première partie de Jonathan Ritchman .

Oui. On avait joué avec lui à l’époque des Dodge au New Morning et là c’est sa femme qui aime notre disque qui lui soumet l’idée. Un autre soir à Bordeaux après un concert on rencontre Daniel Dauxerre (grand manitou de la scène indie Parisienne- Ndlr) , qui devient une sorte de manager-conseiller très important pour moi.

A l’époque il y avait un vrai engouement sur vous, vous jouiez tout le temps

On commence à trouver notre son : l’électro surf ! Un de nos morceaux, « Poney Club », est écouté par Maurizio Galante, le créateur de mode et design.

Pendant quatre ans on va réaliser deux fois par an des compositions originales pour ses défilés Haute-Couture, avec une liberté artistique totale et une collaboration créative très intense avec lui. On sortira un album de tous ces morceaux en 2004. Maurizio me propose aussi de faire la musique d’une exposition de design à New York en 2001 que nous avons sorti en CD (« Theme For Continuous Connection ») et que je considère comme le disque dont je suis le plus fier. En novembre 2002 on le joue en live dans une mise en scène mystérieuse à l’UNESCO à Paris pour l’expo qui s’y est déplacée. 

Et il va y avoir un clash en 2003 ?

Muriel quitte le groupe. Jean-Michel était parti aussi 6 mois auparavant, las de la scène aussi. On se retrouve à deux avec Gérard à un concert au Nouveau Casino qu’il a fallu bien assurer. Lui aussi s’est fait larguer, nous sommes vraiment au plus bas moralement et on décide de finir le concert nu. Puisqu’on a tout perdu.

Et là commence une nouvelle période pour toi

Je tourne seul pour présenter l’album de The Surfin Robots (élaboré avec Vegomatic v1) accompagné de ma fidèle guitare Mosrite et d’une boite à rythme. J’apprends ce que c’est qu’avoir le blues et de se retrouver seul le soir dans une chambre d’hôtel glauque alors que tu croyais que la musique c’était la belle vie. Ton rêve vire au cauchemar. Toutes proportions gardées bien sûr. Je ne suis pas salarié d’entreprise, ni encore moins maitre-nageur…

Le disque c’est l’histoire de deux robots qui en 2363 découvrent l’esprit originel du surf après que les hommes aient tous disparus de la surface de la terre suite à une guerre chimique totale ! Bon accueil critique du disque, passages TV sur M6 du 1er clip que je réalise moi-même. Je m’aperçois à ce moment-là que j’adore l’image au moins autant que la musique… J’ai même retrouvé chez ma mère un scénario écrit quand j’avais sept -huit ans.

Ce style électro surf me rapporte pas mal de droits Sacem grâce aux nombreuses utilisations sur des pubs et des programmes audio-visuels.

Venons-en à Vegomatic 2eme période. Tu la rencontres où et comment Macha ?

Au Tryptique (salle de concert parisienne Ndlr) où on la repère avec mon ami sénégalais Demba Dia (avec qui j’avais monté un groupe afro rock en 1987, « Le Dental », et qui entre temps est devenu une star dans son pays en utilisant en pseudo une chanson que nous avions inventée ensemble, Rock’m’Balax). Je ne suis pas un dragueur de boîte de nuit mais ce pote ayant beaucoup d’influence sur moi, j’y vais.  Elle ne me jette pas et on sympathise par la suite car elle n’est pas célibataire ! Comme on va sortir un album contenant le single « French Up » dont les chœurs ont été effectués par Muriel, il me faut une choriste. Je me dis que ce serait bien d’avoir une fille avec moi sur scène pour chanter et jouer du synthé. Elle n’est pas musicienne mais je décide de lui apprendre des rudiments parce qu’elle a une énorme envie de faire de la scène : elle sortait juste d’une prestigieuse école de théâtre de Moscou (elle est franco-russe). On fait des dates tous les deux puis pour la promo de l’album je rappelle Gérard et c’est aussi le retour de mon frère Eric qui empoigne la basse Fender Mustang de Muriel.

(Macha sur scène avec Vegomatic - Droit réservé)

Le titre sera beaucoup joué en radio et sera sûr plein de compilations.

« French Up Song » est originellement une commande pour la division librairie musicale de Zomba. Daniel Dauxerre adore le morceau et le sort dans le commerce en vinyles sur le label qu’il a monté avec Adrien Moisson, Future Now. Un artiste du label, Rodney Prosser, me propose spontanément de faire des paroles et de chanter dessus. C’est cette version que l’on inclura sur l’album, renommée French Up Song.

Tu inventes le morceau progressif : chacun apporte sa pierre !

Ah, ah, ah … La vie c’est une évolution. Rien n’est figé.

En 2005, vous allez faire un pilote pour une émission de TV !

C’est un producteur qui bosse avec Endemol et qui nous propose de travailler sur un concept : une émission musicale présentée par un groupe de rock ! Eric et moi écrivons le pilote mais sans résultat concret.

A l’époque vous jouez tout le temps.

Oui.  On bénéficie du retour du rock et quand le Monde 2 (le journal Ndlr) fait un sujet sur le rock et la mode c’est nous qui posons sur la couverture ! Et on enchaine les concerts, mais pas qu’à Paris, on commence à jouer un peu partout en France. C’était une bonne période ! On est ultra tendance ! Mais six mois après, les babys rockeurs arrivent et nous balayent. On devient has been … L’album de 2006, « Ça C’est Vegomatic », malgré une bonne distribution-promotion, en pâtit…

(La couverture du Monde 2, automne 2004 - Droit réservé)

Tu vivais du groupe à l’époque ?

Nous faisions un peu de cachets mais pas suffisamment. On avait tous des boulots à côté : Gérard est projectionniste, Macha comédienne et mannequin, Éric compose de la musique pour des jeux vidéo et moi je n’ai jamais quitté mon activité de compositeur / producteur dans la librairie musicale.

(Végomatic sur scéne - Droit Réservé) 

A l’époque tu n’as pas peur que Vegomatic ne soit plus un vrai groupe ? Vous vous dispersez beaucoup ?

Pour moi cela n’a jamais été un vrai groupe : c’est un concept multimédia ! Faire un groupe pour un groupe ça m’ennuie : j’adorais la scène mais tout ce qui est autour m’est horrible et insupportable : les hôtels, les voyages, l’attente … Ça c’est bien quand tu as 20 ans.

A l’époque tu produis beaucoup ?

Oui. Mon studio qui est passé en 24 pistes analogiques depuis 1997 attire les musiciens en quête d’un son chaleureux : David Tétard, Scope, Fantastic 3, Happy Melodies, Maximo Guadalupi et plein de groupes de la scène parisienne rock’n’roll, garage, surf et blues.

A l’époque aussi tu fais beaucoup de musique de pub ?

Oui. On m’appelle souvent, c’est comme ça que je fais Hollywood Chewing Gum, Hugo Boss… A l’époque ce n’est pas super bien vu. Mais ceux qui dénigraient sont prêts aujourd’hui à vendre père et mère pour la moindre pub canine…

Parle-nous de la période Russe.

Notre distributeur, Productions Spéciales, avait un deal là-bas et comme Macha a la double nationalité on s’est dit « pourquoi pas ? » … Je rêvais de LA, du soleil, et tout ça ! A la place je me retrouve dans un pays froid, qui gelait de partout …

Vous avez fait combien de concerts là-bas ?

Une dizaine et il y avait du monde. C’était l’époque où les jeunes russes découvraient la liberté, le rock, ça bougeait un max …

Que se passe-t-il à ce moment-là ?

Macha, qui était capitale pour l’image du groupe, reste en Russie poursuivre sa carrière de comédienne et moi je rentre retrouver un de mes anciens producteurs qui me demande de faire un tube de Dance Music pour une pub Mac Donald ! Je fais le boulot et tout le monde le trouve tellement bien qu’on  le  propose à Universal  qui le signe pour une grosse avance et un gros budget clip ! C’est le plus gros contrat de l’année ! Ça s’appelle  « Don’t give up now »  sous le nom de Montlery.  Je me suis adjoint l’aide d’un jeune producteur italien, Davide Loi, rencontré via internet (il avait gagné un concours de remix du titre 3 Bikinis de Vegomatic.)

Ça ne sortira pas ?

Uniquement en promo avec pleins de remix et un clip. Le titre est proposé au circuit des clubs Dance et ça n’accroche pas. Ça va mourir de sa belle mort. C’était la première fois, à 45 ans, que je signais en major, et ça plante !

Tu le vis comment ?

Je réalise que le succès public n’est pas pour moi et que vivre modestement de ma musique comme je le fais ce n’est pas si mal. Et puis :  vivons heureux vivons caché, non ?

Je retrouve un copain d’adolescence période surf, Manu Berthe, avec qui j’avais fait un groupe très éphémère dans les années 80.  Il avait une voix singulière et un bon sens du rythme. Je lui ai proposé de monter un duo de rock garage à la The Cramps, en totale opposition avec ce que je venais de faire ! Ça donne The Bzz, avec un concept rigolo : des morceaux très courts, des concerts courts et forcément une carrière très courte !

Tout court ?

On faisait 21 morceaux en 16 minutes ! Il y avait même un morceau qui faisait une seconde, c’est dire ! Je voulais un côté vrai punk. No future. Cela dure un an. Contrat et esprit respecté quoi !

Tu retournes dans un concept publicitaire ?

Non, c’est juste un concept par rapport à la musique que je voulais faire à l’époque ! Je cherche toujours des idées pour me faire plaisir par rapport à un instant précis.

Après tu fais quoi ?

J’avais redonné envie à Manu de faire de la musique, un jour il m’amène une démo avec sa voix et des boucles dans un style électro vs New Wave 80’s. Je décide de le produire, ressors mes vieux synthés 80’s et une basse. Je ne voulais plus de guitare. Ça donne le projet Adam No !

(Pochette de l'album Adam No - Crédit Photo Jérôme Sevrette) 
 
Et ça sort ?

Oui, sur mon label. C’est « un one shot album » comme celui que j’avais fait pour l’italien Massimo Guadalupi (2 titres dont Jazz on the Road, sont devenu des gold sur FIP, ma grande fierté, car c’est la radio de la bande FM que j’écoute depuis le début dans les 70’s, quand elle y était la seule). J’aime bien cette idée d’album unique fait par des mecs hors du sérail mais qui ont une très forte personnalité.

Au même moment je compose avec Myles Sanko, un super chanteur de Soul qui m’a repéré après avoir écouté des titres que j’avais composé pour Montlery ! On se rencontre et on accroche !

Tu es loin de ton univers ?

Non, parce que rappelle-toi, j’ai commencé la musique avec un groupe de Rythm’n’Blues ! Mon chanteur préféré c’est Eric Burdon, quand même…  Je l’ai aidé à produire ses deux premiers disques et ça marche bien pour lui maintenant. Il tourne beaucoup en Europe et va sortir son 3eme album auquel je n’ai pas participé et qui s’appelle « Just Being me » … Mais on se retrouvera.

Tu as donc ton label, ta boite d’édition, et ta librairie musicale à présent ?

Oui, c’est ça mais il faut comprendre que si tous les disques que je sors dans le commerce n’ont pas toujours une visibilité importante, ils sortent aussi dans le marché parallèle qui est la librairie musicale ; et mes compositions tournent ainsi dans le monde entier pour les pubs, les films d’entreprises, les documentaires, via les éditeurs avec qui j’ai contracté. A force de travail acharné j’ai fait mon trou. Mais ceci en gardant ma personnalité musicale, sans faire de la commande « à la manière de ».

Le nom du label de librairie est « Dynamique & Gaie ». Ce nom ironise sur le brief bateau qui revient à 90% dans l’audiovisuel... J’attaque avec 33 albums qui réunissent mes propres compos non éditées par des tiers et celles de ma garde rapprochée d’amis compositeurs et qui m’ont fait confiance.

Bon on reparle du 2eme point important de ta vie : l’image !

En 2006 je rencontre Carla Andipatin, une ancienne comédienne et réalisatrice à qui je confie la réalisation de 6 pilotes de notre série « Rock Voisins » : un couple qui répète chez lui et qui est toujours ennuyé par ses voisins. Elle écrit les scénarios et je fais l’acteur. Ça marche un peu, on vend même 2 épisodes à TF1.

Puis c’est encore avec une autre femme que je coréalise la web série Auto Stop saison 1 et un court métrage tiré des rushs. Cette fois j’écris tout et c’est Séverine L qui tient la caméra. Pour la saison 2 cette fois je prends la caméra et je film Delphine Grandsart qui joue tous les rôles.

Sur une période de trois étés je réalise aussi un moyen métrage « VEGOMATIC TRIP ». La plupart des personnes citées plus haut jouent dedans, dont Macha en rôle principal. C’est un road movie musical qui est pour moi une forme de thérapie émotionnelle. J’obtiens la Prime à la Qualité et au réinvestissement du CNC, ce qui me donne une petite reconnaissance professionnelle au même titre que le prix du meilleur court-métrage du film de Surf d’Anglet que j’ai gagné cet été avec FORBIDDEN BEACH (dans lequel j’ai ressorti pour l’occasion mes petites figurines de robots surfeurs rouillés…). L’album de la b.o. est disponible aussi.

(Affiche de présentation du road movie Vegomatic Trip - Droit réservé) 

Ton chemin dans l’image est donc une suite logique ?

Oui mais en même temps c’est ce que j’ai toujours voulu faire secrètement. L’important pour moi c’est surtout de créer et me renouveler sans cesse. Mais aussi de collaborer avec d’autres artistes. J’aime aussi me mettre à leur service pour atteindre un but que ni eux ni moi n’aurions abouti seuls.

Tes projets 2017 ?

Filmer les clips du 2eme album de Gauche Guitare à venir (projet de chansons sombres avec Carla Andipatin au chant et moi à la guitare, tout en retenu et douceur, aussi mélancolique que Rock Voisins était fantaisiste) et continuer à produire des albums pour ma librairie musicale une fois que j’aurais trouvé un endroit pour installer mon studio car la maison familiale où il était installé est vendue. A bon entendeur !

(Thierry Los en 2016 - Droit réservé) 

Qu’est-ce que tu ferais pour amener un enfant à la culture ?

Je n’imposerais rien, je laisserais trainer des trucs sur la table…

 

Pour plus d'informations 

http://www.trois-jeunes-tambours.com/

http://www.dynamiqueetgaie.com/

My secret to produce...!?

Articles plus anciens

Stranger, le nouvel album d'Os Noctambulos